Art et Culture
29/12/2008 18:46

L'art au secours des réveillons de la Saint-Sylvestre

Branle-bas de combat dans le parc du château de Fontainebleau, dimanche 28 décembre. Les artistes-installateurs de la compagnie Carabosse, emmitouflés dans de multiples épaisseurs pour résister au froid, sont en pleins préparatifs du réveillon du 31 décembre.



Un réveillon d'un nouveau genre, comme il y en aura plusieurs autres cette année : l'art s'y mêlera à la fête, rejoignant une tendance plus générale, observée dans des manifestations ou des lieux culturels comme la Nuit blanche, Lille 2004, le Palais de Tokyo, à Paris, ou La Ferme du Buisson, à Noisiel.

C'est d'ailleurs le directeur de la Ferme, José Manuel Gonçalves, qui pilote ce projet et le tout nouveau festival dans lequel il s'inscrit, voulu par le conseil général de Seine-et-Marne et son président, Vincent Eblé. Depuis le 27 décembre, Depayz'arts propose un ensemble de manifestations gratuites mêlant théâtre, cirque, arts plastiques et arts de la rue sur des sites patrimoniaux du département : l'usine Leroy à Saint-Fargeau-Ponthierry, la tour plein ciel de Le-Mée-sur-Seine ou encore le château fort moyen-âgeux de Blandy-les-Tours.

A Fontainebleau, c'est le parc, et les anciennes Héronnières, habituellement fermées au public, qui seront investies pour le réveillon, où se produiront les musiciens Didier Lockwood et Caroline Casadesus, des fanfares et des artistes de cirque. A trois jours de cette "nuit du premier jour", une petite troupe s'affaire donc à casser la glace, sur le canal creusé par Henri IV au tout début du XVIIe siècle, pour installer les drôles de machines en ferraille de la compagnie Carabosse.

José Manuel Gonçalves a confié à cette troupe le soin d'habiller le parc de son univers poétique et onirique. Depuis dix ans, les Carabosses créent de magnifiques installations de feu, sur les sites les plus variés, d'un petit port de l'île de Groix, en Bretagne, au Kremlin, à Moscou, en passant par le désert malien.

Pour Fontainebleau, ils ont conçu, avec leur humour et leur poésie décalés, une rêverie sur les fastes royaux. La première partie du parcours, depuis le parterre dessiné par Le Nôtre jusqu'au canal, épouse le dessin au cordeau du jardin, et recrée façon bric et broc ces figures obligées de la vie royale que sont la fontaine, le salon (baptisé Moulinsart...), la promenade. Dans la deuxième partie, sise dans le bois qui borde l'Allée du roi, place à la forêt des contes, nettement moins domestiquée.

Point commun : la flamme, élément de base des installations des Carabosses. La flamme sous toutes ses formes, et dans tous ses états. Des flammes qui prennent place dans des pots en terre, pour être installées sur les machines en forme de boules, de fleur ou d'oiseau, crachant l'eau et le feu, qui flotteront sur le canal. L'une d'elles, surnommée "Loch Ness", formera des arches incandescentes au-dessus de l'eau.

Mais Carabosse a bien d'autres flammes dans son sac : des petites ampoules de feu formant des lustres dignes d'un palais royal. Ou encore une forêt de marcels (débardeurs) transformés en lampions, avec une petite bougie à l'intérieur. Ou des lianes de feu dégoulinant des arbres. Les installations de la compagnie réenchantent l'espace public, qui se met à palpiter de manière sensible.

Travailler sur l'espace public, c'est ce que souhaitaient José Manuel Gonçalves et son équipe, attachés à défricher de "nouveaux territoires de l'art" : "On ne voulait surtout pas faire un festival de plus, mais réinvestir par l'art cette période de la fin de l'année qui est devenue purement commerciale." Et ça marche : plus de dix mille personnes ont déjà réservé pour participer à cette "nuit du premier jour", placée sous les flammes magiques de la fée Carabosse.


Source: Yahoo News

Awa Diakhate








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