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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



Présidentielles 2007 : Candidature de Marie George Buffet avec la Gauche populaire et antilibérale

Présidentielle : Les « collectifs unitaires » et leur programme
La « réunion nationale des collectifs unitaires et populaires », le 10 septembre, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), était censée répondre à des questions sur le choix du candidat unitaire, la réunion a prudemment repoussé la décision en s'en remettant à un mode de désignation plus ou moins calqué sur celui du PS, prévoyant que les propositions de candidatures soient enregistrées le 1eroctobre et qu'une grande réunion des collectifs, fin novembre, procéderait officiellement au choix.

Dans cette partie de poker menteur unitaire, la LCR, ayant annoncé en premier son propre candidat, a eu droit à une volée de bois vert. Mais, de son côté, le PCF est attaqué sur ce terrain par les autres candidats restés en lice, tous d'accord sur cette question avec José Bové qui a proclamé que le dirigeant d'un parti ne peut pas être un bon représentant de l'unité.

A défaut d'avoir choisi un candidat, la « réunion nationale des collectifs unitaires et populaires » du 10 septembre a au moins adopté un texte intitulé « Ambition-Stratégie-Candidatures ».
A en juger par certains des tracts diffusés par ces collectifs, ce texte tient lieu de programme électoral. « Le programme existe ! », proclame fièrement un de ces tracts co-signés par une brochette de personnalités se revendiquant les unes, du PCF, les autres, des Verts, d'autres encore, de la tendance Mélenchon, de la LCR ou d'associations de toute sorte.

Le texte en question s'élève, pêle-mêle, contre « le chômage de masse, la précarité, le démantèlement social, les atteintes aux libertés, les inégalités, en particulier entre les hommes et les femmes, les discriminations de toute sorte », dénonce « les politiques libérales ». « Ces politiques, mises en oeuvre de la mondialisation libérale, aggravent les inégalités entre les peuples, menacent la paix mondiale et mettent en péril l'avenir de l'humanité par la dégradation générale de notre écosystème ».

Voilà pour la dénonciation. Puis le texte affiche les références de ses initiateurs : « Nous avons mené ensemble la campagne pour le non de gauche au traité constitutionnel européen en contribuant à une dynamique commune de force anti-libérale qui a permis la victoire du 29 mai. Ce rassemblement, cette victoire, expriment un espoir, ils appellent une perspective politique à la hauteur ».

Dans un autre passage, le texte se réfère à « l'espace ouvert par le vote du 29 mai et la victoire contre le CPE qu'il ne faudrait pas laisser se boucher en même temps que se boucheraitl'espoir d'une alternative ». Et les signataires du texte prétendent incarner cette perspective. Mieux, ils affirment « construire une démarche à vocation majoritaire sur un programme de rupture avec le libéralisme et, dans ce cadre, mettre en oeuvre une politique de transformation sociale ».
Un des tracts se réclamant des « alternatives unitaires en 2007 » affirme même que ce texte est « une charte anti-libérale, véritable base d'un programme de gouvernement ». Rien que ça !

Mais d'où viendrait la possibilité pour ce « rassemblement à vocation majoritaire » de devenir, justement, majoritaire ?
Le texte adopté à Saint-Denis donne au moins une piste par cette analyse dont on appréciera la profondeur : « Depuis des années, la gauche est traversée par deux orientations contradictoires, qui se sont notamment exprimées à l'occasion du référendum sur le traité constitutionnel européen : l'une, sociale-libérale, d'acceptation et d'adaptation au libéralisme et à la mondialisation capitaliste; l'autre, en rupture avec le libéralisme et porteuse de propositions, de transformations sociales et démocratiques et d'un projet de développement qui rompe avec le gaspillage lié à la course au profit. C'est cette orientation alternative que nous voulons faire vivre et développer pour qu'elle devienne majoritaire à gauche dans le pays ».

Et pour capter ce futur vent majoritaire, le collectif affirme sa volonté d'être présent aussi bien à la présidentielle qu'aux législatives.
Ainsi, voilà donc même Fabius, Emmanuelli et compagnie devenus, par la grâce de leur vote « non », porteurs de « transformations sociales » et par là même embrigadés à leur corps défendant dans la future majorité rêvée, destinée à offrir une alternative politique contre la droite mais aussi face à la majorité du PS.

