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Témoignages et déclarations diverses contre le blocus américain
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LOI HR 2229 PRESENTEE PAR CHARLES RANGEL
Proposition de loi présentée à la Chambre des représentants par plus de 30 congressmen afin d’obtenir la levée de l’embargo contre Cuba sous l’appellation « Free Trade with Cuba Act » (Loi pour la liberté commerciale avec Cuba).
Le projet de loi propose :
- les retrait des arrêtés qui restreignent le commerce avec Cuba de même que les autres relations avec Cuba, notamment la loi sur « le commerce avec l’ennemi » qui permet aux autorités américaines de mettre en place l’embargo et le quota sur le sucre ;
- de lever l’interdiction d’exporter vers Cuba ;
- d’abroger le « Cuban Democracy Act » ;
- de rouvrir les télécommunications avec Cuba, tout comme la remise en état des équipements de télécommunications à Cuba ;
- d’autoriser les voyages dans les deux sens entre les deux pays avec l’ouverture de transactions économiques nécessaires à la mise en oeuvre pratique des voyages ( traveler’s chèques, voyagistes...)
- la reprise de l’acheminement direct du courrier avec Cuba ;
- la reprise des négociations gouvernementales entre les deux pays.
Toutes ces mesures prendront effet soixante jours après la signature du projet de loi.
POUR LA LEVEE DU BLOCUS AMERICAIN CONTRE CUBA
Le Conseil des syndicats de San Francisco s’est prononcé en faveur de la levée du blocus dans une résolution adoptée le 20 août 1997 par l’Executive Committee regroupant les syndicats affiliés à l’AFL-CIO et les autres syndicats. Il base sa position sur « le fait que des décennies de blocus continuent d’infliger des souffrances au peuple cubain, y compris les enfants en les privant de nourriture, de médicaments et d’autres produits de base. Le fait que la levée du blocus avec Cuba, tout comme pour le Vietnam, la Chine ou d’autres pays ayant des systèmes économiques, politiques et sociaux différents, permettrait de rétablir le droit constitutionnel des Américains à voyager à Cuba. Le fait que l’ingérence américaine dans le commerce d’autres nations avec Cuba viole le droit international alors qu’une très large majorité de l’Assemblée générale des Nations unies se prononce en faveur de la levée du blocus contre Cuba.
C’est pourquoi le Labor Council de San Francisco, AFL-CIO demande expressément au Conseil national de l’AFL-CIO d’appeler à la levée du blocus contre Cuba. »
Déclaration d’Andrew Zimbalist et Robert Woods, professeurs d’économie au smith College, durant la House Ways and Means Committee du Congrès de Washington, le 17 mars 1994.
« Finalement, l’embargo américain ferme la porte aux entreprises américaines face à des investissements attractifs porteurs de millions de dollars qui sont maintenant exploités par des entreprises du Canada, d’Europe, d’Asie, du Proche-Orient et d’Amérique latine.
« L’un des principaux arguments en faveur du renforcement de l’embargo américain exprimé en 1992 par le Cuban Democracy Act était que l’économie cubaine était au bord de l’effondrement et qu’un resserrement de l’embargo aurait entraîné la chute du gouvernement de Fidel Castro. L’économie cubaine a bien plongé en 1992 et 1993, de 60%. Cependant, l’économie a alors touché le fond pour repartir en 1994. Le Cuban Democracy Act ne va pas faire écrouler l’économie cubaine puisque les 90% des importations interdites affectent la nourriture et les médicaments. Par contre, cela frappe la santé des enfants et du peuple cubain.
« J’ai participé à différentes conférences traitant des intérêts des entreprises américaines sur le marché cubain, j’ai été contacté par des douzaines d’entreprises, petites et grandes, anxieuses d’investir à Cuba où existent des investissements potentiels pouvant générer des millions de dollars dans l’agriculture, la biotechnologie, le pétrole, le nickel, le tourisme et les manufactures. Cuba dispose d’une force de travail qualifiée et bon marché. L’île compte des centaines de kilomètres de jolies plages. Elle dispose de minerais et de terres cultivables. Elle possède des atouts en biotechnologie et se trouve à la pointe du progrès dans le domaine de la recherche scientifique. Elle possède le plus grand marché des Caraïbes et est idéalement située pour dispatcher les exportations vers l’Amérique latine.
« Aujourd’hui, des capitaux en provenance du monde entier tirent profit de ces avantages alors que les industries américaines se voient fermer la porte pour tout projet rentable, et cela dans notre propre arrière-cour. L’embargo est contre-productif et se révèle être une erreur d’un point de vue humaniste, légal, politique et économique. Il s’affirme comme la quintessence d’une politique qui n’a pas fonctionné.
« Selon un sondage publié par le Miami Herald le mois dernier, seulement une minorité de la communauté cubaine américaine soutient la politique de l’embargo. Certains affirment que nous devions lever l’embargo, petit à petit. Mais une politique qui jusqu’à présent n’a rien donné devrait être abandonnée. Un démantèlement graduel de cette politique , plus encore, relancerait les investissements étrangers à Cuba, limitant d’autant l’accès des entreprises américaines au marché cubain.
« Nous pourrions avoir une meilleure possibilité pour nos entreprises en rétablissant les relations commerciales, en négociant le statut de nation la plus favorisée, en attribuant une aide économique, des compensations économiques... »
Al Newhart, fondateur du grand quotidien américain USA Today, diffusé dans tous les Etats-Unis mais aussi en Europe et en Asie.
« Quand le pape se rendra à Cuba la semaine prochaine, les réactions parmi les catholiques et les autres varieront entre le sublime et le ridicule :
- Les 989 millions de catholiques dans le monde prieront pour que la visite papale relance la religion à Cuba.
- De même pour les 61 millions de catholiques aux Etats-Unis.
- A Cuba, les 4,5 millions de catholiques se réjouiront.
« Mais, malheureusment, la plupart des 1,1 millions de Cubains exilés aux Etats-Unis ont été prévenus de snober le pape. Cela inclut les 675 000 Cubains de Floride. Cette position stupide est prise et dirigée par la même poignée d’exilés cubains qui sont banquiers,hommes d’affaires et avocats de Miami qui, depuis plus de trente ns dictent à notre gouvernement cette politique cubaine d’isolement et de castration qui est folle et inefficace. Leur dernère intervention honteuse a été de faire pression sur l’aérchevêque de Miami, John Favalora, pour qu’il annule son pélerinage à Cuba pour rencontrer le pape. L’archidiocèse a dû rembourser des centaines de billets pour La Havane. Grâce à la télévision, ils pourront voir le fascinant face à face théologique et idéologique entre deux leaders puissants.
« Je les ai rencontré tous les deux. Le pape, qui donne peu d’interviews à la presse, m’accorda quelques minutes pour USA Today après son audience personnelle au Vatican. Castro nous a reçu pendant six heures, de 22 heures à 4 heures du matin. Voici mes impressions : ce pape, âgé de 77 ans, possède des capacités intellectuelles immenses et du charisme. Castro, âgé de 71 ans, est passé maître dans l’art de la ruse et de la flatterie. La semaine prochaine, sans aucun doute, le pape renouvellera son appel pour mettre un terme aux sanctions américaines contre Cuba. Castro utilisera cette visite pour accentuer ses critiques contre les Etats-Unis. Le monde sympathisera ou se désolidaérisera avec eux.
« de toute façon, chacun gagnera. Mais nous perdrons une fois de plus. Car les hommes politiques, du président aux élus, continuent de laisser les exilés – qui manquent à la fois de tolérance et de jugement – mettre la main sur notre politique cubaine. »
Ramsay Clark, ancien ministre de la Justice du président Johnson, a également servi sous l’administration Kennedy.
« Ce blocus unilatéral mis en place contre Cuba depuis plus de trente-cinq ans est devenu sans justification depuis l’effondrement du bloc communiste. Qui plus est, politiquement ce blocus a fait quitter Cuba de la zone commerciale occidentale pour se tourner vers le bloc de l’Est. Et l’effet du blocus sur Cuba s’est accentué après la disparition du soutien soviétique. Certains leaders américains ont aussitôt saisi l’occasion pour accentuer la pression sur Cuba, principalement dans le but d’engendrer l’effondrement économique de Cuba afin de renverser le gouvernement dirigé par Fidel Castro.
« Au fil des années, on peut dire qu’il existe peu de différence d’approche de la question cubaine de la part des administrations démocrates ou républicaines. On peut dire que durant la dernière année de la présidence Kennedy et les quatre années de Johnson, Cuba ne représentait pas un élément majeur de notre diplomatie. Sous Nixon et Ford, ce n’était pas non plus un élément fondamental. Carter a eu une possibilité d’améliorer les relations entre nos deux pays, mais il ne l’a pas saisie. Puis Reagan a mis sur pieds un patenariat avec Mas Canosa, qui était le pire élément de la communauté cubaine des Etats-Unis et son administration a participé directement à des plans de la Cuban American Foundation visant à récolter des fonnds, qui se sont élevés jusqu’à 15 milliards de dollars afin de préparer l’après-Castro. Le programme de la Fondation prévoyait d’acheter 60% de la production cubaine dans les six mois qui auraient suivi la chute de Fidel Castro. Ce faisant, Cuba aurait retrouvé son statut d’asservissement envers les Etats-Unis, comme c’était le cas sous le régime de Batista, et cela en moins d’une année. En ce sens, on peut affirmer que les années Reagan furent les pires pour Cuba. Cependant, l’administration Clinton n’a rien fait pour arranger les choses.
« Le président Clinton a soutenu la loi Toricelli, puis il a soutenu Mas Canosa, il l’a invité à la Maison Blanche.Pour Bill Clinton et ses soutiens, la dimension idéologique est d’affirmer que le socialisme est totalement mort, que c’est un système incapable de fonctionner et qui conduit à l’échec en tant que concept. Cuba en est pour lui l’illustration. C’est plus important en ce qui concerne Cuba., puisque Cuba a réussi dans plusieurs domaines dont la santé et l’éducation qui représentent deux secteurs vitaux pour la populatrion d’un pays. A Cuba, le taux de mortalitéinfantile est passé de 100 pour mille à 10 pour mille. Ce taux est bien meilleur que le taux de mortalité infantile que nous avons aux Etats-Unis. Si ce système est un échec, alors on peut se demander comment un pays pauvre peut faire mieux que nous ?
