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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 


Examinons l'évolution des deux anciens partis marxistes-léninistes du monde islamique : Le Parti démocratique populaire d'Afghanistan (PDPA) et le Parti socialiste yéménite (YSP). Développement historique de ces partis et la manière dont ils se sont adaptés aux nouvelles circonstances du monde de l'après-guerre froide - Article et traduction Nico Maury / Rappel de la troisième partie ICI


La faucille et le Minaret: Il était une fois les communistes du Yémen et d'Afghanistan entre 1967 et 1992 (FIN)
Le YSP ET PDPA depuis 1986

Comme l'Union soviétique développe une nouvelle politique dans ses relations avec l'Occident après 1985, cela a eu un effet profond sur les régimes marxistes-léninistes au Yémen et en Afghanistan.

L'unification au Yémen, la guerre civile et l'affaiblissement du YSP

Au Yémen, l'accession d'Ali Salim al-Bid au poste de secrétaire général du YSP, couplé avec les changements de Moscou, provoque l'accélération des progrès pour la réunification du Nord et du Sud Yémen. En 1981, les négociations avaient permis d'établir une "constitution provisoire" d'un Yémen unifié, mais les deux parties avaient rejeté le projet. En Septembre 1989, une réunion au sommet eu lieu à Sanaa, et en Novembre 1989 (le même mois que la chute du mur de Berlin), le président du Yémen du Nord, Ali Abdullah Saleh, et Ali Salim al-Bid pour le Sud, ont annoncé à Aden que l'accord d'union qui remonte à 1981, serait mis en œuvre en 1990. L'unification formelle aura lieu le 22 mai 1990.

Ali Salim Al-Bid
Ali Salim Al-Bid
Les délégations sont à parts égales entre les dirigeants du Nord et du Sud. Saleh, président du Yémen du Nord, est nommé premier président du Yémen unifié, tandis que Ali Salim al-Bid est nommé vice-président. Al-Attas, président du Yémen du Sud et président du Présidium de l'Assemblée populaire devient Premier ministre. Selon l'accord, le cabinet et les vice-ministres sont partagés de manière égale entre les représentants du Nord et du Sud. Chaque ministère du gouvernement adopte un système de rendez-vous tout aussi équilibrée dans lesquels, par exemple, si le ministre est du Yémen du Nord, le vice-ministre vient du Yémen du Sud. Dans l'armée, le ministre de la Défense vient du Yémen du Sud et le chef d'état-major du nord du Yémen.

En mai 1991, le projet de constitution est approuvé lors d'un référendum. La première élection générale du Yémen se tient en Avril 1993, et fait élire 301 nouveaux députés au parlement. Les membres sont élus pour un mandat de quatre ans. Le Congrès général du peuple (CGP-Droite pan-arabique), dirigé par le président Saleh, obtient 123 sièges et arrive en tête des élections. Le YSP qui n'en remporte que 56 devient le troisième parti du pays. Les islamistes yéménites du parti Islah remportent 62 sièges, dépassant le YSP.

Une unité sud-yémenite pendant la guerre civile de 1994
Une unité sud-yémenite pendant la guerre civile de 1994
Le YSP décide de renoncer aux principes du socialisme lors d'une réunion du comité central, cette décision a suscité des critiques de très nombreux membres du parti. Dans son programme électoral de 1993, le Parti socialiste yéménite déclare que son principal objectif est la promotion de l'unité nationale, la démocratie, et la justice sociale. Il considère que le tribalisme est un problème (contrairement au CGP, qui prône la «famille élargie»), et cherche à « trouver une solution au problème du pouvoir tribal et à l'anarchie qui en résulte." Quant à l'islam, contrairement au CGP ou à Islah, qui décrivent l'islam comme le noyau de la vie, le YSP vise la création d'une université islamique au Yémen. (Jillian Schwedler, “Yemen’s Unlikely ‘Emerging Democracy’,” Journal of Democracy Vol. 12, No. 1 (2002), pp. 48-55; Jillian Schwedler, “Framing Political Islam and Democratization: Islamist Parties in Jordan and Yemen,” paper presented at APSA annual meeting San Francisco, CA, 2001, p. 36. )

