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Cuba, petit pays en butte à un blocus depuis presque cinquante ans apporte son aide à de nombreux pays du monde, souvent beaucoup plus riche qu'elle, dans le domaine de la santé, de l'éducation.Une action peu connue et pourtant récompensée par l'UNESCO...
Lorsqu’on pense solidarité internationale, on imagine souvent que seuls les pays les
plus développés peuvent venir en aide aux autres... et le font.
Pourtant, il existe un pays, un tout petit pays de seulement 11 millions d’habitants, un
pays du Tiers Monde, sous blocus étasunien depuis presque cinquante ans, un pays
en proie à d’énormes difficultés économiques du fait des lois Nord-américaines qui lui
interdisent de commercer et d’entretenir des relations normales avec le reste du
monde, qui depuis presque cinquante ans n’a jamais céssé d’apporter son aide aux
pays en difficultés, souvent beaucoup plus riches que lui...
Nous allons donc vous parler aujourd’hui des actions de solidarité que Cuba mène à travers le monde :aide technique, médicale, aide en matière d’éducation, aide d’urgence en situation de catastrophes naturelles ...Nous vous parlerons particulièrement de l’action de la Brigade médicale Henry Reeve, créée à l’occasion de l’ouragan Katrina , dont les Etats-Unis ont refusé l’aide pour les victimes de la Nouvelle Orléans, que notre association soutient en collectant des dons.
Ensuite, Madame Yamila Buasajàn, Conseillère de Presse de l’Ambassade de Cuba
en France, développera quelques points importants de ces actions et se fera un
plaisir de répondre à toutes vos questions.
Nous aurons, au cours de cette soirée, une pensée particulière pour le Docteur Freddy Ilunga Ilanga avec qui notre association entretenait des liens privilégiés et qui est mort il y a tout jouste un an, le 29 novembre 2005. A l’âge de 16 ans, Freddy illunga fut le traducteur de swahili du Che lorsque celui-ci était au Congo et il a bénéficié de la solidarité internationale de Cuba puisque, en quittant le Congo, le Che l’a emmené avec lui à Cuba où il a pu faire des études et devenir neuro-chirurgien pour enfants.
L’ALPHABETISATION
Dès le triomphe de la Révolution Cubaine, l’alphabétisation du peuple a été considérée comme une priorité absolue et 1961 a été décrétée « année de l’éducation ». La pari était d’arriver, en un an (entre janvier et décembre 1961) à éradiquer l’analphabétisme dans le pays et, malgré l’action des bandes contre-révolutionnaires qui vont jusqu’à assassiner des alphabétiseurs, le pari sera pratiquement tenu. En effet, en décembre 1961, le taux d’analphabétisme est tombé à 3,9% et en 1962, Cuba sera déclarée par l’UNESCO « territoire exempt d’analphabétisme.
C’est cette même méthode qui, sous le nom de « Yo si puedo », est mise en oeuvre actuellement dans de nombreux pays dont le Venezuela et la Bolivie. Elle permet d’apprendre à lire en 7 semaines et grâce à elle, le Venezuela a été déclaré par l’ONU « territoire exempt d’analphabétisme ».
Depuis le début du programme cubain d’alphabétisation Yo si puedo au Venezuela, jusqu’à sa mise en œuvre aujourd’hui en Bolivie, environ 2 millions de personnes ont appris à lire et à écrire dans 13 pays de la région.
Yo si puedo est une méthode créée pour alphabétiser les jeunes et les adultes, basée sur la profonde connaissance préalable des chiffres par ces personnes malgré le fait de ne pas savoir lire. A travers l’association entre les lettres et les chiffres, il est facile de leur apprendre à écrire.
C’est Fidel Castro qui a promu l’utilisation de la télévision comme moyen de soutien aux modèles éducatifs d’alphabétisation. Un projet a d’abord été créé en 1998 qui, à travers la radio, a réussi à alphabétiser en peu de temps près de 100 000 personnes en Haïti.
Quand la Révolution Bolivarienne a décidé d’éradiquer l’analphabétisme, une nouvelle variante a été employée basée sur la télévision et qui permet d’apprendre à lire et à écrire en 7 semaines. Le modèle de l’éducation traditionnelle, qui exige la présence du professeur face aux élèves, a ainsi été transformé.
C’est au Venezuela que le modèle a pris le nom de Yo si puedo et en tout 1,4 millions de vénézuéliens ont été alphabétisés. Une grande partie d’entre eux ont décidé de poursuivre leurs études pour atteindre la 6e année. Ce programme de continuité s’appelle « Yo si puedo seguir » et ceux qui y ont participé ont déjà vaincu la première étape et sont pratiquement en 4e année.
Il existe dans le monde de nombreuses méthodes d’alphabétisation, mais aucune ne ressemble à celle-ci. Toutes sont basées sur la présence d’un instituteur qui doit bien être entraîné pour son travail. Avec la méthode cubaine, on a seulement besoin de médiateurs qui peuvent être de simples personnes instruites de la communauté auxquelles on donne une brève formation, vu que l’enseignement par vidéo constitue l’essentiel des cours.
La méthode est très flexible et elle peut s’adapter à la réalité des différentes communautés. Elle est déjà adaptée, outre l’espagnol, au portugais, à l’anglais, et au français. Elle vient d’être adaptée en quechua.
En Nouvelle-Zélande, en Equateur, et dans certains états du Mexique comme le Michoacan et Oaxaca, la méthode « Yo si puedo »a été utilisée avec une assistance cubaine. En l’adaptant toujours aux caractéristiques de chaque région.
Les réactions internationales à ce programme :
En 2005 s’est déroulé à Cuba le premier Congrès international d’alphabétisation. Cuba a offert le programme Yo si puedo à l’UNESCO, pour contribuer à réduire les taux d’analphabétisme en peu de temps. Durant la 33e Conférence générale de cette organisation de l’ONU, un nombre significatif de pays a reconnu les résultats satisfaisants du projet.
Selon la décision de cette conférence aura lieu à La Havane le séminaire international sur les politiques d’alphabétisation et de post-alphabétisation, du 5 au 9 juin de cette année. Parmi les sujets qui seront abordés : l’alphabétisation bilingue et multilingue; le développement interculturel ; l’alphabétisation dans les communautés indigènes et aux personnes aux besoins éducatifs spéciaux.
L’UNESCO récompense le programme d’alphabétisation cubain
L´Institut Pédagogique Latino-américaine et des Caraïbes (IPLAC) de Cuba a reçu, le 3 novembre à Paris, le Prix international « Roi Sejong » de l´UNESCO pour la création et l´application du programme d’alphabétisation « Yo, sí puedo ». Ce Prix est accordé annuellement à des institutions renommées et à des personnalités depuis l´année 1990., c’est la plus importante reconnaissance en matière d´alphabétisation qu´accorde cet organe des Nations Unies.