« En fait, contrairement aux déclarations de nos dirigeants, cuba montre qu’un pays pauvre peut apporter un système de sdanté accessible à toute la population. Ce système a également éliminé l’analphabétisme et donc ces deux grands succès du régime de Cuba ont rendu encore plus forte la volonté des responsables américains de faire croire que l’expérience cubaine est un échec. Il s’agit ainsi de crier haut et fort qu’il n’existe qu’une solution possible pour gérer les économies nationales et l’activité commerciale internationale, et que seul le capitalisme sans entraves fonctionne. En fait, il s’agit tout simplement pour nos responsables d’accroître les richesses des capitalistes, ce qui implique que les pauvres seront encore plus pauvres.
« La question cubaine est d’autant plus sensible chez nous, qu’il s’agit souvent d’une question affective et ce pour de multiples raisons. La première est que nous avons pu observer la libération d’un peuple de la tyrannie et de la misère dans laquelle il se trouvait sous Batista. De nombreux américains se sont même identifiés à ces nouveaux héros luttant pour le bien commun. Puis nous avons observé la longue lutte de notre gouvernement contre Cuba, qui a résisté pour devenir encore plus forte dans sa résistance. Malgré la dureté de l’embargo, au pire moment vers 1993-1995, nous avons toujours pu voir les Cubains jouer au base-ball, voir leurs musiciens, leurs ballets. Et, de plus, nous connaissons tous des Cubains, de sorte que des millions d’Américains adorent Cuba, mais ils sont affligés par notre politique envers ce pays. Mais, voyez-vous, les dirigeants capitalistes veulent récupérer Cuba. Cela n’implique pas seulement l’utilisation des exilés cubains, mais aussi la mise en oeuvre d’importants capitaux américains impatients d’investir et de racheter l’économie cubaine, tout comme ils l’ont fait en Europe de l’Est. Dans cette logique, la pression américaine va se maintenir avec l’objectif de renverser le gouvernement cubain.
« Pour atteindre cet objectie, les élus du Congrès ont voté la loi Helms-Burton qui se veut être une législation internationale dictée par les Etats-Unis. Elle entend dicter aux autres pays du monde leur politique commerciale les menaçant de sanctions s’ils ne se conforment pas à la loi. Et bien que la loi Helms-Burton viole le droit international, beaucoup de pays préfèrent ne pas commercer avec Cuba, face aux représailles américaines encourues dont la perte des investissements aux etats-Unis, la fin du commerce et des affaires avec les Etats-Unis. Cette dimension internationale de la loi Helms-Burton devrait donc être vivement dénoncée , mais aussi interdite par les instances internationales, notamment par le tribunal international de La Havane.
« Mais la loi Helms-Burton a aussi son revers, tout comme l’intransigeance de Bill Clinton. En effet, de nombreux investisseurs américains veulent s’implanter sur le marché cubain, alors que les Européens investissent. Dans le même temps, cela porte un préjudice important aux voyagistes américains puisque de nombreux citoyens américains souhaitent pouvoir se rendre à Cuba pour des vacances. Cette loi viole aussi la liberté de mouvement des Américains puisqu’elle leur interdit de se rendre dans un pays qui se trouve tout près de chez nous.
« Dans l’argumentation invoquée par les tenants de l’embargo, le terme de démocratie occupe une place de choix. Mais je pense que nous n’avons pas à dicter aux Cubains leurs choix politiques. C’est à eux de décider de leurs élus et de leur système, et non pas à un capitalisme évangélique américain. Le gouvernement américain, en agissant de la sorte, témoigne aussi de son mépris à l’égard des Nations unies, mais aussi envers l’opinion publique mondiale, puisqu’il persiste à ignorer le vote de l’assemblée générale qui, chaque année, dans une résolution, condamne l’embargo. Lors du dernier vote, en 1996, seuls trois pays ont voté pour l’embargo, les trois pays étant les Etats-Unis, la Micronésie et Israël. Pour autant, les grands médias américains n’en parlent pratiquement pas. Ce phénomène reste ignoré du grand public.
« En fait, on se prépare à bombarder l’Irak, à tuer des civils innocents, les médias mènent une énorme campagne, mais sans jamais parler du bien-fondé de l’intervention américaine ni de son isolement sur la scène internationale pour mener des opérations qui ne servent que les intérêts américains. La question du rôle des médias américains se pose ici dans l’orientation même de notre politique étrangère. Les médias demeurent avant tout des organisations cotées en bourse et qui sont dirigés par une poignée d’intérêts privés extrêmement puissants. Ce sont les mêmes intérêts que l’on retrouve dans le contrôle de nos industries , de la terre et des grands moyens de production en général. Ils contrôlent l’industrie de l’armement et du fait de leur puissance financière, ils contrôlent le Congrès et même la présidence, car les Etats-Unis sont une ploutocratie et non pas une démocratie. Donc, leur ligne de conduite est de fournir des messages qui font la promotion de leurs valeurs tout comme leur volonté de dépolitiser l’opinion publique comme c’est le cas avec le scandale Clinton. »
Congressman Major Owens, démocrate de New York
« Je crois que notre Administration serait prête à davantage de souplesse . Mais le vrai problème reste le contrôle du Congrès par le Parti républicain qui n’autoriserait pas de changements pendant encore un certain temps. Les républicains sont enfermés dans une psychologie de guerre froide, ils ne pardonnent pas à Cuba d’avoir instauré un régime communiste, donc de gauche, dans notre hémisphère. En fait, ils vivent dans le passé. D’ordinaire, je suis optimiste, mais là, je crois qu’il faudra encore attendre pas mal de temps pour les voir évoluer. »
Figure emblématique de la gauche travailliste, Tony Benn, ancien ministre, est toujours député Labour à la Chambre des Communes de Londres. Il précise ses vues sur Cuba.
« J’ai toujours soutenu le peuple cubain et la loi Helms-Burton a pour but d’étrangler Cuba. Il faut voir aussi que la menace causée par Cuba aux Etats-Unis n’est pas une menace militaire. Elle n’a rien à voir non plus avec les droits de l’homme, car les Américains ont travaillé avec des régimes tels ceux de Marcos, de Papa Doc ou d’Arabie Saoudite, qui n’ont pas respecté les droits de l’homme.
« La menace cubaine réside simplement dans le fait que Cuba propose un système alternatif avec un système de santé et d’éducation meilleur que celui existant aux Etats-Unis. Et cela représente une menace sérieuse. Et, bien sûr, ce que redoutent les Américains est de voir ces idées se répandre en Amérique latine. C’est pourquoi Washington entend détruire Cuba. Ce qui est intéressant aujourd’hui, représentant un nouveau facteur, est la position du blocus américain qui est en opposition et contraire aux principes de l’organisation du commerce international. De sorte que l’on voit un capitalisme global s’opposer à l’impérialisme américain, car celui-ci interfère avec la volonté de commercer avec Cuba. L’Europe a soulevé ce problème, non pour en faire une question de principe traitant des droits de l’homme ou de la démocratie à Cuba, mais bien pour s’opposer à une décision américaine qui entrave sa capacité à commercer avec Cuba.
« Il faut également constater qu’actuellement le président Clinton subit les pressions des forces politiques conservatricves américaines et qu’il est même influencé par elles. Pour autant, le peuple cubain a survécu. Loin de moi l’idée de comparer Cuba à l’Irak, car Saddam Hussein est un dictateur terrible, mais il convient de noter que les peuples sous pression ont tendance à se rassembler comme en période de guerre. De sorte que je ne suis pas sûr que les Américains vont réussir contre Cuba. Souvenez-vous de l’échec de la tentativce d’invasion de la baie des Cochons et de la crise des missiles qui s’est finalement résolue pacifiquement. Je pense sincèrement que Cuba survivra et je crois que le peuple cubain réussira. En fait, les Américains, au travers de Cuba ou de l’Irak, essaient de détruire tout pays qui ne correspond pas à leur stratégie globale. Le problème se pose avec plus d’acuité pour le peuple irakien qui ne dispose pas d’un soutien international important , de sorte que les Américains peuvent encore bombarder l’Irak. Par contre, je pense que le problème se pose en d’autres termes pour Cuba et que les Américains doivent commencer à réaliser qu’il existe un courant de sympathie envers Cuba au sein de l’opinion publique internationale.
« N’oublions pas que le régime cubain a envoyé des médecins dans le monde entier, ils ont aidé des populations, ils sont allés en Angola, ils ont montré qu’ils avaient un niveau élevé de connaissances avec un niveau social élevé comparativement à d’autres pays en voie de développement. C’est pourquoi les Cubains sont populaires en Grande Bretagne où leur cause est populaire, tout comme la compréhension de leur situation. Et, d’une façon étrange, on peut dire que ce petit pays a peut-être réussi à vaincre les Etats-Unis. Non militairement, bien sûr, mais en se maintenant debout en dépit des menaces. En Grande Bretagne, nous avons des campagnes en faveur de Cuba, avec des meetings de soutien. Maintenant, le pape va se rendre à Cuba. J’ai moi-même proposé aux Cubains de recevoir le pape, il y a vingt ans déjà. Je me félicite de cette visite. Certes, le pape est trés conservateur , mais il faut se souvenir que l’Eglise catholique, en amérique latine, a une composante radicale qui agit auprès des déshérités. Et je pense que la visite du pape constitue aussi une reconnaissance de fait. Au sujet de la visite du pape à Cuba, je trouve assez savoureux que les américains aient dénoncé publiquement le fait que Cuba a placé des micros dans les lieux où se rendra le pape. Quand on connaît la propension américaine à mettre tout le monde sur écoute, y compris en Europe et en Grande Bretagne, ce n’est vraiment pas le genre d’argument à utiliser.
« Je pense que le christianisme, la théologie de la libération et le socialisme se retrouvent ensemble aujourd’hui, non pas dans le sens du christianisme du Vatican, mais pour mettre en avant l’idée d’organiser une justice sociale humaine et cette idée regagne du terrain dans l’opinion publique.
