Twitter
Facebook
Google+
Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



Communisme en Europe centrale et orientale (anciennes Républiques socialistes)

62% des Hongrois jugent que l’ère Kadar (1957-1989) a constitué l’époque la plus heureuse de leur pays. Ils n’étaient que 53% dans le même sondage en 2001


62% des Hongrois regrettent l'ère du « socialisme à la hongroise »
La filiale hongroise de l’institut de sondage allemand gfk-Hungaria a réalisé en mai 2008 un sondage sur la perception par la population du passé de leur pays. De façon encore plus marquée qu’en 2001, les sondés considèrent que la période « kadarienne » a été la « plus heureuse », entre 1956/8 et 1985/9, quand Janos Kadar était chef du gouvernement de l’époque et le premier dirigeant du parti socialiste ouvrier (PSOH) au pouvoir.

Le détail de l’enquête montre que cette appréciation est majoritaire dans toutes les classes sociales, mais plus forte chez les ouvriers et techniciens (70%), les commerçants et artisans (dont les activités étaient restées privées du temps du socialisme hongrois), que chez les cadres (51%).

De façon assez logique, elle croît avec l’âge des sondés : 80% chez les plus de 65 ans, 60 à 70% chez les 30 à 65 ans, 25% chez les moins de 30 ans qui n’ont pas ou à peine connu cette époque directement. Mais cette proportion chez les jeunes n’a pas diminué par rapport à 2001.

62% des Hongrois regrettent l'ère du « socialisme à la hongroise »
Sur l'augmentation de la sympathie pour la période Kadar depuis 2001 n’a rien d'étonnant. Le "miracle hongrois" assis sur la manne des investissements occidentaux qui maintenait un semblant de dynamisme économique dans la capitale et quelques grandes villes, grâce à la délocalisation d'activités industrielles (automobile, pharmacie, informatique) et de sièges sociaux (IBM surtout) s'est terminé. D'abord parce qu'il n'y avait plus rien à privatiser, ensuite parce que les trusts ont délocalisé plus loin (Roumanie, Slovaquie) et enfin parce que les premiers investisseurs ont commencé à rapatrier leurs profits sans les réinvestir sur place.

Les conditions de vie du plus grand nombre se sont à nouveau dégradées. Le gouvernement s'est mis à casser ce qui pouvait rester debout du secteur de la protection sociale et des services publics (hôpital, transports en commun, éducation, administration centrale
et ministères eux-mêmes). Il a alourdi les impôts sur la consommation (25% de TVA) et les impôts sur le revenu qui ne sont pas progressifs. En même temps, il autorisait et encourageait l'augmentation du prix du gaz (seul ressource pour se chauffer l'hiver, y compris à la campagne), de l'électricité et des transports d'environ 10 % par an.

La croissance s'est ralentie et les profits ont été encore plus que dans les années 90
concentrés dans quelques mains hongroises (dont celles du premier ministre, grand patron lui-même) et étrangères. On estime que le revenu moyen (ou plutôt médian) est toujours inférieur de 30% à celui de 1989, en prenant en compte les avantages matériels comme le logement dont les prix atteignent des sommets à Budapest. Une grande fraction de la jeunesse, notamment étudiante, ne songe qu’à une réussite individuelle et à partir en occident.

Le regret de la période précédente où la vie était perçue comme meilleure est observable dans la plupart des pays de l’est. En ex-RDA, on a inventé le concept « d’Ostalgie », repris en Hongrie aussi. Un sentiment anticapitaliste et un attachement à la "solidarité nationale" sont très aussi répandus.

Mais ce phénomène n’a pas de traduction politique. L’idéologie dominante s’efforce, efficacement pour l’instant, de couper cet état d’esprit et le regret des acquis de l’ancien système de toute référence au socialisme.

Le parti socialiste - héritier direct de l'ancien PSOH pour la structure et les cadres – s’est radicalement détourné de son passé. Au pouvoir, il s’est appliqué, d’une manière brutale et voyante, à démanteler les acquis sociaux du régime précédent, se montrant adepte d’un « libéralisme » échevelé.

Le système politique a (judicieusement) laissé au parti conservateur (droite) le rôle de défendre les quelques meubles restants (santé, universités). Il capte une partie de la protestation sociale, avec un discours souvent nationaliste et tout en développant un discours anticommuniste outrancier.

Le Parti communiste ouvrier hongrois s’efforce de s’impliquer dans le développement du mouvement social. Depuis 2 ans, le PCOH a fini de se désolidariser complètement du PS. Il n’appelle plus à voter pour lui au 2ème tour et le caractérise comme un parti capitaliste comme les autres, sans identifier l’ensemble de ses adhérents à sa direction. Mais son influence et sa visibilité restent modestes, hormis sans doute quelques localités. Le PCOH fait face à une intense répression allant jusqu’à la menace d’emprisonnement de tout son bureau politique.

Pour les communistes français, il ne s’agit pas d’utiliser les résultats de sondages comme celui-ci en Hongrie, pour réhabiliter des modèles de socialisme comme le « socialisme à la hongroise » où l’économie mixte était particulièrement développée. Mais ils permettent de contrer l’un des axes de la propagande anticommuniste, propagée notamment par l’UE et d’alimenter notre réflexion sur notre visée socialiste, sous un autre jour que le discours de la « repentance », des « valises de plomb de l’Histoire », développée par la direction du PCF depuis plusieurs années.

Nicolas Maury
Facebook Google + Twitter LinkedIn Del.icio.us Digg Google Tape-moi Blinklist Furl Reddit Newsvine Y! Blogmarks Technorati Meneame Viadeo Pinterest


Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération du Rhône (69) - Secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Les publications sur ce blog n'engagent pas la responsabilité de la section de Vaulx-en-Velin du PCF, mais uniquement de son auteur.

Perspectiva comunista (CAT)

Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Rhône (69) - Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

Les publicacions en aquest bloc no comprometen la responsabilitat de la secció de Vaulx-en-Velin, però només el seu autor.

Rubriques

Recherche




Classement de sites - Inscrivez le vôtre!


RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile