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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



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Présidentielles 2012 : Jean Luc Mélenchon Front de Gauche

Les petits patrons votent pour le smic à 1 700 euros !
J’ai voulu apporter ma contribution au débat en expliquant pourquoi les arguments du candidat du Front de Gauche étaient en corrélation avec la gestion d’une TPE ou d’une PME. Je l’ai fait d’abord en publiant un appel sur AgoraVox puis un billet sur Mediapart repris par Le Yeti, blogueur émérite de Rue89.

Maintenant, il serait bon de synthétiser ces billets avec les commentaires apportés (plusieurs centaines) pour en faire une tribune cohérente. J’aborde donc, dans cet article, des thèmes de campagne adaptés au monde de l’entreprise en essayant d’être le plus clair possible.

Je rappelle pour info, mais aussi pour rester dans le témoignage à visage découvert, que je dirige une petite entreprise, Spin SAS, composée de trois magasins en Nord Isère, comptant actuellement huit salariés (dont je fais partie), deux femmes et six hommes. Il y a six CDI, un contrat de professionnalisation et un CDD sur une mission spécifique.
Smic à 1 700 € et autres mesures financières

Une remarque liminaire : la proposition du Front de Gauche est de passer le smic à 1 700 euros brut en début de mandat présidentiel puis de l’augmenter progressivement pour arriver à 1 700 euros net. La première augmentation est donc de 21% par rapport au smic actuel d’environ 1 500 euros brut (9,19 euros brut horaire). Rien d’exceptionnel ni d’insurmontable, cela a déjà été fait en 1936, en 1968 et en 1981 à des niveaux équivalents.

Donc ce salaire à 1 700 euros brut qui, rappelons le, laisse environ 1 200 euros net au salarié va entraîner, en première réaction, une hausse du coût du travail. D’où les cris d’orfraies de mes camarades patrons qui se voient d’ores et déjà perdre des commandes à cause de cette charge.

J’ai pu lire aussi des propositions pour reporter les charges patronales et les cotisations salariales sur la TVA ou la Contribution Sociale Généralisée (CSG). Outre que cela ressemble à la TVA sociale qui, elle, va générer une inflation et ne pénalisera ni les importations, ni les entreprises qui consomment elles aussi (et pour lesquelles la TVA se récupère), cette proposition n’engendre pas un cercle vertueux comme l’est l’augmentation du smic accouplée à d’autres mesures détaillées ci-après.
La consommation des smicards va générer de la croissance

Car si l’on augmente le smic, des millions de salariés vont disposer de centaines de millions d’euros supplémentaires à la fin du mois. Prenons un exemple simple :

Un couple qui gagne deux smic aujourd’hui soit environ 2 100 euros nets et qui, une fois le loyer payé, la nourriture et les frais de scolarité des enfants, se retrouve à la fin du mois avec un découvert de 100 euros alors qu’il doit changer de machine à laver. Et bien, il ne peut pas directement, il fera un crédit qui lui augmentera son découvert mensuel d’autant : le cercle vicieux démarre avec les frais que cela engendre.

Si le même couple touche maintenant 2 400 euros par mois, il n’a plus de découvert à la fin du mois et peut se permettre d’acheter sa machine à laver en deux ou trois fois sans frais. Ce couple n’a plus d’agios ni d’intérêts à régler tous les mois, il peut envisager la vie plus sereinement.

Ce que je veux dire par là, c’est que ces smicards vont consommer l’argent qu’ils ont en plus, et cette consommation va générer la croissance dont nous avons besoin. Pour mon cas personnel, combien de machines à laver, de réfrigérateurs, de téléviseurs ou d’ordinateurs vais-je vendre en plus ? A mon avis, bien assez pour compenser l’augmentation de salaires que je vais donner à mes employés.

