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Jeudi soir, 21H au Ranquet. La nuit tombe sur le parking et sur la plage. Nous sommes venus en famille "faire un tour", histoire de se détendre et de tuer le temps. Une jeune fille assise sur un banc regarde le jour finir. Des jeunes caracolent à vélo, se montrent les uns aux autres les tours acrobatiques qu'ils viennent juste d'apprendre. La tranquillité règne sur le quartier: une soirée d'été sur la place d'un village.

Tout irait parfaitement bien si cette odeur d'algues en décomposition ne planait pas dans l'air. Fichue odeur: dans le collimateur de la ville, du département, du pays - et même de l'Europe. On finira bien par avoir sa peau! Et le plus tôt sera le mieux.

En attendant, les joyeux pilotes des deux roues s'éclatent. Ils nous prennent à partie et nous racontent les vacances. On finit par rire tous ensemble. Des téléphones mobiles surgissent de nulle part et quelques éclairs de flash immortalisent ces instants de joie.

Au bar, sur la terrasse, des gens bavardent, sirotent une bière ou un apéritif. Un gros chien noir, de ceux qui sont sensés faire peur, ne daigne pas nous accorder un regard. Il nous ignore souverainement. Les clients nous saluent. Inutile d'échanger nos prénoms: on se serre la main comme si on s'était quittés la semaine dernière. La musique semble donner le rythme à une boule de verre qui tourne sur elle-même, projetant des éclats de lumière rouge sur la piste de danse.

Sur la plage, de petits groupes papotent. On remonte vers le bar pour manger un morceau. Une andouillette maison fera l'affaire. Dommage: pas de poisson à la carte.

Le chien nous a rejoint. Il ne nous quittera plus de la soirée.

Article paru dans le quotidien La Provence.

S.D. Source La Provence
Rédigé par S.D. Source La Provence le 25/08/2005 à 23:48