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Communisme en Inde - Népal - Pakistan - Bangladesh - Sri Lanka

Su Venkatesan trouve toujours le temps pour faire un selfie avec les gens. Qui est Su Venkatesan ? Un syndicaliste (Secrétaire général de la Tamil Nadu Progressive Writers and Artists Association), un communiste (membre du CPIM), mais aussi un célèbre écrivain tamoul primé par le Sahitya Akademi Award (sorte de prix Goncourt en Inde) - traduction Nico Maury


A Madurai (Tamil Nadu), un écrivain "rock star" fait revivre les communistes
Su Venkatesan, candidat du CPI(M) et lauréat du Sahitya Akademi Award, termine son discours après sa visite au Jaihindpuram de Madurai et quitte son fourgon de campagne. Il est immédiatement submergé par la foule.

Des jeunes de la Fédération des étudiants d’Inde (SFI) et de la Fédération de la jeunesse démocratique d’Inde (DYFI), se mobilisent rapidement et déploient un cordon de sécurité autour de leur précieux candidat. Venkatesan parvient toujours à faire des selfies avec ses fans et se montre aussi efficace qu'un politicien accompli.

Un étranger peut confondre Venkatesan avec une star de cinéma ou un politicien charismatique dravidien. Il n'est ni l'un ni l'autre. C'est un écrivain. Il n'a que deux œuvres de fiction a son actif. Mais mon garçon, quels livres ! Le premier, Kaval Kottam, est une série épique qui se passe il y a 600 ans à Madurai, qui déploie plus de 1000 pages captivantes. Classique littéraire, il a remporté le prix Sahitya Akademy en 2011. Plus récemment, son deuxième ouvrage, Vel Pari, une histoire fictive d'un chef de tribu de l'ère Sangam, a été publié en série sur 100 semaines dans le magazine tamoul Vikatan. Vel Pari a amené Venkatesan a être publié dans des centaines de maisons d'édition.

L'écouter parler des anciens sites de fouilles de Keezhadi, sur des questions de justice sociale, et de la nécessité d'un système de métro à Madurai, c'est comme être transporté à travers différents mondes. Les gens de la circonscription viennent faire signer leurs copies de ses livres et aussi écouter ses idées politiques. À la fin de son discours, des mains se lèvent dans la foule, tenant des copies de Kaval Kottam ou de Vel Pari. Les livres sont ensuite acheminés vers la fourgonnette de Venkatesan. Il les signe tous.

Bien que ses honneurs d'écriture soient importants, Venkatesan n'est pas un bébé en politique. Il est membre de longue date du CPI(M) et a fait ses armes aux côtés de l'ancien député communiste P Mohan. Madurai a majoritairement voté pour l'Indian Congress depuis l'indépendance, jusqu'à ce que feu P Mohan (décédé en 2009 à l'âge de 59 ans) apparaisse avec sa mobylette et fasse de cette ville un bastion communiste avec ses deux victoires au Parlement en 1999 et 2004.

Dix ans après l'argent et la force de l'homme fort du DMK (Dravida Munnetra Kazhagam / Parti de centre gauche tourné vers la défense des peuples dravidiens - Telougous, Tamouls, Kannadigas et Malayalis - ndlr), MK Alagiri a vaincu ainsi le communiste Mohan. Et c'est Venkatesan a reprend le flambeau de la lutte.

"Mohan est toujours très populaire parmi les gens ici", déclare Venkatesan. "Ils me voient à travers le même prisme. Ils comprennent sa contribution à la ville et me disent qu'ils veulent que je continue dans la même veine. C'est un énorme avantage."

Des questions à gogo

Malgré les efforts de Mohan, Madurai a dépéri au cours des 10 dernières années. La pénurie d'eau potable est le principal problème. "Je suis vraiment inquiet de la façon dont la ville va gérer ce problème le mois prochain, au plus fort de l'été. La situation est pénible", déclare Venkatesan.

L'année dernière, le gouvernement de l'État a promis un projet reliant la rivière Periyar-Vaigai, mais n'a alloué aucun budget pour le réaliser. Venkatesan veut faire pression pour l'obtenir ce budget. La ville n’a pas non plus connu une forte croissance industrielle. Le transport urbain et les infrastructures sont un gâchis dans ce qui ne peut être décrit que comme un village urbain. Le chômage est un problème aussi préoccupant que dans le reste du pays.

