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Ukraine/Présidentielle : Un oligarque s’éteint, un autre s'éveille

Perspective communiste

Cette élection était une mascarade dès le début, EuroMaïdan une autre mascarade, au final un oligarque a été chassé, et un oligarque a été "élu" lors d'une farce, ou une tragédie, démocratique - article et traduction Nico Maury



Le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko (proche de l'ancien président Ioutchenko), soutenu par le parti UDAR de Vitali Klitschko, a été élu, dès le premier tour, avec 54,45% des voix. Il devancerait largement Ioulia Timochenko, harpie hystérique issue des révolutions oranges et ex-Première ministre qui obtient 12,88% des voix.

La carrière de Petro Porochenko se caractérise par un mélange de médias, d'affaires et de politique. De ce fait, il se classe sans hésitation dans la catégorie des oligarques. Sa fortune a été estimée à près d'un milliard de dollars. Le nouveau président dirige un grand groupe industriel, Roshen, véritable fierté nationale, auxquels s'ajoutent des entreprises automobiles (voitures, bus, tracteurs).



L'échec politique de EuroMaïdan

La victoire spectaculaire de Petro Porochenko traduit la faiblesse politique des putschistes de EuroMaïdan. A commencer par le gouvernement provisoire composé de partis qui se retrouvent désavoués dans cette élection. Seul UDAR parvient a sortir du lot, Vitali Klitschko a incarné l'aile modérée, ouverte au dialogue avec l'est du pays et non violente de EuroMaïdan, et Petro Porochenko a su s'appuyer sur ce parti pour gagner.

Le parti "Patrie" de Ioulia Timochenko subit une défaite sans précédent, il n'est pas capable d'assumer ses positions ni de renouveler son image. Timochenko et Olexandre Tourtchinov se retrouvent balayés notamment dans leurs bastions de l'ouest. Les nationalistes et néonazis, Dmitro Iaroch (Pravyi Sektor) et Oleh Tiakhnibok (Svoboda) sont écrasés politiquement. Avec 1% et 1,4% des voix, ils subissent de plein fouet la présence de Oleh Liachko, le leader du Parti radical (nationaliste), qui recueille 8,38% des voix.

Ainsi on constate que l'ouest de l'Ukraine sanctionne les leaders de EuroMaïdan, ils rejettent les nationalistes et les enragés à la tête du gouvernement pour se replier vers un oligarque "pro-UE".

L'Ouest se mobilise fortement et le Sud-est s'abstient

Se sont les régions de l'ouest qui sont allées voter, les plus fort taux de participation se trouvent dans ce que l'on nomme "la Galicie", ces bastions nationalistes. Ainsi dans la région de Ternopil 77,34% des électeurs sont allés voter, 70,76% dans la région de Ivano-Frankivsk, 77,34% dans la région de Lviv, 68,53% dans la région de Khmelnitski, 72,93% dans la région de Tchernivtsi, 72,18% dans la région de Rivne, 69,60% dans la région de Vinnitsa.

A Kiev, épicentre du putsch de EuroMaïdan, et malgré l'élection municipale qui se déroulait en même temps, la participation n'est que de 29,59%. Les électeurs ont refusé d'aller voter. Toutes les régions situées au centre de l'Ukraine ont des taux d'abstention extrêmement faibles, sauf pour la région de Tchernigovsk où la participation est de 64,02%.

Le Sud-Est n'a pas participé à ces élections, en dehors de la région d'odessa (ou se déroulait une série d'élections locales), ces régions victimes de la persécution des putschistes de EuroMaïdan, affichent des taux de participation très faible, 17,07% dans les zones occupées (par la garde nationale) de la région de Lugansk, 9,11% dans les zones occupée de la région de Donestk, 14% dans les régions de Kharkov et Dnipropetrovsk.



Guerre civile dans le Donbass

La violence a explosé dans ces régions qui ont proclamé leur indépendance vis à vis de Kiev. Les assauts font de nombreux morts dans la population civile mais aussi dans les unités militaires des deux camps. Les deux entités l'Ukraine et les "séparatistes") sont irréconciliables, d'un côté Lugansk et Donetsk forment une l'Union des républiques populaires baptisée Novorossia et de l'autre côté Porochenko appelle a continuer les actions militaires.

Tous les jours arrivent des nouvelles alarmantes de l'est, un journaliste italien et son interprète tués à Slaviansk, 30 militaires ukrainiens fusillés par la garde nationale pour avoir refusé de combattre, tir de mortier lourd près de la ville de Slaviansk, combats à l'aéroport de Donetsk entre forces loyalistes et du Donbass, utilisation des mercenaires étrangers, notamment étasuniens, lors des combats contre les milices populaires ...

Il n'y a pas d'autre solution pour arrêter le massacre que de suspendre les opérations "antiterroristes" et de reconnaître de facto la sécession des régions de Lugansk et Donetsk, sans cela les opérations militaires font causer de très lourdes pertes humaines dans une région qui ne reconnaît plus, de fait, l'autorité de Kiev.



1,53% pour Petro Simonenko, un candidat communiste persécuté qui c'est retiré des présidentielles

En marge de la présidentielle, de nombreux candidats ont été agressés. Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement putschiste à Kiev, le Parti communiste d'ukraine (KPU) a dû faire face à de nombreuses attaques. Le siège à Kiev a été pillé et brûlé. Les députés sont victimes d’intimidations et de violences lors des sessions parlementaires.

"Nous ne soutiendrons aucun des candidats car nous n'avons pas le choix en Ukraine. Tout ce qui se passe actuellement est une farce et nous ne reconnaîtrons ni les résultats de cette élection, ni la personne qui sera élue" déclare Petro Simonenko, en ajoutant que l'élection ne peut se tenir alors qu'une opération militaire se déroule contre les paisibles citoyens dans l'est de l'Ukraine.

Les communistes, et d’autres forces politiques, syndicales et associatives en Ukraine s’interrogent sur le bon fonctionnement de l’élection et sur sa légalité. Le pouvoir a même ouvertement réclamé l’interdiction du KPU. "Par contre, la présence de candidats membres de parti fasciste et de formation néonazie ne choque personne ", constate Vladimir Bidiovka, député communiste.

Malgré cela, de manière spontanée, Petro Simonenko a reçu 261.226 votes, sans campagne militante. Ces résultats ne représentent, bien entendu, pas la poids réel du KPU dans la pays, mais ils indiquent quelles régions votent pour les communistes : Le Sud-Est de l’Ukraine ! Ces régions qui n'ont pas participé aux élections présidentielles.

Ainsi ces résultats montrent que le KPU fait ses meilleurs scores à Lugansk (5,43%), Donetsk (4,36%), Zaporijia (4,05%), Odessa (3,88%), Nikolaev (3,64%), Dnipropetrovsk (3,31%), Kharkov (2,31%). Dans le reste du pays les scores vont de 0,17% à 1,53%.


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