Pour le reste, le texte des collectifs unitaires est un texte destiné à plaire un peu à tout le monde : aux écologistes, aux féministes, aux adhérents ou électeurs du PS mal à l'aise devant la perspective d'une candidature Ségolène Royal faisant les yeux doux au centre, aux gauchistes sans parti, aux syndicalistes, aux Verts en rupture de ban, aux alternatifs, mais aussi au PCF dont des militants connus ont manifestement joué un grand rôle dans sa rédaction, avec l'ambition de fédérer tout ce petit monde.

Mais, derrière le parti pris apparemment « au-dessus de la mêlée » par rapport aux formations politiques, il y a le parti pris des rédacteurs, tout à fait maîtres de leur plume, de choisir les mots et les expressions qui ne puissent même pas laisser entendre qu'ils veulent combattre le capitalisme dont ils se contentent de dénoncer certains des dégâts. L'alternative qu'ils entendent incarner n'est pas de combattre le capitalisme avec la perspective de le remplacer par un autre mode de production et de répartition que celui basé sur la propriété privée, la concurrence et la course au profit. Elle n'est pas de s'opposer à la dictature du patronat, qui lui donne tout pouvoir sur l'économie et la société.

Les mots même « capitalisme » ou « capitaliste » n'apparaissent pratiquement pas dans le texte, si ce n'est dans l'expression « mondialisation capitaliste ». Le texte s'élève contre le « gaspillage lié à la course au profit », mais pas contre le profit lui-même. Non : l'ennemi n'est pas le capitalisme, mais le « libéralisme », le « social-libéralisme », les « politiques libérales » ou la « mondialisation libérale ».

Ces limites étroites du texte sont-elles dues seulement au fait qu'il s'agit d'une campagne électorale et que les auteurs veulent permettre à l'électorat populaire de se prononcer sur quelques objectifs précis ? Mais le texte se termine sur l'affirmation : « Nous ne partons pas pour faire un »coup« électoral. L'enjeu est bien plus vaste. Il s'agit de construire un rassemblement durable des forces anti-libérales de gauche ».

En outre, s'il y a quelques mots sur « les dégâts du libéralisme pour les salariés, le chômage de masse, la précarité ou le démantèlement social », il n'y a pas l'ombre d'un objectif proposé au monde du travail dont, manifestement, les auteurs du texte se désintéressent.
C'est un texte réformiste, et encore, à l'eau de rose, auquel n'importe quel réformiste peut adhérer, qu'il soit à la gauche de la gauche, en plein dedans ou sur sa droite.

Alors oui il faut une candidature communiste à la présidentielle, une candidature sur un programme révolutionnaire, anti capitaliste a l'écoute des travailleurs. L'appel pour des candidatures unitaires en 2007 et 2008 crée des illusions et mène à une impasse. Sous couvert d'union des forces de gauche antilibérales et altermondialistes, l'appel escamote la nécessité de reconquérir l'électorat populaire qui s'abstient. Il se résigne à considérer le combat pour marginaliser le Front national comme perdu d'avance. De fait, il propose d'écarter le PCF pour laisser l'espace au PS.

Il est urgent que le PCF décide le principe d'une candidature pour les présidentielles, ainsi que de candidatures pour les législatives et les élections suivantes, avec des propositions élaborées par tous les communistes afin de bousculer la routine politicienne, taper du poing sur la table, mobiliser les habitants, lutter avec les salariés, porter haut et fort le drapeau de la contestation radicale, avancer des propositions neuves, audacieuses, révolutionnaires.
Revendiquer la désignation démocratique sans délai de nos candidates et candidats pour les prochaines batailles, ce n'est pas une question de boutique, mais tout simplement une question de bon sens : sommes-nous utiles à quelque chose, à nos voisins de palier, à nos camarades de travail, à la France ?

Nicolas Maury
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Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération du Rhône (69) - Secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Les publications sur ce blog n'engagent pas la responsabilité de la section de Vaulx-en-Velin du PCF, mais uniquement de son auteur.

Perspectiva comunista (CAT)

Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Rhône (69) - Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

Les publicacions en aquest bloc no comprometen la responsabilitat de la secció de Vaulx-en-Velin, però només el seu autor.

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