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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



Marxisme-Léninisme et idéologies politiques

Alors que le Bitcoin s'effondre sur les marchés financier et n’apparaît être finalement qu'un placement spéculatif comme un autre, je vous propose un décryptage de ce dernier et des crypto-monnaies par le journaliste indien Prabir Purkayastha* dans l'hebdomadaire du Parti Communiste d'Inde (Marxiste) "Peoples Democracy" - traduction Nico Maury


Le mythe monétaire du "Bitcoin" et des crypto-monnaies
La crypto-monnaie Bitcoin a vu son prix exploser au cours des 12 derniers mois, ce qui fait d'elle l'un des actifs les plus volatil sur le marché. Qu'il s'agisse d'une monnaie - une unité monétaire qui peut être échangée contre des biens - est une autre question. À son prix actuel en dollars, 1 bitcoin se négocie pour 9120 $, une baisse d'environ la moitié de sa valeur (19.206 $ le mois dernier). C'est encore neuf fois ce qu'il représentait il y a seulement 12 mois. Parmi toutes les crypto-monnaies existantes, le Bitcoin est de loin le plus important. Les prix de toutes les autres crypto-monnaies suivient les fluctuations du Bitcoin.

Les bitcoins et les crypto-monnaies ne sont pas créés par les gouvernements, et leurs prix sont hors du contrôle des gouvernements. Cela fait d'elles un rêve libertarien. Pour celles et ceux qui ne sont pas familiers avec cette école politique étasunienne, les libertariens sont ceux qui s'opposent à tout rôle étatique dans l'économie, mais croient passionnément en son rôle répressif et protecteur de la propriété privée. Cela ne doit pas être confondus avec les anarchistes, qui, contrairement aux libertariens, s'opposent à la propriété privée.

Il existe des idées fausses fondamentales à propos de ces crypto-monnaies, l'une d'entre elles étant l'absence de réglementations. Ces crypto-monnaies peuvent être réglementés du moment qu'elles rentrent dans divers marchés et échanges. La Corée du Sud a annoncé vouloir réglementer les Bitcoins, cette annonce a fait s'effondrer de manière significative les cours du Bitcoin en quelques jours seulement.

La plus grande partie des Bitcoins sont détenues dans ce qu'on appelle les portefeuilles numériques, créés par des sociétés, qui fonctionnent également comme des échanges. Toutes ces entreprises existent sous une juridiction légale. Les Bitcoins s'échangant contre d'autres devises dans différents pays peuvent être concernés par les règles de contrôle des changes des gouvernements. Tous ces portefeuilles peuvent être imposés par des taxes sur les transactions financières et les gouvernements peuvent inclure les crypto-monnaies dans le calcule des impôts et ainsi percevoir des revenus publics sur les gains en capital. Le problème c'est que ce type de taxation du capital est un anathème pour les oligarchies financières qui dirigent les gouvernements aujourd'hui.

QU'EST-CE QUE LES CRYPTO-MONNAIES?

Contrairement aux gouvernements qui impriment des devises légales et garantissent leur valeur, dans le monde de la crypto-monnaie qu'est ce qui détermine le montant échangé ? appartient-il vraiment à la personne qui initie l'échange ? A l'heure actuelle il existe deux supports : le papier-monnaie, imprimé et garanti par l'État, reconnu par les deux parties après une vérification est presque instantanée. Et l'argent numérique avec la quelle une banque, ou une société de cartes de crédit, vérifie les transactions, à travers un système de comptabilité centralisé.

Comment ça marche pour les crypto-monnaies ? Comment les crypto-monnaies sont-elles créées et comment sont-elles échangées sans une autorité centralisée ? Satoshi Nakamoto, le pseudonyme utilisé pat le fondateur du Bitcoin, propose une solution cryptographique pour résoudre ce problème. Sa solution combine les deux parties du problème : comment les transactions pouvnt-elles être reconnues et comment la monnaie peut elle être créée. Il a crée un modèle de traitement, sans vérification centralisée des transactions, créant une technologie maintenant connue sous le nom de blockchain.

La technologie Blockchain est un système de ledgers (livre de compte) qui distribue et vérifie collectivement ces transactions. L'enregistrement de toutes les transactions se trouve dans une chaîne de blocs, d'où le nom.

En 2008, Nakamoto a détaillé comment une monnaie pouvait être créée et maintenue sans autorité centrale. Cet argent dépendrait de la puissance de calcul et d'un ensemble distribué par des ordinateurs qui garderait un enregistrement de ces transactions. Chaque nœud du système aurait alors une copie de ce registre, et ces registres distribués vérifieraient les transactions, rendant presque impossible la fraude du système.

Comment les transactions en Bitcoin sont-elles vérifiées et comment sont créés les Bitcoins? Chaque bloc du système "blockchain" contient un ensemble de transactions en Bitcoin. Vous ne pouvez pas enregistrer deux transactions avec le même ensemble de Bitcoins, car la vérification montrerait que vous ne les possédez plus. Pour chaque bloc de transactions à reconnaître et à ajouter au système, tous les nœuds travaillent simultanément à «reconnaître» ce bloc en intégrant les transactions dans un problème de calcul, puis en le résolvant. Une fois qu'un nœud trouve la réponse, il est transmis à tous les autres nœuds, qui peuvent vérifier que c'est bien la bonne réponse. Une fois qu'un ensemble de nœuds a accepté la réponse, ce bloc est ajouté par tous les nœuds du système. Le nœud à l'origine de la solution obtient alors un ensemble de Bitcoins - actuellement i faut 12,5 Bitcoins - pour résoudre le problème.

