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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



Histoire du mouvement social et communiste

Jeudi 4 Mai 2006

70 ans du Front Poluaire


1936-2006
Troisième partie: La victoire du front populaire (1934-1936)

I-le PCF élabore le mot d'ordre du Front Populaire

-Le 9 octobre le PCF propose a la SFIO d'étendre le Front Populaire a d'autres forces politiques et syndicales. Maurice Thorez parle d'organiser « Face au front de la réaction et du fascisme, le front populaire de la liberté, du travail et de la paix »
Le programme du front populaire s'inspire des aspirations des couches populaires frappées par la politique des couches de la bourgeoisie. Elles refusent les décrets lois , elles veulent unes véritables politiques pour résoudre le chômage, une allocation contre le chômage, une aide aux agriculteurs et a la paysannerie laborieuse...

-Les revendications:

-Désarmement et dissolution des ligues
-Abrogation des lois scélérates restreignant la liberté de la presse
Organisation d’émissions radiophoniques d’État, permettant une exactitude de l’information et une égalité des organisations politiques à l’antenne.
Libertés syndicales pour tous
Prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans
Constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur la situation économique, politique, des colonies françaises
Maintien et défense de la paix
Passer de la paix armée à la paix désarmée
Nationalisation des industries de guerre
Institution d’un fond national du chômage
Politique keynésienne de relance
Soutien des coopératives agricoles


II- consolidation du Front Populaire


-De manière tout à fait factuelle, l’histoire du Front Populaire débute le 14 juillet 1935, lors de manifestations dans lesquelles radicaux, socialistes et communistes prêtent serment : « Nous faisons le serment de rester unis pour défendre la démocratie, pour désarmer et dissoudre les ligues factieuses, pour mettre nos libertés hors d’atteinte du fascisme. Nous jurons de défendre la liberté conquise par le peuple de France, de donner du pain aux travailleurs, du travail à la jeunesse et au monde la grande paix humaine ».
Cette journée du 14 juillet 1935 est l’aboutissement de longues tractations commencées à l’initiative des communistes le 27 juillet 1934, lorsque ces derniers signent un pacte d’unité d’action avec les socialistes. En octobre 1934, Thorez lance le mot d’ordre de « rassemblements populaire », comprenant le Parti Radical, dont les fédérations se prononcent en faveur du Rassemblement Populaire dans les premiers mois de 1935. Le 23 septembre 1935 voit la publication d’une plate forme commune au PCF et à la SFIO. Les négociations pour le vrai programme s’engagent à trois, avec les radicaux.
Le programme du Front Populaire est publié en janvier 1936. Il y a de profonds désaccords, notamment sur la question des nationalisations, que défend la SFIO, mais que refusent les radicaux pour des raisons de libéralisme économique, ainsi que le PCF pour des raisons idéologiques (les nationalisations n’ont aucun caractère socialiste, au contraire de la planification).

-Le congrès de Toulouse et la réunification syndicale (mars 2006)
Depuis février 1934 la CGTU multiplie les propositions d'actions communes avec la CGT. En octobre 1934 elle préconise la fusion des syndicats de base et propose un congrès d'unification. Pour le CGT la CGTU doit se dissoudre et rejoindre la CGT sans unification des deux confédérations.
Le courant en faveur du front populaire permet de surmonter les obstacles a l'unification. CGT et CGTU décident de tenir leurs prochain congrès a Toulouse et elles se fixent la tache immédiate de lutter pour les revendications de la classe ouvrière, la défense de la liberté syndicale, du front populaire....
Sous prétexte d'indépendance politique les confédérés obtiennent la majorité des mandats pour la nouvelle CGT et obligent des dirigeants unitaires a renoncer de cumuler les fonctions politiques et syndicales. Benoît Frachon demande ainsi au PCF de le relever de ses fonctions pour conserver ses fonctions syndicales.


III les conquêtes du front populaire.