« Quant à la position du gouvernement de Tony Blair, celle-ci s’inscrit formellement dans l’opposition européenne au blocus contre Cuba. Mais il faut bien voir que le « New Labour » ne fera rien pour s’opposer aux décisions américaines et plus particulièrement au parti démocrate. Je pense que le « New Labour » est un « parti client » du parti démocrate et comme le parti travailliste l’a toujours été sauf à deux périodes : l’affaire de Suez, où nous avons été en désaccord, et pendant la guerre des Malouines durant laquelle le président Reagan a dû soutenir Margaret Tatcher, son amie. Et donc, depuis la Seconde Guerre mondiale, les Américains ont toujours obtenu ce qu’ils voulaient des travaillistes et des conservateurs. Et,voyez-vous, si j’étais un fédéraliste européen, je serais un peu soupçonneux à l’égard de la venue de la Grande Bretagne , qui pourrait alors être un agent de Washington. »
Le révérend Paul Flowers est président de la Conférence des Eglises méthodistes d’Europe.
A ce titre, il est amené à participer au débat politique anglais, tout comme à voyager régulièrement en Europe, mais aussi dans les pays du Commonwealth et aux Etats-Unis, où il est en relation avec la Conférence nationale des Eglises. Il expose ici son opinion sur Cuba et le blocus américain qu’il considère immoral.
« Tout d’abord, je veux préciser que depuis ces vingt dernières années, un certain nombre d’hommes d’église britanniques se sont rendus à Cuba pour ensuite écrire des ouvrages sur la situation qu’ils ont trouvée sur place. Je me souviens plus particulièrement de deux ou trois livres écrits par des pasteurs qui, sans vouloir caricaturer la situation cubaine, ont pris de bonnes positions sur la façon dont le gouvernement cubain, depuis les années soixante, a su mettre en oeuvre une bonne politique en matière d’éducation, de santé et d’aide sociale. Ils ont également montré comment la Révolution cubaine a su mettre un terme à l’analphabétisme qui régnait dans les années cinquante sous l’ancien régime. De même, l’accès populaire à la santé et la qualité des soins accessibles à tous sont de loin largement supérieurs à ce que l’on peut voir dans des pays identiques de cette partie du monde. Et je tiens à préciser que tous ces tépoignages en faveur de la réussite cubaine n’émanenet pas de sympathisants communistes, mais bien d’avis objectifs émis par des personnes soucieuses de connaître l’état de la situation sur le terrain. C’est pourquoi les propos de ces personnes, à leur retour de Cuba, ont influencé notre opinion actuelle.
« Je pense qu’il est juste d’affirmer que la position de nos Eglises est de soutenir les analyses qui se développent actuellement dans le Conseil national des Eglises aux Etats-Unis, qui vient, une fois de plus, de réaffirmer que la position du gouvernement de Washington concernant le blocus, tout comme le refus de parvenir à un accord avec Cuba, est immorale et incorrecte. C’est pourquoi le Conseil national des Eglises demande la levée du blocus.
« Je pense que nous devons exiger la levée du blocus pour différentes raisons. La première est que nous croyons que chaque pays a le droit de choisir librement sa destinée. Cela, bien sûr, pose certaines questions, mais, selon nous, cela n’est pas à une puissance étrangère de dicter aux Cubains le choix de leur gouvernement. Cela d’autant plus que, sur le territoire cubain, il semble évident que le régime de Fidel Castro bénéficie d’un soutein substantiel. C’est aussi notre avis qu’un grand pays ne doit pas dicter sa loi à ses voisins et ce, même si ses voisins sont moins puissants et plus petits. Et nous trouvons plutôt ironique qu’un gouvernement, en l’occurence le gouvernement américain, avec une base démocratique parfois douteuse, qui a soutenu un certain nombre de régimes non démocratiques, voire antidémocratiques, ait ainsi une fixation singulière concernant Cuba. Cela alors que durant ces vingt dernières années, il a soutenu des régimes tels ceux du Salvador, du Chili ainsi que d’autres régimes sud-américains ne bénéficiant d’aucun soutien démocratique, où les gouvernements se sont emparés du pouvoir par les armes et où le souci du bien-être des populations a tpoujours été inexistant.
« C’est pourquoi nous trouvons plutôt étrange que les Américains persistent à maintenir leur position en faveur du blocus et, de la sorte, à se montrer très hypocrites dans leur politique internationale. Celle envers Cuba, mais aussi envers de nombreux régimes dans le reste du monde. C’est pourquoi la position de nos Eglises est de respecter et d’exiger le libre choix de la population cubaine. Nous refusons toute ingérence étrangère de la part des Etats-Unis, à Cuba ou ailleurs. Nous sommes conscients de la puissance américaine et des pressions qu’elle exerce dans certaines parties du monde, mais nous ne l’acceptons pas. Nous espérons donc que le peuple cubain pourra librement choisir son avenir, afin de devenir un memebre à part entière de la communauté internationale.
« Je tiens à ajouter que la notion d’immoralité du blocus constitue un élément majeur. Les Américains auraient dû se rendre compte, au fil des années, que le blocus qu’ils ont mis en place a finalement renforcé le soutien populaire à Fidel Castro. Ce blocus est tout simplement immoral, car il refuse aux êtres humains de pouvoir vivre normalement et décemment, comme aspire le faire tout être humain.
« Finalement, cette immoralité à l’encontre de la population cubaine ne me surprend pas, puisque les responsables de Washington font preuve de la même immoralité à l’égard de leur propre peuple avec des dizaines de millions d’Américains qui n’ont toujours pas accès aux soins médicaux, à l’éducation et qui vivent dans la pauvreté. Le plus grave envers Cuba étant que la position américaine leur refuse le droit à la liberté d’expression tout comme le droit de décider de sa propre destinée. J’en arrive même à me demander si les Américains accepteraient même un autre type de gouvernement à La Havane. En fait, je crois qu’ils veulent sans doute réinstaurer un gouvernement fantoche comme il en existait dans les années cinquante. Ce gouvernement serait alors totalement contrôlé et manipulé par des forces économiques qui, jusqu’à présent, ont toujours fait fi des aspirations populaires. C’est pourquoi le blocus est immoral.
« En tant qu’homme d’église, je pense que la position de « solidarité critique » petu s’appliquer envers le régime cubain. Certes, un débat philosophique existe entre nos conceptions de la vie, mais je crois sincèrement qu’il existe un objectif mis en avant par la Révolution cubaine, à savoir : de sécuriser les gens ordinaires, de fournir les services sociaux les meilleurs possibles, avec l’accès pour tous aux soins et à l’éducation, en un mot d’épanouir la vie de l’individu. Et cet objectif est le même que notre Eglise. En finir avec la souffrance et la misère humaine est un objectif noble que nous partageons. En ce sens, on peut parler de régime moral, puisqu’il entend répondre en premier lieu aux besoins de la majorité de la population. Je me permets d’ajouter que c’est loin d’être le cas pour certains régimes occidentaux où ce sont les élites qui gouvernent dans leur propre intérêt. »
Le congressman José Serrano a déposé au Congrès un projet de loi, le « Cuban Reconciliation Act », qui entend mettre un terme à l’embargo et aux sanctions imposées par la loi Helms-Burton.
Concernant la visite du pape à Cuba, José Serrano a fait la déclaration suivante le 15 janvier 1998 :
« La visite du pape sera suivie par le monde entier et constitue un événement historique, qui pourrait ouvrir la voie à des changements à Cuba, mais aussi dans les relations entre Cuba et les Etats-Unis. Pour le peuple cubain, la visite du pape. Constitue un symbole de solidarité avec leur communauté. Le pape vient à Cuba en tant qu’ami, dans un pays avec lequel le Vatican entretient des relations diplomatiques depuis 1938. le gouvernement cubain bénéficiera aussi de cette visite. Pour ceux qui considèrent le gouvernement cubain inflexible, la visite du pape apportera le message inverse.
« Les membres de la communauté cubaine exilée ont eu le plus grand mal à essayer de boycotter la visite du pape à Cuba.Ceux qui ont critiqué cette visite ont aussi rencontré une opposition grandissante et des Cubains de Miami, Boston, New York et de Porto Rico ont mis au point des voyages pour aller à la rencontre du pape. La visite du pape va légitimer le gouvernement cubain tout en embarrassant les Etats-Unis dans leur politique d’isolement contre Cuba. Bien que cette visite ne change pas immédiatement les relations entre Cuba et les Etats-Unis, le pape nbous rappelle pourtant que les Etats-Unis se retrouvent seuls dans leur politique à l’égard de Cuba. »
En mars 1995, déjà, José Serrano s’adressait aux membres du Congrès pour s’opposer à la loi Helms-Burton, déclarant notamment que « les Etats-Unis ne devraient pas permettre des actes inconsidérés de la part de personnes privées de dicter notre politique étrangère », faisant référence au fait que l’aviation cubaine venait d’abattre un avion affrété par les exilés cubains anticastristes de Floride. Prenant prétexte de cet incident, les conservateurs du Congrès avaient alors fait voter la loi Helms-Burton, ratifiée par le président Clinton.
Pour José Serrano, « la loi Helms-Burton est une loi extrême qui ne fait que poursuivre une stratégie politique qui n’a jamais réussi. L’embargo n’a jamais pu modifier l’attitude du gouvernement cubain . Et ce n’est pas une aggraévation des sanctions qui va modifier les choses. Ce sera le peuple cubain qui va souffrir davantage du renforcement de l’embargo économique. Je veux rappeler ici, une fois de plus, que nous ne pouvons moralement pas justifier l’embargo commercial qui frappe Cuba. Cela, alors que nous avons des relations avec la Chine, le Vietnam et la Corée du Nord, qui ont des régimes politiques différents du nôtre. La politique actuelle des Etats-Unis à l’égard de Cuba ne bénéficie pas du soutien de la communauté internationale. La majorité de nos alliés ne croient pas que l’embargo constitue un élément efficace pour parvenir à traiter avec Cuba et que le renforcement de l’embargo ne va que dégrader nos relations avec nos alliés. Plus particulièrement, le fait d’autoriser des plaintes contre des sociétés étrangères qui investissent à Cuba va porter atteinte à la souveraineté des autres pays et s’ingérer dans leurs décisions commerciales. »
Le 21 septembre 1995, José Serrano a fait une intervention remarquée au Congrès, marquant son opposition au renforcement des sanctions contre Cuba qui « feront souffrir davantage les enfants cubains » : « Permettez-moi d’abord de rappeler que la démocratie permet de ne pas être d’accord avec mes collègues de la communauté cubaine américaine qui affichent une implication émotionnelle particulière dans ce débat.
