Le Bureau politique du Comité central du Parti communiste du Venezuela (PCV) rejette catégoriquement le nouveau et grave transfert de biens nationaux effectué par le triumvirat illégitime et illégal qui exerce de facto le pouvoir au Venezuela.
Les informations révélées ces derniers jours confirment le transfert d'un cinquième des réserves pétrolières du Venezuela à des entreprises américaines par le biais d'accords négociés dans le dos du peuple vénézuélien, sans transparence et en dehors des contrôles constitutionnels qui devraient régir toute opération compromettant les intérêts stratégiques de la République.
Delcy Rodríguez a confirmé le transfert de 17 gisements pétroliers stratégiques, dont le potentiel prouvé s'élève à environ 65 milliards de barils. Selon la liste qui a circulé, ces gisements ne sont pas tous totalement inexploités. L'accord prévoit de nouveaux développements sur des gisements où la production pétrolière est déjà avérée et où une expertise opérationnelle de plusieurs décennies a été accumulée.
Il ne s'agit pas d'un accord mineur ni d'une simple transaction commerciale. Nous assistons au transfert d'une part importante du patrimoine national dans des conditions inconnues du pays et sans le débat public ni le contrôle parlementaire prévus par les articles 150 et 187 de la Constitution.
Une fois de plus, les questions fondamentales de la vie politique et économique vénézuélienne sont annoncées depuis la Maison Blanche et Miraflores se contente d'acquiescer.
D'après les informations qui circulent depuis l'annonce de Donald Trump, le département de la Guerre des États-Unis serait directement impliqué, par le biais de sociétés liées au développement de ces projets pétroliers.
Ce fait révèle avec une clarté absolue la nature de la nouvelle relation imposée au Venezuela. Il ne s'agit pas d'intérêts communs entre deux pays négociant sur un pied d'égalité et dans le respect mutuel. Nous assistons à une politique américaine visant à garantir ses propres intérêts énergétiques, économiques et stratégiques en renforçant son contrôle sur les ressources vénézuéliennes.
Trump lui-même, qui a qualifié l'accord de « cadeau », a clairement indiqué son intention d'utiliser le pétrole brut vénézuélien pour satisfaire les besoins énergétiques des États-Unis, notamment pour reconstituer leurs réserves stratégiques. Ainsi, le pétrole vénézuélien, patrimoine de notre peuple, finira par alimenter la machine économique et militaire américaine.
Le pétrole vénézuélien devient une ressource stratégique au service des prétentions suprématistes de l'impérialisme américain à l'échelle mondiale, renforçant ses projets bellicistes et l'expansionnisme terroriste du sionisme israélien.
Delcy Rodríguez affirme que la souveraineté nationale a été préservée. Pourtant, sa réforme illégitime de la loi sur les hydrocarbures organiques démontre exactement le contraire.
La réforme promue par le triumvirat ouvre la voie à ce que les entreprises transnationales exercent non seulement un contrôle opérationnel sur les projets pétroliers stratégiques, mais aussi qu'elles participent directement aux décisions fondamentales concernant l'exploitation des ressources nationales.
Cette situation est aggravée par un démantèlement sans précédent du système fiscal. La nouvelle législation supprime et assouplit une série d'obligations fiscales et réduit les engagements financiers des entreprises privées du secteur pétrolier.
Alors que le peuple vénézuélien subit des salaires misérables, des services publics qui se détériorent et des difficultés croissantes à satisfaire ses besoins fondamentaux, le capital transnational bénéficie de conditions extraordinairement favorables pour s'approprier une part toujours plus importante de la richesse pétrolière.
La situation est particulièrement honteuse pour ceux qui, pendant des années, ont bâti leur discours politique sur la défense de la souveraineté nationale et la dénonciation de l'impérialisme américain. Le triumvirat a fini par subordonner la politique économique nationale aux impératifs de sa propre survie politique. Aujourd'hui, ils font office de gardiens de la Maison-Blanche.
Ils ne peuvent plus accuser ceux d'entre nous qui dénoncent cette réalité de faire le jeu de l'impérialisme. Aujourd'hui, la Maison-Blanche est devenue une autorité centrale sur les décisions fondamentales concernant la vie politique et économique du Venezuela, tandis que le triumvirat illégitime met en œuvre et garantit ses desseins.
Le PCV rappelle au triumvirat que l'article 138 de la Constitution de la République établit avec une clarté absolue que « toute autorité usurpée est inefficace et ses actes sont nuls ».
Ceux qui exercent le pouvoir sans légitimité constitutionnelle ne peuvent impunément compromettre le patrimoine national ni hypothéquer l'avenir du peuple vénézuélien.
Le PCV condamne ce pillage barbare, présenté aujourd'hui sous un couvert de rhétorique technocratique visant à donner une fausse apparence de rationalité et de légalité au pillage flagrant du patrimoine national.
Pendant des années, la direction autoritaire du PSUV a utilisé les sanctions pénales et le blocus comme mécanismes pour agir dans le secret, contourner les contrôles et permettre l'enrichissement illégal de secteurs privilégiés au détriment de la souffrance de millions de Vénézuéliens. Aujourd'hui, elle entend instrumentaliser le discours du « pragmatisme » pour justifier une nouvelle capitulation.
Le peuple vénézuélien ne peut accepter que la crise nationale serve de prétexte pour céder les richesses stratégiques du pays à des entreprises étrangères.
Le redressement du Venezuela exige transparence, souveraineté, contrôle démocratique et participation populaire. Il nécessite le rétablissement de l'ordre institutionnel, la pleine application de la Constitution et la restitution au peuple vénézuélien de son droit de décider du sort de ses ressources.
Face au pillage, à la capitulation et à la servitude, le Parti communiste du Venezuela (PCV) réaffirme son engagement indéfectible envers la défense de la souveraineté nationale, des droits démocratiques et des intérêts de la classe ouvrière et du peuple. Ce moment historique exige que nous avancions vers une unité populaire, patriotique, démocratique et anti-impérialiste aussi large que possible.
Non à la cession du pétrole vénézuélien !
Pour le rétablissement de l'ordre constitutionnel et de la pleine souveraineté du peuple vénézuélien !