Le retour en grâce de la comédie musicale se confirme, et les allers-retours scène-écran se multiplient dans tous les sens : spectacles de Broadway transformés en films (« Chicago » ou « Dreamgirls »), ou longs métrages transposés sur les planches (« Le roi lion », qui atterrira dans un théâtre parisien en octobre). Le cas de « Hairspray » est un peu particulier puisque le film de Adam Shankman, qu'on pourra découvrir en France à partir du 22 août, est (comme « Les producteurs » il y a peu) l'adaptation d'une comédie musicale à succès qui était elle-même une version chantée-dansée d'un film non musical. En moins de vingt ans (le film original date de 1988), Hairspray » aura donc fait le voyage dans les deux sens, avec à chaque fois la même réussite publique et critique.
Car le succès sourit à cette fable située dans les sixties puisque le premier film marqua un infléchissement plus grand public dans la carrière de son auteur, le trublion John Waters, spécialisé jusque-là dans un cinéma queer et underground au mauvais goût assumé dont l'icône n'était autre qu'un travesti obèse et sans complexes, Divine, dont « Hairspray » sera le dernier rôle. Avant de jouer cette mère de famille aux blouses à fleurs très seyantes (!), Divine avait apporté sa folie baroque et ses outrances - allant jusqu'à manger une crotte de caniche fraîche à la fin de « Pink flamingos » en 1972 - au cinéma déjà passablement barré de Waters.
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