Si on doit résumer, il y a deux grands thèmes : L'idéologie, la structure politique.
I- le socialisme aux couleurs de la France
C'est un concept creux qui enferme le socialisme au seul domaine de l'économie, pire à la simple nationalisation. Même le très faible texte de la commission économique définissait une vision plus importante (autogestion).
Le socialisme étant dénaturé en un simple capitalisme monopoliste d'État. La base commune ne fixe que des nationalisations et le développement des services publics. Il se refuse à envisager la socialisation des moyens de production et d'échange comme alternative à l'organisation capitaliste du travail. Il n'attaque pas les capitalistes dans le cœur : Impose les grandes fortunes, mais ne réduit pas à néant ce système parasitaire et, pire, il n'envisage pas de prendre en main, y compris de manière autoritaire, la gestion des entreprises et la remise du pouvoir économique aux travailleurs.
La base commune cible un point important : comment reconstruire la conscience de classe en France au vu de la désindustrialisation et des poussées populistes ?
Il n'y a aucune piste sérieuse mise en avant. Pire, pour recréer le lien syndicat/parti, ou réaffirmer l'antagonisme prolétariat/bourgeoisie, cela passe par le même scénario qui a conduit à la quasi-disparition du PCF : l'unité de la gauche.
La base commune présente une vision idéalisée de la République comme socle commun de construction d'une société.
C'est un piètre revival idéalisé de la IIIᵉ République, plus proche des Républicains-radicaux-socialistes que de l'idée d'une république populaire et socialiste. C'est beau, c'est gentil, mais c'est pas révolutionnaire. Séparer la sphère économique (base ou infrastructure) de la sphère politique, idéologique, organisationnelle (superstructure) est une aberration.
II - Sur le Parti communiste
Sur ce point-là, on aurait pu/dû attendre un point bilan depuis le 38/39ᵉ congrès. Mais il n'en est rien. Comme d'habitude, rien ne transpire de l'état réel du PCF. Pas de chiffre sur les structures organisationnelles, pas de chiffre sur le nombre réel d'élus, pas de chiffre sur l'état du Parti communiste, ses forces et ses faiblesses. À se demander s'il y a encore un responsable à l'organisation (vie du parti).
On renvoie encore le devenir du PCF à la question des élections. Il est proposé que le PCF présente une candidature communiste pour l'élection présidentielle de 2027 et pour les élections législatives des candidatures communes à gauche.
Aucun bilan sur les différentes élections, aucun bilan sur le nombre réel d'élus, aucun bilan sur le rôle concret des élus communistes et leur influence réelle dans les institutions… Si le responsable des élections collait moins au cul de la soc-lib Carole Delga, on aurait peut-être ces données. On aurait pu s'attendre à avoir un point politique, ou une proposition politique qui place l'importance de l'élu communiste dans la lutte des classes. Non.
Il aurait fallu avoir un bilan des actions du PCF, un bilan de ses structures, bref, un travail de secrétariat à l'organisation. Combien de sections ? Combien de cellules dans les entreprises ?
Au-delà de ces manques, il y a des points positifs et des pistes intéressantes :
1- Le projet pose un cadre d'action : identifier des lieux d'action, de militantisme et organiser une activité militante et politique.
2- Le projet pose des moyens : Organiser deux campagnes ciblées. D'un côté, une dédiée aux questions de l'emploi (campagne pour une nouvelle industrialisation et de nouveaux services publics) et de l'autre, une dédiée aux questions internationales (campagne pour la paix et l'autodétermination des peuples).
3- Le projet pose des objectifs :
- Concentrer les forces dans des lieux importants.
- Construire une présence quotidienne et durable.
- Créer un maillage territorial pour engager le travail de massification du PCF.
- Déployer un ensemble de gestes militants.
- Gagner la bataille idéologique contre les populismes.
Mais je le redis, vu l'état réel du PCF, il faut revoir en profondeur le fonctionnement. Il faut un nouveau maillage territorial pour répondre à l'objectif de révolution.
La base commune pose de manière centrale la question de l'organisation du travail militant. Cellules, sections, fédérations et CN doivent améliorer ce travail.
Il serait aussi intéressant de faire le bilan de la période et surtout de la méthode "Roussel". Rien ne va avec Fabien Roussel et il ne doit plus incarner le PCF.
D'autres points sont à l'ordre du jour : le rôle des élus (rien de nouveau, il est toujours au-dessus de la base), le rôle du MJCF/UEC, le rôle de la communication, de la presse (petit moment de chauvinisme provençal : La Marseillaise est placée à côté de L'Humanité) pour approfondir l'analyse marxiste, nourrir les débats stratégiques et renforcer l'unité d'action des communistes.
4- Sur la question de la commission internationale :
Les pressions de la base contre le secteur international du PCF et/ou les égarements de certains dirigeants sur la Palestine portent fruits. Même s'il reste d'importants blocages volontaires des dirigeants de cette commission. C'est hallucinant de devoir galérer à faire soutenir la flottille pour Gaza.
Il est hallucinant de voir que les congrès du parti de la gauche européenne sont traités en off et que l'on propulse dans ses directions des gens incapables ou qui ne connaissent rien aux problèmes de la classe ouvrière.
En conclusion :
Inutile de continuer à perdre du temps avec le PCF. Il n'y a plus rien à sauver.
Je reste un communiste attaché au PCF.
Je reste un électeur du PCF (et que du PCF).
Et le jour où il faudra relancer le PCF, je serai là.
En attendant, bon courage à ceux qui mèneront la lutte en interne. Après plus de 21 ans de combat, d'humiliation, je suis fatigué, je passe la main.