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LOGEMENT SOCIAL

Nicolas Maury

non aux expulsions

LOGEMENT SOCIAL
Le 15 mars est une date terrible pour des milliers de familles menacées d’expulsion locative.
Voilà un terme qu’il faudrait bannir, aussi bien du vocabulaire de la justice que de celui des bailleurs.

Les militants communistes, et ils ne sont pas les seuls, se trouvent face aux expulseurs. Ils participent et organisent des chaînes humaines, permettant des mobilisations rapides, efficaces, en urgence. Ils sont le plus souvent accompagnés d’élus qui, par leur présence, marquent le terrain et donnent une visibilité forte à leur engagement. Toutes les formes d’action peuvent être utiles dans ce domaine, qu’il s’agisse de prévention, avec un travail en direction des bailleurs sociaux et les autorités; mais, bien souvent, il faut aller plus loin et faire éclater dans le domaine public la brutalité de la procédure.

De nombreux maires communistes prennent des arrêtés anti-expulsion sur le territoire de leur ville. Même si ces arrêtés sont rejetés par les tribunaux, ils font grandir le refus, et permettent à la question des expulsions d’être portée devant la population.
Ce 15 mars, de nombreux élus ont pris de nouveaux arrêtés au niveau des territoires, mais aussi au niveau individuel, en particulier quand des enfants sont touchés. La bataille juridique n’est pas vaine, et puis la société bouge. En 2005, les conclusions du commissaire du gouvernement suite aux arrêtés reconnaissaient que les maires peuvent être compétents “ pour prévenir des atteintes à l’ordre public qui trouveraient leur origine dans la situation sociale des habitants de la commune ”.

Les communistes n’auront de cesse, comme l’ont encore proposé dernièrement les députés communistes, de réussir à bannir cette pratique inhumaine.
La loi SRU, par ailleurs, stipule la construction de 20% de logements sociaux. Mais trop de maires contournent cette règle. Il faut rendre ces 20% – voire plus – obligatoires, et déclarer l’inéligibilité des maires hors-la-loi. En effet, ceux ci, par incivisme, égoïsme, préfèrent payer les pénalités prévues. Il faut leur opposer une volonté politique forte. Mais ce n’est pas la majorité de droite qui sera en état de le faire. UMP et UDF viennent encore de limiter cette contrainte des 20% et poussent à la création de ghettos de riches enfermés sur eux mêmes. Seule la mobilisation permettra de faire bouger les lignes, aussi bien dans les villes qui refusent les 20% que dans celles qui se servent des opérations de rénovation urbaine pour expulser les pauvres de leur ville.

Les communistes, enfin, sont attentifs à l’aggravation de la précarité, qui pose en termes nouveaux la question de l’attribution des logements. De nombreux jeunes sont écartés de l’accès au logement. Mais là encore, l’action, contre le CPE notamment, pourrait changer les choses.
Notre pays souffre d’un manque criant de logements sociaux pour tous et partout. On construit peut-être plus aujourd’hui, mais pas en direction de ceux qui en ont le plus besoin. Seuls 13% des constructions sont accessibles aux demandeurs de logements. Le pouvoir privilégie le logement marchandise. Tout le système est grippé.

Un grand service public du logement et de l’habitat est nécessaire, afin que soit instaurée une égalité territoriale et humaine, afin que chacune et chacun, quelles que soient ses ressources, ait droit au logement .


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