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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



La France n'est pas aux travailleurs, elle est à 500 familles qui la pillent

Deux ans depuis que deux adolescents de quinze à dix-sept ans traqués par la police trouvaient la mort dans l’arc électrique d’un transformateur. Trois semaines de révoltes, 10 000 voitures brûlées, près de 3000 jeunes interpellés. L’embrasement avait mis les banlieues au centre de la vie française. Elles sont retournées à leur place, dirait-on. Pour le moment elles ne dérangent plus ou de loin en loin. Un gosse tué par un chien, un incendie dramatique, quelques voitures en feu et l’on reparle des banlieues aux infos, comme de territoires aux confins des villes.


Banlieue : deux ans après rien n’est réglé !
La réalité est tout autre. Les banlieues, la banlieue dans toutes les villes de France, c’est la vie de millions de foyers, c’est « la vraie vie des vrais gens » et il en est, comme en Seine Saint Denis – l’un des départements les plus pauvres du pays, c’est vrai...- qui refusent les visions misérabilistes, qui mettent en avant la création, le travail, le désir d’entreprendre, la culture. Qui ne voient pas la jeunesse comme un problème mais la voient comme l’avenir.

Sauf que les banlieues, deux ans après et selon les mots des maires rassemblés au sein de l’association Ville et banlieue, sont absents « de toutes les priorités affichées par le gouvernement ». Oh, il y a une secrétaire d’Etat à la Politique de la ville, et la nomination à ce poste de Fadela Amara, la présidente de Ni putes ni soumises a été une belle annonce. Belle annonce encore que celle d’un « plan Marshall » pour les jeunes. On se pince quand on lit ce qu’il en est. Sur l’emploi, il faut bien sûr activer « tous les dispositifs », activer « tous les leviers » mais l’objectif, c’est « tolérance zéro pour la glandouille ». Sur l’éducation, il faut enseigner aux enfants les valeurs de la République et « je souhaite consacrer une journée à l’éducation au respect, comme nous avons une journée pour la Fête de la musique ».

Donc le chômage, massif chez les jeunes, les discriminations à l’embauche selon que l’on vient de Neuilly ou de Clichy, que l’on s’appelle Paul-Antoine ou Ahmed, c’est « la glandouille ». La formation, l’éducation, c’est apprendre le respect – et une journée par an – quand la réalité, c’est celle d’une société qui, 365 jours par an, ne respecte pas une partie de ses membres en termes de droit au travail, à un logement décent, à un salaire correct, à une école dotée des moyens suffisants, à des services publics proches et de qualité.

Voilà quelques mois, un élu de droite de banlieue se définissait avec colère comme « une serpillière de la République ». Avec ces « propositions » qui ne sont pas autre chose que du Sarkozy dans le texte, il aura une serpillière à fleurs. Rien d’autre.

Car c’est même l’inverse. Non seulement en deux ans rien de concret n’a été fait mais la dotation de solidarité urbaine qui permet aux communes les plus défavorisées de faire face à une partie de leurs charges sera cette année inférieure de 30 millions d’euros à ce qui avait été annoncé, en en faisant grand cas, par Borloo quand il lançait en 2006 son plan de cohésion sociale. Lequel Borloo a depuis oublié la banlieue, tout à son enthousiasme environnemental. Les banlieues ne sont pas une question relevant de l’environnement.

En revanche elles sont, semble-t-il, un terrain propice aux provocations. On se souvient des mots incendiaires. Racaille, Karcher. Plus récemment le président de l’UMP accusait les élus communistes de maintenir leurs villes dans la pauvreté pour garder leur électorat. Etonnant, tout de même, de s’en prendre à ceux qui, avec d’autres, sont au plus près des habitants, de leurs difficultés. Mais peut-être ce gouvernement n’a-t-il cure de la situation des banlieues. Au contraire. Le libéralisme, le sarkozysme vont à l’opposé des solidarités, du service public, du sens de l’intérêt général. Ils désintègrent pour régner.

Nicolas Maury
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Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération du Rhône (69) - Ancien secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Perspectiva comunista (CAT)

i[Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Rhône (69) - ex-Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

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