-La victoire du front populaire:
Le taux de participation est de 84% : C’est le plus fort depuis 1914.
Au premier tour du 26 avril 1936 :

Le PCF obtient entre 1.454.000 (le temps) voix et 1.503.000 voix (le populaire), progressant ainsi par rapport à 1932 de 82 à 94% è Le PCF double presque son score de 1932. Il y a des progrès sensibles dans les régions industrielles, les banlieues ouvrières et la région parisienne. La carte du vote communiste correspond à peu près à celle de la répartition ouvrière. Mais le progrès est visible également en milieu rural (Dordogne, Lot-et-Garonne).

Le Parti Radical perd des voix. Avec 1400000 voix, il est désormais troisième parti du Front Populaire. Ils perdent entre 21,8% (l’huma) et 23,7% (le temps) de leurs voix. Le Parti Radical perd des voix non seulement sur sa gauches (voix raflées par la SFIO ou le PCF dans une moins large mesure), mais aussi sur sa droite (dans l’Ouest, le Centre Ouest, la région Rhône Alpes). Les radicaux régressent dans des régions où le PCF et la SFIO ont été actifs (milieux ruraux)? Cause : Le Parti Radical a joué l’ambiguïté : 9 de ses fédérations sont hostiles au Front Populaire. Elles sont souvent classées à droite, et regroupent les votes des inquiets, et pour des endroits ruraux comme le Lot-Et-Garonne, où le vote communiste progresse, c’est la fraction de la paysannerie, inquiète du collectivisme qui vote alors pour les fédérations radicales hostile au Front populaire.

La SFIO (entre 1811237 et 1955000 voix) recule très légèrement par rapport à 1932 (entre 0,45 et 3,91%). Une partie de ces pertes est due à la dissidence néo-socialiste. C’est vrai dans la Gironde de Marquet et le Var de Renaudel. La SFIO recule également légèrement dans les zones ouvrières, mais gagne des voix en Bretagne (aux dépens de la droite) et dans le Sud-Ouest (aux dépens des radicaux.)

USR : Quatrième composante du Front Populaire : 587000 voix
Autres petites formations : les dissidents de gauche du Parti Radical (PRS-CP), les candidats du Parti Frontiste de Bergery, les doriotistes, les communistes indépendants, les socialistes indépendants, les socialistes-communistes.

A droite : Quasi absence des ligues extrémistes. Mais dans les campagnes, les candidatures agraires fleurissent, à l’initiative du parti Agraire de Fleurant Agricola. Ces petites candidatures relaient l’agitation d’extrême-droite du pays.

Au second tour, il n’y a que 174 élus au premier tour : 424 circonscriptions sont en ballottage. Thorez, Daladier et Severac (SFIO), appellent à « faire bloc sur celui des candidats que le suffrage universel a mis en tête ». Globalement, la droite réussit un meilleur second tour que la gauche : Le PCF passe de 11 à 72 députés, La SFIO passe de 131 à 147 députés, Le Parti Radical de 157 à 106 (perte de 51 sièges.)
Les élections de 1936 montrent une assez faible progression de la gauche dans son ensemble par rapport à 1932. Cependant, les changements sont conséquents au sein de la gauche elle même, avec un Parti Communiste qui double pratiquement ses voix, tandis que le Parti Radical semble sur le déclin.

-les grèves de juin 1936 et les accords de Matignon
Au lendemain des élections la classe ouvrière aspire a une amélioration immédiate de ses conditions de vie. Le patronat continue ses brimades, exige des cadences infernales,des baisses de salaire et licencie les militants syndicaux. Face a cette violence patronale les salariés se mobilisent. A la mi mai les premières usines sont en grèves: Berguet au havre, Latécoère à Toulouse.... En quelques jours la grève touche la totalité du monde du travail 12000 entreprises et plus de 2 millions de travailleurs.
Le patronat et son gouvernement fantoche Sarraut céde et doit laisser sa place a Léon Blum et sous la pression de la rue et de la CGT les accords de Matignons sont signés:

