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22/10/2015 - 19:52

Keynes: le naïf aux petits-enfants

Économiste anglais reconnu du XXème siècle, Keynes prévoyait, en 1930, que les progrès humains conduiraient, 100 ans plus tard, à la satisfaction des besoins économiques absolus de chacun. Les Humains seraient donc, dans leur ensemble, à l'abri du besoin et n'auraient plus à lutter pour leur subsistance.



Keynes: le naïf aux petits-enfants
Dans ce texte « Perspectives économiques pour nos petits-enfants », l'auteur indique qu'à l'aurore de ces temps nouveaux, le travail quotidien serait de trois heures : « Pendant des années, le vieil Adam laissera en nous de telles empreintes que tout le monde aura besoin de travailler pour être satisfait.  … . Trois heures par jour, et une semaine de 15 heures, constitueront une transition utile pour commencer. Car 3 heures de travail par jour suffiront encore amplement à satisfaire en nous le vieil Adam. »

La prédiction de Keynes se fonde sur une subdivision des besoins en besoins absolus et besoins relatifs. Une fois les besoins absolus satisfaits, les hommes auraient mieux à faire qu'à satisfaire leurs besoins relatifs (posséder ce qu'a l'autre). Le pari était séduisant. Las! Depuis 1930, un grand nombre de besoins relatifs sont devenus absolus. Prenons pour exemple les modèles de téléphone portables qui se succèdent dans le but de les doter des derniers outils développés. Pour autant, cela remet-il en question la prévision de Keynes ?

Reprenant l'histoire du professeur de « Sylvie et Bruno » dont le tailleur n'encaisse pas ses notes de frais, leur montant doublant chaque année du fait des intérêts, il écrit : « Peut-être n'est-ce pas une simple coïncidence qui fait que la race qui a le plus contribué à ancrer l'idée d'immortalité au cœur des hommes, et à en introduire la promesse dans nos religions, soit aussi celle qui ait le mieux servi le principe des intérêts composés et demeure la plus attachée à l'institution humaine la plus efficace. » Évitons de buter sur le mot « race » et concentrons-nous sur la perspective, sinon pas de l'immortalité, à tout le moins d'une vie beaucoup plus longue. Dans le cas d'une telle longévité (qui est à notre portée) le fruit des intérêts composés s'en trouve démultiplié.Que devient la prédiction de Keynes dans le cas où l'on vit jusqu'à 130, 150 ou 200 ans ?

Les conditions à réunir, selon Keynes, étaient : « … quatre éléments : notre faculté de contrôler l'accroissement de la population, notre volonté d'éviter les guerres et guerres civiles, notre assentiment à confier à la science ce qui est proprement du domaine de la science, et le montant de l'épargne que représentera l'écart entre notre production et notre consommation ; ce dernier facteur n'offrira aucune difficulté, si les trois premiers sont respectés. » Est-il raisonnable de penser qu'il suffit de réunir les trois premiers facteurs pour que de l'épargne se dégage ?

Qu'importe. La prévision de Keynes ne se réalisera pas pour les raisons qu'il indiquait en 1930. Le Brésil a raté bruyamment, dans les années 70, la civilisation des loisirs. Pour autant, rien ne dit que la satisfaction des besoins humains essentiels ne se réalisera pas, pour d'autres raisons, dans les décennies à venir.

Source: classiques.uqac.ca

Henri Vario-Nouioua






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