Le jury, est composé d’experts des Etats-Unis, d´Équateur, de Corée du Sud, de la République Populaire de Chine, du Sénégal et de Syrie Les experts ont souligné que la méthode est innovatrice, flexible, capable de s´adapter à diverses situations géographiques, culturelles et ethniques avec efficacité, dans des contextes sociaux, ruraux, urbains et dans des secteurs ayant des nécessités spéciales.En ce moment près de 780 millions personnes dans le monde sont illettrées.
LES BRIGADES MEDICALES CUBAINES INTERNATIONALES
La première brigade internationale cubaine a été formée en 1963. Elle se composait de 58 médecins et techniciens qui allaient offrir leur aide à l’Algérie tout juste indépendante. Mais c’est en 1998 que le gouvernement cubain commence à structurer l’aide massive aux populations des pays pauvres touchés par des catastrophes naturelles. C’est aussi cette année-là qu’est inaugurée l’Ecole Latino-américaine des Sciences médicales, située dans une ancienne base navale de la banlieue de La Havane et qui forme près de 2000 jeunes par an, issus de familles pauvres de tout le continent américain, Etats-Unis compris, ainsi que des centaines d’étudiants arabes, africains, asiatiques et même européens.
De 1963 à fin 2005, plus de 100 000 médecins et techniciens de la santé cubains sont intervenus dans 97 pays, surtout en Afrique et en Amérique Latine (6 pays latino-américains et 20 pays africains).
Fin 2005, ils avaient réalisé :
- 500 000 accouchements
- 1 657 867 interventions chirurgicales
- presque 9 000 000 de vaccinations.
Le 20 août 2005, la première promotion de 1610 étudiants de l’ecole Latino-américaine de sciences médicales prête serment et reçoit son diplôme de médecin
en présence de 6 chefs d’état et d’une quinzaine de chefs de gouvernements. On rappelle à cette occasion que l’idée de cette école est née de la proposition du président Fidel Castro, au moment où l’ouragan Mitch avait tué plus de 40 000 personnes en Amérique centrale, d’envoyer sur place chaque année, une force médicale capable de sauver autant de vies que Mitch en avait détruites, et de remplacer peu à peu les médecins cubains par des médecins autochtones.
Pendant toute la durée de leurs études, la formation, la nourriture, le logement, ainsi que les éléments pour la pratique leur sont fournis gratuitement. En échange, ils s’engagent à retourner dans leur pays d’origine pour soigner leurs compatriotes.
Le 20 août 2005, donc, il y a à Cuba :
- 78 759 étudiants, cubains et étrangers
- 12 000 étudiants en médecine issus de 83 pays :
- 5 500 d’amérique latine
- 3244 d’amérique centrale
- 489 du Mexique et d’amérique du nord dont 65 des USA et 2 de Porto-Rico
- 1039 de la Caraïbe
- 777 d’afrique subsaharienne
- 42 d’afrique du Nord et du Moyen-Orient
- 61 d’Asie
- 2 d’Europe
Actuellement, Cuba forme plus de 46000 étudiants en médecine de 82 pays du Tiers Monde.et a 31000 membres du personnel de santé dont 20000 médecins qui prêtent leurs services dans 69 pays du monde., a indiqué Felipe Perez Roque le 8 novembre 2006 à l’ONU:
La Brigade HENRY REEVE
Créée en septembre 2005, au moment de l’ouragan Katrina pour venir en aide aux victimes étasuniennes et refusée par George Bush qui avait pourtant fait appel à l’aide internationale, cette brigade est spécialisée dans l’aide d’urgence dans les situations de catastrophes naturelles. elle oeuvre actuellement dans de nombreux pays .
En mars 2006, 25 000 professionnels cubains de la santé étaient répartis dans 68 nations : « Un déploiement que même l’OMS ne peut réaliser » souligne Hernando Calvo Ospina dans son article « Une internationale de la santé » (Le Monde diplomatique, août 2006) et il ajoute que Médecins Sans Frontières, d’après son rapport financier de 2004 n’a dépêché à l’étranger cette année-là que 2290 médecins et infirmiers, et 2040 l’année précédante.
Quelques exemples de l’action des médecins cubains à l’étranger :
Le lendemain de Noël 2004, un tsunami frappe l’Indonésie, des équipes de médecins sont été rapidement dépêchées dans les zones sinistrées. « Des espaces du Pacifique, de Kiribati à Timor Leste, sont en train de devenir dépendants de l’aide médicale cubaine, et les Cubains semblent gagner les cœurs et les esprits, écrit Tom Fauthrop le 28 octobre 2006 dans son article « Cuba appauvrie envoie des médecins aider les pauvres autour du monde ».En plus de la mission médicale cubaine de
Kiribati, des équipes cubaines sont allées à Aceh et à Sri Lanka après le tsunami, et quelques équipes y sont toujours.
A la demande de Timor-Leste, deux cent quatre-vingt-huit médecins cubains travaillent aujourd’hui dans des régions rurales et à Dili où ils ont monté des installations pour que des centaines de gens de l’endroit fassent des études de médecine. Les îles Salomon et la Papouasie-Nouvelle-Guinée viennent de demander une aide médicale à La Havane en vue de signer des accords de coopération bilatérale. »
Ronnie Rockito, coordonnateur régional de la santé en Indonésie, affirme que les deux hôpitaux de campagne cubains et les cent trente-cinq travailleurs ont eu des effets sur la crise humanitaire plus importants que les efforts de n’importe quel autre pays :« J’apprécie l’équipe médicale cubaine : ils sont très amicaux et leur niveau médical est très élevé Tout ce qu’ils font est gratuit, et mon gouvernement ne fournit aucun soutien. Nous remercions Fidel Castro. De nombreux villageois supplient les médecins cubains de rester. »
Le 8 octobre 2005, un violent tremblement de terre secoue le PAKISTAN .
La brigade Henry Reeve, composée de 2500 travailleurs cubains de la santé part aussiôt en mission. EIle y restera 7 mois. Le 25 mai 2005, le président Musharraf remerciera, à l’occasion de leur départ, le président Fidel Castro pour :
- le don de 32 hôpitaux de campagne
- l’offre de 1000 bourses pour que des jeunes des régions touchées par le séisme puissent étudier à Cuba. Pendant toute la durée de son action, la Brigade Henry Reeve a :
- soigné 1 743 244 patients dont 856 268 femmes
- donné des soins sur le terrain a 802 283 personnes
- réalisé 14 506 opérations
- soigné et fait hospitaliser 1083 patients
- enfin, 166 262 personnes ont bénéficié de la physiothérapie et de la rééducation.
Des représentants de cette brigade, uns soixantaine de membres dont 41 médecins, 14 infirmiers ou infirmières et 3 membres du personnel de soutien, sélectionnés en fonction du travail réalisé dans les hôpitaux de campagne tenus par le personnel cubain, dans les camps de réfugiés et les installations médicales pakistanaises où ils apportent leur aide aux sinistrés, ont été présents au 4° Forum Social Mondial et au Second Forum Social des Amériques qui se sont tienus simultanément à Caracas du 24 au 29 janvier.
