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Resto du Coeur

Nicolas Maury

Les Restos du Coeur lancent leur 22e campagne, la pauvreté continue a exister en France.

Resto du Coeur
22 ans après l'appel de Coluche en faveur d'une "grande cantine gratuite", les Restos du Coeur, qui ont lancé lundi leur campagne 2006-2007, ont ajouté à l'aide alimentaire d'autres urgences, comme l'accompagnement scolaire et le logement.

Avec 75 millions de repas distribués l'an dernier dans ses 1.900 centres, les Restos du Coeur, qui restent ouverts toute l'année, ne se contentent plus d'apporter une aide alimentaire, sans cesse grandissante (+6% en 2005-2006).

Un quart de la population est pauvre !

La pauvreté aurait reculé entre 1996 et 2004 selon une étude sur « les revenus et le patrimoine des ménages » publiée par l’INSEE. A y regarder de plus près, il n’y a pas de quoi sauter au plafond. D’abord parce que la définition de la pauvreté par l’INSEE est restrictive, ensuite parce que le recul constaté est de faible ampleur, surtout ces dernières années.

Pour définir la pauvreté l’INSEE prend en compte la totalité des revenus du ménage, après paiement des impôts. En 2004, le niveau de vie moyen des Français est de 1503 euros par mois mais le niveau « médian » est de 1314 euro : cela signifie que la moitié de la population se situe en dessous de cette somme.

Le seuil de pauvreté retenu par l’INSEE est fixé à 60% de cette médiane, soit 788 euros par personne par mois. En 2004, 11,7% de la population, soit 6,9 millions de personnes sont pauvres. Le « rattrapage des plus bas niveaux de vie semble s’interrompre en fin de période. En 2003 et 2004, le seuil et le taux de pauvreté stagnent ».

Nouveauté intéressante, l’INSEE a mis au point une autre notion de pauvreté, basée sur les difficultés matérielles rencontrées par la population. Plus proche de la réalité, cette analyse consiste à « repérer un certain nombre de privations d’éléments d’un bien être standard » ou « de difficultés de la vie quitidienne ».
Il s’agit par exemple de situations où les ressources ne couvrent pas les dépenses du ménage ( d’où des découverts bancaires, l’absence d’épargne), de retards de paiements de factures diverses, de restrictions de consommation ou d’absence d’éléments de confort comme l’eau chaude, la salle de bain, le chauffage. L’INSEE étiquette alors comme « pauvres de condition de vie » les personnes cumulant 8 des 18 critères retenus. Ces personnes représentent 14,3% de la population.

C'est une honte pour un pays riche qu'il y ait plus d'un quart de sa population pauvre! Ceci est la preuve de l'échec du libéralisme économique.


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