Et rappelons que Jean-Luc Mélenchon a aussi proposé de moduler les taux des charges patronales en fonction des entreprises. Une entreprise citoyenne respectueuse des règles financières et sociales sera moins chargée qu’une grosse multinationale qui met son siège social dans un paradis fiscal. Enfin, un pôle de financement des entreprises nous permettra de ne pas nous heurter à un mur bancaire lorsque nous traversons des difficultés passagères. Le principe de la Caisse de Solidarité Productive est aussi envisagé, permettant, en prélevant un peu sur la trésorerie des très grandes entreprises, de parer aux intempéries économiques subies par les petites entreprises.
Mon but n’est pas de gagner de l’argent

Oui mais, m’a-t-on dit, tes smicards vont acheter des produits chinois, ça va augmenter le déficit commercial et ne pas augmenter le PIB. Et bien, je rappelle que le programme du Front de Gauche propose plusieurs mesures de correction. Par exemple, une taxe kilométrique qui pénalisera les produits importés. Autre exemple : favoriser la réimplantation d’industries locales par la commande publique boostée par un plan de relance national. La possibilité offerte aux TPE et PME de répondre aux offres publiques contribuera aussi à cette relance.

Oui mais, comment on va payer ça ? Avec notre dette ? Tout le monde connaît la réponse : création d’un pôle bancaire central qui financera les dépenses de l’Etat par des prêts à taux nul ou quasi nul. Il n’y a aucune raison que le secteur bancaire privé continue à toucher des dizaines de milliards d’euros d’intérêts sur de la dette publique. Nous avons payé en trente ans plus de 1 300 milliards d’euros d’intérêts. Si nous avions emprunté à la Banque de France à 0% dans les années 70, nous n’aurions quasiment pas de dettes aujourd’hui.

En résumé, d’un point de vue financier pour mon entreprise, cette mesure va apporter du chiffre d’affaires, me permettre d’investir, de créer de nouveaux magasins et d’embaucher du monde qui va, à son tour, consommer. C’est un cercle vertueux.

Tu parles, tu vas gagner plein d’argent et Mélenchon va te le piquer par l’impôt. On ne s’est pas compris, mon but n’est pas de gagner de l’argent. Comme beaucoup de gens, je me sens bien quand je crée. Que ce soit en créant un programme informatique ou en créant un nouveau magasin, je me réalise quand je crée. L’argent n’est qu’un moyen dans notre société. Et je ne vois pas ce que je ferais si j’avais des millions. Limiter à vingt fois le salaire le plus bas et/ou à 30 000 euros par mois, me semble plus que raisonnable. Tout le monde n’a pas l’impression d’avoir réussi parce qu’il a acheté une grosse voiture, une montre en or ou une villa de trente pièces (surtout s’il vit seul).

Oui mais, tous ces gens dans ta boîte, ils vont avoir le pouvoir de te virer ! C’est le chapitre suivant…
La démocratie dans l’entreprise

Le programme du Front de Gauche prévoit de rétablir la démocratie dans l’entreprise. Aujourd’hui, le code du travail a été détricoté et permet aux instances dirigeantes de faire comme bon leur semble. Rétablir la démocratie dans l’entreprise, c’est permettre aux employés de participer activement à la vie de l’entreprise, pas seulement de demander des comptes à leur patron quand quelque chose semble incohérent dans sa gestion. Et rappelons-le, dans une TPE, il n’y a pas de CE.

Il y a deux axes à prendre en compte :

* La démocratie dans l’entreprise aide à évoluer

Dans ma société, je demande son avis à chacun des employés impliqués dans une décision. J’écoute leurs propositions et adapte mon projet en fonction de ces données. Etablir ces règles de bon sens par la loi permettra à chacun de se sentir mieux dans son entreprise, de se sentir écouté et valorisé par une direction qui ne sera plus opaque. C’est aussi être partie prenante de la vie de son entreprise.

* La démocratie dans l’entreprise aide à prévenir les injustices

Il me semble normal qu’un employé, quel que soit son niveau dans l’entreprise, puisse demander à son patron pourquoi telle décision a été prise ou connaître le niveau de l’endettement ou de la trésorerie. Rappelons-nous que le salarié peut perdre son travail si le patron confond la caisse de la société avec la sienne et qu’il entraîne la faillite de la société.

Oui mais, si tes employés votent pour te virer ? Je réponds que l’on n’est pas en URSS. Personne n’a parlé de créer des kolkhozes ! La démocratie prévient des excès. Si les employés ne peuvent obtenir des réponses de leur patron, ils auront des recours légaux pour vérifier qu’il n’y a pas d’abus.