En février 2006, la Bolivie subit des inondations catastrophiques : 9 des 11 provinces qui composent le pays sont touchées et Evo Moralès, fraîchement investi, demande l’aide internationale. La France, qui l’avait reçu en grande pompre le mois précédent, ne réagit pas mais la Brigade Henry Reeve part aussitôt. C’est à ce moment-là que nous décidons, à Cuba Si France Provence, de soutenir l’action de cette brigade en récoltant des dons, dons que j’ai moi-même remis en espèces, pour éviter les frais de virement international, à l’ICAP de La Havane au début de ce mois.
Le 24 février, Evo Moralès fait l’éloge du travail des 600 médecins de la brigade, à pied d’oeuvre dans son pays. Ils y sont toujours à ce jour.
Le 27 mai 2006, c’est au tour de l’Indonésie d’essuyer un violent tremblement de terre. La Brigade Henry Reeve se rend aussitôt à Java pour en repartir le 4
septembre 2006 après y avoir implanté 2 hôpitaux de campagne qui resteront sur place et effectué, outre le travail directement lié à la situation créée par le séisme :
- 773 actes de chirurgie majeure
- 436 de chirurgie mineure
- 34 accouchements
Le 25 octobre 2006, Cuba accepte de fournir à l’Angola, pays avec lequel la première convention de coopération remonte à février 1967 avec l’envoi de 10 000 médecins, infirmiers et autres techniciens, des professeurs d’université, des médecins et des techniciens. Dès le premier trimestre 2007, des enseignants seront envoyés à l’Institut des Relations Internationales pour aider à la formation des diplomates. Actuellement, 130 cadres de santé oeuvrent dans les provinces de Luanda, Cabinola, Huila, Huambo, Benguela et Luanda-Norte, dans le cadre d’un traité avec l’Université Agostino Neto.
Enfin, 4 centres ophtalmologiques fournis à l’Algérie devraient être inaugurés en décembre prochain à l’occasion de la Session de la Commission mixte bilatérale Algérie-Cuba. les deux pays envisagent également de signer des accords pour la production de divers médicaments conçus et développés à Cuba, comme le vaccin contre l’hépatite B.
L’opération MIRACLE :
L’Opération Miracle, mise au point dans le cadre des accords de l’ALBA, est financée par le Venezuela, Cuba apportant le personnel, les infrastructures, les salaires du personnel. Elle s’étend aujourd’hui à 25 pays d’Amérique Latine et des Caraïbes et, en 2005, plus de 170 000 personnes de toutes nationalités confondues, ont été opérées dans le cadre de cette opération, dont plus de 5000 au Centre d’ophtalmologie Ramon Pando Ferrer de La Havane.
au cours du second trimestre 2006, Evo Moralès a ouvert une antenne de cette opération à la frontière péruvienne.
Pendant le mois d’août 2006, les services ophtalmologiques dépendant de l’Opération Miracle ont ouvert en Haïti, deux centres ophtalmologiques, dans le département d’Antibone et à Port-au-Prince. Le 24 août, 160 patients s’étaient déjà fait opérer à , la plupart du pterigium (maladie qui provoque des altérations de la cornée et des conjonctives). avant que ces centres n’aient commencé à fonctionner, 659 patients s’étaient fait opérer à Cuba. Au 19 octobre 2006, quelques 1304 patients haïtiens ont été opérés des yeux.
Les médecins cubains travaillent dans 100 communes sur les 138 existantes et il est à noter qu’au moment du renversement du gouvernement, lorsque toutes les ONG ont plié bagages sabns demander leur reste, les médecins cubains sont restés...
Le 5 mars 2006, 655 Panaméens ont été opérés de la vue à Cuba et les autorités du Panama annoncent l’arrivée d’un nouveau groupe de 750 patients. En vertu d’un accord de coopération signé en décembre 2005, 48 000 Pananméens seront soignés gratuitement dans les hôpitaux ophtalmologiques cubains d’ici 4 ans.
Le 5 juin 2006, un groupe de 131 Nicaraguayens arrive à La Havane pour se faire opérer de la cataracte et du pterigium, tandis que le 22 juin , les 60 premiers patients rentrent à Managua après s’être fait opérer . au mois d’avril, 87 patients ont été opérés au Venezuela dans le cadre de cette même Opération Miracle.
Au mois de juillet 2006, le Chili envoie à Caracas plusieurs dizaines de personnes pour qu’elles bénéficient de cette opération.
Au total, depuis 2004, date à laquelle l’Opération Miracle a été mise en place, 400 000 personnes de 28 pays ont recouvré la vue grâce à elle.
Quelques exemples de la solidarité pratiquée par Cuba envers des pays étrangers sur son propre territoire :
Les malades les plus graves, de quelque pays que ce soit, sont acheminés vers La Havane. C’est là que Kim Phuc, qui courait nue sur une route du Viet-Nam, brûlée par le napalm, a été soignée.
Après la catastrophe deTchernobyl , Cuba accueille et soigne sur son territoire:
16 000 enfants
3000 adultes venant des trois républiques soviétiques touchées par la catastrophe.
13 opérations cardio-vasculaires sont pratiquées pour des malformations
7 greffes de moelle
2 greffes de reins
2000 opérations orthopédiques et neurologiques
LES REACTIONS A LA SOLIDARITE CUBAINE
Quelques propositions cubaines non retenues
En 2001, au cours d’une session extraordinaire de l’ONU portant sur la prévention du sida, Cuba propose « les médecins, pédagogues, psychologues et autres spécialistes nécessaires pour conseiller et collaborer dans les campagnes de prévention du sida et autres maladies, les équipements et kits de diagnostic nécessaires pour les programmes de base de prévention du sida, le traitement antirétroviral pour 30 000 patients. » Si le projet était adopté, « il suffirait que la communauté internationale apporte les matières premières pour les médicaments. Cuba n’en tirerait aucun bénéfice et fournirait même les salaires de son personnel. »
Mais la proposition est rejetée, bien que la prévalence du sida à Cuba soit de 0,09% contre 0,6 aux USA.
Un projet d’intervention éducative sur le VIH/sida sera pourtant mis en oeuvre, qui bénéficie actuellement à 8 pays d’Afrique et 6 états d’Amérique Latine. Il a permis la diffusion de programmes de radio et/ou de télévision, la possibilité pour plus de 200 000 patients d’être soignés et pour plus d’un demi million de travailleurs de la santé d’être formés.
Après les attentats du 11 septembre, le président Fidel Castro propose à George Bush de sauver autant de malades étasuniens atteints de maladies cardio-vasculaires que l’explosion des tours a fait de victimes.
Pas de réponse.
Alors que l’ouragan Katrina avait dévasté la Floride le 4 septembre 2005 et que le même George Bush avait fait appel à l’aide internationale, le président Fidel Castro propose l’envoi immédiat d’une brigade médicale et bien qu’il réitère plusieurs fois son offre, George Bush refuse, au mépris du droit international qui stipule que si on a demandé l’aide internationale, on doit l’accepter d’où qu’elle vienne. Les médecins cubains se tiennent pourtant prêts à partir et forment la Brigade Henry Reeve, du nom d’un jeune étasunien mort en luttant pour l’indépendance de Cuba aux côtés des Cubains.
