Afrique et Moyen-Orient
12/12/2008 17:38

Le Zimbabwe en train de devenir un "Etat défaillant"

Hararé- Le Zimbabwe est en train de tomber rapidement au rang d'Etat "défaillant", alors que le président Robert Mugabe tient le pays en otage, a dénoncé jeudi l'ambassadeur des Etats-Unis, James McGee.



Pour faire face à l'épidémie de choléra qui frappe le pays, Washington a débloqué une aide supplémentaire de 6,2 millions de dollars pour distribuer des produits sanitaires, des pastilles de purification de l'eau et des médicaments, a annoncé pour sa part Henrietta Fore, la directrice de l'Agence américaine d'aide au développement international, l'USAID.

Ce montant s'ajoute aux 32,2 millions de dollars déjà débloqués par le gouvernement américain pour le Zimbabwe au titre de l'année fiscale 2008-09, a précisé Mme Fore au cours d'une conférence de presse.

"La situation est vraiment grave. Un seul homme entouré de sa bande tient le pays en otage et le Zimbabwe est en train de tomber rapidement au niveau d'un Etat défaillant", a déclaré M. McGee lors de cette conférence de presse à Washington.

Interrogé sur l'épidémie de choléra qui frappe le pays, M. McGee a rapporté que "tous les hôpitaux publics de Harare sont fermés". "L'Etat est totalement incapable de faire ramasser les ordures", a-t-il observé.

Jeudi, Robert Mugabe a soutenu que l'épidémie de choléra était finie, alors que même l'Afrique du Sud déclarait sa région frontalière "zone de catastrophe" suite à l'afflux de malades et à la contagion régionale.

L'épidémie "ne s'est pas arrêtée", a assuré Mme Fore. "Nous assistons à une épidémie de choléra qui continue et a pris un caractère d'urgence".

Peu après la déclaration du président zimbabwéen, l'ONU a fourni un nouveau bilan faisant état d'au moins 783 morts du choléra au Zimbabwe depuis août et de 16.403 cas suspects.

M. McGee a accusé le régime de M. Mugabe d'avoir créé cette crise humanitaire de toutes pièces en refusant de partager le pouvoir avec l'opposition après sa défaite aux élections de mars dernier.

L'ambassadeur américain a également réitéré les appels à la démission de M. Mugabe lancés par le président George W. Bush et la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice. "Il est temps que Mugabe s'en aille. Il n'est plus utile au Zimbabwe", a-t-il noté.

Washington continue de faire pression sur la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) pour qu'elle convainque le président zimbabwéen de quitter le pouvoir sans effusion de sang.

"Le dialogue continue avec les Nations unies, l'Union Africaine, la SADC", a indiqué M. McGee. "Nous espérons que ces organisations vont finir par dire 'ça suffit au Zimbabwe'".

"Nous avons entendu des appels du Kenya, du Botswana, de Tanzanie, de Zambie. Le Malawi a récemment dit: 'ça suffit, ou bien le Zimbabwe fait le ménage chez lui, ou Mugabe doit partir", a-t-il ajouté.

Alors qu'on lui demandait pourquoi il ne mentionnait pas l'Afrique du Sud parmi les pays ayant élevé le ton contre le président zimbabwéen, M. McGee s'est montré conciliant à l'égard du seul pays susceptible de faire plier M. Mugabe.

"Nous attendons de l'Afrique du Sud qu'elle joue un rôle actif sur tout ce qui se passe dans le sud de l'Afrique. Nous continuons à travailler discrètement et en coulisses avec l'Afrique du Sud pour que cela se produise", a-t-il dit.

Il a refusé d'en dire plus mais un haut responsable du département d'Etat a indiqué sous le couvert de l'anonymat que Washington tentait de convaincre l'Afrique du Sud de fermer sa frontière avec le Zimbabwe.


Source: Yahoo News

Awa Diakhate








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