Les querelles au sein du parti entre l'aile gauche, dirigée par al-Bid et les éléments plus modérés, menés par Jarallah Omar, ont empêché le YSP de tenir son congrès. D'autres difficultés politiques conduisent à une série d'assassinats de responsables du YSP. La crise politique éclate en Août 1994, lorsque le vice-président al-Bid refuse de quitter ses fonctions et se retire à Aden. De nombreuses initiatives de médiation sont entreprises mais des escarmouches éclatent entre des unités militaires de l'ancien Yémen du Nord et Yémen du Sud. La guerre civile commence en mai 1994. Le Premier ministre al-Attas et d'autres dirigeants du YSP ont uni leurs forces avec le vice-président al-Bid, réfugié à Aden. Le vice-président déclare l'indépendance de la nouvelle République démocratique populaire du Yémen.

La faucille et le Minaret: Il était une fois les communistes du Yémen et d'Afghanistan entre 1967 et 1992 (FIN)
La plupart des membres YSP ont refusé de se joindre à al-Bid et ont choisi de rester à Sanaa. Dans le Sud-Yémen, les dirigeants à Abyan, Hadramaout et d'autres provinces ont également refusé de rejoindre le groupe al-Bid. En fin de compte, les troupes du président Saleh dépassent celles d'al-Bid sur le champ de bataille. En Juillet 1994, al-Bid quitte le pays, et cherche l'asile politique en Oman. Son départ marque la fin d'une guerre civile de deux mois. A la fin de la guerre, le YSP est contraint de quitter le gouvernement de coalition et ses actifs sont saisis, y compris son siège. Parmi les principaux membres du YSP, la plupart des parlementaires (53 sur 56) ont été autorisés à poursuivre leurs activités politiques et rester au parlement, car fidèle au gouvernement de Sanaa lors de la guerre civile.

Depuis 1994, le YSP est divisé par des clivages régionaux à la fois idéologiques et organisationnels. Après son départ pour Oman, al-Bid est remplacé par Ali Saleh Obad (Muqbil), un membre de la vieille garde qui a choisi de rester à Sanaa au cours de la guerre civile de 1994. Obad, avec d'autres conservateurs de Shabwah, Hadramaout et d'Abyan (généralement associée à al-Bid) préconise une politique de boycott des élections, rejetant les pourparlers avec le gouvernement, et s'oppose à un changement d'idéologie du parti. Ali Saleh Obad aide à organiser en 1997 des manifestations et boycott les élections législatives de 1997. (Hezam Al-Yemeni, The Dynamics of Democratization: Political Parties in Yemen (Bonn: Friedrich-Ebert-Stiftung 2003), p. 66.)

D'un autre côté, les réformateurs préconisent activement la promotion d'un discours pacifique avec le gouvernement afin de retrouver les propriétés perdues par le YSP, souhaitent une modernisation de l'idéologie du parti, et rejoindre l'Internationale socialiste. (Hezam Al Yemeni, The Dynamics of Democratization, p. 61. )

Jarallah Omar
Jarallah Omar
Jarallah Omar est un personnage particulièrement important dans l'évolution du YSP depuis 1994. C'est un nordiste né dans le village de Kuhal dans la province de Ibb en 1942, et étudie la jurisprudence islamique à Dhamar. Pendant la guerre civile Nord yéménite de 1962-1968, Omar est emprisonné pour ses opinions politiques de gauche. En prison, il devient marxiste. Il sort de prison en 1968 pour se réfugier dans le sud du Yémen. De retour au nord il dirige les commandos des Forces de défense nationale dans le Nord, un conglomérat de cinq groupes visant à renverser le gouvernement militaire à Sanaa, mais est contraint de fuir vers le Sud à la fin des années 1970. Il est très vite membre du Politburo du YSP dans les années 1980 et est associé à la faction de Abd al-Fattah Ismail. Il rompt avec al-Bid pendant la guerre de 1994, et s'oppose à la sécession. Néanmoins, il est contraint de fuir le pays en 1994, pour revenir un an plus tard. Largement respectée au sein du parti, ainsi que par l'opposition, c'est un personnage clé dans la négociation de l'alliance en 2002 entre le YSP et Islah. Omar est assassiné en 2002, lors d'une réunion des Islah (officiellement par un membre du parti Islah Ali al-Jarallah). (BBC December 28, 2002 http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/middle_east/2611071.stm accessed March 28, 2004. )