« Je suis ici en tant que citoyen aléricain né à Porto Rico. Porto Rico et Cuba occupent une place historique, culturelle et émotionnelle moyenne dans notre assemblée. Si les Cubains souffrent, alors moi aussi, je souffre. Et je me demande en fait si ce n’est pas nous qui les faisons souffrir, plus que leurs dirigeants. Je pense que nous devrons être honnêtes envers nous-mêmes. Ce débat ne concerne pas la démocratie, car notre pays, dans ses prises de position de politique étrangère, ne peut mettre en avant une justification morale, alors qu’il traite avec la Chine, le Vietnam, la Corée du Nord et d’autres pays.
« De quoi s’agit-il alors ? Selon moi, c’est la réponse à un lobby très bien organisé en Floride et dans le New Jersey, qui a réussi à faire en sorte que beaucoup de personnes croient qu’il s’agit là de la sorte de législation dont nous avons besoin. Il existe déjàune législation de M. Toricellià laquelle je m’oppose. Alors, pourquoi en rajouter ?
« En fait, il s’agit d’un groupe de personnes dans le pays, des membres du Congrès qui se mettent aussitôt en transe à la seule pensée de savoir comment en finir avec les derniers communistes. Pour cela, il suffit de faire pression sur le peuple cubain. Si nous y parvenons au point de les affamer dans les rues, pensent-ils, alors ils se révolteront contre leur gouvernement.
« Je ne me souviens pas que la dernière Révolution ait pu réussir en réunissant un peuple incapable de nourrir les familles. C’est en général les classes moyennes et les classes supérieures qui ont pu mener ce genre de révolution.
« Et que faisons-nous alors ? eh bien, nous mentons. Nous nous mentons à nous-mêmes en affirmant que le peuple cubain soutient cet embargo. Permettez-moi d’être encore plus précis. Une mère cubaine qui ne sait pas comment elle va pouvoir nourrir ses enfants demain appelle sa soeur à Miami. Sa soeur interrompt son dîner, mettant de côté une assiette remplie de riz balnc ou de haricots noirs avec des bananes frites, sans parler du porc et du boeuf, le tout accompagné de Coca-Cola. « Oui, que veux-tu ? » sa soeur, restée à Cuba, lui dit alors : « Ecoute, je ne sais pas comment je vais nourrir mes enfants demain, mais je veux que tu soutiennes l’embargo afin de nous débarrasser du type qui nous gouverne. » Les mères cubaines seraient-elles si différentes des autres mères dans le monde ?
« Ce sont bien des gens d’ici qui soutiennent l’embargo, car il créera une crise à Cuba qui, pensent-ils, leur permettra de revenir et de jouer un rôle dans la nouvelle Cuba. Si nous levons l’embargo maintenant pour négocier avec Cuba, il y aura une transition, car Cuba se trouve déjà engagée sur une voie qui ne reviendra pas vers le passé.
« Savons-nous ce qui se passera ? Eh bien, le nouveau gouvernement cubain sera composé de personnes qui se trouvent actuellement à Cuba. C’est mauvais pour ceux qui veulent retourner à Cuba,non pour rendre visite à leur famille, mais pour diriger le gouvernement.
« J’espère me tromper en priant Dieu pour que cela ne se produise pas. Nous ferons alors encore plus pression sur le peuple cubain. Il y aura une crise à Cuba, qui entraînera une nouvelle vague d’immigration à laquelle nous nous opposerons. Quelqu’un ouvrira le feu alors et alors nous ferons ce que nous avons toujours su faire : nous enverrons la troupe.
« Cette nouvelle loi va permettre à des personnes qui n’étaient pas alors citoyens américains lorsqu’elles ont perdu leurs propriétés de porter plainte aujourd’hui. Selon cette législation, nous allons interdire à des familles qui travaillent pour des sociétés qui travaillent avec Cuba de venir dans notre pays, pas même pour se faire opérer.
« Il y a ce soir des enfants cubains qui vont souffrir davantage. Comment peut-on en être fier ? J’ai précisé d’où je viens. Un poète célèbre a déclaré que Cuba et Porto Rico sont les deux ailes d’un même oiseau. Les deux souffrent différemment. L’une est une colonie et l’autre a beaucoup de mal. J’aimerais que tout cela se termine. Cela peut se terminer si nous avons le courage d’abandonner notre attitude agressive.
« Mettons un terme à notre obsession envers une personnalité et traitons avec le peuple cubain, ce sont des êtres humains. »
Pete Seeger
« Nous avons tous à apprendre des autres peuples et des autres cultures. Et quand les désaccords existent, mieux vaut dialoguer que de s’affronter ou de faire feu. Nous savons bien que les bombes, petites ou grosses, tuent toujours des populations innocentes. Voyez-vous, je me suis rendu à Cuba à différentes reprises et j’y ai de nombreux amis. Partout où l’on va à Cuba, on entend des groupes chanter Guantanamera. J’ai introduit cette chanson aux Etats-Unis. Je l’ai apprise avec Julian Orban, qui a pris un vieil air que l’on chantait dans les bars pour y adapter les paroles de José Marti. Julian a enseigné cette chanson à ses étudiants dont l’un d’eux me l’a apprise. Et je l’ai enregistrée en 1963. maintenant, cette chanson a fait le tour du monde avec des centaines d’enregistrements différents. Quelquefois, les chanteurs tentent de changer les paroles, mais je les prie de ne pas le faire car le texte de José Marti est très poétique. Je pense même que Marti se situe parmi les les plus grands poètes de notre planète, tout comme Shakespeare, Pouchkine ou Racine.
« Pour revenir à la politique américaine à l’égard de Cuba, je pense sincèrement que le blocus est une absurdité et qu’il ne durera pas longtemps. J’ai du reste lu plusieurs éditos de grands journaux new-yorkais qui se prononcent pour sa levée, déclarant que vouloir interdire l’envoi d’équipements médicaix à Cuba est ridicule. Donc, nous allons bientôt pouvoir ouvrir Cuba vers des marchés diversifiés. M. Canosa, son âme demeure en paix, n’est plus à Miami et je pense que de nombreux jeunes Cubains américains vont pouvoir faire pression pour que le sénateur Jesse Helms, qui est toujours important en présidant la puissante commission des affaires étrangères, ne puisse plus faire valoir ses positions sur celles du peuple américaéin.
Le Révérend Lucius Walker est le président des « Pastors For Peace » qui conduisent un vaste mouvement de solidarité envers le peuple cubain.
« L’organisation des « Pastors For Peace » a été créée en 1988 après que nous ayons mis en pratique des programmes d’action humanitaire au Nicaragua et au Salvador, où l’administration américaine était alors très impliquée. A cette époque, nous étions au Nicaragua avec 220 civils américains et nous fûmes attaqués par des contras qui ont blessé 29 personnes et ont tué deux d’entre nous. Et puisque moi-même j’ai été blessé par une balle payée par l’argent de mes impôts et donnée aux contras par mon propre gouvernement, j’ai alors été profondément blessé dans ma dignité d’avoir été ainsi agressé par des hommes financés par le gouvernement de mon pays. Et c’est justement pour témoigner de l’action des contras contre des citoyens américains que nous avons créé « Pastors For Peace ». Et c’est donc naturellement vers le Nicaragua que nous avons organisé notre première caravane de solidarité.
« Au Nicaragua, j’ai rencontré des pasteurs cubains qui nous ont demandé d’organiser un mouvement de solidarité identique en faveur du peuple cubain, toujours sous la pression de notre gouvernement. Donc, en 1991, nous avons organisé un voyage à Cuba. Et c’est en 1992 que nous avons commencé nos envois d’aide à Cuba, tout simplement parce que je m’oppose au blocus.
« En tant que responsable religieux, je m’oppose au blocus car il est immoral au regard de la Bible. Il ne peut y avoir de justification, à aucun niveau, pour les malheurs et les souffrances que nous imposons aux enfants cubains, aux civils innocents, et cela parce que les adultes qui gouvernent à Washington refusent de s’asseoir à la table des négociations avec les Cubains. J’ai souvent déclaré que la Bible nous enseigne que nous devons nous aimer les uns les autres, aimer nos voisins, que nous devons donner à boire à ceux qui ont soif, donner à manger à ceux qui ont faim et donner des vêtements à ceux qui n’en n’ont pas. Pour Jésus, cela représentait le plus haut niveau du partage des disciples de sa foi. Cela ne doit pas résonner comme des paroles creuses, mais déboucher sur des actes concrets de solidarité.
« Eh bien, le blocus représente tout simplement l’impossibilité d’appliquer mes principes religieux et cela sur ordre de mon gouvernement. Il me dénie le droit de vivre selon le « Gospel » de Jésus Christ. Je ne devrais pas avoir à demander la permission de mon gouvernement pour vous donner de la nourriture et des soins si vous en avez besoin.Jez pense que c’est scandaleux, car nous ne sommes pas en guerre contre Cuba. Cuba n ‘est pas notre ennemi. Cuba ne menace pas notre sécurité nationale. En fait, il s’agit là d’une politique d’un autre temps qui repose sur la crainte, la haine et le refus de ce qui est différent. Le capitalisme refuse tout simplement de vivre avec un autre système économique et politique. Je ne pense pas que les femmes et les enfants devraient être pris en otage pour cette ignorance aveugle.
« Je m’oppose aussi à ce blocus car il vise à détruire un système différent de nôtre, et je ne crois pas en la justesse de l’hégémonie mondiale du capitalisme et qu’il soit le seul système opérant sur notre planète. Il y a d’autres solutions, d’autres choix possibles pour les nations, et nous devons respecter les nations qui ont fait un autre choix. Ce respect implique de négocier et de commercer avec eux. C’est pourquoi je ne suis pas prêt à soutenir une politique qui impose une forme d’organisation politique et des opérations financières à un autre pays. D’autant que le socialisme n’est pas en contradiction avec les principes de justice de la Biblke. En fait, l’Eglise, à son origine, représentait une organisation sociale socialiste. Contrairement à ce qu’affirment certains, nous avons toujours à apprendre d’autres formes d’organisation sociale. Je crois sincèrement que nous devrions davantage être ouverts sur l’autre.
