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Les députés et sénateurs communistes voteront contre le budget 2014

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Les députés et sénateurs communistes envisagent en effet très sérieusement de voter contre le projet de loi de finances pour 2014

Le sujet a été au cœur des débats de leur première journée parlementaire, mercredi 25 septembre, à Auray (Morbihan). "Je ne vois pas comment nous pourrions avoir ne serait-ce qu’un vote d’abstention, constate André Chassaigne, président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l'Assemblée nationale. On prend dans les poches du plus grand nombre pour alimenter une minorité de privilégiés."

"Inacceptable" est le mot qui revient le plus souvent dans leur bouche pour décrire le texte. "Il omet de placer en son cœur la justice sociale, déplore Eliane Assassi, présidente du groupe Communiste, républicain et citoyen au Sénat. Pour nous, la dépense publique est utile au pays." "On assiste à l’enterrement des promesses de campagne de Hollande de s’attaquer à la finance", renchérit Nicolas Sansu, député du Cher, resté à Paris. Pour les communistes, le pêché originel vient de la signature du traité budgétaire européen en 2012. "Ce budget a été construit à l’aulne de ce que Bruxelles veut imposer à la France, juge Mme Assassi. C’est devenu un marqueur des orientations du gouvernement."

Bien sûr, ils espèrent des avancées lors de la bataille parlementaire. Mais ils savent qu’ils ne parviendront pas à faire suffisamment bouger le texte. "Sur le débat budgétaire, il y a une marge de manoeuvre infime, reconnaît Marie-George Buffet, députée de Seine-Saint-Denis. Ce n'est pas une question de posture mais en l'état il faut voter contre." En 2012, députés et sénateurs du Front de gauche s’étaient abstenus, maintenant un lien ténu avec la majorité gouvernementale. Si les communistes décidaient cette année de s'opposer au projet de loi de finances, ils se situeraient d’emblée dans l’opposition. Eux ne veulent pas le voir ainsi. "C’est le gouvernement qui franchit un pas supplémentaires avec ses politiques qui nous mènent dans le mur", renvoie Pierre Laurent, sénateur de Paris et secrétaire national du PCF.

Voilà qui ne manquera pas de rassurer Jean-Luc Mélenchon qui a appelé, mardi, les parlementaires communistes à voter contre le budget. Une consigne qui n’a pas été du goût de tous. "Il a oublié que les groupes sont autonomes des formations politiques depuis plus de vingt ans, rétorque Mme Assassi. Je n’accepte pas les décisions autoritaires de qui que ce soit." Grand absent du rendez-vous breton, le député européen a fait parvenir un courrier, mardi, à ses collègues de l'Assemblée et du Sénat où il regrette de ne pas avoir été invité à cette rencontre et y déplore un certain "ostracisme" à son encontre. "J'en déduis que je ne suis pas le bienvenu", ajoute-t-il. "Il est membre de la GUE [Gauche unitaire européenne] et a été informé comme tout le monde, répond M. Chassaigne. Nous n’envoyons pas de cartons d’invitation."


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