-les ouvriers, sans faire grève dans chaque usine, obtiennent des avantages pour toute la profession ;
-les salaires sont augmentés de 7 à 15% (c'est l'inverse de la déflation les gens consomment, -les usines tournent, le chômage baisse (politique de la demande)).
-les ouvriers obtiennent des délégués pour les défendre, on ne peut pas les licencier sans autorisation de l'inspecteur du travail. C'est la fin des « syndicats jaunes », créés par le patronat. Les salariés obtiennent la liberté d'exercice du droit syndical.
-ils obtiennent enfin par les lois du 11 et 12 juin la création de conventions collectives, la semaine de 40 heures et 15 jours de congés payés (12 jours de vacances + 2 du week-end)
-Un sous-secrétariat aux sports et loisirs est créé, il est occupé par Léo Lagrange. La droite qualifie ce ministère de "ministère de la paresse". Pour la première fois, trois femmes sont secrétaires d'état : Cécile Brunschwig à l'éducation nationale, Irène Joliot-Curie à la recherche scientifique, et Suzanne Lacore à la protection de l'enfance. Léon Blum annonce à la radio son programme : la semaine de 40 heures, la généralisation des conventions collectives, les congés payés. Il n'envisage pas encore de proposer le vote des femmes en raison de l'opposition farouche du Sénat conservateur. A la chambre, il est attaqué par l'extrême-droite, qui lui reproche d'être juif. Herriot prend vigoureusement sa défense
-Le 7 juin 1936, à la demande de Léon Blum, s'ouvrent à Matignon des négociations entre le patronat et les syndicats. Peu avant 1 heure du matin, le 8 juin, un accord est signé dit "accords de Matignon". Ils prévoient l'établissement de contrats collectifs, le libre exercice du droit syndical, la création de délégués du personnel élus à bulletins secrets, une augmentation des salaires de 7 à 15%. Le mouvement social est son apogée, il y a plus d'un million de grévistes.
-Le 9 juin, le gouvernement dépose 5 projets de lois concernant la semaine de 40 heures, les congés payés annuels (15 jours après un an de présence), le contrat collectif, la révision des décrets-loi de 1935 concernant le traitement des fonctionnaires et l'imposition des retraites d'ancien combattant. Ces textes seront adoptés sans difficultés.
-Le 11 juin, Maurice Thorez fait une importante déclaration publiée par l'Humanité dans laquelle il prononcera la phrase bien connue "il faut savoir terminer une grève, dés l'instant où les revendications essentielles ont été obtenues". Il rappelle "Tout n'est pas possible mais le mot d'ordre reste Tout pour le front populaire! Tout par le Front populaire!".
-Les 13 et 15 juin, le travail reprend chez Renault puis dans toute la métallurgie. On assiste à l'amorce d'une reprise économique et à un début de baisse du chômage.
-Le 18 juin, à la demande de Roger Salengro, le gouvernement dissout les principales ligues d'extrême-droite : les Croix-de-feu, les francistes, les Jeunesses patriotes et Solidarité française. Le colonel de La Rocque annonce la création du Parti social français (PSF) en octobre 1937, il comptera 1,2 millions d'adhérents en 1939. Il est composé d'ouvriers (36%) et de nombreuses femmes, contrairement aux autres partis.
A Saint-Denis, Jacques Doriot, qui avait été exclu du PC pour vouloir chercher une alliance avec les socialistes à l'époque ou le PC considérait la gauche classique comme l'ennemi à abattre, fonde le Parti populaire français (PPF) fin juin. On trouve autour de lui d'anciens communistes, mais aussi Pierre Drieu La Rochelle, qui a publié en 1934 "Socialisme fasciste", et le journaliste Bertrand de Jouvenel.
-Du 17 juillet au 7 août, nationalisation de l'industrie de guerre. Le 23 juillet, nouveau statut de la Banque de France. Le 24, le programme de grands travaux est adopté. Le 9 août, Jean Zay fait prolonger la scolarité obligatoire de 13 à 14 ans.


Les autres articles développés sur le Front Populaire
-intro
-première partie
- deuxième partie

Nicolas Maury
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Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération du Rhône (69) - Ancien secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Perspectiva comunista (CAT)

i[Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Rhône (69) - ex-Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

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