Régions
06/08/2009 16:54

Blocage et incidents à l'usine Molex: ordonnance renvoyée à mardi

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Toulouse a renvoyé jeudi au 11 août son ordonnance concernant quatre salariés de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) assignés par la direction pour "l'agression" mardi soir du directeur du développement Eric Doesburg et le "blocage des accès du site" depuis le 7 juillet dernier.



"Nous demandons la fermeture immédiate et temporaire de l'usine le temps que les réparations et la sécurisation du site soient effectives", a plaidé Me Kim Campion, l'un des avocats de la direction de Molex, soulignant que le "mouvement social connaît une dérive violente".

"Nous arrivons à un stade supérieur, à quelque chose de sournois et de beaucoup plus grave", a ajouté Me Campion au cours de l'audience, précisant "qu'on ne peut pas négocier sous la menace".

Mardi soir, le directeur du développement Eric Doesburg a été "agressé physiquement", selon Me Campion, recevant "une dizaine d'oeufs au visage". Toujours selon l'avocat, M Doesburg "ne peut pas reprendre son activité avant sept jours".

Du côté des salariés, Me Jean-Marc Denjean, avocat du comité d'entreprise, a souligné que la fermeture de l'usine était "contradictoire". "Les salariés veulent travailler et uniquement travailler et le site est d'ores et déjà fermé. Depuis ce matin 8h, des vigiles empêchent les salariés d'entrer dans l'usine", a-t-il ajouté, indiquant à à l'Associated Press qu'un huissier devrait constater la fermeture du site les jours prochains.

Mardi, ils avaient été informés de la suspension des discussions entre la direction et un repreneur éventuel de l'usine ainsi qu'avec les représentations syndicales. Dans le but de "mettre un terme aux rumeurs de reprise", la direction de l'équipementier avait arrêté les discussions avec les partenaires sociaux, leur reprochant de "persister à refuser tout dialogue en s'obstinant à maintenir des revendications irréalistes".

A la suite de cette déclaration, des incidents sont survenus mardi soir entre la direction et les salariés et la décision de fermeture a été prise mercredi soir dans le but de "garantir la sécurité des employés et des vigiles de l'usine".

En grève illimitée depuis le 7 juillet dernier, les salariés, qui bloquaient les entrées et sorties des camions, ont voté jeudi après-midi "à l'unanimité" la reprise du travail, selon Denis Parise, secrétaire CGT du CE. "Un huissier, qui s'est rendu sur place, a constaté que l'usine était fermée et que nous ne pouvions pas reprendre notre travail", a-t-il expliqué à l'Associated Press, précisant qu'une dizaine de vigiles a été dépêchée sur place pour empêcher l'accès au site.

Par ailleurs, les élus PS des collectivités locales ont adressé un courrier à Nicolas Sarkozy pour lui faire part de "leurs vives inquiétudes quant à la situation de l'usine et à l'avenir de ses 283 salariés" et pour solliciter une audience avant le 15 septembre (date à laquelle sera remis le nouveau rapport des experts sur la viabilité du site, NDRL) "afin d'évoquer toutes les pistes envisageables pour une reprise du site, d'une manière précise et assortie d'un échéancier".


source: Associated Presse via Yahoo News

Awa Diakhate








Flashback :