En plus des différences idéologiques, les clivages régionaux et tribaux restent dans le YSP. Hezam al-Yemeni a identifié au moins trois groupes régionaux distincts. L'un est le groupe intellectuelle du Nord ou ceux (comme Abd al-Fattah Ismail) qui venait du nord pour travailler dans les raffineries pétrolières au sud pendant l'occupation britannique. La plupart de ces membres, comme Jarallah Omar, sont également des personnalités du FLN. Le deuxième groupe est le groupe des intellectuels du sud (ou Hadramawt), associée à Al-Bid et Obad. Le groupe tribal des militaires du Sud contient des éléments traditionnels et fortement tribaux issues des anciens gouvernorats du sud de Lahej, Al-Dhala'a et Yafa'a. Les membres de ce groupe ont occupé des postes clés dans l'armée du Sud et sont encore forts dans YSP. Ce groupe joue un rôle d'arbitre entre les réformateurs et les conservateurs du Nord du Sud.

La faucille et le Minaret: Il était une fois les communistes du Yémen et d'Afghanistan entre 1967 et 1992 (FIN)
Depuis le quatrième congrès du YSP (tenue en Novembre 1998), l'aile réformiste semble prendre le dessus. Un nouveau programme politique est adopté et adopte une identité sociale-démocrate et se veut «un parti social-démocrate qui se bat pour la construction d'un Etat moderne et démocratique, dont les pouvoirs respectent les principes fondamentaux de la Constitution, et proclame que le rôle des institutions doit être renforcé, un gouvernement local démocratique fondé, ou le droit prévaut, les citoyens sont égaux en droits et en devoirs, les droits de l'homme sont maintenus, et les institutions de la société civile à faire prospérer ».

Un changement de direction majeur s'est produit en faveur des réformateurs lors de la Conférence générale d'août 2000, quand Jarallah Omar et Saif Sayel sont élus secrétaires généraux adjoints.

Le YSP organise, depuis 1994, un retour en politique. Actuellement, le parti prétend avoir 300.000 membres, sur lesquels 20-25% sont des femmes, et 60-65% sont âgés de moins de 30 ans. Le YSP est un parti essentiellement sudiste. Lors des élections de 1993, après l'unification du pays, le YSP remporte 56 des 301 sièges, principalement dans le sud. En 1997, le YSP choisi de boycotter les élections législatives, en grande partie pour protester contre la répression contre le parti après le soulèvement de 1994, et la condamnation à mort par contumace de leaders comme al-Bid. Cela s'est avéré être une erreur stratégique majeure, bloquant la représentation du YSP, et son accès aux ressources (une grande partie des biens du parti avaient été confisqués par l'Etat après la rébellion avortée en 1994), de nombreux membres de la YSP (en particulier ceux déjà fidèle à Ali Nassir Muhammad) ont rejoint le GPC.

Affaibli par le harcèlement du gouvernement et par des pertes en termes d'adhésion, en 1998, le YSP cherche à inverser le cours des choses. Après avoir adopté des positions réformistes, avoir fait cause commune avec d'autres partis de l'opposition (comme Islah), le YSP commence à récupérer une partie du terrain perdu. Lors des élections locales de 2001, le parti remporte plusieurs sièges dans les conseils provinciaux et de district et gagne 227.223 suffrages (3,84% des voix) et huit sièges (sur 301) aux élections législatives d'avril 2003. En mai 2003, le président yéménite Saleh a publié un pardon pour la révolte de 1994 et les dirigeants de la rébellion al-Bid al-Attas, et 14 autres dirigeants du YSP ont été autorisé à retourner au Yémen. Leur retour en tant que membres du Comité central pourrait approfondir les luttes internes du YSP.

