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Hollande/PS-EELV : 5 années de trahisons (2012-2017)

Dans l’Aube, 17 millions d’euros ont été distribués aux entreprises en 2013 
en crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Dans un département où le chômage
a bondi de 8,3 % en un an. Trois illustrations d’un scandale


CICE : champagne pour les patrons, pain sec pour les salariés
Troyes (Aube), envoyée spéciale. "Quand la nation, à travers le Parlement, consent et va consentir un effort de 40 milliards d’euros pour les entreprises, pour la compétitivité, pour baisser la fi scalité et pour baisser les charges, chacun doit être à la hauteur de ses responsabilités ", a lancé, hier, Manuel Valls à l’attention du Medef. Un formidable jeu de rôle où, face aux caprices du patronat, un premier ministre tape du poing sur la table, renvoyant l’échec de sa politique à la simple mauvaise volonté des grands patrons. Pourtant, il y a un mois, le même assurait que le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), dispositif clé du pacte, produisait « des résultats ». L’obligation de transparence était pourtant la seule contrainte de ce chèque versé aux entreprises. Même cette promesse, inscrite dans la loi, n’est pas respectée. Dans les préfectures, c’est le silence absolu. Pas un seul bilan n’est à ce jour publiquement disponible. Parfois, à force d’acharnement, les chi‡ res sortent et les exemples sont édifi ants.

Dans l’Aube, 17 millions d’euros ont été distribués aux entreprises en 2013 au titre du CICE. Soit la moitié du budget de l’action sociale du département, ou l’équivalent de 1 000 salariés payés au Smic durant une année. Dans un département où le chômage a bondi de 8,3 % en un an, cet argent public aurait-il servi à défendre ou créer des emplois ? Le sujet s’invite dans la campagne législative partielle qui aura lieu dimanche pour remplacer le député maire UMP de Troyes, François Baroin. « Trop d’entreprises qui empochent le magot ferment, délocalisent ou licencient, dénonce Pierre Mathieu, candidat du Front de gauche. Un véritable gâchis d’argent public qui nourrit le chômage et le pessimisme ambiant. » Les liquidateurs s’activent pour vendre l’usine à la découpe À une cinquantaine de kilomètres de Troyes, à Vendeuvre-sur-Barse, Francis Durand, ouvrier, délégué syndical CGT, travaillait chez Simpa. L’usine, leader français des vitres et portes PVC-bois, vient de fermer.

280 salariés n’y viendront plus, c’est désormais le chemin de Pôle emploi qu’ils doivent prendre. Lui n’a pas encore quitté l’usine, « nous, les syndicalistes, nous sommes les derniers à partir ». Alors il déambule dans les entrepôts, écoeuré, la rage au ventre : « Regardez, tout est prêt à redémarrer, les machines sont encore allumées. » Et pourtant, les liquidateurs s’activent pour constituer des lots et vendre l’usine à la découpe. Douze hectares, plusieurs ateliers « au top », un carnet de commandes de 3 millions d’euros. Incompréhensible. Pourtant, lorsqu’un patron prend les usines pour une salle de marché, le scénario est souvent le même.

Chez Simpa, l’histoire débute en 2006, lorsque le patron qui, en 1991, avait racheté l’entreprise pour un franc symbolique, délocalise une partie de la production en Roumanie et vend pour 17 millions d’euros l’entreprise à Perfectis, un fonds d’investissement, qui fait remonter 10 millions d’euros de cash dans sa holding, avant de faire couler la boîte et de mettre 70 personnes sur le carreau, expliquent les syndicalistes. Bruno Petit, celui qui a vendu Simpa, la rachète en 2008, mais cette fois pour un euro symbolique. Et la revend, en 2012, à trois actionnaires pour 6 euros, sans avoir mis un sou de sa poche. À partir de ce moment, c’est la pression permanente pour les salariés. « Il fallait lever la main pour aller aux toilettes et si on restait trop longtemps on se prenait un avertissement », raconte la secrétaire du comité d’entreprise. En deux ans, l’usine augmente sa productivité de 20 %, avec 15 % de salariés en moins. Les sous-traitants sont également mis à contribution. « Après avoir absorbé toute la trésorerie, ils s’en sont pris aux sous-traitants qui ont mis 1 million d’euros pour sauver l’entreprise », explique Loïc Santiere, syndicaliste à la CGT. Deux ans plus tard, l’entreprise cumule un déficit de 22 millions d’euros. En comité d’entreprise, les syndicats apprennent que les factures vers la filiale en Roumanie ne sont pas réglées. Six millions d’euros se seraient ainsi volatilisés. Et en guise de récompense, l’entreprise Simpa reçoit… 262 272 euros au titre du CICE pour 2013. Les salariés, eux, n’auront que les indemnités légales. « Nous sommes ruinés, et plus personne veut nous reprendre. Les collectivités ont déjà tellement raqué qu’elles n’ont plus confiance. Un des actionnaires ne faisait que ça, remplir des dossiers pour demander des subventions, des avances… L’argent public c’était leur banque », balance le syndicaliste.