Mieux encore, en janvier 2006, alors que les Etats-Unis s’apprêtent à accorder leur protection au terroriste Luis Posada Carrilès, réclamé par Cuba qui souhaite le juger pour sa participation à l’attentat contre un avion de ligne en 1976 qui a fait 73 morts au-dessus de La Barbade, une tentative d’assassinat du président Fidel Castro au Panama et divers autres faits, le président Fidel Castro, dans une intervention télévisée, propose d’opérer gratuitement 150 000 patients étasuniens atteints de troubles ophtalmologiques : « Nous sommes prêts à assurer gratuitement le transport par avion, l’hébergement et l’attention médicale comme nous l’avons fait pour 176 000 patients latino-américains. »
Pas de réponse.
Au Nicaragua, malgré l’ampleur des dégâts causés par l’ouragan Mitch, le président Arnoldo Alemàn commença par refuser la présence des médecins cubains.
Les réactions négatives
Au Venezuela et en Bolivie, les médecins liés au secteur conservateur se déchaînent contre ces « médecins aux pieds nus » qu’ils accusent « d’incompétence », d’ « exercice illégal de la médecine », de « concurrence déloyale »... On peut se demander où est la concurrence puisque les populations soignées par les médecins cubains ne peuvent de toute façon pas s’offrir les service d’un autre médecin.
En avril 2005, une décision judiciaire de l’état brésilien de Tocantins obligea 96 médecins cubains à partir malgré l’opposition du gouverneur de l’état à cette décision, qui ne put que « reconnaître le courage professionnel des médecins qui ont été très bien reçus ici et [que] nous devons remercier. »
« Inspirés par des considérations idéologiques, les ordres des médecins et d’ophtalmologistes de plusieurs pays, écrit Hernando Calvo Ospina dans son article « Une internationale de la santé » (« Monde diplomatique août 2006), ont lancé des campagnes contre cette initiative. La revue du Conseil argentin d’ophtalmologie, par exemple [periodico informativo ophtalmologico N° 37, Buenos Aires 26 décembre 2005] s’insurge contre les ophtalmologistes cubains : « Nous ne savons pas s’ils sont médecins. » Du coup, le Conseil a annoncé qu’il va « commencer les démarches » avec des ONG humanitaires pour financer un programme semblable. »
Le 10 juillet 2006, le Plan pour une Cuba Libre, mis en place par George Bush, renforce le blocus de Cuba par une nouvelle mesure directement liée à la solidarité que l’île manifeste envers tous les peuples du monde. En effet, le document établit « que les Etats-Unis refuseront toute exportation liée à des équipements médicaux qui peuvent être utilisés pour des programmes d’attention à des patients étrangers. » « Le gouvernement des Etats-Unis , a déclaré Felipe Perez Roque à l’ONU à l’occasion du dernier vote condamnant le blocus de Cuba, le 8 novembre 2006, a toujours tenté d’entraver par tous les moyens possibles les programmes d’aide médicale internationale que Cuba réalise »
« Si le plan cynique du Président Bush était un succès, Cuba ne pourrait donner aux autres peuples qui sont représentés ici par nombre d’entre vous, son aide modeste et généreuse dans un domaine dans lequel personne ne nie notre développement et notre expérience. Depuis 2004, Cuba a mis en place l’Opération miracle grâce à laquelle prés de 400 000 personnes de 28 pays ont été opérées
gratuitement et ont recouvré la vue. Si l’offensive étasunienne parvient à paralyser cet effort plus d’un million de personnes perdront la vue. »
Les réactions des organismes internationaux
Cependant, les organismes internationaux saluent le travail accompli par ces brigades. ainsi,
En 2005 s’est déroulé à Cuba le premier Congrès international d’alphabétisation. Cuba a offert le programme Yo si puedo à l’UNESCO, pour contribuer à réduire les taux d’analphabétisme en peu de temps. Durant la 33e Conférence générale de cette organisation de l’ONU, un nombre significatif de pays a reconnu les résultats satisfaisants du projet.
Selon la décision de cette conférence aura lieu à La Havane le séminaire international sur les politiques d’alphabétisation et de post-alphabétisation, du 5 au 9 juin de cette année. Parmi les sujets qui seront abordés : l’alphabétisation bilingue et multilingue; le développement interculturel ; l’alphabétisation dans les communautés indigènes et aux personnes aux besoins éducatifs spéciaux.
Fin janvier 2006, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) reconnaît l’importance de l’aide que les travailleuses cubaines de la santé ont apporté aux femmes pakistanaises qui, à cause de leur culture et de leurs moeurs, préfèrent souffrir en silence plutôt que de se laisser soigner par un médecin homme. Il note aussi l’étonnant niveau de compréhension entre les patientes et les femmes médecins qui ne parlent pas le urdu.
Le 8 mars 2006, l’OPS, « Office panaméricain de la santé », dépendant de l’OMS, au cours d’un séminaire qui réunit un millier de spécialistes de 22 pays, remercie Cuba pour sa coopération médicale avec les pays de la région et fait l’éloge du Programme cubain d’attention médicale aux enfants et aux nouvelles mères au cours duquel les médecins cubains ont réalisé plus de 600 000 accouchements et garanti un niveau élevé de survie des nouveaux-nés.
C’est que Cuba aide tous les pays, sans tenir aucun compte des positions idéologiques de ceux-ci, ni du fait que ces pays ont ou non des relations diplomatiques avec Cuba , se met à la portée de tous . Nous l’avons vu tout à l’heure avec l’exemple du Pakistan.
De même lorsque l’Uruguay présente devant la Commission des Droits de l’Homme à Genève la proposition anti-cubaine mise au point par les Etats-Unis, des médecins cubains étaient à l’oeuvre en Uruguay. « Allez-vous les rappeler ? » demanda-t-on au président Fidel Castro : « Non, ce n’est pas la faute du peuple, » répond-il.
Conclusion :
Et Felipe Perez Roque conclut son intervention à l’ONU ce 8 novembre, en affirmant que « Cuba ne renoncera pas à ces plans humanistes qui sont le symbole du fait qu’un monde de paix, de justice et de coopération est possible. L’engagement de Cuba envers les droits de chaque pauvre de la Terre est plus fort que la haine des bourreaux. »
Françoise Lopez
pour Cuba Si France Provence
15 novembre 2006
Salon-de-Provence
plus développés peuvent venir en aide aux autres... et le font.
Pourtant, il existe un pays, un tout petit pays de seulement 11 millions d’habitants, un
pays du Tiers Monde, sous blocus étasunien depuis presque cinquante ans, un pays
en proie à d’énormes difficultés économiques du fait des lois Nord-américaines qui lui
interdisent de commercer et d’entretenir des relations normales avec le reste du
monde, qui depuis presque cinquante ans n’a jamais céssé d’apporter son aide aux
pays en difficultés, souvent beaucoup plus riches que lui...