« J’aimerais que l’administration clinton s’implique davantage pour sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes. Mais à l’évidence, cela n’est pas son orientation. Avant d’être élu, Bill Clinton a soutenu la loi Toricelli, alors que le président Bush s’y était opposée. Mais George Bush a finalement soutenu cette loi pour ne pas apparaître faible face au communisme. Il est du reste très intéressant de remarquer que George Bush, un républicain, s’était opposé à la loi Toricelli alors que Clinton, un démocrate, l’avait de suite soutenu et je pense que c’est bien à cause de Bill Clinton que la loi Toricelli est passée, car en soutenant ce projet de loi, il a fait pression sur George Bush.
« C’est un peu la même chose avec la loi Helms-Burton. Ce projet de loi était en difficulté depuis plusieurs années au Congrès jusqu’à ce que Bill Clinton, dans son opportunisme habituel, ait saisi le prétexte d’un avion abattu pour ratifier cette loi. Sans son intervention, ce projet de loi n’aurait jamais pu être officialisé. C’est pourquoi nous pouvons blâmer le président clinton pour la loi Helms-Burton qui stipule dans sa forme originale que le président américain a le pouvoir de mettre un terme au blocus. Mais le président Clinton a fait savoir en insistant que la levée du blocus est du domaine du Confgrès. C’est le seul dont je me souvienne qui accepte ainsi de restreindre son autorité en matière de politique étrangère au profit du Congrès. En ce sens, le président Clinton a une attitude terrible à l’égard du blocus et il porte une lourde responsabilité sur la continuation de cette politique. Je ne pense pas qu’il va changer. Je pense plutôt que cela changera si les citoyens interviennent auprès de notre gouvernement. Et c’est là que s’inscrit l’intervention de notre organisation qui est une organisation oecuménique indépendante. Mais nous travaillons avec différentes organisations protestantes dont l’American Baptist Churches, le Progressive National Baptist Convention, le General Board of Churchian Society of United Baptist Church, le General Board of National Minis Tries of the United Metyodist Church. Ces organisations représentent nos soutiens réguliers. Par contre, l’Eglise catholique ne nous soutient pas. Mais, en revanche, nous avons quelques prêtres catholiques, mais qui sont avec nous en tant qu’individus.
« Nous recherchons le soutien et la coopération d’un grand nombre d’organisations allant des églises aux syndicats en passant par des les associations communautaires. Notre politique est déterminée par un conseil d’administration assisté de conseillers. Mais notre force réside dans un vaste réseau de soutien à travers le pays. C’est avec ce réseau que nous organisons la caravane de solidarité envers Cuba, dont le but est de d’apporter une aide humanitaire à Cuba. Nous nous adressons alors à tous les américains afin qu’ils participent à ce mouvement. Chacun est libre d’éapporter l’aide qu’il juge la plus appropriée, mais aussi l’aide qu’il peut fournir. Certaines personnes se proposent comme conducteurs de bus et des camions qui vont recueillir les dons, d’autres se proposent pour organiser la logistique dez la caravane dans une ville, d’autres encore hébergent des personnes qui participent à la caravane ou bien ils versent de l’argent.
« En règle générale, nous organisons la caravane selon deux schémas : du nord au sud du pays, si nous embarquons depuis le Mexique pour La Havane et d’autre part du sud au nord, si nous partons depuis le Canada.
« Pendant dix jours, nous traversons les etats-Unis avec des rencontres dans une centaine de villes, avant d’embarquer pour Cuba. De cette façon, nous pouvons nous adresser à de nombreux américains qui, dans l’ensemble, comprennent notre démarche et répondent à nos demandes. Ils veulent apprendre et connaître la réalité cubaine. Du reste, ils sont la plupart du temps ignorants des conséquences de la politique américaine à l’égard du peuple cubain. Car il faut bien admettre qie notre gouvernement et nos médias mentent au peuple américain sur la réalité du blocus. Il s’agit là d’une réelle désinformation. C’est pourquoi nous voulons rétablir la réalité envers notre peuple. Toutes ces rencontres m’ont conforté dans ma conviction selon laquelle les américains ne soutiennent pas le blocus dès lors qu’ils sont informés sur la réalité de notre politique. En fait, le blocus américain a été mis en place puis conforté au moyen de la désinformation et du mensonge.
« A cet égard, la position de la communauté cubaine américaine est aujourd’hui partagée. Il y a ceux de l’extrême droite, toujours très hostiles au régime cubain et qui nous appellent au téléphone en nous menaçant de nous tuer. Ce sont les mêmes qui, à plusieurs reprises, ont agressé la caravane. Dans le New Jersey, le groupe « Omega seven » composé d’extrémistes de droite, nous ont aussi attaqués lors de notre passage. De sorte que l’extrême droite cubaine américaine maintient toujours la pression contre notre mouvement. Cependant, je suis très heureux de noter un soutien grandissant à notre action de la part de la communauté cubaine. Ils sont de plus en plus nombreux à participer à la caravane et à l’héberger, malgré les menaces et les intimidations des éléments d’extrême droite. En terme général, je dirai que la majorité de la communauté cubaine américaine est opposée au blocus, même si certains d’entre eux n’aiment pas Fidel Castro ou sont opposés au socialisme. Ils sont opposés au blocus tout simplement parce que le blocus met en danger la vie de leur famille.
« Cette évolution n’empêche pas les autorités américaines de toujours se montrer très rigides à notre égard, notamment les services des douanes et du Trésor lorsque nous traversons la frontière américaine pour nous rendre au Canada ou au Mexique. Afin de nous empêcher de passer, ils ont utilisé l’intimidation et les menaces. Par exemple, ils ont mis en état d’arrestation plus d’une centaine de bénévoles qui participaient à la caravane sous prétexte qu’ils ont violé le blocus, et ce dans différentes villes. J’ai moi-même été arrêté à trois reprises sous des prétextes futiles et absurdes. Par exemple, une fois, des policiers nous ont interdit de poursuivre notre route, déclarant que nous n’avions pas le droit d’utiliser ce parcours et donc, tout le monde était en état d’arrestation. Pour les services des douanes, la procédure est différente. Puisque nous n’avons pas le droit d’apporter des produits à Cuba, alors ils ne nous arrêtent pas, ils nous placent en détention. Comme vous le constatez, la nuance est subtile, d’autant qu’ils nous détiennent en cellule. Cela alors que nous avons une administration démocrate !
« Notre première caravane fut organisée la première année de la présidence Clinton. Et depuis lors, l’administration démocrate a toujours agi de la sorte, très répressive à notre égard. Ils ont même élargi leur méthode d’intimidation et de harcèlement en nous convoquant devant une Cour spéciale, nous demandant d’admettre et de confesser que nous avons violé la loi. Nous pensons que nous n’avons pas violé la loi suprême qui est la loi de Dieu, la loi de la justice humlaine. Par contre, nous pensons que notre gouvernement , en agissant de la sorte,viole la loi divine. De plus, notre gouvernement viole le droit international en voulant appliquer la loi Helms-Burton. Ce faisant, il viole même les traités qu’il a signés et pour vouloir interdire au peuple cubain la nourriture et les médicaments, cela viole les lois de la guerre.
« C’est pourquoi nous croyons que notre action est juste et nous n’arrêterons pas, même si notre convocation devant un « grand jury » signifie des complications à venir pour notre organisation et ses membres dirigeants. Cette cour spéciale peut nous imposer des amendes énormes entraînant la saisie de nos biens ou notre emprisonnement. Notre seule faute, à leurs yeux, est d’avoir mené une action humanitaire non conforme aux normes de la démocratie américaine. C’est pourquoi nous appelons à un mouvement de solidarité à notre égard, car, quelles que soient les pressions de l’administration, nous ne renoncerons pas à notre action humanitaire au profit du peuple cubain.
« Dans l’ensemble, nous recherchons une coopération avec tout le monde, sans discrimination de religion, c’est à dire avec les Eglises, les syndicats et les organisations communautaires. Mais nous sommes responsables de notre travail avec un conseil d’administration, des conseillers, et surtout un réseau très large dans le pays qui fait notre force. C’est avec ce réseau que nous organisons les caravanes pour Cuba. Nous demandons une participation à nos sympathisants. Certains rejoignent la caravane comme chauffeurs, d’autres donnent des véhicules pour recueillir des biens, d’autres se proposent pour accueillir la caravane dans une ville. »
Congressman Esteban Torres, représentant de Los Angeles, membre de l’appropriations Committee et du foreign Operations Sub-Committee, dernier ambassadeur des etats-Unis à l’UNESCO.
« Depuis des années, je m’intéresse à la question de notre embargo contre Cuba. C’est une mauvaise politique qui mène une guerre contre des populations civiles. Nous ne sommes pas en guerre contre le peuple cubain et pourtant, c’est la première victime de l’embargo. Dans le même temps, notre embargo n’affecte pas le gouvernement cubain, ni l’armée cubaine, ni Monsieur Fidel Castro. Par contre, il frappe durement le Cubain moyen, mais aussi les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées.
« Depuis trente-sept ans, nous imposons un embargo sévère à Cuba. Et depuis que j’ai visité Cuba, j’ai pu me rendre compte des conséquences de notre politique. Je ne pense pas qu’à l’origine nous ayons voulu de telles conséquences. Mais c’est ce que nous avons fait. Nous avons sévèrement endommagé la santé de cette nation. Je pense qu’il est temps pour les Etats-Unis de revoir cette politique. En partie en raison de la visite du pape, qui a ouvertement et publiquement déclaré qu’il s’agit là d’un acte monstrueux, que l’on peut assimiler à un holocauste puisqu’il entend mener les cubains vers une fin prématurée. Nous ne devions pas agir de la sorte en tant que nation. Nous représentons une nation trop glorieuse pour faire souffrir un peuple, en fait pour émasculer tout un peuple parce qu’il a choisi de vivre dans une république gouvernée par un gouvernement avec lequel nous ne sommes pas d’accord. C’est pourquoi, avec d’autres membres du Congrès, j’ai décidé de demander la levée de la dernière partie de l’embargo Helms-Burton.
