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Revenus des retraités : rien ne va plus et pourtant l’argent existe !

Nicolas Maury

Dénonçant « l’injustice faite aux retraités », cinq unions confédé­rales de retraités (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) appellent à une « journée nationale d’actions »

Revenus des retraités : rien ne va plus et pourtant l’argent existe !
Le pouvoir d’achat des retraites est en effet de plus en plus dans le rouge. Ainsi, alors que le taux de pauvreté chez les plus de 65 ans était de 14 % en 2004, il est désormais de 16 %.

Les causes de ce décrochage sont connues. Depuis 1993, les pensions ne sont plus indexées sur les salaires. Ensuite, deux nouveaux impôts (la CSG, créée en 1990, puis la CRDS, créée en 1996) pèsent sur les pensions de nombreux retraités. Enfin, depuis les « réformes » de 1993, puis de 2003, les règles de liquidation des retraites ont été durcies. En outre, la récente hausse des prix touche fortement le budget des retraités.

Premiers touchés évidemment : les pensionnés modestes, 17% des retraités de droit direct (hors réversion) percevant moins de 600 € par mois et plus de 600 000 percevant tout ou partie du mi­nimum vieillesse. En particulier, les femmes continuent à percevoir des retraites inférieures de 38 % à cel­les des hommes.

Il y a quelques jours, le premier ministre François Fillon, a proposé pour 2008 une augmentation de 5% du minimum vieillesse, l’ASPA, l’allocation de solidarité versée aux personnes de plus de 65 ans les plus défavorisées.

Le gouvernement propose ainsi de maintenir le minimum vieillesse sous le seuil de pauvreté européen jusqu’en 2012. De qui se moque la droite ? Les retraités apprécieront. Le seuil européen de pauvreté est fixé à 817 euros. Pour sortir les retraités pauvres de leur misère actuelle, il faut donc une augmentation de 30% immédiatement. Cette mesure de solidarité élémentaire coûte trois milliards d’euros. La seule question qui vaille est donc celle du financement.

Le PCF propose un prélèvement sur les revenus financiers des entreprises et des banques de cotisations au même taux que celles prélevées sur les salaires. Elles sont jusqu’ici exempltées de toute contribution au financement de la protection sociale, y compris les retraites.

Au moment où les banques jouent à coup de milliards sur les places boursières, et qu’on parle beaucoup de « caisse noire » du MEDEF, il est urgent de rappeler que ces masses colossales d’argent pourraient sortir les retraités de la misère.


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