Le but est de séparer les actifs pour « sécuriser l’actionnaire ».

À peine plus loin, voici l’usine Assa Abloy, fabricant des serrures ou de cadenas Vachette. Une usine ultra-performante qui, en 2013, a atteint 13 % de rentabilité. Peut mieux faire, dira leur direction qui, lors du dernier comité d’entreprise, a annoncé aux syndicats que deux projets de délocalisation vers la Roumanie, la Pologne ou la Chine, étaient à l’étude, dont l’un toucherait l’un des produits phares de la société, le cadenas D45. Assa Abloy, un groupe florissant qui malgré cela a touché la bagatelle de 755 000 euros de crédit d’impôt pour ses deux sites français Anjou, Aube. Ici, tout se fait en douce, pas de plan social. En moyenne, 25 à 30 salariés partent chaque année via des départs en retraite non remplacés, des départs plus ou moins volontaires et autres ruptures conventionnelles. En trente ans, le nombre de salariés est passé de 980, avec 150 cadres, à 540 avec seulement 240 ouvriers. « L’usine est devenue une plate-forme logistique, un centre de recherche et développement et un centre d’assemblage. La stratégie du groupe est simple : la production dans les usines à bas coût et les finitions là où l’on vend. »

À quelques kilomètres de là, direction Petit Jean. Une usine de fabrication de gigantesques poteaux électriques, un savoir-faire rare. Ici pas de fonds d’investissement, mais un industriel saoudien, Al Babhein, qui fabrique également des poteaux électriques, se pose en repreneur, sans doute avec l’idée d’abattre un concurrent. Très vite, avec la baisse des commandes publiques de 22 % et la perte de marchés à l’exportation, l’entreprise perd de l’argent. Le site s’enfonce en 2013 avec 8,5 millions d’euros de pertes. Pour stopper l’hémorragie, le Saoudien fait appel à un cabinet spécialisé dans le redressement des entreprises. Et en deux mois, le verdict tombe. 129 postes de travail sont menacés sur les 450 que compte le site. Pour projet industriel, ces mêmes experts proposent de découper l’entreprise en cinq filiales. Le but est de séparer les actifs pour « sécuriser l’actionnaire ». Et de se concentrer sur le marché français. « Un marché où nous sommes peu compétitifs car nous avons peu investi, commentent les syndicalistes. En s’y enfermant, nous allons droit dans le mur. » Ayant déjà mis en échec deux plans sociaux, les élus CFDT et la CFE-CGC se battent. Avec la nouvelle loi dite de « sécurisation de l’emploi » de 2013, rebaptisée par ces syndicalistes de « sécurisation des patrons », alors que leurs confédérations l’ont approuvée, la bataille est rude. Ces lois « n’ont pas été faites pour sauver nos industries mais pour faire passer les plans sociaux », dénonce Emmanuelle Riani, secrétaire du comité d’entreprise. À l’appel d’une intersyndicale, 80 % des salariés se mettent en grève pendant trois jours pour exiger une rencontre avec les actionnaires. Sans succès. Une expertise indépendante pour étudier un projet alternatif est attendue le 22 décembre, mais d’ores et déjà les syndicalistes ont identifié un problème : le manque d’investissement qui rend l’outil de production obsolète. « Pour la première fois, nous allons proposer aux salariés un plan qui nous projette dans l’avenir », note Denis Bezançon, délégué syndical CFE-CGC. En deux ans, le groupe saoudien aura touché pour son site industriel français près d’un million d’euros (420 000 en 2013 et 493 000 en 2014) au titre du CICE. Les salariés ont juste été informés mais pas consultés sur son utilisation. Pourtant eux ont plein d’idées mais aucun droit pour pouvoir contrer « les projets des actionnaires ». Saisie par toutes ces demandes, la CGT se mobilise, en organisant une manifestation contre les licenciements boursiers et en réunissant autour de la table l’ensemble des organisations syndicales afin de définir un cahier revendicatif qui sera remis au préfet.

http://www.humanite.fr/cice-champagne-pour-les-patrons-pain-sec-pour-les-salaries-559335

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