Perspective Com
Croissance-Emploi

Nicolas Maury

rétablir la vérité face aux mensonges de l'UMP

Par la magie d’un chiffre de l’INSEE, tout irait subitement pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Croissance-Emploi
Parce que le PIB a progressé de 1,2 % environ au deuxième trimestre, la preuve serait faite et de façon définitive que la politique suivie mènerait le pays sur les traces durables d’une croissance perdue, l’économie au mieux de sa forme, le chômage de masse sur la voie de la résorption et le pouvoir d’achat au zénith.

La seule ombre au tableau, selon le pouvoir, son porte-parole vient de le redire, serait que “ la gauche gagne ” en 2007. C’est ce qui s’appelle vendre la mèche sur les vraies raisons de cet assaut de démagogie. Moins d’un an avant les élections présidentielle et législatives, il s’agit de se mettre en ordre de bataille. La seule certitude qui puisse naître de ces satisfecit est que la campagne électorale est d’ores et déjà lancée à droite. Il ne s’agit pas seulement de tout faire pour rendre le bilan gouvernemental présentable. Il faut marteler l’idée que, hors le libéralisme sauvage, il n’est pas de politique économique et sociale nationale viable. Et cacher la vérité sur les nouveaux projets en cours et leurs conséquences.

Croissance, emploi, consommation: voilà trois chantiers qui méritent un vrai débat parce qu’ils posent la question de véritables choix de société sur lesquels les Français attendent de vraies réponses, parce qu’elles conditionnent leur sort. Le rebond de la croissance enregistré au deuxième trimestre repose essentiellement sur une conjoncture européenne pour le moins fragile. La France ne connaît pas plus d’embellie de l’emploi, chacun sachant à quoi s’en tenir sur les statistiques du chômage d’une part, la précarité nourrissant l’essentiel des postes créés d’autre part.

Quant au pouvoir d’achat, effet “ coupe du monde ” mis à part, puisque éphémère par définition, chacune et chacun peut en mesurer la portée réelle. La France reste un pays de pression sur les salaires et de pauvreté de masse. Les hausses du SMIC tireraient la croissance, ose le porte-parole du pouvoir.
Alors, pourquoi ne pas le porter immédiatement à 1500 euros? Pis, la prétendue “ relance ” s’appuie sur une tendance inquiétante à l’endettement des ménages français ; ce dernier atteint 66% de leurs revenus disponibles. Des millions de nos concitoyens ne peuvent plus, dans un pays développé comme le nôtre, gagner leur vie, répondre à leurs besoins et épargner pour des projets à long terme ou pour faire face aux aléas de la vie. Le bas de laine devient l’autre levier fragile dans lequel puiser pour “ consommer ”. La rentrée, avec ses hausses de tarifs en chaîne, en apportera une preuve supplémentaire, s’il fallait.

Rétablir la vérité sur le bilan réel de ce gouvernement et lui opposer de vraies alternatives est le défi à relever par la gauche dans les mois qui viennent. Des suppressions d’emplois annoncées encore récemment chez SEB à la volonté de passer une nouvelle fois en force pour livrer GDF aux appétits privés, la question d’une politique industrielle audacieuse est posée. Cela suppose de rompre radicalement avec la dilapidation des richesses créées dans ce pays au bénéfice exclusif des appétits financiers.

À un gouvernement qui se propose d’étrangler les finances publiques comme jamais, en réduisant en valeur réelle le budget de l’État et en prévoyant près de 6 milliards de cadeaux fiscaux à la frange la plus privilégiée de son électorat, il s’agit d’opposer un autre usage de l’argent et des finances publiques.

Croissance, emploi, pouvoir d’achat méritent un vrai débat


Commentaires (0)
Nouveau commentaire :