Twitter
Facebook
Google+
Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



La France n'est pas aux travailleurs, elle est à 500 familles qui la pillent

Le groupe des députés Communistes et Républicains a voté contre le projet de loi relatif à l’organe central des caisses d’épargne et des banques populaires. Pierre Gosnat a dans son explication de vote dénoncé le bradage de l’épargne populaire. Le député est revenu sur le statut de banque coopérative aujourd’hui menacé


Banques: L’Etat renfloue les caisses sans contrepartie
En fait, depuis plusieurs années déjà, le modèle de la banque coopérative est en danger. À l’origine, au XIXe siècle, la création des caisses d’épargne était motivée par l’intérêt général. Celles-ci avaient pour vocation d’offrir aux classes populaires un moyen de constituer une épargne. Elles avaient d’ailleurs un statut d’établissement privé d’utilité publique. Or, petit à petit, cette spécificité s’est estompée, et les caisses d’épargne, comme les banques populaires, se sont rapprochées du modèle bancaire privé, ce au détriment de ce qui faisait, et continue à faire leur solidité, leur fonctionnement coopératiste et mutualiste.

Il est utile de rappeler que ce modèle est très différent de celui d’une banque traditionnelle, d’une banque « capitaliste ». Une banque coopérative est détenue non par des actionnaires, mais par des sociétaires. Ce sont les déposants qui sont propriétaires de leur banque. Cette spécificité statutaire a deux conséquences.

Premièrement, cela signifie que l’impératif capitaliste de recherche du profit maximum est contenu ; tout d’abord parce que la rémunération du sociétaire est fixée par l’assemblée générale de l’entité régionale ; ensuite parce que les caisses d’épargne, aux termes de l’article L. 512-85 du code monétaire et financier, participent à la mise en œuvre des principes de solidarité et de lutte contre l’exclusion, au travers notamment de la lutte contre l’exclusion bancaire, de l’amélioration du développement économique local et du financement du logement social. On est bien loin de l’attitude des banques privées !

Certes, depuis la loi de modernisation de l’économie et la décentralisation de la collecte du livret A, le message gouvernemental est clair. Il s’agit d’injecter dans les circuits financiers l’argent de l’épargne populaire autrefois consacrée à des projets d’intérêt général. Dans ce projet de loi, si les missions de service public énoncées par l’article L. 512-85 du code monétaire et financier sont réaffirmées, il y a fort à parier que cela a un effet purement cosmétique.

Deuxièmement, contrairement aux banques traditionnelles, dans le système mutualiste, les banques ou caisses régionales ne sont pas les filiales de l’organe central qui coordonne leurs actions. C’est l’organe central qui est détenu par les structures régionales dont les conseils de surveillance sont pour une grande part constitués des représentants des sociétaires. Une banque coopérative possède, par définition et par tradition, une structure décentralisée et démocratique.

Sur tous ces points, ce projet de loi et le laisser-faire hypocrite de ces dernières années constituent un dangereux recul....

Qu’est Natixis ? En bref, c’est le moyen pour la Caisse d’épargne et la Banque populaire de contourner, avec l’assentiment hypocrite du pouvoir politique, leur réglementation et leurs statuts, en leur permettant d’aller se financer sur les marchés alors qu’elles n’auraient dû pouvoir se financer qu’au travers des dépôts de leurs sociétaires et la collecte de l’épargne populaire.

Pour le dire encore plus crûment, les dirigeants de ces banques coopératives, assoiffés par l’appât du gain et alors que ce n’était ni dans le savoir-faire ni dans la tradition de leur établissement, ont voulu participer au festin de l’argent roi en se mettant au diapason des banques traditionnelles, style la BNP, le Crédit lyonnais ou la Société générale, et jouer sur les marchés en faisant notamment de la titrisation ou du trading pour leur compte propre.

Quel en fut le résultat ? Les banques coopératives, qui auraient dû être les seules à ne pas être touchées, ou à l’être marginalement, par la crise des subprimes, ont été, au contraire, celles qui ont accusé les plus lourdes pertes du secteur bancaire en France. Il est d’ailleurs remarquable que les 750 millions perdus par les Caisses d’épargne soient présentés dans votre rapport, monsieur Carrez, comme un simple « incident de marché » !

Plus grave, pour compenser ces pertes et combler les trous, les organes centraux ont proprement siphonné les banques et caisses régionales, c’est-à-dire l’épargne des classes populaires ou bien les comptes de modestes PME qui n’auraient jamais imaginé risquer leur argent sur les marchés !

Le projet de loi vise à faire passer deux idées.

Premièrement que les banquiers, bien loin d’admettre leurs erreurs et leur part dans la crise que nous traversons actuellement, bien loin d’en rabattre sur leur arrogance passée, espèrent bien, dès que les difficultés auront fait mine de se dissiper, recommencer de plus belle, sans aucun scrupule et à plus grande échelle encore leurs pratiques douteuses de trading pour compte propre et de titrisation à tout va.

Deuxièmement, que le modèle de la banque coopérative, brièvement décrit au début de cette intervention, est condamné à disparaître doucement mais sûrement...

Le projet de loi, à rebours de leurs pratiques décentralisées et démocratiques, donne un poids démesuré et un pouvoir exorbitant au nouvel organe central des caisses d’épargne et des banques populaires, à son directoire, à François Pérol, bras armé de l’Élysée...

Pour résumer, l’État et les contribuables renflouent les caisses sans contrepartie et Nicolas Sarkozy place ses pions, ses petits copains, sous fond de clientélisme politique...

Pour conclure, ce projet de loi ne modernise en rien notre système bancaire. Il ne tire aucune leçon de la crise et organise la braderie de l’épargne populaire. Les banquiers et leurs amis se frottent les mains ; les sociétaires, les épargnants et les classes populaires un peu moins bien évidemment !

Nicolas Maury
Facebook Twitter LinkedIn Digg Google Tape-moi Reddit Meneame Viadeo Pinterest


Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération du Rhône (69) - Ancien secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Perspectiva comunista (CAT)

i[Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Rhône (69) - ex-Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

Rubriques

Recherche




RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile