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PCF is not back !

Perspective communiste

Ce 40ᵉ congrès aurait dû être le congrès du sursaut. Il n'en sera rien, ce sera un congrès aussi inutile que le précédent.

Alors que le secrétaire national du PCF est à la dérive et que le PCF voit ses effectifs fondre plus vite que les glaciers, la base a choisi de renouveler sa confiance au schéma en cours depuis 1994.

Le 40ᵉ congrès sera une nouvelle désillusion.

Que retenir du scrutin interne pour le choix de la base commune de discussion pour le 40ᵉ congrès du PCF ?

1- Une hémorragie sans précédent

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le Parti communiste français continue de perdre massivement des adhérents. Pire, la campagne de renforcement (10 000 adhésions lancées depuis le 39ᵉ congrès) n'a pas atteint ses objectifs. Il y a eu entre 2023 et 2026 seulement 7800 nouvelles adhésions et 1445 décès de camarades.

On constate donc qu'entre le 39ᵉ congrès et le 40ᵉ congrès, une perte nette de 4999 membres du PCF. Si l'on remonte au 38ᵉ congrès, qui se voulait une rupture contre l'effacement du PCF suite au désastre de la campagne de 2017, on arrive à une perte de 25 % des effectifs.

• 2018 : 49 231 membres du PCF
• 2023 : 42 237 membres du PCF
• 2026 : 37 286 membres du PCF

11 945 adhérents, soit 25 % des effectifs du PCF ont disparu en 8 ans.

Quant à la participation, reflet du militantisme plus ou moins actif, on constate qu'elle recule.

• 2018 : 30 841 votants
• 2023 : 29 212 votants
• 2026 : 24 608 votants

Le décrochage de la base militante se renforce.

2- Une direction incapable et un secrétaire national à la dérive

Pour certains, souvent aveuglés par le spectre Mélenchon, diront que c'est facile de tout mettre sur le dos des directions et qu'elles sont le reflet de la base. Oui, c'est vrai et en même temps, quand la direction nationale, avec son mandat politique, ne réalise pas les tâches pour lesquelles elle est élue, il y a un problème.

Le 38ᵉ congrès avait fondé sa légitimité sur le besoin de faire un bilan suite à la catastrophe de 2017. Il y a aujourd'hui besoin de faire un bilan des directions et du secrétaire national. Le bilan est simple :

Le Conseil national ne travaille pas.
Le Conseil national n'est pas en capacité d'être autre chose qu'une chambre d'enregistrement.
Le CEN est parasité par le factionnalisme.

Fabien Roussel a pris des positions droitières, opportunistes, libérées des positions du PCF, il n'est plus légitime à diriger le PCF tant il fait du mal au communisme et au PCF.

Son soutien interne a commencé à dévisser. Sa direction s'est scindée avec la commission économique qui a produit un texte alternatif (très faible idéologiquement, on ne va pas le cacher) et avec des jeunes cadres (souvent les derniers survivants du Front de gauche) qui ont relevé le drapeau rouge pour tenter d'en finir avec la dérive droitère et suicidaire du PCF.

On constate que les soutiens à Roussel et son texte perdent 9 120 voix.

• 2023 : 23 930
• 2026 : 14 810

Ce qui est le plus inquiétant, c'est le faible soutien au texte. Stratégie communiste. Le texte ne rassemble que 1 833 voix (7,60 %). À contrario, les liquidateurs, avec le texte, pour battre l’extrême droite et ouvrir l’espoir. « Communistes à l’offensive » réalise un score en nette progression.

Maintenant, on pourra constater que les rapports de force internes vont tourner autour de Fabien Roussel et des liquidateurs. Ainsi la future base commune sera clairement dépouillée du peu d'avancée qu'il y a dedans. C'est la loi naturelle du rapport de force.

3- Une base commune sans volonté réelle de sauver le PCF

La base commune de discussion adoptée par les communistes, un communisme de conquêtes, est désormais ouverte aux amendements.

Vu les délais pour tenir ce débat sur les amendements (1 semaine, voire quelques jours pour permettre aux commissions de travailler proprement) et vu la médiocrité du texte, il est clairement impossible d'avoir un texte enrichi qui permette de définir une feuille de route qui inverse la vapeur.

La base commune présente des avancées idéologiques et ouvre des pistes, mais elle se refuse en réalité à se doter des moyens d'agir concrètement pour faire du Parti communiste français l'outil au service des travailleurs et de la révolution.

Le pire, avec plus de 25 % des voix et probablement d'importantes délégations dans les congrès départementaux et pour le congrès national, il y aura certainement une purge massive des quelques avancées idéologiques présentes dans le texte. Et on risque de revivre les mêmes atrocités que lors du 39ᵉ congrès.

Si on doit résumer, il y a deux grands thèmes : L'idéologie, la structure politique.

I- le socialisme aux couleurs de la France

C'est un concept creux qui enferme le socialisme au seul domaine de l'économie, pire à la simple nationalisation. Même le très faible texte de la commission économique définissait une vision plus importante (autogestion).

