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Sarkozy : les religions avec moi

Nicolas Maury (sources 'communistes')

Tout au long de l’histoire, les églises se sont retrouvées du côté de l’ordre établi, avec les maîtres contre les esclaves, les seigneurs contre les serfs, les possédants contre les révolutionnaires

La remise en cause de mai 68 par N. Sarkozy ne vient pas par hasard. Elle s’inscrit dans une démarche beaucoup plus vaste exprimée dans le journal de Dassault, marchand d’armes bien connu, « Le Figaro ». Il écrit : « N. Sarkozy doit s’attaquer non seulement à la réforme de l’Etat mais à la refonte complète du modèle social français. Tout témoigne de l’obsolescence du prétendu modèle social issu du Conseil National de la Résistance ».

Autrement dit, cette recomposition globale de la société est inséparable d’une campagne idéologique pour la faire accepter.

Pour Sarkozy, les religions sont là pour remplir ce rôle. Ses déplacements et discours à Rome, à Riad (Arabie Saoudite), la réception des chefs religieux à l’occasion du nouvel an, sa déclaration devant l’UMP le 30 janvier sur les racines chrétiennes de l’Europe ne sont pas le fruit du hasard mais bien de la volonté de faire des églises les garants de l’ordre social capitaliste.

Sarkozy en Arabie Saoudite a conclu son discours par cette profession de foi : « Le temps n’est pas pour les religions à se combattre entre elles, mais à combattre contre le recul des valeurs morales et spirituelles, contre le matérialisme ».

Le dogme religieux, utilisé comme rempart de l’ordre établi. Les religions s’accrochent à un certain nombre de dogmes (points fondamentaux de doctrine en religion) comme : les hommes et les rapports sociaux entre eux sont l’œuvre de Dieu, s’y opposer est aller contre cette volonté divine !

Les religions ne sont plus en mesure de contraindre Galilée (1) à adjurer ses convictions de scientifique, de brûler Servet (2) mais elles mènent dans tous les domaines des combats, parfois violents, pour imposer à la société ou à la science des conceptions dépassées. C’est le cas des positions des églises concernant la place et au rôle des femmes dans la société, à la vie privée des individus, la liberté sexuelle. C’est même la remise en cause des théories de Darwin sur l’évolution des espèces par les créationnistes chrétiens aux USA ou les islamistes en Turquie.
Le dogme religieux utilisé aussi dans les relations sociales

Fille de pasteur, la chancelière allemande A. Merkel a parfaitement résumé cela : « tous les hommes sont l’œuvre de dieu, mais dieu ne les a pas mis tous à la même place » a-t-elle déclaré. La messe est dite. Les capitalistes, les exploités sont le résultat de la volonté divine, combattre le capitalisme, c’est aller contre cette volonté. Aux salariés d’accepter le sort qui est le leur.

Tout au long de l’histoire, les églises se sont retrouvées du côté de l’ordre établi, avec les maîtres contre les esclaves, les seigneurs contre les serfs, les possédants contre les révolutionnaires. Au 19ème siècle le pape Pie IX devant la montée des idées du socialisme en Europe, décrète que celui-ci est pervers et contraire à la volonté divine. L’église catholique a apporté son soutien à Mussolini et Franco, elle a été bienveillante vis-à-vis du nazisme considéré comme le fer de lance dans le combat contre l’URSS.

Religions et capitalisme font bon ménage. B. Kouchner peut menacer l’Iran de sanctions, voire de guerre, cela n’empêche pas les capitalistes de toutes origines de se précipiter pour y exploiter la main d’œuvre à bon marché dans ce pays régi par les religieux mais grâce à dieu, dépourvu de syndicat. Il serait possible de multiplier les exemples de cette cohabitation sans risque, ni pour les uns ni pour les autres.

Les propos et la volonté politique de N. Sarkozy ne doivent pas être pris à la légère. Ils dépassent de loin la question de la laïcité, issue de la loi de 1905 et qui doit être préservée.

Il s’agit bien d’instrumentaliser les religions au service du capital, de remise en cause de tous les acquis sociaux et politiques arrachés par la lutte depuis des décennies, de lui permettre une exploitation sans limite du peuple. La formule de Marx : «la religion est l’opium du peuple» (3) reste parfaitement d’actualité.

(1) Galilée, 1564-1642, scientifique italien, reprend et développe les théories de Copernic sur la réalité qui est, que la terre est ronde et qu’elle tourne autour du soleil. Menacé du bûcher par l’inquisition, il revient contraint et forcé sur cette vérité.

(2) Michel Servet, 1511-1553, médecin et philosophe ose mettre en cause la Trinité et la divinité de Jésus. Réfugié à Genève, il y est brûlé sur l’ordre du protestant Calvin.

(3) Nous vous recommandons la lecture de : l’origine de la famille, de la religion et de l’Etat, par F. Engels.


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