Ayrotsh M: pour comprendre et maîtriser votre vie
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’arcane sans nom XIII n’est pas une mauvaise carte.
Voici le genre de conseil que je pourrais vous donner.
Source : Claude Darche « Le Tarot voie de l’amour, s’accepter, se comprendre et s’aimer »
La mort est l'ultime transformation, rupture, étape que nous aurons à vivre.
Chacun, dans son existence, a de nombreux passages à vivre et à assumer : quitter ses parents pour la première fois, l'école, le lycée, la fac, le premier amour, le chômage, la perte d'un être aimé, le divorce, la naissance de nos enfants, la retraite, la maladie, la souffrance, etc. Autant de portes que nous aurons à franchir. Alors, comment faut-il les vivre ? Il faut d'abord les « digérer », les accepter, puis franchir la porte qui ouvre inéluctablement - et c'est tant mieux - sur quelque chose d'autre, sur des perspectives nouvelles.
« Tout cela, c'est bien joli, me direz-vous, mais vous en parlez à votre aise, je n'ai pas envie de changer, je suis bien ici, et le mieux c'est que tout continue comme par le passé. » Stop ! Revenons à la réalité : nous l'avons dit maintes et maintes fois : le monde change, les gens changent, notre environnement change ! C'est un mouvement infini et perpétuel !Nous souffrons de ces changements, nous souffrons des incertitudes de la vie, mais c'est la vie qui est ainsi, elle roule comme un caillou et n'a de cesse de s'arrêter que pour repartir de plus belle.
Faire le deuil, accepter l'inacceptable, est-ce possible ? Oui, c'est possible ! La vie est bien faite et, peu à peu, avec le temps, nous acceptons que l'autre nous ait quitté, que nos parents soient morts, que notre métier se transforme ! Il s'agit de faire le deuil d'une situation, d'un être, d'un animal, de tout ce que à quoi nous tenions puis de repartir vers un ailleurs, vers ce que la vie a à nous offrir, et croyez-moi, ces ressources sont inépuisables, pour peu qu'on veuille les voir et y croire. Bien sûr, vient un jour où l'on n'y croit plus, où l'on dit : « Justement, j'en ai trop, j'ai eu trop mal, et je voudrais bien que ça s'arrête. » Alors, la mort vient presque comme un soulagement, une consolation, une autre étape.
DESCRIPTION DE LA LAME
Après le Pendu tout entier offert et abandonné à la force d'amour, l'Arcane sans nom nous invite à aller encore plus loin. Une autre transformation arrive, nous la pensons inéductable, mais l'est-elle vraiment ?
Notons de suite que cet arcane est appelé « sans nom » et porte le nombre 13 qui, depuis le Moyen Âge chrétien, est considéré comme maléfique. Que cet arcane ne s'appelle pas « la Mort » nous interpelle : qu'est-ce que la mort ? Est-ce vraiment la disparition totale, l'anéantissement ? Cet arcane est sans nom justement pour nous faire réfléchir, pour nous forcer à nous interroger sur notre sentiment vis-à-vis de la mort.
Qu'est-ce que la mort ? En avons-nous peur, pour nous ou pour les autres ? Est-ce un phénomène normal ou une absurdité totale comme l'ont pensé les existentialistes ? Est-ce le moyen de reconnaître la supériorité de l'âme immortelle face au corps périssable, comme le remarque Platon ?
Dans L'Homme devant la mort, Philippe Ariès propose de réfléchir sur le concept de mort inversée, qui correspondrait à un type absolument nouveau de mourir : ce serait l'exclusion de la mort, par quoi il faut entendre la disparition du caractère social et public qui marquait antérieurement « le rapport permanent entre la mort et la société » :
« Rien n'avertit plus dans la ville que quelque chose s'est passé : l'ancien corbillard noir et argent est devenu une banale limousine grise, insoupçonnable dans le flot de la circulation. La société ne fait plus de pause : la disparition d'un individu n'affecte plus sa continuité. Tout se passe dans la ville comme si personne ne mourait plus '. » (1. Philippe Ariès, L'Homme devant la mort, Hachette, 1977)
Désormais, la mort est réputée sale, inconvenante, et son indécence frappe jusqu'au deuil lui-même, dont la discrétion confine à une disparition pure et simple ; l'hôpital, dans le même temps, est l'enclos où se dissimule cette horreur nauséabonde, cachée parce que laide et sale. Renversement de l'image de la belle mort qui, jusqu'alors était publique et héroïque, telle celle d'Achille dans l’Iliade et qui, aujourd'hui, désigne le mourir le plus silencieux, le plus discret et le plus mensonger. Le mieux est de s'éteindre la nuit dans son sommeil, sans le montrer et sans se voir mourir, sans déranger personne. La mort est refusée, refoulée.