« Selon le nouvel embargo économique, la loi Helms-Burton a été rédigée avec les membres de la National Cuban foundation qui est une organisation d’extrême droite trés puissante. Cette loi vise essentiellement à renforcer le noeud économique autour de Cuba.
« D’une part cette législation prend en compte les anciennes propriétés des Cubains exilés qui sont venus aux Etats-Unis quand Fidel Castro a pris le pouvoir, ou encore au Venezuela, en Espagne, ou que sais-je encore, et qui depuis sont devenus des citoyens américains. En tant que citoyens américains, la loi les autorise à porter plainte contre les pays qui font du commerce avec Cuba et qui utilise leurs anciennes propriétés. De sorte que si j’étais un ancien propriétaire d’usine cubain, et que le gouvernement cubain a confisqué cette usine et que je vive aux Etats-Unis, et qu’une société française intervienne dans mon ancienne usine, j’ai le droit de demander des dommages à cette société et au gouvernment français. Car selon la loi Helms-Burton, ces étrangers travaillent avec une propriété volée. Ce qui viole la législation internationale sur le commerce et entend imposer la législation américaine au reste du monde.
« Pourquoi le président Clinton a-t-il ratifié une loi aussi conservatrice ? Premirement, je pense qu’au début, nous en discutions au Congrès, il y a eu le souci de s’éloigner de cette politique. Le secrétaire d’Etat Warren Christopher est même venu déclarer devant nous que c’était une erreur et que nous ne devions pas continuer dans cette direction. Le président était contre cette législation, le Département d’Etat aussi, c’était la position officielle du gouvernement. Entre-temps, il y a eu une énorme pression de la part de la vieille droite américaine en accord avec les conservateurs cubains américains qui ont organisé des campagnes.
« Malgré cela, Bill Clinton a maintenu ses propos, déclarant que cette politique n’était pas juste, et que nous ne devions pas la prolonger. Ce qui s’est produit est un incident impliquant les « Brothers to the Rescue » qui ont survolé l’espace aérien cubain et ce en dépit des nombreuses mises en garde cubaines en direction des Etats-Unis, avec des notes de protestation. De leur côté, les Etats-Unis ont également mis en garde les Cubains américains pour qu’ils ne violent pas l’espace aérien cubain. Rien n’y a fait, ils ont maintenu leurs vols. Et je pense qu’il y a peut-être eu une mésentente entre les autorités américaines et cubaines pour interdire ce vol. Et sans doute que les Cubains, en voyant ce vol maintenu, ont conclu à une opération calculée en dépit des mises en gardes mutuelles. Et donc ils sont intervenus durement en abattant l’avion.
« C’est pourquoi, dans l’environnement actuel, je pense que les Etats-Unis devraient reconnaître que cette ligne politique a été un échec en ne faisant pas partir Fidel Castro. En fait, cette politique a renforcé sa position. Pour le peuple cubain, c’est un héros, car il s’est dressé contre nous en nous blâmant, nous utilisant comme le bouc émissaire.
« Je crois que l’administration démocrate devrait revoir ses positions à la lumière de la visite du pape, afin de reconnaître qu’entre deux positions extrêmes, il peut y avoir une réconciliation. C’est pourquoi l’abandon de la loi Helms-Burton est important. Mais une fois de plus, l’administration précise qu’elle ne va pas changer d’attitude tant qu’elle ne verra pas de réformes majeures à Cuba, notamment la libération des prisonniers politiques, l’organisation d’élections libres, la liberté de la presse. Ce sont là des conditions à tout changement politique envers Cuba. J’ai proposé une solution moyenne, avec un projet de loi déposé au Congrès qui propose la levée de l’embargo sur la nourriture, les médicaments et les équipements médicaux. Ainsi, au moyen d’une politique humanitaire, nous pourrons aller vers une normalisation. Mais entre temps, nous devons vraiment mettre un terme aux souffrances des Cubains, car ils manquent de nourriture et de médicaments.
« Vous avez mentionné le terme de mafia cubaine en Floride, qui fait pression sur le Congrès. En fait, il s’agit de Cubains fortunés, organisés dans la National Cuban Foundation. Tous ne sont pas riches, mais ils sont tous opposés au régime de Fidel Castro. Ils y utilisent donc leur argent, leur pouvoir politique et leur influence sur les membres du Congrès, sur la Maison Blanche, mais aussi sur les assemblées locales, en accordant des contributions financières et en faisant pression sur les élus pour orienter leurs votes. Il est cependant intéressant de noter que l’on assiste à un changement d’attitude au sein de la communauté cubaine américaine, notamment chez les jeunes . Ils ne pensent plus comme leurs parents ou leurs grands-parents. Ils pensent qu’une page est tournée avec une ère nouvelle et qu’il doit y avoir une réconciliation avec la famille restée à Cuba afin d’engager une nouvelle dynamique que l’on rencontre dans le monde d’aujourd’hui. Et donc ces jeunes se prononcent contre cette politique rigide et qu’il faut changer.
« Je me suis rendu à Miami à plusieurs reprises et ces hommes m’ont demandé de faire mon possible pour que cela change, pour les aider,pour modifier cette atmosphère. »
Reginald K. Brack Junior
Président Emeritus du groupe de presse Time Inc.
« Durant toute la période passée au Time, la nature de mon travail m’a amené à suivre les relations Etats-Unis-Cuba. Il est aujourd’hui temps de repenser notre politique envers Cuba. La guerre froide est terminée, Cuba a changé, le président Clinton en personne a reconnu publiquement l’isolement des Etats-Unis dans la politique cubaine. Nous ne pouvons pas interdire aux Cubains le droit de la nourriture et des médicaments de base, et dans le même temps affirmer que nous nous présentons comme le leader moral de la communauté internationale.
« Je suis fier de la tradition historique américaine visant à subvenir aux besoins de ceux qui ont faim et de ceux qui sont malades n’importe où dans le monde. Mais la poursuite par notre pays de refuser l’accès à la nourriture et aux soins ne mène nulle part : quarante années de l’embargo le plus strict de notre histoire ont eu pour résultat d’accroître la souffrance du peuple cubain sans modifier quoi que ce soit dans la nature politique du gouvernement cubain. Nous devrions cesser cette politique qui frappe les Cubains les plus innocents : les femmes, les enfants et les personnes âgées. J’ai donc décidé de rejoindre le Conseil des Americans for Humanitarian Trade with Cuba pour obtenir la levée des restrictions sur les ventes de nourriture et de médicaments à Cuba. »
Richard Feinberg, directeur de l’APEC Sudy Center,
De l’Université de Californie
« Si le président a l’intention de mener une politique efficace envers Cuba, il a alors besoin d’une flexibilité plus grande que celle que lui accorde actuellement le Congrès. Les intérêts américains seraient bien servis si le Congrès permettait au président d’autoriser les ventes et les livraisons de nourriture et de médicaments dans le contexte d’une politique globale qui recherche à promouvoir une trnsition pacifique vers la démocratie sur cette île tourmentée. »
Docteur Joan Brown Campbell, Executive Secretary du National Council of Churches (Conseil National des Eglises)
« De retour de Cuba avec une délégation religieuse, j’ai observé de première main comment les restrictions américaines sur les ventes de nourriture, de médicaments et de fournitures médicales minent le système de santé et l’alimentation à Cuba. Je suis inquiète en ce qui concerne les conséquences de l’embargo sur les femmes, les enfants, les personnes âgées et les malades cubains. Je suis mal à l’aise face au poids spirituel et psychologique que l’embargo fait porter sur un peuple innocent. Et j’ai de la peine de voir que la volonté de notre gouvernement de refuser aux Cubains les ventes de nourriture , de médicaments et d’équipements médicaux remet en cause les principes de justice, d’égalité et d’opportubnité sur lesquels repose notre nation.
« Le national Council of Churches a l’intention de travailler dur pour obtenir l’autorisation des ventes de nourriture et de médicaments ; tout simplement c’est la seule chose à faire. Il est immoral pour les Etats-Unis d’utiliser onze millions de Cubains comme munitions dans une guerre économique contre un seul homme. Nous soutenons donc avec enthousiasme la formation des Americans for Humanitarian Trade with Cuba et nous prions pour son succès. »
Elliot L. Richardson, ancien secrétaire de la Défense, ancien ministre de la Justice.
« En tant que président de l’Inter-American Dialogue Tasle Force on Cuba, j’ai suivi de très près les effets du renforcement de l’embargo contre Cuba ces six dernières années, tout comme j’ai observé l’attitude de notre gouvernement et celui de nos alliés et de la communauté financière internationale. Six années se sont écoulées depuis le vote du Cuban Democracy Act. Deux ans se sont passés depuis l’entrée en vigueur de la loi Helms-Burton et nous n’avons rien à en tirer, si ce n’est une nervosité accrue de nos amis à l’étranger et l’augmentation des souffrances du peuple cubain. Il est temps de changer de politique.
« De nombreux américains sont mal à l’aise par l’inconsistance de notre politique à l’égard de la Chine et de Cuba. Les Etats-Unis ont déclaré qu’il existe un milliard de raisons pour que nous accordions à la Chine le statut de nation la plus favorisée alors que nous continuons de mener une sévère politique d’isolement à l’égard de Cuba. Je pense qu’il existe bien onze millions de raisons pour que nous changions notre politique d’interdiction de vente de nourriture et de médicaments au peuple cubain. Il n’existe pas de raison pratique ni de motivation morale pour soumettre des femmes et des enfants à des privations de biens humanitaires de base. J’ai donc accepté de participer aux travaux de l’Advisorg Council of americans for Humanitarian Trade with Cuba, afin de demander au président et au Congrès d’intervenir rapidement pour autoriser les ventes de nourriture, de médicaments et d’équipements médicaux. »
Déclaration du général John J. Sheehan, ancien commandant des Forces alliées de l’OTAN
« Je suis ici pour soutenir la nouvelle coalition americans for Humanitarians Trade with Cuba (Coalition américaine pour le commerce humanitaire avec Cuba). Pour la première fois, des Américains issus de différentes communautés, avec des opinions différentes en ce qui concerne l’embargo américain, se sont rassemblés pour soutenir la vente de nourriture et de médicaments à Cuba. Depuis plus de trente-cinq ans, la politique la plus contraignante de notre histoire a eu pour conséquence d’accroître la misère du peuple cubain et d’encourager les Cubains à émigrer vers d’autres pays, sans pour autant apporter le moindre changement au sein du gouvernement cubain. Tout cela pour un pays qui ne représente pas une menace pour la sécurité des Etats-Unis.