Le site du YSP : http://www.aleshteraki.net/
Le site du YSP : http://www.aleshteraki.net/

Le Dr Mohammad Najibullah
Le Dr Mohammad Najibullah
La guerre civile en Afghanistan et la disparition du PDPA

Le fractionnisme est un problème majeur au PDPA tant sous les années Karmal que sous la direction du Dr Najibullah Muhammad, un Parchami qui a dirigé en 1986 le Service d'information de l'Etat (Khadamate Ettelaate Dowlati-KHAD), une organisation de la police secrète. Najibullah, comme Taraki et Amin est un Ghilzai pachtoune, il est néanmoins associé aux Parchamis dès le début de sa carrière. Plus tard, il est concidéré comme un chef efficace et brutal du KHAD. Médecin de formation, Najibullah soutenait peu les factions, il parvient a gagner des Khalqists et des politiciens sans parti. Bien que Najibullah ait réussi à négocier avec les chefs tribaux pachtounes pour qu'ils se désengagent de la résistance, il reste une créature des Soviets. Sa sélection par les Soviétiques vient clairement de son succès à la tête du KHAD. Sa nomination, n'est pas principalement le résultat de la politique intra-partis, comme cela avait été le cas par le passé, mais plutôt le résultat direct de la pression soviétique.

Abdul Rashid Dostom
Abdul Rashid Dostom
Néanmoins, Najibullah est plus efficace que ses prédécesseurs, il établit des liens entre l'Etat et les éléments de la société. En Septembre 1986, il met en place la Commission nationale de compromis et contacte les opposants au régime. En Novembre, Karmal est remplacé en tant que président par un membre non-encarté, Haji Muhammad Samkanai, marquant la volonté du PDPA de s'ouvrir aux non-marxistes, et pour construire un programme de «réconciliation nationale». Il offert six mois de cessez-le-feu et lance des discussions pour constituer un éventuel gouvernement de coalition. En outre, Najibullah a proposé que les forces de résistance soient autorisés à conserver les zones sous leur contrôle. Le gouvernement Najibullah a poursuivi la tactique d'apaisement pour les commandants moudjahidin désabusés pour qu'ils coopèrent avec la milice gouvernementale. En fait, quelques-unes des meilleures troupes gouvernementales sont dirigées par des anciens commandants moudjahidin, comme Abdul Rashid Dostom (actuellement chef de guerre dans l'Afghanistan post-taliban).

Najibullah assure les membres du parti (notamment les Khalqists) qu'il n'y aurait pas de compromis sur les «réalisations» de la Révolution Saur. La stratégie de Najibullah de «réconciliation nationale» réussi à faire appel à de nombreux intellectuels et citadins, elle permet la constitution d'une milice utilisée pour défendre le régime. Mais par-dessus tout, c'était un moyen de gagner du temps pour se préparer à la guerre civile après le départ soviétique. En outre, Najibullah déclare au congrès du parti en Juillet 1990, que le PDPA renoncerait marxisme-léninisme et changerait son nom en Hizb el-Watan (la partie intérieure).

mai 1988, retrait des troupes soviétiques
mai 1988, retrait des troupes soviétiques
La signature des Accords de Genève entre l'Afghanistan et le Pakistan (sans la participation des moudjahidin dans les négociations) en 1988, a ouvert la voie pour le retrait de l'armée soviétique, retrait qui s'achève le 15 février 1989. La plupart des observateurs, tant soviétiques qu'occidentaux, s'attendaient a voir e régime du PDPA / Watan à Kaboul tomber rapidement. Cependant, des victoires militaires du gouvernement sur les moudjahidin, notamment lors de la bataille de Jalalabad, vont dissiper ces rumeurs. Les moudjahidins ont été traumatisé par cet échec et ont démontré leurs faiblesses en termes de stratégies et de tactiques, faiblesses, ils n'ont jamais été pleinement en mesure de surmonter au cours des trois prochaines années.

D'autre part, la victoire à Jalalabad a considérablement ravivé le moral du régime PDPA / Watan. Najibullah enhardi voit sa position renforcée, de plus le flot de matériel militaire et économique apportée par l'Union soviétique après Jalalabad continue. En 1990, le soutien soviétique au régime Najibullah atteint une valeur de 3 milliards de dollars par an.



