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Textes Littéraires
Dans cette rubrique, les textes et poèmes des Auteurs EDITOWEB et EMETEC

Les enfants des ténèbres -17- - 13/05/2006

Nicolas prit donc scrupuleusement les anxiolytiques et antidépresseurs prescrits, veillant à ce que sa femme en fît de même.
Quant aux couteaux et fourchettes métalliques, elle accepta de s'en débarrasser, pour "te rassurer" lui dit-elle en les remplaçant par des couverts en plastique. Cela d'ailleurs ne l'empêcha pas, quelques jours plus tard, d'égorger leur Yorkshire à l'aide d'un tesson de bouteille et de le déposer, tout ensanglanté, dans le berceau du bébé.

Les enfants des ténèbres -16- - 22/04/2006

Nicolas Lapierre faisait partie de ce petit nombre de familles agrippées aux miettes de leur fortune d'antan. Pudiquement recouverte du voile de la décence, l'histoire de sa femme passa presque inaperçue. Chantal Mandin-Lapierre était devenue folle.
Nicolas en acquit la conviction le jour où, les yeux exorbités, il découvrit le pyjama de leur fils découpé en fines bandes et reconstitué comme un puzzle. Le vêtement était déposé dans le petit lit qu'elle berçait en chantonnant:
- Fais dodo, Colin mon p'tit frère; fais dodo, t'auras du gâteau."

Les enfants des ténèbres -15- - 03/04/2006

C'était un bel après-midi de Provence. Ils étaient réunis dans la grande cour de la bastide, dégustaient des boissons fraîches. La terreur les avait quittés. Ils avaient oublié les enfants mutants, Bébé emprisonné.
Assis face à ses trois compagnons, Bastard fut le premier à voir apparaître Bébé sur le perron. Ravissant sourire que le sien, se dit le policier.

Les enfants des ténèbres -14- - 13/03/2006

- Dis donc, doc, y a-t-il une explication scientifique?"
J'avais appuyé sur "scientifique", à vrai dire, bien involontairement. Les Deguers suspendirent leurs couverts. Doc se leva pour venir vers moi:
- J'ai fait comme tout le monde, p'tit. Tu dois me croire! "
Ses yeux plissés formaient deux fentes larmoyantes. Regard neutre, vide, sans autre expression que celle de l'impuissance des médiocres.

Les enfants des ténèbres -13- - 02/03/2006

On ne choisissait pas la misère, l'orphelinat, tout l'environnement social qui en découlait. Il s'imposait, vous enveloppait, vous enserrait tel une peau de chagrin.
Si Bébé avait été le produit d'une quelconque manipulation génétique, j'aurais volontiers participé à sa destruction. Mais Bébé était notre fruit, celui de notre misère, nous ne pouvions pas le rayer d'un coup de gomme.

Les enfants des ténèbres -12- - 16/02/2006

Le plafond de la pièce était haut, seul l'écho me répondit. C'était mieux que rien, étais‑je sur le point de m'affirmer, lorsque Tam Tam parla. Je ne suis pas sûr qu'il s'adressait à moi ni à personne d'ailleurs. Ses doigts effilés trituraient une mie de pain. Sa voix prit les accents d'une détermination que je ne lui connaissais pas.
Laurence quitta la pièce, je me concentrai sur le bruit de ses pas dans l'escalier. Doc l'ermite prit la relève. Essuyant le sang avec des gestes précis, il se fit un devoir de ...

Les enfants des ténébres -11- - 29/01/2006

Avant de partir pour l'Eguière, je fis quelques préparatifs, plus destinés à me rassurer qu'à véritablement représenter une sécurité pour quiconque.
J'eus du mal à retrouver ma vieille arme de service dans le fatras de mon armoire.
En quittant l'appartement, j'empruntai à mon voisin de palier, policier en retraite, un fusil à pompe calibre 12. Le brave homme n'avait accepté que lorsque je lui avais fait part de ma participation à une descente de police dans le quartier arabe.

L'élocution - 22/01/2006

L’élocution, c'est quelque chose non? Voici ce qu'en pense André Epervier...en vers! L’élocution L’intelligence humaine, le plaisir de la parole. Conversation illuminée, une douce farandole. De la discussion partagée dans un accord...

L'abus - 22/01/2006

A noter que ce poème est basé sur un fait vécu, malheureusement L’abus Des mains vieillies ont cajolé ma peau de jouvencelle. Douze ans!!! L’innocence d’un corps fragile. L’illusion de mon enfance à jamais sans appel. Trahison,...

BRASILLACH 1945 - 21/01/2006

Un des textes les plus connus et les plus virulents de l'artiste underground Jann Halexander (http://jannhalexander.free.fr) sur l'écrivain nazi Robert Brasillach, le chanteur se moque de lui. BRASILLACH 1945 Fou à lunettes, l'air perdu, Ton corps pend,...

Les enfants des ténébres -10- - 06/01/2006

Le "Caribou" n'était pas un restaurant comme les autres. Tout y était surfait: la clientèle, les tentures roses et le personnel à la mine patibulaire. Quant à la bouffe, je connaissais une ou deux combines pas très avouables permettant d'y manger convenablement. Oh, c'était simple, très simple. Je m'y faisais servir le seul plat que la nouvelle cuisine ne pouvait métamorphoser en une très jolie oeuvre d'art davantage destinée à alimenter l'oeil que l'estomac.
Au fil des années, j'avais fini par comprendre pourquoi Fabien m'y invitait. Ce fils de pute, par conséquent, si je puis dire, frère d'armes, espérait m'y voir succomber à la honte en mangeant comme les autres: du bout des dents.