« Inclure la nourriture et les médicaments dans l’embargo actuel, le seul ambargo existant, va à l’encontre de notre tradition humanitaire. Nous ne pouvons plus soutenir une politique qui entraîne des souffrances pour les plus vulnérables : les femmes, les enfants et les personnes âgées. Il est temps de corriger cette politique avec ses effets indésirables sur le peuple innocent de Cuba. »
4° Partie chap 3 Témoignages contre le blocus.pdf
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Cuba Si France-Provence
Rédigé par Cuba Si France-Provence le 27/03/2007 à 18:45
Qui soutient la levée de l’embargo aux Etats-Unis
Le premier incident concernant l’administration Clinton et sa politique cubaine se produisit lorsqu’il proposa de nommer Mario Baeza , noir d’origine cubaine, comme assistant au secrétaire d’Etat pour les affaires inter-américaines. Il avait été proposé par deux autres proches de Bill Clinton, à savoir Vernon Jordan et Ron Brown.
M. Baeza était connu pour ses positions plus modérées à l’égard de Cuba. C’est pourquoi la Fondation se déchaîna contre lui, s’opposant à sa nommination sous prétexte qu’il s’était rendu à Cuba à deux reprises et que, dans ces conditions, on ne pouvait lui faire confiance. Bill Clinton retira alors sa proposition. Malgré cela, l’opposition à la loi Toricelli a gagné du terrain au Congrès. Certains élus s’y sont opposés en affirmant que le renforcement de l’embargo renforçait Fidel Castro. D’autres, comme le congressman Serrano, ont rejeté le projet de loi parce qu’il accentuait la pression sur le peuple cubain en lui interdisant les livraisons de nourriture et de médicaments.
Le jour du vote de la loi, 96% des élus noirs à la Chambre des représentants, 50% des femmes et 47% des démocrates ont voté contre. Sans doute que la plus forte opposition aux positions de l’administration Clinton est venue des élus noirs, le Congressional Black Caucus. Lorsque le nom de Mario Baeza fut retiré, car il n’était pas suffisamment conservateur pour la Fondation des exilés cubains, le groupe des élus noirs au Congrès accusa Clinton de racisme.
Le 29 mai 1993, le congressman Rangel, l’un des didirigeants du groupe des élus noirs, déposa un projet de loi visant à lever l’embargo contre Cuba. Ce projet de loi reçut alors le soutien de 28 élus et de nombreuses organisations.
« Il est temps de mettre un terme à la guerre froide dans notre hémisphère et de faire en sorte que les entreprises américaines puissent intervenir aussi librement dans les Caraïbes qu’en Chine ou en Europe de l’Est. Poursuivre l’isolement de Cuba nous frappe et nous fait mal, car cette politique coûte 2 milliards de dollars en exportation de produits américains pour cette seule année. Après l’effondrement de l’Union soviétique, Cuba ne constitue plus une menace pour les Etats-Unis. Bien au contraire, les Cubains recherchent désespérément des investissements étrangers afin de sauver leur économie qui s’effondre. Malheureusement les entreprises américaines sont pénalisées par une politique de guerre froide alors que nos concurrents viennent du monde entier pour créer des contrats d’entreprises et construire les fondements d’un système de libre entreprise.
Il est ridicule de refuser aux entrepeises américaines la possibilité d’acroître notre commerce de 6 milliards de dollars par an parce que l’intérêt d’un petit groupe repose sur la stratégie d’affamer le peuple cubain pour obtenir sa soumission. »
LES ORGANISATIONS DES CUBAINS AMERICAINS
Le Cuban American Committee for Research and Education (Comité cubain américain pour la recherche et l’éducation) demande la reprise des relations diplomatiques avec Cuba. En 1979, il se rendit au Département d’Etat pour remettre une pétition de 10 000 Cubains américains en faveur de la normalisation des relations avec Cuba.
Alicia Torres, directrice du Comité, déclara devant une commission du Congrès : « Au moyen d’une politique d’engagement , nous pourrions engendrer une nouvelle génération de dirigeants à Cuba et faire en sorte que la vieille génération puisse se retirer pacifiquement sans violence. »
En août 1993, le Cuban Committee for Democracy fut créé, regroupant des Cubains américains modérés. Ses objectifs sont de ‘mettre un terme à l’autoritarisme pour aller vers une transition pacifique vers la démocratie à Cuba. » ses membres s’opposent à la loi Toricelli et demandent au gouvernement américain de mettre un terme à la législation qui affecte les livraisons de nourriture et de médicaments à Cuba.
Le Comité est présidé par Marcelino Miyares, président des Studios Times Square et ancien participant à l’invasion de la baie des Cochons. Magda Montiel Davis, candidate démocrate au Congrès, était trésorière. Ce comité a créé un lobby à Washington pour intervenir auprès des congressmen. Le comité, qui se veut être une alternative plus modérée à la Fondation des Cubains américains, n’en demeure pas moins très anticommuniste puisqu’elle se déclare contre tout transfert de technologies à Cuba tant que l’île ne sera pas une démocratie.
Début 1993, Eloy Guttierez Menoyo, ancien prisonnier à Cuba, créa à Miami l’organisation Cambio Cubano. Il est favorable au dialogue avec Cuba et soutient le projet de loi du congressman Rangel. Il se prononce pour une période de transition à Cuba qui, selon lui, doit être mise en place avec l’accord de Fidel Castro. Or, le président cubain rejette une telle éventualité. Cela n’empêche pas l’ancien combattant de la baie des Cochons de mettre en garde les élus de Washington contre « une période de guerre civile et d’anarchie, si la période de transition ne se mettait pas en place. Cette inquiétude est relayée par le congressman Bill Richardson, qui souligne qu’ »un grand nombre d’élus ne soputiennent pas cette proposition alors que d’autres membres du Congrès sont choqu és de voir qu’une part importante de notre politique étrangère est dictée par des fanatiques d’extrême droite dont la seule obsession est de renverser le gouvernement cubain pour le remplacer. »
En fait, ces organisations de Cubains américains entendent prendre la relève de la Fondation nationale des Cubains américains qui, pendant plus de quinze ans,a contrôlé la minorité cubaine d’une poigne de fer, avec le soutien des élus conservateurs de Washington. Mais aujourd’hui, son leader Jorge Mas Canosa est mort, et son intransigeance politique ne correspond plus à l’évolution de la situation mondiale.
On assiste donc à un repositionnement de la communauté cubaine sur des positions libérales rejetant l’extrême droite des années quatre-vingt.
AU SEIN DE L’ADMINISTRATION
Le congressman David Nagle, démocrate, fit la déclaration suivante en 1992 devant une commission du Congrès, après avoir participé à une réunion sur Cuba des représentants des services de renseignements. : « Nos services de renseignements ont conclu que Cuba ne constitue pas une menace militaire pour les etats-Unis ou ses voisins... Les 35 participants à la réunion, parmi lesquels se trouvaient des spécialistes des renseignements de la Défense, de la politique étrangère, et des chercheurs, sont tombés d’accord pour constater que la politique américaine est contre-productive et permet à Fidel Castro de se maintenir au pouvoir.
« Le plus tôt où les Etats-Unis pourront changer la nature de nos relmations permettant l’ouverture de Cuba à l’influence américaine sera le mieux. Un tel changement rendra plus difficile le contrôle social et politique de l’île par le gouvernement cubain.
« Parmi les suggestions envisagées que nous pourrions prendre figurent une levée totale ou partielle de l’embargo, l’encouragement de voyager à Cuba pour les citoyens américains, l’envoi d’une aide humanitaire, la fermeture de la station de télévision et la fin des manoeuvres militaires américaines dans la région. »
LE MOUVEMENT SYNDICAL
La direction de l’AFL-CIO, par le passé, a soutenu les positions de l’administration à l’encontre de Cuba. Traditionnellement, la centrale américaine travaille en étroite collaboration avec l’Inter american Regional Organisation de Workers. Or cette organisation, lors de son congrès qui s’est déroulé au Canada, a voté une résolution qui s’oppose à l’embargo. Elle demande la levée de l’embargo afin « d’obtenir une ouverture démocratique qui garantira le respect des droits de l’homme et des droits syndicaux à Cuba » à Cuba.
On le voit, la résolution n’est pas sans arrière-pensée et rejoint l’avidité des conservateurs de Washington qui souhaitent en finir avec la Révolution cubaine. Malgré tout, cette décision embarrasse les autorités américaines puisqu’elle condamne l’embargo et demande une politique d’ouverture à l’égard de La Havane.
Il existe cependant un courant progressiste au sein de l’AFL-CIO qui rejette le soutien à la politique américaine. Plusieurs fédérations représentant les Etats ont voté des résolutions en faveur de la levée de l’embargo et de la normalisation des relations entre les deux pays, avec la possibilité d’échanges entre les syndiqués américains et cubains. L’US- Cuba Labor Exchange organise par ailleurs des délégations de syndicalistes américains à Cuba depuis plusieurs années.
LES FERMIERS AMERICAINS CONTRE LE BLOCUS
Prenant la parole devant une commission du Congrès en mai 1997, Dan Gerdes, président de Us Wheat Associates, l’un des principaux groupements céréaliers, a déclaré : « Il est navrant de constater que les sanctions commerciales les plus importantes imposées aux céréaliers américains sont le fait de la politique gouvernementale américaine. »
Il estime que les importations de céréales à Cuba, en Iran, en Lybie et en Corée du Nord se sont élevées à 7,15 millions de tonnes en 1997 et 1998. Il précise que « pendant les dix dernières années, les Etats-Unis auraient pu vendre 3,5 millions de tonnes de céréales à Cuba pour au moins 500 millions de dollars. » Les exportations auraient été facilitées par un faible coût de transport en raison de la proximité de Cuba, devait-il ajouter.
« Les céréaliers américains sont aussi patriotes que n’importe quel autre Américain, mais nous ne voulons pas sacrifier inutilement des possibilités d’exporter notre production. A chaque fois que l’on nous a empêchés d’exporter, le marché a été accaparé par nos concurrents », a-t-il conclu.