(Après le retrait des troupes soviétiques d'Afghnanistan, l'armée gouvernementale à Kaboul s'attend à une vaste offensive de la Résistance: Les moudjahedins tenteraient d'attaquer et de s'emparer de Jalalabad, dont le contrôle leur ouvrirait la route jusqu'à la capitale. Reportage effectué quelques jours avant l'offensive des moudjahedins du côté de l'armée régulière.)

L'effondrement de l'Union soviétique en 1991 clot toute aide extérieure. Le 1er Janvier 1992, la Russie avec les Etats-Unis cessent toute aide aux protagonistes de la guerre civile afghane. Le gouvernement de Najibullah commence à s'écrouler et de vieilles rivalités apparaissent au sein du parti. En Mars 1990, le chef des moudjahidins, Gulbuddin Hekmatyar, a collaboré à une tentative de coup d'Etat du ministre de la Défense Khalqi Shahnawaz Tanai. Le coup a échoué et Tanai fui au Pakistan.

La stratégie de Najibullah est d'acheter de nombreux groupes de moudjahidins avec des fournitures, des armes et de l'argent pour qu'ils deviennent des milices gouvernementales. Cependant, en 1992, les fonds sont asséchés et les allégeances émiettés. Au printemps de 1992, des desertions massives de nombreux miliciens et officiers de l'armée (y compris Abdul Rashid Dostom) conduisent à une perte catastrophique de moral dans l'armée. Le 18 Mars, Najibulah annonce sa volonté de démissionner afin de faire place à un gouvernement intérimaire neutre. Il tente de quitter Kaboul le 17 Avril, mais il est arrêté par les troupes de Dostom, qui contrôlent l'aéroport de Kaboul et qui sont placées sous le commandement du frère de Babrak Karmal, Mahmud Baryalai (Baryalai dirige un groupe de Parchamis raliés aux moudjahiddines). Najibullah trouve refuge à la mission de l'ONU à Kaboul, où il reste jusqu'en 1996, lorsque les talibans l'exécute. Les commandants moudjahidin, Ahmad Shah Massoud et Dostom, entrent à Kaboul en Avril, et suppriment le régime du PDPA / Watan.
Assassinat de Najibullah en 1996 par les Talibans
Assassinat de Najibullah en 1996 par les Talibans

Kaboul après sa capture par les moudjahedins en 1992
Kaboul après sa capture par les moudjahedins en 1992
Qu'est-il arrivé aux restes du PDPA après l'effondrement du régime en 1992 et l'exécution de Najibullah en 1996?

De nombreux membres du PDPA et des chefs de la faction Khalqust ont rejoint les moudjahidins. Ils travaillent dans les différentes armées des seigneurs de guerre, en particulier pour les chefs de guerre pachtounes du sud. Shahnawaz Tanai, l'ancien ministre de la défense et Khalqist qui avait tenté un coup d'Etat contre Najibullah en 1990, rejoint Hekmatyar et devint plus tard un taliban. Au Pakistan à la mi-1994, Tanai avait formé un nouveau parti appelé le Mouvement pour la paix en Afghanistan, il aurait aidé le mouvement taliban avec l'aide d'anciens officiers formés de Khalqist, en particulier des commandants de chars et des équipages, des pilotes et des artilleurs. (“Tanai Group Split into Two Factions,” The Frontier Post (April 28, 2002), p.1. )

Hamid Karzaï, élu Président lors de la Loya Jirga de 2002
Hamid Karzaï, élu Président lors de la Loya Jirga de 2002
D'autres Khalqists ont des relations étroites avec le régime actuel, comme Babrak Shinwari, ancien chef au PDPA des affaires de la jeunesse sous Taraki et Amin, qui a migré vers Peshawar au Pakistan durant l'hiver de 1992. Il est élu membre de la Loya Jirga de la province de Nangahar, après la défaite des Talibans et l'ascension d'Hamid Karzaï en 2002. (I. Shinwari, “Khalq leader off to Kabul for Jirga,” Dawn (June 7, 2002), p. 1. )

