Actualités des entreprises: pme , economie, finances, divers ..
« Le Kazakhstan emprunte une trajectoire vers la démocratie » Rédigé par Geditech le Lundi 17 Janvier 2022 à 10:35
Lundi 17 Janvier 2022 - 10:35

Membre du groupe d’amitié parlementaire France-Kazakhstan, le député (Modem) du Var Philippe Michel-Kleisbauer est également membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées. Il suit de près la situation au Kazakhstan où il a notamment observé l’élection présidentielle de 2019. Surpris par la crise sociale et politique qui secoue le pays, il craint une tentative de déstabilisation orchestrée de l’étranger.


En tant que parlementaire, à quelle occasion avez-vous découvert le Kazakhstan ?


Philippe Michel-Kleisbauer. En tant que membre du groupe d’amitié parlementaire France-Kazakhstan, j’ai été convié en juin 2019 à un voyage au Kazakhstan pendant l’élection présidentielle. J’y ai trouvé une population animée d’un bel état d’esprit. Les gens ont vraiment envie de nouer des partenariats qui permettraient de donner du travail, notamment avec la France. Avec une petite délégation, nous avons pu interroger librement les électeurs dans les bureaux de vote. J’ai également assisté à différentes actions menées en France par l’ambassade du Kazakhstan. Et au sein de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, j’ai également fréquenté des parlementaires kazakhs qui y siègent au titre d’observateurs.

Quel regard portez vous sur la situation politique au Kazakhstan, notamment depuis le retrait de l’ex-président Noursoultan Nazarbaïev   en 2019 ?

Le Kazakhstan emprunte une vraie trajectoire vers la démocratie. Dans ce domaine, il faut savoir néanmoins être patient. Pour les Etats postsoviétiques comme le Kazakhstan, l’indépendance n’a que trente ans. Une indépendance acquise dans le calme, sans effusion de sang dans un pays qui est resté très pacifique. A Nur-Sultan et Almaty, j’ai discuté avec de nombreux habitants, des élus, des enseignants de La Sorbonne dépêchés sur place. Tous vivaient dans un pays très calme et très pacifique qui essaie peu à peu d’ouvrir ses institutions au jeu démocratique. En France, on a tendance à vouloir imposer un calendrier démocratique trop rapide par rapport à la complexité des événements. C’est oublier qu’entre 1789 et aujourd’hui, un certain nombre de problèmes tels que l’égalité homme/femme sont restés patents. Il a fallu attendre 1958 et l’avènement de la Ve République pour qu’on soit vraiment en démocratie.

L’un des temps forts récents fut l’élection présidentielle de 2019 organisée quelques mois après la démission de Noursoultan Nazarbaïev. Qu’avez-vous observé durant ce scrutin ?

Les citoyens votaient en masse. Si a atteint les 77%. Beaucoup se disaient heureux de voter même si le choix était un peu guidé. J’ai observé des processus électoraux qui n’existent pas en France, comme des urnes mobiles, le vote à l’hôpital… Même si le chemin reste encore long, tout cela montre un effort démocratique important. En 2019, l’opposant principal a tout de même obtenu 15% des voix. C’est un bon score pour s’installer dans le paysage politique.

Si la transition politique vous semble engagée, la contestation sociale en cours au Kazakhstan est-elle essentiellement due à l’augmentation du prix de l’énergie ?

J’espère que la revendication d’une meilleure répartition des richesses naturelles du pays sera prise en compte, comme a semblé le faire le nouveau gouvernement annoncé avant la crise. Aussi, je reste très prudent et attentif aux événements. La France, très aimée et attendue au Kazakhstan, doit se montrer très prudente, appeler au calme, se proposer comme intermédiaire de paix et envoyer des observateurs sur place.

Ceci étant, l’éruption de la crise m’a surpris et me rend un peu suspicieux. S’il est trop tôt pour se prononcer, méfions-nous d’éventuelles tentatives de déstabilisation terroriste. L’Afghanistan n’étant pas très loin, il ne faudrait pas que la contagion gagne le Kazakhstan.  D’autant que l’islam kazakh a des libéralités, notamment sur la consommation d’alcool. Un producteur kazakh a même acheté un domaine dans le Var qu’il exploite pour développer son vin au pays. 

Plusieurs puissances rivales se disputent des sphères d’influence en Asie centrale. Quels sont les Etats qui convoitent les richesses du Kazakhstan ?

L’influence dominante au Kazakhstan est à la fois chinoise et russe mais les dirigeants kazakhs ont voulu diversifier leurs partenariats pour ne pas devenir dépendants de ces deux puissances. C’est pourquoi ils se sont tournés vers la France et l’Europe. Ils ont récemment signé un accord pour acheter du matériel de défense terrestre turc. Le Kazakhstan a également acheté des A400 M à Airbus en pleine crise Aukus. Mais ce rapprochement vers la France ou la Turquie n’est pas de nature à gêner les Russes et les Chinois. Pour sauver leurs intérêts au Kazakhstan, les deux pays doivent lâcher un peu de lest.
Si tentative de déstabilisation il y a, il faut plutôt suspecter une opération terroriste car ce pays détient des ressources naturelles colossales. Je suis surpris que certains aient pu penser déstabiliser cet Etat sans penser provoquer l’intervention de ses partenaires au sein de l’Organisation du traité de sécurité collective, à commencer par la Russie.

Par Geditech le Lundi 17 Janvier 2022


« Le Kazakhstan emprunte une trajectoire vers la démocratie » Rédigé par Geditech le Lundi 17 Janvier 2022 à 10:35

Economie


1 2 3 4 5 » ... 23
GEDITECH FINANCES
Geditech
Geditech est en relation avec de nombreux courtiers de banques afin de vous fournir plusieurs devis de regroupement de crédit ou de renégociation de prêt. Geditech, MIOB en crédit immobilier, vous assiste dans vos démarches.




Partager ce site



Flux RSS



Facebook
Twitter
Rss
Mobile