Mais revenons à la description du personnage : c'est un squelette couleur chair, il a le pied enfoncé dans la terre et tient dans sa main gauche une faux à manche jaune, lame rouge et poignée blanche. Le sol est noir, des plantes bleues et jaunes y poussent; sous le pied du squelette, une tête de femme, à côté de la pointe de la lame, une tête d'homme couronné ; trois mains, un pied, deux os sont disséminés ça et là.
Le Tarot en ne nommant par cet arcane ou plutôt en le déclarant «sans nom», comme il déclarera le Mat sans nombre, et en refusant de l'appeler la mort, lui ôte son caractère fatidique et l'ouvre à un autre champ d'exploration. La mort est un passage, elle n'est pas une fin en soi, elle ouvre l'accès au règne de l'esprit, à la vie consciente et véritable.
Mors janua vitae : la mort porte la vie.
Au sens ésotérique et spirituel, la mort symbolise le changement intérieur profond que subit l'homme par l'effet de l'initiation :
« Le profane doit mourir pour renaître à la vie supérieure que confère l’initiation. S’il ne meurt pas à son état d’imperfection, il s’interdit tout progré initiatique. » (1. Oswald Wirth, Le Tarot des imagiers du Moyen Âge, Laffont/ Tchou, 1975, p. 112.)
J'ajouterai : il s'interdit tout progrès spirituel, toute chance d'élargir sa vie, d'en faire un espace de liberté et de vérité, d'en faire un lieu et un espace de croissance.
Pour Spinoza, la sagesse de l'homme libre est une méditation non de la mort, mais de la vie. C'est par la perspective de la mort que la vie devient précieuse et qu'il est désormais utile d'employer son temps à faire, à agir, à réaliser, à jouir du présent et non pas à pleurer sur un hypothétique avenir plus ou moins noir, de préférence.Espérer, ce n 'est pas attendre, c 'est agir.
Bichat a relativisé le concept de mort, le faisant déchoir de cet absolu où il apparaissait comme un événement insécable, décisif et irrécupérable : il l'a volatilisé et réparti dans la vie, sous la forme de morts en détail, morts partielles, progressives et si lentes à s'achever par-delà la mort même.
Pour me contacter: edmond.difraia@wanadoo.fr
Chacun, dans son existence, a de nombreux passages à vivre et à assumer : quitter ses parents pour la première fois, l'école, le lycée, la fac, le premier amour, le chômage, la perte d'un être aimé, le divorce, la naissance de nos enfants, la retraite, la maladie, la souffrance, etc. Autant de portes que nous aurons à franchir. Alors, comment faut-il les vivre ? Il faut d'abord les « digérer », les accepter, puis franchir la porte qui ouvre inéluctablement - et c'est tant mieux - sur quelque chose d'autre, sur des perspectives nouvelles.
« Tout cela, c'est bien joli, me direz-vous, mais vous en parlez à votre aise, je n'ai pas envie de changer, je suis bien ici, et le mieux c'est que tout continue comme par le passé. » Stop ! Revenons à la réalité : nous l'avons dit maintes et maintes fois : le monde change, les gens changent, notre environnement change ! C'est un mouvement infini et perpétuel !Nous souffrons de ces changements, nous souffrons des incertitudes de la vie, mais c'est la vie qui est ainsi, elle roule comme un caillou et n'a de cesse de s'arrêter que pour repartir de plus belle.
Faire le deuil, accepter l'inacceptable, est-ce possible ? Oui, c'est possible ! La vie est bien faite et, peu à peu, avec le temps, nous acceptons que l'autre nous ait quitté, que nos parents soient morts, que notre métier se transforme ! Il s'agit de faire le deuil d'une situation, d'un être, d'un animal, de tout ce que à quoi nous tenions puis de repartir vers un ailleurs, vers ce que la vie a à nous offrir, et croyez-moi, ces ressources sont inépuisables, pour peu qu'on veuille les voir et y croire. Bien sûr, vient un jour où l'on n'y croit plus, où l'on dit : « Justement, j'en ai trop, j'ai eu trop mal, et je voudrais bien que ça s'arrête. » Alors, la mort vient presque comme un soulagement, une consolation, une autre étape.
DESCRIPTION DE LA LAME
Après le Pendu tout entier offert et abandonné à la force d'amour, l'Arcane sans nom nous invite à aller encore plus loin. Une autre transformation arrive, nous la pensons inéductable, mais l'est-elle vraiment ?