Un autre ancien général Khalqist a bénéficié de la protection des politiciens du gouvernement afghan, c'est actuel gouverneur de Kandahar, Nur al-Haq Olumi, qui jouit de bonnes relations avec de l'actuel ministre de la Défense, Mohammad Qasim Fahim. Olumi a fondé une organisation politique, le Parti national uni d'Afghanistan (APNU).
(“Resurgence of Communists in Afghanistan,” The Daily Mail (Islamabad) (October 8, 2003), p.1. )

Les Parchamis, s'exilent en Europe (notamment au Royaume-Uni et aux Pays-Bas). Plusieurs Parchamis ont fui à l'étranger, y compris l'ancien premier ministre de Babrak Karmal et Najibullah, Sultan Ali Kishtmand, qui s'installe à Londres. Suleiman Laiq, l'ancien ministre de la Culture et poète qui a écrit les paroles de l'hymne national afghan, est installé en Allemagne . Le frère de Babrak Karmal, Mahmoud Baryalai, ancien vice-premier ministre, est rentré en Afghanistan en 2002. Selon un rapport, son retour en Afghanistan a été facilité par les Russes, qui ont favorisé une alliance entre l'Alliance du Nord et les anciens membres du PDPA (deux Parchamis et Khalqists) en opposition aux talibans. (G.R. Roashan, “Return of the Commies,” Omaha: Institute for Afghan Studies.  accessed March 21, 2004. )

Alors que les anciens Khalqists se sont alliés avec les talibans ou d'autres seigneurs de guerre moudjahidin, les Parchamis se sont largement organisés en dehors de l'Afghanistan, en exil, principalement en Europe et aux États-Unis. La plus grande de ces organisations est le Parti démocratique d'Afghanistan Watan, qui opère à partir de l'Allemagne et qui est le parti de successeur direct au Parti PDPA / Watan. Le parti a envoyé des délégués à divers congrès de la gauche européenne depuis 1995 et a participé a une conférence d'unité des forces afghans et pakistanais de gauche en mars 1999. Le parti est actuellement dirigé par un ancien, Parcham, Mohammed Issa.

Parti démocratique d'Afghanistan Watan (http://www.payamewatan.com/)
Parti démocratique d'Afghanistan Watan (http://www.payamewatan.com/)
En Octobre 2002, une conférence du parti se tient à Francfort, en Allemagne. Le parti rejette le marxisme-léninisme, mais continue d'appeler à la réconciliation nationale et l'instauration d'un gouvernement laïc en Afghanistan. L'islam est reconnu comme une force importante en Afghanistan, mais le programme insiste sur le fait que «nous ne permettrons à personne d'abuser de l'islam ou d'autres religions à leurs propres fins. » Le programme du parti insiste pour que la religion soit tenu à l'écart de la politique et du gouvernement (Democratic Watan Party Program, 2002.http://www.watanpartyofafghanistan.com/pages/784408/index.htm, accessed December 2003. )

Un autre groupe Parcham fonde le Parti démocratique du peuple d'Afghanistan (Hezb-e demokrâtik-e Khalq-Afghanistan), dirigé par Suleiman Laiq, il est soutenue par d'anciennes personnalités du régime, tels que Kishtmand.

Des militaires US en patrouille
Des militaires US en patrouille
Malgré toutes ces activités, les communistes afghans restent extrêmement divisés, non seulement le long de l'ancienne ligne de clivage Khalqist-Parchami, mais aussi générationnelles. Par exemple, il reste des tensions dans la communauté émigrée entre anciens Parchamis comme Laiq et Kishtmand et les jeunes leaders comme Issa.

Néanmoins, aucune des organisations successeurs du PDPA/Watan, soit Khalqist ou Parchami, n'a ouvertement participé aux élections législatives de 2004. Une interdiction des activités communistes est adoptée en Février 2002 par le gouvernement Karzaï.

L'interdiction est contestée par l'APNU, mais le 25 Août 2003 , la Cour suprême statue contre la demande de l'APNU de pouvoir s'inscrire pour les élections législatives. Non seulement la demande est rejetée, mais le tribunal a émis son intention de poursuivre les anciens communistes comme Olumi. (“Afghanistan: Supreme Court Rules Against Communists,” RFE/RL Reports (August 25, 2003) p. 1. )

Ainsi, il reste extrêmement difficile pour les successeurs du PDPA à trouver leurs places dans l'Afghanistan post-taliban.