Pour ma part, je n’ai aucune espèce de crainte quant à l’augmentation du niveau de démocratie dans l’entreprise. Seuls de mauvais patrons peuvent avoir peur que l’on mette le nez dans leurs affaires. Et les employés de mon entreprise doivent se sentir bien, être respectés et sentir que leur participation est prise en compte. Cela passe aussi par le respect de l’employé en le considérant comme un être humain, non comme un outil. Pour cela, il suffit que l’entreprise soit un exemple à suivre.
L’entreprise sociale : le CDI comme contrat standard

Pourquoi est-ce que les mesures sociales proposées par Jean-Luc Mélenchon ne font pas peur au chef d’entreprise que je suis ? Peut-être parce qu’elles sont déjà appliquées dans ma société mais aussi dans la majorité de celles des patrons qui ont soutenu les billets déjà postés !

Le CDI en tant que contrat standard, avec des limitations encadrant l’utilisation des contrats précaires ? Comment se sent un employé en intérim ou en CDD ? Il n’a pas confiance dans l’avenir, il ne peut pas s’engager dans sa vie car il ne sait pas ce qu’il fera le mois prochain. Un salarié en CDI, a contrario, a des projets et se sent bien mieux dans sa peau. Son travail s’en ressent d’autant.

Je vous invite à demander à mes employés comment ils se sentent dans la société. Je ne leur demande pas de pointer et j’ai confiance dans leurs relevés d’heures. Je n’ai aucun besoin de minuter le temps car dans un sens ou dans l’autre, on s’y retrouve. C’est comme ça que ça fonctionne quand une relation de confiance est établie. Et cette relation ne peut s’établir au travers d’un contrat précaire.

Et les employés des stations de ski ? On est coincé avec des CDI. Le projet du Front de Gauche laisse une latitude pour les cas particuliers. Il y aura toujours des cas particuliers, comme pour les retraites mais le cas général sera l’utilisation du CDI.

Concernant l’égalité de traitement femmes/hommes, je le redis : je ne connais aucun métier qu’une femme ne puisse faire au moins aussi bien qu’un homme et inversement, nous avons des hommes exerçant le métier de sage-femme, ou des femmes celui de chauffeur routier. Pour ma société, le plus gros salaire est versé à la responsable des ventes, elle est la seule à avoir une procuration à la banque et chez les fournisseurs, c’est uniquement question de confiance et de compétences.
Les patrons sont de plus en plus nombreux à en avoir marre

D’autres mesures améliorent encore la vie des patrons dans le programme du Front de Gauche. Par exemple, et j’en terminerai avec celle-ci : la régularisation des travailleurs sans-papiers qui fait hurler les patrons adeptes du Front national. Des milliers de travailleurs exploités sont dans la peur de se faire arrêter. En leur permettant de se sentir en sécurité, on élimine en même temps une concurrence déloyale dans certains secteurs d’activités et là encore, permettre à des humains de se sentir partie prenante de cette relance.

Lorsque j’ai publié les billets cités en introduction, je ne pensais pas que ceux-ci seraient autant lus et commentés. Mais ce qui m’a le plus marqué, en dehors du pourcentage énorme de commentateurs en phase avec mes écrits, c’est le nombre de patrons, comme moi, qui me remerciaient d’écrire la même chose que ce qu’ils pensaient ou appliquaient déjà chez eux. Ils sont bien plus nombreux que ce que l’on croit, patrons de TPE, de PME, dentistes ou médecins qui n’en peuvent plus des excès de cette société à laquelle aucun de nous ne croit plus.

Cette société où l’argent et le pouvoir comptent plus que l’Homme est appelée à disparaître car le bonheur ne peut passer que par l’Humain, d’abord !

http://blogs.mediapart.fr/blog/yanch/050412/appel-d-un-patron-de-petite-entreprise-voter-jean-luc-melenchon

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[Fr] Perspective communiste, blog francophone ayant pour vocation le partage d’informations nationales et internationales. De proposer des analyses marxistes de l’actualité et du débat d’idée. Ainsi que de parler de l’actualité du Parti Communiste Français et du Mouvement des Jeunes Communistes de France.

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