Nous allons donc vous parler aujourd’hui des actions de solidarité que Cuba mène à travers le monde :aide technique, médicale, aide en matière d’éducation, aide d’urgence en situation de catastrophes naturelles ...Nous vous parlerons particulièrement de l’action de la Brigade médicale Henry Reeve, créée à l’occasion de l’ouragan Katrina , dont les Etats-Unis ont refusé l’aide pour les victimes de la Nouvelle Orléans, que notre association soutient en collectant des dons.
Ensuite, Madame Yamila Buasajàn, Conseillère de Presse de l’Ambassade de Cuba
en France, développera quelques points importants de ces actions et se fera un
plaisir de répondre à toutes vos questions.
Nous aurons, au cours de cette soirée, une pensée particulière pour le Docteur Freddy Ilunga Ilanga avec qui notre association entretenait des liens privilégiés et qui est mort il y a tout jouste un an, le 29 novembre 2005. A l’âge de 16 ans, Freddy illunga fut le traducteur de swahili du Che lorsque celui-ci était au Congo et il a bénéficié de la solidarité internationale de Cuba puisque, en quittant le Congo, le Che l’a emmené avec lui à Cuba où il a pu faire des études et devenir neuro-chirurgien pour enfants.
L’ALPHABETISATION
Dès le triomphe de la Révolution Cubaine, l’alphabétisation du peuple a été considérée comme une priorité absolue et 1961 a été décrétée « année de l’éducation ». La pari était d’arriver, en un an (entre janvier et décembre 1961) à éradiquer l’analphabétisme dans le pays et, malgré l’action des bandes contre-révolutionnaires qui vont jusqu’à assassiner des alphabétiseurs, le pari sera pratiquement tenu. En effet, en décembre 1961, le taux d’analphabétisme est tombé à 3,9% et en 1962, Cuba sera déclarée par l’UNESCO « territoire exempt d’analphabétisme.
C’est cette même méthode qui, sous le nom de « Yo si puedo », est mise en oeuvre actuellement dans de nombreux pays dont le Venezuela et la Bolivie. Elle permet d’apprendre à lire en 7 semaines et grâce à elle, le Venezuela a été déclaré par l’ONU « territoire exempt d’analphabétisme ».
Depuis le début du programme cubain d’alphabétisation Yo si puedo au Venezuela, jusqu’à sa mise en œuvre aujourd’hui en Bolivie, environ 2 millions de personnes ont appris à lire et à écrire dans 13 pays de la région.
Yo si puedo est une méthode créée pour alphabétiser les jeunes et les adultes, basée sur la profonde connaissance préalable des chiffres par ces personnes malgré le fait de ne pas savoir lire. A travers l’association entre les lettres et les chiffres, il est facile de leur apprendre à écrire.
C’est Fidel Castro qui a promu l’utilisation de la télévision comme moyen de soutien aux modèles éducatifs d’alphabétisation. Un projet a d’abord été créé en 1998 qui, à travers la radio, a réussi à alphabétiser en peu de temps près de 100 000 personnes en Haïti.
Quand la Révolution Bolivarienne a décidé d’éradiquer l’analphabétisme, une nouvelle variante a été employée basée sur la télévision et qui permet d’apprendre à lire et à écrire en 7 semaines. Le modèle de l’éducation traditionnelle, qui exige la présence du professeur face aux élèves, a ainsi été transformé.
C’est au Venezuela que le modèle a pris le nom de Yo si puedo et en tout 1,4 millions de vénézuéliens ont été alphabétisés. Une grande partie d’entre eux ont décidé de poursuivre leurs études pour atteindre la 6e année. Ce programme de continuité s’appelle « Yo si puedo seguir » et ceux qui y ont participé ont déjà vaincu la première étape et sont pratiquement en 4e année.
Il existe dans le monde de nombreuses méthodes d’alphabétisation, mais aucune ne ressemble à celle-ci. Toutes sont basées sur la présence d’un instituteur qui doit bien être entraîné pour son travail. Avec la méthode cubaine, on a seulement besoin de médiateurs qui peuvent être de simples personnes instruites de la communauté auxquelles on donne une brève formation, vu que l’enseignement par vidéo constitue l’essentiel des cours.
La méthode est très flexible et elle peut s’adapter à la réalité des différentes communautés. Elle est déjà adaptée, outre l’espagnol, au portugais, à l’anglais, et au français. Elle vient d’être adaptée en quechua.
En Nouvelle-Zélande, en Equateur, et dans certains états du Mexique comme le Michoacan et Oaxaca, la méthode « Yo si puedo »a été utilisée avec une assistance cubaine. En l’adaptant toujours aux caractéristiques de chaque région.
Les réactions internationales à ce programme :
En 2005 s’est déroulé à Cuba le premier Congrès international d’alphabétisation. Cuba a offert le programme Yo si puedo à l’UNESCO, pour contribuer à réduire les taux d’analphabétisme en peu de temps. Durant la 33e Conférence générale de cette organisation de l’ONU, un nombre significatif de pays a reconnu les résultats satisfaisants du projet.
Selon la décision de cette conférence aura lieu à La Havane le séminaire international sur les politiques d’alphabétisation et de post-alphabétisation, du 5 au 9 juin de cette année. Parmi les sujets qui seront abordés : l’alphabétisation bilingue et multilingue; le développement interculturel ; l’alphabétisation dans les communautés indigènes et aux personnes aux besoins éducatifs spéciaux.
L’UNESCO récompense le programme d’alphabétisation cubain
L´Institut Pédagogique Latino-américaine et des Caraïbes (IPLAC) de Cuba a reçu, le 3 novembre à Paris, le Prix international « Roi Sejong » de l´UNESCO pour la création et l´application du programme d’alphabétisation « Yo, sí puedo ». Ce Prix est accordé annuellement à des institutions renommées et à des personnalités depuis l´année 1990., c’est la plus importante reconnaissance en matière d´alphabétisation qu´accorde cet organe des Nations Unies.
Le jury, est composé d’experts des Etats-Unis, d´Équateur, de Corée du Sud, de la République Populaire de Chine, du Sénégal et de Syrie Les experts ont souligné que la méthode est innovatrice, flexible, capable de s´adapter à diverses situations géographiques, culturelles et ethniques avec efficacité, dans des contextes sociaux, ruraux, urbains et dans des secteurs ayant des nécessités spéciales.En ce moment près de 780 millions personnes dans le monde sont illettrées.
LES BRIGADES MEDICALES CUBAINES INTERNATIONALES
La première brigade internationale cubaine a été formée en 1963. Elle se composait de 58 médecins et techniciens qui allaient offrir leur aide à l’Algérie tout juste indépendante. Mais c’est en 1998 que le gouvernement cubain commence à structurer l’aide massive aux populations des pays pauvres touchés par des catastrophes naturelles. C’est aussi cette année-là qu’est inaugurée l’Ecole Latino-américaine des Sciences médicales, située dans une ancienne base navale de la banlieue de La Havane et qui forme près de 2000 jeunes par an, issus de familles pauvres de tout le continent américain, Etats-Unis compris, ainsi que des centaines d’étudiants arabes, africains, asiatiques et même européens.