Le socialisme étant dénaturé en un simple capitalisme monopoliste d'État. La base commune ne fixe que des nationalisations et le développement des services publics. Il se refuse à envisager la socialisation des moyens de production et d'échange comme alternative à l'organisation capitaliste du travail. Il n'attaque pas les capitalistes dans le cœur : Impose les grandes fortunes, mais ne réduit pas à néant ce système parasitaire et, pire, il n'envisage pas de prendre en main, y compris de manière autoritaire, la gestion des entreprises et la remise du pouvoir économique aux travailleurs.

La base commune cible un point important : comment reconstruire la conscience de classe en France au vu de la désindustrialisation et des poussées populistes ?

Il n'y a aucune piste sérieuse mise en avant. Pire, pour recréer le lien syndicat/parti, ou réaffirmer l'antagonisme prolétariat/bourgeoisie, cela passe par le même scénario qui a conduit à la quasi-disparition du PCF : l'unité de la gauche.

La base commune présente une vision idéalisée de la République comme socle commun de construction d'une société.

C'est un piètre revival idéalisé de la IIIᵉ République, plus proche des Républicains-radicaux-socialistes que de l'idée d'une république populaire et socialiste. C'est beau, c'est gentil, mais c'est pas révolutionnaire. Séparer la sphère économique (base ou infrastructure) de la sphère politique, idéologique, organisationnelle (superstructure) est une aberration.

II - Sur le Parti communiste

Sur ce point-là, on aurait pu/dû attendre un point bilan depuis le 38/39ᵉ congrès. Mais il n'en est rien. Comme d'habitude, rien ne transpire de l'état réel du PCF. Pas de chiffre sur les structures organisationnelles, pas de chiffre sur le nombre réel d'élus, pas de chiffre sur l'état du Parti communiste, ses forces et ses faiblesses. À se demander s'il y a encore un responsable à l'organisation (vie du parti).

On renvoie encore le devenir du PCF à la question des élections. Il est proposé que le PCF présente une candidature communiste pour l'élection présidentielle de 2027 et pour les élections législatives des candidatures communes à gauche.

Aucun bilan sur les différentes élections, aucun bilan sur le nombre réel d'élus, aucun bilan sur le rôle concret des élus communistes et leur influence réelle dans les institutions… Si le responsable des élections collait moins au cul de la soc-lib Carole Delga, on aurait peut-être ces données. On aurait pu s'attendre à avoir un point politique, ou une proposition politique qui place l'importance de l'élu communiste dans la lutte des classes. Non.

Il aurait fallu avoir un bilan des actions du PCF, un bilan de ses structures, bref, un travail de secrétariat à l'organisation. Combien de sections ? Combien de cellules dans les entreprises ?

Au-delà de ces manques, il y a des points positifs et des pistes intéressantes :

1- Le projet pose un cadre d'action : identifier des lieux d'action, de militantisme et organiser une activité militante et politique.

2- Le projet pose des moyens : Organiser deux campagnes ciblées. D'un côté, une dédiée aux questions de l'emploi (campagne pour une nouvelle industrialisation et de nouveaux services publics) et de l'autre, une dédiée aux questions internationales (campagne pour la paix et l'autodétermination des peuples).

3- Le projet pose des objectifs :

- Concentrer les forces dans des lieux importants.
- Construire une présence quotidienne et durable.
- Créer un maillage territorial pour engager le travail de massification du PCF.
- Déployer un ensemble de gestes militants.
- Gagner la bataille idéologique contre les populismes.

Mais je le redis, vu l'état réel du PCF, il faut revoir en profondeur le fonctionnement. Il faut un nouveau maillage territorial pour répondre à l'objectif de révolution.

La base commune pose de manière centrale la question de l'organisation du travail militant. Cellules, sections, fédérations et CN doivent améliorer ce travail.

Il serait aussi intéressant de faire le bilan de la période et surtout de la méthode "Roussel". Rien ne va avec Fabien Roussel et il ne doit plus incarner le PCF.

D'autres points sont à l'ordre du jour : le rôle des élus (rien de nouveau, il est toujours au-dessus de la base), le rôle du MJCF/UEC, le rôle de la communication, de la presse (petit moment de chauvinisme provençal : La Marseillaise est placée à côté de L'Humanité) pour approfondir l'analyse marxiste, nourrir les débats stratégiques et renforcer l'unité d'action des communistes.

4- Sur la question de la commission internationale :

Les pressions de la base contre le secteur international du PCF et/ou les égarements de certains dirigeants sur la Palestine portent fruits. Même s'il reste d'importants blocages volontaires des dirigeants de cette commission. C'est hallucinant de devoir galérer à faire soutenir la flottille pour Gaza.

Il est hallucinant de voir que les congrès du parti de la gauche européenne sont traités en off et que l'on propulse dans ses directions des gens incapables ou qui ne connaissent rien aux problèmes de la classe ouvrière.

En conclusion :

Inutile de continuer à perdre du temps avec le PCF. Il n'y a plus rien à sauver.
Je reste un communiste attaché au PCF.
Je reste un électeur du PCF (et que du PCF).
Et le jour où il faudra relancer le PCF, je serai là.

En attendant, bon courage à ceux qui mèneront la lutte en interne. Après plus de 21 ans de combat, d'humiliation, je suis fatigué, je passe la main.


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