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Grève des routiers: Des blocages en cours contre la réforme du Code du travail

Perspective communiste

Lundi à l'aube, les routiers prévoient de multiplier blocages et rassemblements sur des lieux stratégiques, notamment autour des bases logistiques et dépôts de carburants. Ils incitent d'ailleurs les automobilistes à "faire le plein" dès ce dimanche

Dans le Nord

Ils étaient sur le pied de guerre dès le milieu de la nuit. Une trentaine de routiers CGT et FO ont donné le coup d'envoi d'un mouvement reconductible de protestation contre la réforme du Code du travail, en bloquant dans la nuit de dimanche à ce lundi 25 septembre une autoroute dans le Nord, tout près de la Belgique.

Les grévistes présents depuis minuit empêchaient les poids-lourds de circuler sur l'A22 en direction de la Belgique, à quelques centaines de mètres du poste frontière de Rekkem, et une file d'environ 100 véhicules à l'arrêt s'était formée sur un kilomètre. Les voitures et transports en commun pouvaient toutefois passer.

Un peu partout en France

D'autres actions ont ensuite été mises en place au Havre, à Rouen, Caen, Bordeaux, La Rochelle, Marseille, Martigues, Lyon ou encore Nantes, d'après plusieurs responsables CGT et FO interrogés par l'AFP. La mobilisation "pour le retrait des ordonnances" sur le Code du travail cible des axes de circulation et des dépôts de carburant dans toute la France.

A Caen (Calvados), une opération escargot a paralysé le périphérique, faisant monter la tension avec les forces de l'ordre.

Le gouvernement autorise la violation du droit au repos des chauffeurs routiers

Par anticipation, le gouvernement a publié samedi un arrêté autorisant les transporteurs d'hydrocarbures à déroger temporairement aux règles en matière de temps de conduite et de repos, afin de faciliter les approvisionnements en carburant.

Clairement ce gouvernement ultralibéral n'en a que faire de la santé des routiers !

S'opposer à la casse du code du travail et aux ordonnances

La réforme, validée vendredi 22 septembre par la signature de cinq ordonnances par Emmanuel Macron, est au cœur des revendications de la CGT Transports et de Force Ouvrière. Elle est accusée d’affaiblir la protection des routiers et de diminuer leurs salaires.

Plusieurs dispositions leur posent problème. Jusque-là, certains éléments de rémunération, comme les primes d’ancienneté ou le 13e mois, étaient fixés par la branche professionnelle. Ils pourront désormais être négociés dans l’entreprise. Les syndicats craignent que TPE et PME se lancent dans une course au "moins-disant social" pour remporter les appels d'offres.

Les routiers dénoncent aussi le plafonnement des indemnités prud’homales et les “licenciements économiques facilités dans les grands groupes”.

Autre point d’inquiétude, la fusion des instances représentatives du personnel. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, un conseil d’entreprise rassemblera les actuels délégués du personnel, le comité d'entreprise (CE) et le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail). Les syndicats craignent que les futurs membres de cet organe ne s'éloignent du terrain.

Pour manifester leurs inquiétudes sur leur congé de fin d'activité


Le financement de ce dispositif de retraite anticipée n'est toujours pas assuré pour 2018. En avril 2017, le gouvernement et les partenaires sociaux ont signé un accord garantissant son financement sur trois ans, mais le texte tarde à être traduit dans la loi. "Le gouvernement a été incapable de nous présenter l'amendement au projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS)" censé appliquer l'accord, déplore la CGT.

Vendredi 22 septembre, la ministre des Transports a assuré que l’accord serait bien appliqué. "Le congé de fin d'activité sera maintenu, l'Etat assurera sa part de financement", a déclaré Elisabeth Borne. Elle a précisé, dans un courrier aux syndicats, que ces engagements seraient concrétisés par un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018.

Ce dispositif, adopté en 1996 après une longue grève, permet aux conducteurs (marchandises, voyageurs, déménagements, convoyage de fonds) ayant suffisamment d’ancienneté de partir à la retraite cinq ans avant l'âge légal. Le tout en conservant 75% de son salaire brut jusqu'à la retraite.

Enfin, certains routiers ont aussi fait part de revendications salariales, notamment pour les conducteurs de matière dangereuse.


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