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Le vélo : horizon indépassable de la mobilité ?


Rédigé le Mardi 30 Novembre 2021 à 16:37 | Lu 102 fois | 0 commentaire(s)


Si pour beaucoup, et en particulier pour les politiques, une mobilité du quotidien plus écologique passe nécessairement par le vélo, c’est oublier un peu vite que des millions de Français ne peuvent pas utiliser ce seul moyen de déplacement et qu’ils ont besoin de la route. Un critère que devraient prendre en compte nos dirigeants, d’autant que cette prise de conscience aurait des effets positifs en termes sociaux, économiques et écologiques.


 
Lorsque les politiques pensent mobilité et modernisation, tous les regards se fixent sur le vélo. Certes, la multiplication des infrastructures dédiées aux vélos est une bonne chose, mais la mobilité du quotidien, c'est en premier lieu la route et la voiture. En effet, à part les habitants des centres urbains
- et encore on peut se demander comment ferait une mère de trois enfants pour les emmener à l’école ou pour ramener un plein caddie de courses si elle n’avait qu’un vélo
– l’immense majorité des Français doit prendre la route quotidiennement pour se rendre au travail ou accéder à des commerces. C’est particulièrement vrai en régions, où certaines personnes habitent à plusieurs dizaines de kilomètres de leur lieu de travail et ne peuvent même pas prendre le train, et encore moins leur vélo, pour effectuer ce trajet chaque jour.
 
A ce titre, France Relance, le plan de relance présenté en septembre 2020, est particulièrement révélateur de cet aveuglement de la part de nos dirigeants : la partie consacrée aux mobilités du quotidien ne propose qu’un développement du plan vélo et des projets de transports en commun. En revanche, rien ou presque sur ce qui reste le seul et unique moyen pour des millions de Français : la voiture, et donc la route qui est la grande absente de ce plan de relance. Il serait donc grand temps que les politiques ouvrent les yeux afin de voir la réalité de la mobilité du quotidien et soutiennent, notamment financièrement, les initiatives permettant le covoiturage, le report modal, les bus express et le maintien en bon état des infrastructures routières. D’autant que cette prise de conscience aurait des effets positifs en termes sociaux, économiques et écologiques.
 
Le route, un enjeu social et économique majeur
 
Car loin de n’être qu’une bande d’asphalte, la route est un élément incontournable de notre vie en société. « A l’ère des réseaux sociaux, il convient de rappeler que la route reste le premier « réseau social » de France, mettant en relation des millions de personnes, avec près de 180 millions de déplacements par jour (115 millions en voiture, 40 millions à pied, 15 millions en transports en commun et 8 millions en deux-roues) », écrit d’ailleurs Miguel Caso Florez, ingénieur et Directeur technique de l’Association mondiale de la route dans une tribune du Monde parue le 23 novembre 2018.  Une opinion partagée par Marc Tassone, directeur général de l’Institut des Routes, des Rues et des Infrastructures pour la Mobilité (IDRRIM) pour qui la route est « un lieu de vie et d’échanges  ».
 
On a tendance à l’oublier en France, où le réseau routier est bien établi, mais les infrastructures sont indispensables au développement social et économique, d’un pays. « Tout commence par une route, expliquait déjà en 2013 Inger Andersen, alors vice-présidente de Banque mondiale pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. La mobilité est une condition préalable au développement. Dans une large mesure, de même qu’une économie dynamique dépend du mouvement des produits et des services, les populations sont tributaires des routes pour l’accès à l’emploi, à l’éducation et aux soins de santé ».
 
Indispensable au lien social donc, la route n’en est pas moins essentielle à la vie économique de la France en général, et des territoires en particulier. Déjà parce que, selon une estimation de Routes de France datant de 2019, plus de 2 millions d’emplois étaient liés à la route dans notre pays, dont 84500 rien que pour les entreprises de construction routière, et que le chiffre d’affaires généré par les travaux routiers cette même année s’élevait à 15,3 milliards d’euros selon la FNTP. Mais surtout parce qu’un maillage routier digne de ce nom est bien souvent absolument nécessaire au bon développement économique d’une région. Pour ne citer qu’un seul exemple, ce n’est pas pour rien que, depuis plusieurs décennies, des élus locaux réclament à cor et à cri la construction d’une route entre le Sud-Vendée et la Charente-Maritime afin de dynamiser leurs territoires. Ils ont même surnommé cette future route « L’autoroute pour l’emploi  » tellement ils ont conscience de son importance dans l’attractivité économique de leur région.
 
Plus généralement, et à l’échelle de la France, il est évident que les infrastructures routières participent grandement au dynamisme économique de notre pays, puisque, selon une étude de l’INSEE parue en janvier dernier, 74% des Français prennent leur voiture pour se rendre sur le lieu de travail. Sans la route donc, point de salut économique !
 
La route, un facteur indispensable à la réussite de la transition écologique
 
Au-delà des aspects sociaux et économiques, un soutien financier franc et massif permettant le covoiturage, le report modal, les bus express et le maintien en bon état des infrastructures routières ne peut qu’avoir un impact positif au niveau écologique. Car si l’on part du constat indéniable qu’à l’heure actuelle, le transport routier est l’un des plus grands contributeurs de gaz à effets de serre de notre pays, il est évident que la route est en première ligne des problématiques liées au développement durable et que toutes les mesures et initiatives prises pour réduire l’empreinte carbone de la route et de nos déplacements quotidiens sont bonnes à prendre.
 
Ainsi, selon une étude menée par l’université américaine Rutgers, un simple entretien préventif de la chaussée permettrait déjà de prolonger significativement sa durée de vie et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 2%. C’est un premier pas, mais de nombreux acteurs du secteur routier vont déjà bien plus loin et sont déjà bien engagés dans le chemin qui mène à une route plus durable. Depuis quelques années, ils ont mis en place des innovations, des nouvelles technologies et des façons différentes d’envisager les déplacements routiers avec, toujours, un objectif en tête : décarboner leur activité.
 
Ainsi, certaines entreprises du secteur routier ont choisi d’adopter une démarche écologique dès la conception des routes. C’est le cas, par exemple, de Colas qui a mis au point un liant végétal pouvant se substituer au bitume baptisé Végécol, ou d’Eurovia qui a conçu le premier enrobé 100% recyclé avec, à la clé, une réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre. D’autres, comme Vinci Autoroutes, utilisent le BIM (Buidling information modeling), et notamment le BIM 6D, qui traite tout ce qui concerne le développement durable sur un chantier, qui permet de réduire jusqu’à 85% des émissions de gaz à effet de serre sur toute la durée de vie d’un projet. En dehors de cette première étape de conception, les acteurs du secteur routier multiplient également les dispositifs pour encourager les mobilités durables : installation de bornes de recharge électrique, voies dédiées aux bus, aux taxis et au covoiturage, ou encore construction de parc multimodaux comme à Longvilliers sur l’autoroute A10,  les idées ne manquent pas.
 
Ce qui manque désormais, c’est donc la lucidité de reconnaître le rôle incontournable de la route dans les mobilités du quotidien, et d’en tirer les conséquences en termes d’investissements et d’innovation.



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