La faucille et le Minaret: Il était une fois les communistes du Yémen et d'Afghanistan entre 1967 et 1992 (FIN)
Conclusion

En comparant les expériences du Parti socialiste yéménite et du PDPA, il est clair que le premier a beaucoup mieux résisté après l'effondrement de l'Union soviétique. Il y a plusieurs raisons à cela, mais peut-être la plus frappante est que le YSP était beaucoup encré dans la société yéménite que ce n'était le PDPA dans la société afghane.

Bien que l'intervention continue de l'Union soviétique dans la politique afghane ait certainement affaibli la position du PDPA et a entravé sa capacité à établir son identité, les choix effectués par le PDPA n'ont pas aidé. La confrontation des Khalqist avec des personnalités islamiques, l'incapacité du PDPA, dans son ensemble, a étendre ses racines sociales au-delà de sa base intellectuelle et militaire, le fractionnisme incessant et institutionnalisé, signifie que lorsque le soutien soviétique c'est arrêté, le régime a vite vacillé.

Malgré la subsistance d'un certain degré de sympathie, et même de nostalgie, du régime du PDPA, chez de nombreux Afghans ( See “Shoddy Maneuvers to Form Government,”The Guardian (October 31, 2001), p. 1. ) et malgré le fait que les États-Unis coopèrent avec des anciens communistes comme des couvertures laïques contre l'islamisme radical, le PDPA est resté largement inefficace et apparemment incapable de profiter de l'évolution des choses depuis le 11 Septembre 2001.

Il y a au moins 15 partis enregistrés qui se réclament du PDPA/Watan (Islamists, Leftists – and a Void in the Center. Afghanistan's Political Parties and where they come from (1902-2006))

La faucille et le Minaret: Il était une fois les communistes du Yémen et d'Afghanistan entre 1967 et 1992 (FIN)
Quel futur pour le YSP et le PDPA / Watan?

En ce qui concerne le YSP, le parti dispose de nombreux atouts sur lesquels il peut capitaliser. Premièrement, il est seulement parti du Yémen a être à gauche et laïc, il a toujours des soutiens parmi certains intellectuels et chez les femmes. Deuxièmement, le parti reste le parti national du sud du Yémen et continue d'avoir un fort soutien dans ce secteur. Troisièmement, le parti a muté après 1998, et son idéologie est beaucoup plus plus libérale et démocrate que socialiste.

D'autre part, il continue à faire face à une grave crise financière, et crise de leadership (en particulier depuis l'assassinat de Jarallah Omar), il y a toujours une opposition intense entre la vieille garde marxiste et les réformateurs démocratiques libéraux. Néanmoins, il est peu probable que le YSP disparaisse de la scène politique et il reste le parti communiste qui rencontre le plus de succès dans le monde islamique, il joue un rôle important dans l'expérience fragile du Yémen.

L'avenir du parti PDPA / Watan et de ses successeurs est beaucoup plus trouble. Le mouvement s'est fragmenté et il y a peu de progrès pour établir l'unité des communistes (malgré quelques timides efforts dans les années 1990). Beaucoup d'anciens dirigeants du PDPA (en particulier Khalqists) se sont liés à des chefs de guerre et sont peu susceptibles d'abandonner leurs nouveaux patrons pour promouvoir la démocratie sociale dans l'Afghanistan post-taliban. En outre, les électeurs «naturels» du parti (notamment l'aile Parchami), les intellectuels et professionnels, ont émigré après la chute du régime en 1992, et le nouveau gouvernement à Kaboul n'est pas désireux de les voir de retour. Il reste aussi des obstacles juridiques pour les ex-communistes en Afghanistan, ce qui rend difficile d'organiser un descendant politique du PDPA.

Néanmoins, le régime Karzaï a besoin d'administrateurs expérimentés et de professionnels formés à la reconstruction du pays, car la politique américaine est de promouvoir les forces politiques de la région qui favorisent la laïcité, permettant une ouverture structurelle pour les successeurs du PDPA.

Révolution yéménite de 2011-2012
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