De 1963 à fin 2005, plus de 100 000 médecins et techniciens de la santé cubains sont intervenus dans 97 pays, surtout en Afrique et en Amérique Latine (6 pays latino-américains et 20 pays africains).
Fin 2005, ils avaient réalisé :
- 500 000 accouchements
- 1 657 867 interventions chirurgicales
- presque 9 000 000 de vaccinations.
Le 20 août 2005, la première promotion de 1610 étudiants de l’ecole Latino-américaine de sciences médicales prête serment et reçoit son diplôme de médecin
en présence de 6 chefs d’état et d’une quinzaine de chefs de gouvernements. On rappelle à cette occasion que l’idée de cette école est née de la proposition du président Fidel Castro, au moment où l’ouragan Mitch avait tué plus de 40 000 personnes en Amérique centrale, d’envoyer sur place chaque année, une force médicale capable de sauver autant de vies que Mitch en avait détruites, et de remplacer peu à peu les médecins cubains par des médecins autochtones.
Pendant toute la durée de leurs études, la formation, la nourriture, le logement, ainsi que les éléments pour la pratique leur sont fournis gratuitement. En échange, ils s’engagent à retourner dans leur pays d’origine pour soigner leurs compatriotes.
Le 20 août 2005, donc, il y a à Cuba :
- 78 759 étudiants, cubains et étrangers
- 12 000 étudiants en médecine issus de 83 pays :
- 5 500 d’amérique latine
- 3244 d’amérique centrale
- 489 du Mexique et d’amérique du nord dont 65 des USA et 2 de Porto-Rico
- 1039 de la Caraïbe
- 777 d’afrique subsaharienne
- 42 d’afrique du Nord et du Moyen-Orient
- 61 d’Asie
- 2 d’Europe
Actuellement, Cuba forme plus de 46000 étudiants en médecine de 82 pays du Tiers Monde.et a 31000 membres du personnel de santé dont 20000 médecins qui prêtent leurs services dans 69 pays du monde., a indiqué Felipe Perez Roque le 8 novembre 2006 à l’ONU:
La Brigade HENRY REEVE
Créée en septembre 2005, au moment de l’ouragan Katrina pour venir en aide aux victimes étasuniennes et refusée par George Bush qui avait pourtant fait appel à l’aide internationale, cette brigade est spécialisée dans l’aide d’urgence dans les situations de catastrophes naturelles. elle oeuvre actuellement dans de nombreux pays .
En mars 2006, 25 000 professionnels cubains de la santé étaient répartis dans 68 nations : « Un déploiement que même l’OMS ne peut réaliser » souligne Hernando Calvo Ospina dans son article « Une internationale de la santé » (Le Monde diplomatique, août 2006) et il ajoute que Médecins Sans Frontières, d’après son rapport financier de 2004 n’a dépêché à l’étranger cette année-là que 2290 médecins et infirmiers, et 2040 l’année précédante.
Quelques exemples de l’action des médecins cubains à l’étranger :
Le lendemain de Noël 2004, un tsunami frappe l’Indonésie, des équipes de médecins sont été rapidement dépêchées dans les zones sinistrées. « Des espaces du Pacifique, de Kiribati à Timor Leste, sont en train de devenir dépendants de l’aide médicale cubaine, et les Cubains semblent gagner les cœurs et les esprits, écrit Tom Fauthrop le 28 octobre 2006 dans son article « Cuba appauvrie envoie des médecins aider les pauvres autour du monde ».En plus de la mission médicale cubaine de
Kiribati, des équipes cubaines sont allées à Aceh et à Sri Lanka après le tsunami, et quelques équipes y sont toujours.
A la demande de Timor-Leste, deux cent quatre-vingt-huit médecins cubains travaillent aujourd’hui dans des régions rurales et à Dili où ils ont monté des installations pour que des centaines de gens de l’endroit fassent des études de médecine. Les îles Salomon et la Papouasie-Nouvelle-Guinée viennent de demander une aide médicale à La Havane en vue de signer des accords de coopération bilatérale. »
Ronnie Rockito, coordonnateur régional de la santé en Indonésie, affirme que les deux hôpitaux de campagne cubains et les cent trente-cinq travailleurs ont eu des effets sur la crise humanitaire plus importants que les efforts de n’importe quel autre pays :« J’apprécie l’équipe médicale cubaine : ils sont très amicaux et leur niveau médical est très élevé Tout ce qu’ils font est gratuit, et mon gouvernement ne fournit aucun soutien. Nous remercions Fidel Castro. De nombreux villageois supplient les médecins cubains de rester. »
Le 8 octobre 2005, un violent tremblement de terre secoue le PAKISTAN .
La brigade Henry Reeve, composée de 2500 travailleurs cubains de la santé part aussiôt en mission. EIle y restera 7 mois. Le 25 mai 2005, le président Musharraf remerciera, à l’occasion de leur départ, le président Fidel Castro pour :
- le don de 32 hôpitaux de campagne
- l’offre de 1000 bourses pour que des jeunes des régions touchées par le séisme puissent étudier à Cuba. Pendant toute la durée de son action, la Brigade Henry Reeve a :
- soigné 1 743 244 patients dont 856 268 femmes
- donné des soins sur le terrain a 802 283 personnes
- réalisé 14 506 opérations
- soigné et fait hospitaliser 1083 patients
- enfin, 166 262 personnes ont bénéficié de la physiothérapie et de la rééducation.
Des représentants de cette brigade, uns soixantaine de membres dont 41 médecins, 14 infirmiers ou infirmières et 3 membres du personnel de soutien, sélectionnés en fonction du travail réalisé dans les hôpitaux de campagne tenus par le personnel cubain, dans les camps de réfugiés et les installations médicales pakistanaises où ils apportent leur aide aux sinistrés, ont été présents au 4° Forum Social Mondial et au Second Forum Social des Amériques qui se sont tienus simultanément à Caracas du 24 au 29 janvier.
En février 2006, la Bolivie subit des inondations catastrophiques : 9 des 11 provinces qui composent le pays sont touchées et Evo Moralès, fraîchement investi, demande l’aide internationale. La France, qui l’avait reçu en grande pompre le mois précédent, ne réagit pas mais la Brigade Henry Reeve part aussitôt. C’est à ce moment-là que nous décidons, à Cuba Si France Provence, de soutenir l’action de cette brigade en récoltant des dons, dons que j’ai moi-même remis en espèces, pour éviter les frais de virement international, à l’ICAP de La Havane au début de ce mois.
Le 24 février, Evo Moralès fait l’éloge du travail des 600 médecins de la brigade, à pied d’oeuvre dans son pays. Ils y sont toujours à ce jour.