"Il y a environ 120 petites unités de caoutchouc dans et autour de Madurai. Je veux en faire la base d'un parc industriel de caoutchouc et d'un centre de recherche et développement sur le caoutchouc. Cela créera plus d'emplois. Le développement et la création de petites industries sont la clé pour résoudre le problème du chômage. Madurai ne compte que deux grandes entreprises informatiques. Même si deux autres seulement s’installent ici, l’emploi dans le secteur passera de 5000 à 10.000."

Son principal adversaire est Raj Sathyan, 36 ans. le fils de l'ancien maire Rajan Chellappa. Selon les rumeurs, l’AIDMK (All India Anna Dravida Munnetra Kazhagam / Parti de centre droit scission du DMK - ndlr) distribuerait 300 roupies «par voix dans les ménages». Mais Venkatesan pense que la lutte anti-historique va faire des ravages. "Les gens sont mécontents de l'AIDMK. Et son père a fait du zilch pour la ville quand il était maire".

Ce qui pourrait également jouer en faveur de Venkatesan est qu’il dispose de la puissance traditionnelle du DMK et du soutien de ses militant.e.s locaux. "C'est bien d'avoir le soutien d'un grand parti d'Etat", a-t-il déclaré.

Les fouilles de Keezhadi sont la question qui préoccupe le plus le cœur de Venkatesan. En 2016, une fouille de l'Archaeological Survey of India a découvert une ancienne colonie dans un village près de Madurai. Les études font remonter ces traces historiques au deuxième siècle. Une partie du monde académique tamoul a affirmé que le gouvernement du BJP avait interrompu les travaux de fouille. "Keezhadi est très important car il fournit des preuves archéologiques à l'appui de choses trouvées dans la littérature de Sangam", a déclaré Venkatesan. "Ici, nous avons pour la première fois une ville entière de l'ère Sangam. Seulement 1% des deux tertres de 100 acres ont été mis au jour. Même en cela, nous avons autant de preuves permettant de dire que la civilisation tamoule est ancienne, ce que rejette le BJP sur la civilisation védique. Je vais certainement relancer les travaux d'excavation si je suis élu."

Mais en quoi tout cela diffère-t-il du discours de BJP sur les «sciences védiques» et son obsession du passé? "Il y a une distinction claire entre "passé "et "tradition ". "La tradition perdure et guide les générations actuelles. 15.000 artefacts ont été trouvés à Keezhadi. Il n'y a pas un seul symbole de dieu dans cela".

Cela montre que cette civilisation était présente avant l'arrivée de la Grande Religion (l'hindouisme). Cela les fait vriller car cela conteste la ligne idéologique du BJP qui dit que tout ce que nous voyons aujourd'hui était présent dans le passé."

Espoir d'une renaissance de la Gauche

Une victoire à Venkatesan offrirait de l’espoir à la gauche indienne, même si ce n’est que dans une faible proportion. "Les communistes, quelque part sur le chemin, ont perdu le contact avec la société indienne" estime t-il. "Je pense que nous avons résolu ce problème et fusionné les idées communistes pour les adapter à la société indienne. La justice sociale et les droits des femmes ont toujours été forts au Tamil Nadu. Nous devons simplement aller de l'avant."

Avec le recul de la gauche au Bengale et au Kerala (??? - ndlr) dans un paysage politique qui a dérivé vers l'extrême droite, l'unité (avec d'autres partis comme l'Indian Congress - ndlr) ne permettrait-elle pas de reprendre de l'importance, même si de tels efforts ne sont pas encore possibles?

"Bien sûr!" répond Venkatesan. "Mais ce n'est pas entre nos mains. Seul le temps nous le dira. Tout ce que je peux dire, c'est que si cela se produit, c'est la meilleure solution." Une victoire de Venkatesan montrera également qu'il y a une place dans la politique indienne pour l'intellectuel, l'écrivain progressiste ou le guerrier de la justice sociale. Surtout, cela rappellera, à sa manière, que l’Inde n’est pas uniquement une affaire de vache et de caste.

Mid Day est un journal quotidien en langue anglaise diffusé à 500.000 exemplaires. Un journal d'obédience libérale

Nicolas Maury
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Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération du Rhône (69) - Ancien secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Perspectiva comunista (CAT)

i[Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Rhône (69) - ex-Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

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