Les enfants des ténébres -9- - 23/12/2005

Voilà plusieurs mois, le jour même de la mort du clochard, j'avais flairé le sang.
Comme à chaque fois que cela m'arrivait depuis que j'appartenais à la brigade criminelle, je n'en fus pas horrifié. Bien au contraire ...
Pourtant, l'interrogatoire du curé n'avait rien donné. Le prêtre, malgré l'affirmation des médecins selon laquelle aucun être humain ne pouvait s'arracher les yeux, maintenait qu'il ne savait rien de son agression.

Les enfants des ténèbres -8- - 09/12/2005

Depuis l'aménagement des Deguers à la Bastide, doc l'ermite avait fortifié portes et fenêtres en fixant aux murs de pierres de taille durcies par les ans d'épaisses plaques d'acier. Il n'était pas sûr ... Mais c'était mieux que rien! On peut connaître les voies se disait il, mais l'aboutissement de toute chose n'est que ténèbres. Pourquoi leur dirait il? Les hommes ne comprennent pas. Ils interprètent.

Les enfants des ténèbres -7- - 01/12/2005

Les enfants communient, les enfants prient. Ce jour là, comme tous les jours, ils marchaient. Sans nom, sans terre, sans maison... Ils allaient là où leur instinct le leur ordonnait. Tous savaient qu'il leur faudrait se défendre, survivre. Et avec un peu de chance, passer. Un mince fil mental les reliait, les faisait UN.

Les enfants des ténèbres -6- - 24/11/2005

Et l'identité judiciaire?"
Inconnu, non recherché. "
Le Curé? "
L'un des deux stagiaires, que nous exploitions tous sans le moindre scrupule, se dirigea vers moi muni d'un feuillet qu'il semblait vénérer comme sa propre mère.
J'ai le rapport, Monsieur le Commissaire. Nous avons localisé la victime à l'Hôtel Dieu. Ses yeux ont été arrachés. Selon les médecins, il se serait fait ça lui-même. "

Les enfants des ténèbres -5- - 16/11/2005

Dans l'appartement des Deguers, Laurence, étendue sur le sol, paraissait dormir. Le regard de son mari était fixé sur la mare de sang qui, déjà, imbibait les fibres du tapis. " Ca coule comme un torrent de pluie, la couleur n'est pas régulière, c'est rouge vif puis brun, c'est sale puis pur. Ce n'est pas seulement du sang, il y a autre chose, ce torrent là charrie des immondices, des îlots infects. "
Fabien tomba à genoux. Enlaçant sa femme, son visage contre le sien, il récita: Viens mon enfant, viens... "

Les enfants des ténèbres -4- - 08/11/2005

Fabien Deguers se leva, vint vers sa femme pour la prendre par la taille. Dehors, déchirant les ténèbres, des hurlements retentirent.
Ils se précipitèrent pour ouvrir la fenêtre. Leurs mains s'emmêlèrent sur la poignée.

Les enfants des ténèbres -3- - 01/11/2005

Lorsqu'il accéléra pour tourner sur le vieux port, un vent frais lui caressa le visage, accentuant la sensation de bien-être que lui procurait l'isolement de sa voiture. La circulation était agréablement fluide. Il dépassa la Cathédrale, s'engagea dans une zone sombre. La peur l'oppressa.
Le pigeon aux ailes cendre frappa le pare-brise, Fabien freina.

Les enfants des ténèbres -2- - 24/10/2005

Le vieux marchait légèrement voûté, s'appuyant avec une nonchalance calculée sur une vieille canne noueuse comme un pied de vigne. Parfois, il s'arrêtait, souriait à Laurence, changeait sa canne de main, son corps s'inclinant vers ce nouvel appui. Les herbes mortes ne bruissaient pas, les criquets ne chantaient plus.
C'est pas bon les émotions pour vous Madame, c'est pas bon! "

Les enfants des ténèbres -1- - 14/10/2005

"Nicolas acquit la conviction que sa femme était devenue folle le jour où il découvrit le pyjama de leur fils découpé en fines bandes et reconstitué comme un puzzle. Le vêtement était déposé dans le petit lit qu'elle berçait en chantonnant. "

Marseille 2057: fin - 27/09/2005

« La face contre terre, c’est du sable fin et salé. Des voix lointaines qui se rapprochent. Je n’ai pas mal à la tête. J’entends le vent siffler à mes oreilles, je voudrais cracher l’acétone. II hante ma bouche. » Les voix me sont à peine audibles, au moins une : - Il bouge, je vais...

Marseille 2057: 3° épisode - 16/09/2005

Le ciel est lourd, un smog, où se mêlent poussière et pollution, voile le rouge sang du soleil. A ma droite, le vieux port envahi d’algues putréfiées continue son agonie. Des voiliers sont couchés sur le flanc en une posture obscène. Leur proue se dresse vers un horizon qu’ils n’ont plus.

Marseille 2057: 2° épisode - 22/08/2005

... Je longe le caniveau; la chaleur des fûts enflammés sur le trottoir me gêne, une fournaise. Les sauterelles ne sont plus sensibles à la fumée. Des types agitent des lambeaux de vêtements. Les sauterelles ne fuient pas ; elles s’accrochent. Un mec en cueille une pleine poignée et l’empoche. Il me sourit.
Peu à peu, les sons des salves de l’artillerie de la Défense Côtière se rapprochent. Je connais un autre bouge, quelques centaines de mètres, plus au sud, mais il se fait tard et mon affectateur m’attend. J’ai soif, très soif. Saloperie de quota, de ville, de monde...

Les Enfants des Ténèbres - 12/06/2005

"Nicolas acquit la conviction que sa femme était devenue folle le jour où il découvrit le pyjama de leur fils découpé en fines bandes et reconstitué comme un puzzle. Le vêtement était déposé dans le petit lit qu'elle berçait en chantonnant."
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