Le 27 mai 2006, c’est au tour de l’Indonésie d’essuyer un violent tremblement de terre. La Brigade Henry Reeve se rend aussitôt à Java pour en repartir le 4
septembre 2006 après y avoir implanté 2 hôpitaux de campagne qui resteront sur place et effectué, outre le travail directement lié à la situation créée par le séisme :
- 773 actes de chirurgie majeure
- 436 de chirurgie mineure
- 34 accouchements
Le 25 octobre 2006, Cuba accepte de fournir à l’Angola, pays avec lequel la première convention de coopération remonte à février 1967 avec l’envoi de 10 000 médecins, infirmiers et autres techniciens, des professeurs d’université, des médecins et des techniciens. Dès le premier trimestre 2007, des enseignants seront envoyés à l’Institut des Relations Internationales pour aider à la formation des diplomates. Actuellement, 130 cadres de santé oeuvrent dans les provinces de Luanda, Cabinola, Huila, Huambo, Benguela et Luanda-Norte, dans le cadre d’un traité avec l’Université Agostino Neto.
Enfin, 4 centres ophtalmologiques fournis à l’Algérie devraient être inaugurés en décembre prochain à l’occasion de la Session de la Commission mixte bilatérale Algérie-Cuba. les deux pays envisagent également de signer des accords pour la production de divers médicaments conçus et développés à Cuba, comme le vaccin contre l’hépatite B.
L’opération MIRACLE :
L’Opération Miracle, mise au point dans le cadre des accords de l’ALBA, est financée par le Venezuela, Cuba apportant le personnel, les infrastructures, les salaires du personnel. Elle s’étend aujourd’hui à 25 pays d’Amérique Latine et des Caraïbes et, en 2005, plus de 170 000 personnes de toutes nationalités confondues, ont été opérées dans le cadre de cette opération, dont plus de 5000 au Centre d’ophtalmologie Ramon Pando Ferrer de La Havane.
au cours du second trimestre 2006, Evo Moralès a ouvert une antenne de cette opération à la frontière péruvienne.
Pendant le mois d’août 2006, les services ophtalmologiques dépendant de l’Opération Miracle ont ouvert en Haïti, deux centres ophtalmologiques, dans le département d’Antibone et à Port-au-Prince. Le 24 août, 160 patients s’étaient déjà fait opérer à , la plupart du pterigium (maladie qui provoque des altérations de la cornée et des conjonctives). avant que ces centres n’aient commencé à fonctionner, 659 patients s’étaient fait opérer à Cuba. Au 19 octobre 2006, quelques 1304 patients haïtiens ont été opérés des yeux.
Les médecins cubains travaillent dans 100 communes sur les 138 existantes et il est à noter qu’au moment du renversement du gouvernement, lorsque toutes les ONG ont plié bagages sabns demander leur reste, les médecins cubains sont restés...
Le 5 mars 2006, 655 Panaméens ont été opérés de la vue à Cuba et les autorités du Panama annoncent l’arrivée d’un nouveau groupe de 750 patients. En vertu d’un accord de coopération signé en décembre 2005, 48 000 Pananméens seront soignés gratuitement dans les hôpitaux ophtalmologiques cubains d’ici 4 ans.
Le 5 juin 2006, un groupe de 131 Nicaraguayens arrive à La Havane pour se faire opérer de la cataracte et du pterigium, tandis que le 22 juin , les 60 premiers patients rentrent à Managua après s’être fait opérer . au mois d’avril, 87 patients ont été opérés au Venezuela dans le cadre de cette même Opération Miracle.
Au mois de juillet 2006, le Chili envoie à Caracas plusieurs dizaines de personnes pour qu’elles bénéficient de cette opération.
Au total, depuis 2004, date à laquelle l’Opération Miracle a été mise en place, 400 000 personnes de 28 pays ont recouvré la vue grâce à elle.
Quelques exemples de la solidarité pratiquée par Cuba envers des pays étrangers sur son propre territoire :
Les malades les plus graves, de quelque pays que ce soit, sont acheminés vers La Havane. C’est là que Kim Phuc, qui courait nue sur une route du Viet-Nam, brûlée par le napalm, a été soignée.
Après la catastrophe deTchernobyl , Cuba accueille et soigne sur son territoire:
16 000 enfants
3000 adultes venant des trois républiques soviétiques touchées par la catastrophe.
13 opérations cardio-vasculaires sont pratiquées pour des malformations
7 greffes de moelle
2 greffes de reins
2000 opérations orthopédiques et neurologiques
LES REACTIONS A LA SOLIDARITE CUBAINE
Quelques propositions cubaines non retenues
En 2001, au cours d’une session extraordinaire de l’ONU portant sur la prévention du sida, Cuba propose « les médecins, pédagogues, psychologues et autres spécialistes nécessaires pour conseiller et collaborer dans les campagnes de prévention du sida et autres maladies, les équipements et kits de diagnostic nécessaires pour les programmes de base de prévention du sida, le traitement antirétroviral pour 30 000 patients. » Si le projet était adopté, « il suffirait que la communauté internationale apporte les matières premières pour les médicaments. Cuba n’en tirerait aucun bénéfice et fournirait même les salaires de son personnel. »
Mais la proposition est rejetée, bien que la prévalence du sida à Cuba soit de 0,09% contre 0,6 aux USA.
Un projet d’intervention éducative sur le VIH/sida sera pourtant mis en oeuvre, qui bénéficie actuellement à 8 pays d’Afrique et 6 états d’Amérique Latine. Il a permis la diffusion de programmes de radio et/ou de télévision, la possibilité pour plus de 200 000 patients d’être soignés et pour plus d’un demi million de travailleurs de la santé d’être formés.
Après les attentats du 11 septembre, le président Fidel Castro propose à George Bush de sauver autant de malades étasuniens atteints de maladies cardio-vasculaires que l’explosion des tours a fait de victimes.
Pas de réponse.
Alors que l’ouragan Katrina avait dévasté la Floride le 4 septembre 2005 et que le même George Bush avait fait appel à l’aide internationale, le président Fidel Castro propose l’envoi immédiat d’une brigade médicale et bien qu’il réitère plusieurs fois son offre, George Bush refuse, au mépris du droit international qui stipule que si on a demandé l’aide internationale, on doit l’accepter d’où qu’elle vienne. Les médecins cubains se tiennent pourtant prêts à partir et forment la Brigade Henry Reeve, du nom d’un jeune étasunien mort en luttant pour l’indépendance de Cuba aux côtés des Cubains.
Mieux encore, en janvier 2006, alors que les Etats-Unis s’apprêtent à accorder leur protection au terroriste Luis Posada Carrilès, réclamé par Cuba qui souhaite le juger pour sa participation à l’attentat contre un avion de ligne en 1976 qui a fait 73 morts au-dessus de La Barbade, une tentative d’assassinat du président Fidel Castro au Panama et divers autres faits, le président Fidel Castro, dans une intervention télévisée, propose d’opérer gratuitement 150 000 patients étasuniens atteints de troubles ophtalmologiques : « Nous sommes prêts à assurer gratuitement le transport par avion, l’hébergement et l’attention médicale comme nous l’avons fait pour 176 000 patients latino-américains. »
Pas de réponse.