LES VOIX AMERICAINES CONTRE LE BLOCUS
Au fil des années, des centaines de milliers de citoyens américains ont signé des pétitions demandant la levée du blocus, le droit de se rendre à Cuba et la normalisation des relations entre les Etats-Unis et Cuba. Des dizaines d’organisations travaillent activemnt pour obtenir le vote en faveur de la fin de l’embargo sur les médicaments et la nourriture, comme l’Emergency Civil Liberties Committee ou l’American Civil Liberties Union qui ont soutenu l’amendement Berman en 1988 en faveur de la légalisation de l’importation d’informations de Cuba.
Parmi les organisations qui se sont prononcées contre le blocus, citons :
African Methodist Church ; American Association of Jurists ; American Baptist Church ; american Hotel and Motel Association ; American Public Health Association ; Antonio Maceo Brigade ; Center for Constitutional Rights ; Center for Cuban Studies ; Christian Church ; Disciples of Christ ; Cuban American Committee ; Cuban American Committee for Peace ; Cuban American Health Professionals Association ; Evangelical Lutheran Church in America ; Hispanic American Political Association ; Latin American Studies Association ; National Conference of Black Lawyers ; National Conference of Catholic Bishops ; National Council of Churches of Christ ; National Lawyers Guild ; Pax World Foundation ; Unitarian Universalist Association of Congregations ; United Church of Christ ; United Methodist Church ; United Presbyterian Church ; Workers’Association of the Cuban Community, Miami.
Et les personnalités suivantes, outre les élus au Congrès, membres du Progressive Caucus :
Brooke adams, Harry Bellafonte, the Rev. Philip Berrigan, Noam Chomsky, Johnnetta Cole, Ossie Davis, Daniel Ellsberg, Danny Glover, Bishop Thomas J. Gumbleton, the Rev. Jesse Jackson, Margot Kidder, Corliss Lamont, Edward Asner, Derek Bell, Jackson Browne, Ramsey Clark, Irwin Corey, Ruby Dee, Lawrence Ferlinghetti, Stephen Jay Gould, Richie Havens, Casey Kasem, Kris Kristofferson, Cindy Lauper, Jack Lemmon, Norman Mailer, Cheech Marin, George McGovern, Robert McNamara, Johnny Mandel, Paul Mazursky, Kate Millet, Bishop Paul Moore Jr., Eleanor Holmes Norton, Holly Near, Linus Pauling, Gregory Peck, George Pillsbury ; Sydney Pollack ; Gregory Rabassa, John Randolph, Dennis Rivera, Helen Rodriguez-Trias, M.D., Susan Sarandon, Arthur Slesinger Jr., Martin Sheen, Pete seeger, Benjamin Weinstein, Roger Wilkins, William Winpisinger, John Womack Jr., Peter Yarrow, José Yglesias.
LES PERSONNES QUI SE SONT RENDUES A CUBA
EN VIOLATION DE LA LEGISLATION AMERICAINE
Robert De Niro, Gregory Peck, Sydney Pollack, Paul Mazursky, Alan and Marilyn Bergman, Dennis Hopper, George Lucas, Francis Coppola, Arthur Penn, John Sayles, Matthew Modine, Anne Jackson, Eli Wallach, Treat Willials, Robert Redford, Raùl Julia, Christopher Walken, Bob Rafelson, Randa Haines, Jack Lemmon, Spike Lee, Shirley MacLaine, Sidney Poitier, George C. Scott, John Randolph, Candice Bergen, Rip Torn, Cynthia Gregory, Bill Joel, Holly Near, Pete Seeger, Linda Ronstadt, Davis Byrne, Sweet Honey in the Rock, Kris Kristofferson, Norman Mailer, Alice Walker, Robert Rauschenberg, William Kennedy, John Williams, Jules Feiffer, Lois Gould, Robert Stone, and Susan Meiselas.
Même Jane Fonda et Ted Turner se sont rendus à La Havane durant les Jeux panaméricains.
La huitième caravane pour Cuba s’est déroulée en juillet dernier pour envoyer treize autres bibliobus à La Havane afin que chaque province cubaine en ait un, avec des ordinateurs, des livres, des équipements multimédias, du matériel pédagogique. Ce fut la caravane la plus importante avec des camions chargés de matériels, des centaines de bénévoles.
Un chauffeur de taxi londonien, Tony Caccavone, a traversé l’Atlantique avec son taxi pour participer à la caravane en 1997 et traversé les Etats-Unis avant de s’embarquer pour Cuba.
A l’initiative du Révérend Lucius Walker, cinq pasteurs cubains se sont rendus aux Etats-Unis en octobre 1997 (Révérend Oden Marichal, président du Conseil des Eglises Cubaines, vicaire général de l’église épiscopale Cubaine, Révérend Arnaldo Miranda, président de l’église Nazarena de Cuba, Révérend Estela Hernandez, co-pasteur de l’église Baptiste W-carrey, Révérend Rhode Gonzalez, secrétaire du Conseil des Eglises cubaines, co-pasteur de l’église pentecostale de Cuba, Révérend Raùl Suarez, directeur du mémorial Martin Luther King de La Havane).
Cette délégation a passé cinq jours à Washington où elle a rencontré des élus au Congrès. Ils ont aussi rencontré le sénateur Grams afin de le rassurer sur l’aide humanitaire effectivement distribuée au peuple cubain.
Ces hommes d’église cubains se sont également entretenus avec des attachés parlementaires républicains pour obtenir une levée de l’embargo sur les médicaments et la nourriture. Ils ont ensuite répondu aux nombreuses questions concernant la liberté religieuse à Cuba et le statut des Eglises à Cuba, expliquant que la discrimination religieuse qui exista pendant une période n’existe pratiquement plus aujourd’hui. Ils ont insisté sur le fait que la persécution religieuse n’a jamais existé sous le régime révolutionnaire cubain. « Nous n’avons jamais vu, par exemple, 150 églises brûlées » devait préciser l’un des pasteurs, faisant allusion au phénomène des incendies d’églises, le plus souvent fréquentées par des noirs, qui s’est développé en 1997 aux Etats-Unis, tout comme à la pire époque des années soixante durant les luttes du mouvement en faveur des droits civiques. Le metteur en scène Alan Parker a repris ce thème. Dans son excellent film Mississipi Burning, dénonçant la ségrégation raciale et la collusion entre les racistes du Ku Klux Klan, certains hommes politiques du Sud, la police et certains juges.
Durant leur séjour américain, les religieux cubains ont pu célébrer des services religieux dans dix églises différentes. Lors d’un sermon, le révérend Marichal a déclaré : « Ici, aux Etats-Unis, la liberté est votre principe de conduite, mais cela signifie la liberté individuelle. A Cuba, notre notion de la liberté est secondaire à notre principe de conduite qui est le respect de la justice. » Les pasteurs ont par ailleurs participé à des réunions dans des collèges, des séminaires, des églises et à des rencontres avec la presse dans trente villes à travers le pays.
PRINCIPALES PRISES DE POSITIONS
CONTRE LE BLOCUS AMERICAIN
- Assemblée générale des Nations unies (novembre 1996-1997)
- Déclaration du Conseil des marchandises (mars 1996) et du Conseil général de l’Organisation du commerce mondial (avril 1996).
- Note de la présidence de l’Union européenne au Département d’Etat (mars 1996), du parlement européen (mai 1996) et du Conseil pour les affaires générales de la Commission européenne (octobre 1996).
- Résolution de l’Assemblée générale de l’Organisation des Etats américains (juin 1996) et déclaration du Comité interaméricain pour la justice (août 1996).
- Déclaration finale des VI° et VII° sommets ibéro-américains (novembre 1996-1997).
- Déclaration du X° sommet du groupe de Rio (septembre 1996).
- Déclaration du CARICOM et de l’Association des Etats des Caraïbes (mai 1996)
PRINCIPALES VIOLATIONS JURIDIQUES
DE LA LOI HELMS-BURTON
Cette loi viole les principes fondamentaux du droit international reconnu par la charte des Nations unies, tel que le droit à l’autodétermination , à la souveraineté et à l’indépendance, à la liberté des Etats, à la non ingéence dans les affaires intérieures d’un état, à la coexistence pacifique entre les Etats et au droit de la nationalisation.
Les autres principes violés sont : la liberté d’investir, l’obligation faite à des enftreprises affiliées à un groupe de se plier aux lois du pays d’origine du groupe, la reconnaissance d’un pays à prendre possession des terrains et immeubles sur son territoire sans se soumettre à la législation d’un pays tiers.
Cette loi viole également les règlements d’organisations internationales telles que le FMI, la Banque mondiale, l’Association pour le développement international, la Banque interaméricaine, qui interdisent toutes restrictions ou novations de toute nature à l’encontre de leurs parts ou propriétés pour des raisons politiques.
De même, les accords sur la libre circulation des personnes et le commerce au sein de l’Organisation mondiale du commerce sont violés.
Tout comme elle viole la législation américaine qui reconnaît explicitement ces principes.
4° partie chap 2 qui soutient la levée de l'embargo aux USA.pdf
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Cuba Si France-Provence
Rédigé par Cuba Si France-Provence le 25/03/2007 à 16:38
Soutien à la brigade Henri Reeve
Cuba Si France-Provence
L’année dernière, nous avions fait appel à votre générosité pour soutenir l’action de la Brigade médicale Henry Reeve qui intervient dans de nombreux pays dans les situations de catastrophes naturelles et qui était alors à l’oeuvre en Bolivie, pays qui venait de subir des pluies catastrophiques ayant provoqué d’importants dégâts.
Aujourd’hui, la Brigade Henry Reeve est toujours à l’oeuvre en Bolivie, où le même phénomène de pluies cataclysmiques s’est reproduit cet hiver. Elle est également à l’oeuvre dans de nombreux pays d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Asie, à la suite de cataclysmes divers : tremblements de terre, raz de marrées, éruptions volcaniques, inondations, etc...
Aujourd’hui, la Brigade Henry Reeve est toujours à l’oeuvre en Bolivie, où le même phénomène de pluies cataclysmiques s’est reproduit cet hiver. Elle est également à l’oeuvre dans de nombreux pays d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Asie, à la suite de cataclysmes divers : tremblements de terre, raz de marrées, éruptions volcaniques, inondations, etc...
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