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Non, M.Sarkozy, vous n’avez pas été élu monarque absolu !

Nicolas Maury

Les media déclinent avec complaisance le refrain présidentiel : « j’ai été élu président par une majorité donc j’ai toute légitimité à imposer ma politique ». Etonnante conception de la démocratie !

Non, M.Sarkozy, vous n’avez pas été élu monarque absolu !
A notre connaissance, l’élection présidentielle n’a pas été un référendum sur la nouvelle contre-réforme que Sarkozy et ses « collaborateurs » Fillon et Bertrand engagent pour saboter la retraite par répartition en commençant par les régimes dits « spéciaux ».

Un référendum, il y en a bien eu un. En 2005, le peuple a massivement rejeté un texte précis : le projet de « constitution européenne ». Mais ce vote souverain du peuple, le président-monarque le méprise et le bafoue en tentant de faire passer par la bande pratiquement le même texte rebaptisé « nouveau traité de l’UE ». Dans le même souci « démocratique », il tente de museler les salariés avec le soi-disant « service minimum » contre le droit de grève.

Non, M. Sarkozy, le peuple, les travailleurs n’ont pas l’intention de vous obéir comme à un roi de droit divin. Vous attaquez la démocratie. Les salariés la font vivre par la lutte, par la grève, par la manifestation.

L’ensemble de la population, les salariés du privé comme du public doivent pouvoir savoir que la remise en cause des régimes « spéciaux » de retraite prépare la nouvelle étape de la casse de toute la retraite solidaire, qu’elle prépare la privatisation aux dépens de l’immense majorité d’entre eux. Le peuple doit se réapproprier les éléments du débat. Quand les profits du CAC 40 explosent, de quoi est malade la Sécurité sociale sinon de la politique d’exonérations de cotisations sociales patronales, 30 milliards d’euros en 2008 ?

Les communistes tiennent toute leur place dans ce débat et dans cette lutte. Nous le faisons en tant qu’organisation politique, implantée dans les dépôts parmi les agents. Nous le faisons d’autant plus que nous sommes conscients que les prétentions de Sarkozy correspondent à une « crise de la politique » : celle qui a amené au second tour des présidentielles deux candidats, deux partis politiques qui se retrouvent pour attaquer les régimes « spéciaux », le financement solidaire de la Sécurité sociale, pour faire passer le traité de l’UE du capital contre la majorité du peuple.

Retrait du plan Bertrand-Fillon ! Oui, les luttes peuvent faire reculer le gouvernement ! Comme en 1995 ! Plus que jamais, le mouvement social est aussi au centre de l’alternative politique.


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