Au Nicaragua, malgré l’ampleur des dégâts causés par l’ouragan Mitch, le président Arnoldo Alemàn commença par refuser la présence des médecins cubains.
Les réactions négatives
Au Venezuela et en Bolivie, les médecins liés au secteur conservateur se déchaînent contre ces « médecins aux pieds nus » qu’ils accusent « d’incompétence », d’ « exercice illégal de la médecine », de « concurrence déloyale »... On peut se demander où est la concurrence puisque les populations soignées par les médecins cubains ne peuvent de toute façon pas s’offrir les service d’un autre médecin.
En avril 2005, une décision judiciaire de l’état brésilien de Tocantins obligea 96 médecins cubains à partir malgré l’opposition du gouverneur de l’état à cette décision, qui ne put que « reconnaître le courage professionnel des médecins qui ont été très bien reçus ici et [que] nous devons remercier. »
« Inspirés par des considérations idéologiques, les ordres des médecins et d’ophtalmologistes de plusieurs pays, écrit Hernando Calvo Ospina dans son article « Une internationale de la santé » (« Monde diplomatique août 2006), ont lancé des campagnes contre cette initiative. La revue du Conseil argentin d’ophtalmologie, par exemple [periodico informativo ophtalmologico N° 37, Buenos Aires 26 décembre 2005] s’insurge contre les ophtalmologistes cubains : « Nous ne savons pas s’ils sont médecins. » Du coup, le Conseil a annoncé qu’il va « commencer les démarches » avec des ONG humanitaires pour financer un programme semblable. »
Le 10 juillet 2006, le Plan pour une Cuba Libre, mis en place par George Bush, renforce le blocus de Cuba par une nouvelle mesure directement liée à la solidarité que l’île manifeste envers tous les peuples du monde. En effet, le document établit « que les Etats-Unis refuseront toute exportation liée à des équipements médicaux qui peuvent être utilisés pour des programmes d’attention à des patients étrangers. » « Le gouvernement des Etats-Unis , a déclaré Felipe Perez Roque à l’ONU à l’occasion du dernier vote condamnant le blocus de Cuba, le 8 novembre 2006, a toujours tenté d’entraver par tous les moyens possibles les programmes d’aide médicale internationale que Cuba réalise »
« Si le plan cynique du Président Bush était un succès, Cuba ne pourrait donner aux autres peuples qui sont représentés ici par nombre d’entre vous, son aide modeste et généreuse dans un domaine dans lequel personne ne nie notre développement et notre expérience. Depuis 2004, Cuba a mis en place l’Opération miracle grâce à laquelle prés de 400 000 personnes de 28 pays ont été opérées
gratuitement et ont recouvré la vue. Si l’offensive étasunienne parvient à paralyser cet effort plus d’un million de personnes perdront la vue. »
Les réactions des organismes internationaux
Cependant, les organismes internationaux saluent le travail accompli par ces brigades. ainsi,
En 2005 s’est déroulé à Cuba le premier Congrès international d’alphabétisation. Cuba a offert le programme Yo si puedo à l’UNESCO, pour contribuer à réduire les taux d’analphabétisme en peu de temps. Durant la 33e Conférence générale de cette organisation de l’ONU, un nombre significatif de pays a reconnu les résultats satisfaisants du projet.
Selon la décision de cette conférence aura lieu à La Havane le séminaire international sur les politiques d’alphabétisation et de post-alphabétisation, du 5 au 9 juin de cette année. Parmi les sujets qui seront abordés : l’alphabétisation bilingue et multilingue; le développement interculturel ; l’alphabétisation dans les communautés indigènes et aux personnes aux besoins éducatifs spéciaux.
Fin janvier 2006, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) reconnaît l’importance de l’aide que les travailleuses cubaines de la santé ont apporté aux femmes pakistanaises qui, à cause de leur culture et de leurs moeurs, préfèrent souffrir en silence plutôt que de se laisser soigner par un médecin homme. Il note aussi l’étonnant niveau de compréhension entre les patientes et les femmes médecins qui ne parlent pas le urdu.
Le 8 mars 2006, l’OPS, « Office panaméricain de la santé », dépendant de l’OMS, au cours d’un séminaire qui réunit un millier de spécialistes de 22 pays, remercie Cuba pour sa coopération médicale avec les pays de la région et fait l’éloge du Programme cubain d’attention médicale aux enfants et aux nouvelles mères au cours duquel les médecins cubains ont réalisé plus de 600 000 accouchements et garanti un niveau élevé de survie des nouveaux-nés.
C’est que Cuba aide tous les pays, sans tenir aucun compte des positions idéologiques de ceux-ci, ni du fait que ces pays ont ou non des relations diplomatiques avec Cuba , se met à la portée de tous . Nous l’avons vu tout à l’heure avec l’exemple du Pakistan.
De même lorsque l’Uruguay présente devant la Commission des Droits de l’Homme à Genève la proposition anti-cubaine mise au point par les Etats-Unis, des médecins cubains étaient à l’oeuvre en Uruguay. « Allez-vous les rappeler ? » demanda-t-on au président Fidel Castro : « Non, ce n’est pas la faute du peuple, » répond-il.
Conclusion :
Et Felipe Perez Roque conclut son intervention à l’ONU ce 8 novembre, en affirmant que « Cuba ne renoncera pas à ces plans humanistes qui sont le symbole du fait qu’un monde de paix, de justice et de coopération est possible. L’engagement de Cuba envers les droits de chaque pauvre de la Terre est plus fort que la haine des bourreaux. »
Françoise Lopez
pour Cuba Si France Provence
15 novembre 2006
Salon-de-Provence
Faut-il être un pays riche pour aider les autres, l'exemple de Cuba version imprimable.pdf
(37.58 Ko)
Françoise Lopez
Rédigé par Françoise Lopez le 15/11/2006 à 20:40
Soutien à la brigade Henri Reeve
Cuba Si France-Provence
L’année dernière, nous avions fait appel à votre générosité pour soutenir l’action de la Brigade médicale Henry Reeve qui intervient dans de nombreux pays dans les situations de catastrophes naturelles et qui était alors à l’oeuvre en Bolivie, pays qui venait de subir des pluies catastrophiques ayant provoqué d’importants dégâts.
Aujourd’hui, la Brigade Henry Reeve est toujours à l’oeuvre en Bolivie, où le même phénomène de pluies cataclysmiques s’est reproduit cet hiver. Elle est également à l’oeuvre dans de nombreux pays d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Asie, à la suite de cataclysmes divers : tremblements de terre, raz de marrées, éruptions volcaniques, inondations, etc...
Aujourd’hui, la Brigade Henry Reeve est toujours à l’oeuvre en Bolivie, où le même phénomène de pluies cataclysmiques s’est reproduit cet hiver. Elle est également à l’oeuvre dans de nombreux pays d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Asie, à la suite de cataclysmes divers : tremblements de terre, raz de marrées, éruptions volcaniques, inondations, etc...
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