Notons de suite que cet arcane est appelé « sans nom » et porte le nombre 13 qui, depuis le Moyen Âge chrétien, est considéré comme maléfique. Que cet arcane ne s'appelle pas « la Mort » nous interpelle : qu'est-ce que la mort ? Est-ce vraiment la disparition totale, l'anéantissement ? Cet arcane est sans nom justement pour nous faire réfléchir, pour nous forcer à nous interroger sur notre sentiment vis-à-vis de la mort.
Qu'est-ce que la mort ? En avons-nous peur, pour nous ou pour les autres ? Est-ce un phénomène normal ou une absurdité totale comme l'ont pensé les existentialistes ? Est-ce le moyen de reconnaître la supériorité de l'âme immortelle face au corps périssable, comme le remarque Platon ?
Dans L'Homme devant la mort, Philippe Ariès propose de réfléchir sur le concept de mort inversée, qui correspondrait à un type absolument nouveau de mourir : ce serait l'exclusion de la mort, par quoi il faut entendre la disparition du caractère social et public qui marquait antérieurement « le rapport permanent entre la mort et la société » :
« Rien n'avertit plus dans la ville que quelque chose s'est passé : l'ancien corbillard noir et argent est devenu une banale limousine grise, insoupçonnable dans le flot de la circulation. La société ne fait plus de pause : la disparition d'un individu n'affecte plus sa continuité. Tout se passe dans la ville comme si personne ne mourait plus '. » (1. Philippe Ariès, L'Homme devant la mort, Hachette, 1977)
Désormais, la mort est réputée sale, inconvenante, et son indécence frappe jusqu'au deuil lui-même, dont la discrétion confine à une disparition pure et simple ; l'hôpital, dans le même temps, est l'enclos où se dissimule cette horreur nauséabonde, cachée parce que laide et sale. Renversement de l'image de la belle mort qui, jusqu'alors était publique et héroïque, telle celle d'Achille dans l’Iliade et qui, aujourd'hui, désigne le mourir le plus silencieux, le plus discret et le plus mensonger. Le mieux est de s'éteindre la nuit dans son sommeil, sans le montrer et sans se voir mourir, sans déranger personne. La mort est refusée, refoulée.
Mais revenons à la description du personnage : c'est un squelette couleur chair, il a le pied enfoncé dans la terre et tient dans sa main gauche une faux à manche jaune, lame rouge et poignée blanche. Le sol est noir, des plantes bleues et jaunes y poussent; sous le pied du squelette, une tête de femme, à côté de la pointe de la lame, une tête d'homme couronné ; trois mains, un pied, deux os sont disséminés ça et là.
Le Tarot en ne nommant par cet arcane ou plutôt en le déclarant «sans nom», comme il déclarera le Mat sans nombre, et en refusant de l'appeler la mort, lui ôte son caractère fatidique et l'ouvre à un autre champ d'exploration. La mort est un passage, elle n'est pas une fin en soi, elle ouvre l'accès au règne de l'esprit, à la vie consciente et véritable.
Mors janua vitae : la mort porte la vie.
Au sens ésotérique et spirituel, la mort symbolise le changement intérieur profond que subit l'homme par l'effet de l'initiation :
« Le profane doit mourir pour renaître à la vie supérieure que confère l’initiation. S’il ne meurt pas à son état d’imperfection, il s’interdit tout progré initiatique. » (1. Oswald Wirth, Le Tarot des imagiers du Moyen Âge, Laffont/ Tchou, 1975, p. 112.)
J'ajouterai : il s'interdit tout progrès spirituel, toute chance d'élargir sa vie, d'en faire un espace de liberté et de vérité, d'en faire un lieu et un espace de croissance.
Pour Spinoza, la sagesse de l'homme libre est une méditation non de la mort, mais de la vie. C'est par la perspective de la mort que la vie devient précieuse et qu'il est désormais utile d'employer son temps à faire, à agir, à réaliser, à jouir du présent et non pas à pleurer sur un hypothétique avenir plus ou moins noir, de préférence.Espérer, ce n 'est pas attendre, c 'est agir.
Bichat a relativisé le concept de mort, le faisant déchoir de cet absolu où il apparaissait comme un événement insécable, décisif et irrécupérable : il l'a volatilisé et réparti dans la vie, sous la forme de morts en détail, morts partielles, progressives et si lentes à s'achever par-delà la mort même.
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Rédigé par Ayrotsh M le 03/02/2007 à 08:01
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