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Nicolas Maury

L’État coupe les vivres

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Dans le Nord-Pas-de-Calais, des centaines de jeunes ont appris brusquement à la fin du mois de juin qu’ils ne toucheraient pas l’allocation promise par leur mission locale dans le cadre de la signature d’un contrat Civis ( Contrat d’Insertion dans la Vie Sociale).

Ces contrats existent depuis un an et constituent une des composantes du «plan de cohésion sociale» de Borloo (UMP). Ils s’adressent aux jeunes âgés de 16 à 25 ans, sans diplôme ou titulaires au maximum d’un bac. En adhérant au Civis, ils s’engagent à préparer un «projet d’insertion dans un emploi durable» avec l’aide de missions locales dépendant des municipalités qui mettent à leur disposition des conseillers dont le poste est financé au titre de ces Civis.

L’objectif fixé au jeune signataire est on ne peut plus flou, comme l’est le système d’attribution d’une allocation, versée sur décision du conseiller, et qui peut atteindre un maximum de 900euros... par an.
C’est l’État qui alloue chaque année une somme devant permettre de rétribuer les jeunes sous ce contrat. La ville de Tourcoing, dans le Nord, à laquelle l’État avait demandé de signer 953contrats Civis par an, a reçu pour 2006 une enveloppe de 301000euros. Ce qui représente pour les 953contrats, une moyenne d’environ 316 euros par jeune et par an, soit la valeur d’une baguette de pain chaque jour pendant une année entière!

Le préfet de région a demandé aux missions locales de ne plus établir de dossiers d’allocations Civis. La directrice régionale du travail a doctement expliqué que «cette aide est une possibilité, pas un droit et que chaque mission locale connaît son montant alloué. Certaines l’ont dépensé plus vite que d’autres».

Même si finalement une enveloppe complémentaire a été allouée au Nord-Pas-de-Calais, la Bourgogne et l’Île-de-France risquent d’être confrontées au même problème d’ici peu.

Autant le gouvernement paye sans barguigner toutes les aides et remboursements d’impôt qu’il accorde aux patrons et aux classes riches, comme le remboursement d’une partie de ce que leur coûte leur personnel de maison, autant il se montre pingre et mesquin pour les malheureuses aumônes qu’il distribue à certains chômeurs.



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