Bien que la réponse soit facile à vérifier - s'agit-il d'un bloc de transactions valide - elle nécessite beaucoup de calculs et comporte un élément de chance. Cela nécessite des machines puissantes. À mesure que les machines deviennent plus puissantes et que plusieurs nœuds sont ajoutés au système, le niveau de difficulté augmente, de sorte que le taux d'extraction - 12,5 Bitcoins toutes les 10 minutes - reste presque constant. Le nombre de Bitcoins attribués est également en baisse et s'est réduit de moitié depuis 2016, et continuera à être réduit de moitié à l'avenir. Le nombre final de Bitcoins qui peuvent être créés par cette méthode ne peut pas dépasser 21 millions de Bitcoins, un nombre qui devrait être atteint autour de l'année 2140. Jusqu'à présent, environ 80% de tous les Bitcoins qui peuvent être créés ont été libérés dans le système.

Toute personne qui achète, vend ou crée des Bitcoins, a besoin d'une clé personnelle, une chaîne de caractères, connue uniquement de la personne. La clé privée est associée à une clé publique dans le domaine public, qui peut ensuite être utilisée pour décoder tout ce qui est chiffré par la clé privée appariée. La crypto-monnaie est associé à une clé, et non à une personne et sans la clé, il n'y a pas d'accès à l'argent. Si vous perdez votre clé en raison d'un crash du disque dur, ou si votre ordinateur est piraté, vous perdez également votre accès à la crypto-monnaie. Et dans ce paradis libertarien, vous ne pouvez pas vous plaindre pour avoir perdu votre mot de passe et en demander un nouveau, ni vous plaindre que quelqu'un vous a volé votre clé. Votre clé, dans le monde Bitcoin, c'est vous !

LE BITCOIN OU L'ARGENT CRYPTEE?

L'argent, comme nous le savons a deux fonctions. Il peut être utilisé pour les transactions, ou il peut être détenu comme une réserve de valeur. Est-ce que Bitcoin est un moyen de transaction, ou est-ce une réserve de valeur ? Ou est-ce les deux, comme presque toutes les monnaies ?

Je soutiens que les Bitcoins ne peuvent être utilisés de manière significative pour des transactions, sauf dans un sens très restrictif. C'est une classe d'actifs, et les pressions spéculatives expliquent la volatilité de son prix. Je me limite ici au Bitcoins, en le considérant comme représentatif des autres crypto-monnaies.

La raison pour laquelle les Bitcoins ne sont pas utilisés pour les transactions de tous les jours, contrairement à toutes les autres formes de monnaie, vient du fait qu'il ne peut répondre aux demandes de monnaies. Toute transaction monétaire est indépendante de toute autre transaction qui se déroulent simultanément dans le système. Le Bitcoin est entièrement évolutif, soumis uniquement à la quantité de monnaie dans le système. Dans le monde des transactions numériques, les systèmes de cartes de crédit peuvent aujourd'hui traiter 60.000 transactions par seconde. Le Bitcoin, car il implique la résolution d'un problème cryptographique difficile, ne peut actuellement gérer que 3 à 7 transactions par seconde. Cela signifie que les délais d'exécution des transactions peuvent aller de quelques minutes à quelques heures, et que, si c'est pour des transactions quotidiennes, les coûts de transaction peuvent représenter une très grande partie de la transaction elle-même.

Un ensemble de transactions avec une crypto-monnaie peut encore se produire dans le monde réel. Ce sont souvent des transactions criminellesliées à un piratage de votre ordinateur en utilisant des ransomware et ces cybercriminels exigent d'être payés en Bitcoins. En dehors de ces transactions criminelles, il ne semble pas y avoir de raison pour que les transactions dans le monde réel se déroulent en Bitcoins.

Pourquoi la valeur des crypto-monnaies est-elle si forte ? Comme nous avons répondu, c'est en grande partie de la spéculation. Plus de 40% de tous les Bitcoins sont détenus par moins de 1000 comptes, ce qui peut entraîner des manipulations importantes sur le marché. En outre, avec les flux transfrontaliers devenant importants à l'ère des paradis fiscaux, un certain nombre de super-riches veulent couvrir leurs fraudes en conservant leurs richesses sous différentes formes comme les Bitcoins. À l'ère de l'oligarchie financière mondiale, le battage médiatique pour les Bitcoins et ses fluctuations sauvages sont simplement des indicateurs de la criminalisation croissante du système financier.

Peoples Democracy

*Biographie rapide : Prabir Purkayastha, membre du CPI(M), n'est pas économiste, mais il développe ses analyses autour des impacts sociaux du développement des nouvelles technologies et du numérique, il anime la rubrique "Science and Development Issues" dans l'hebdomadaire du Parti Communiste d'Inde (Marxiste) "Peoples Democracy".

Nicolas Maury
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Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération du Rhône (69) - Secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Les publications sur ce blog n'engagent pas la responsabilité de la section de Vaulx-en-Velin du PCF, mais uniquement de son auteur.

Perspectiva comunista (CAT)

Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Rhône (69) - Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

Les publicacions en aquest bloc no comprometen la responsabilitat de la secció de Vaulx-en-Velin, però només el seu autor.

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