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E.Macron : Le libéralisme et la finance toujours au pouvoir (2017-)

Entamant un désengagement d’entreprises publiques considérées comme stratégiques, l’état s’apprête à dilapider ses parts dans Aéroports de Paris, Engie ou la Française des Jeux. Au détriment des usagers et des salariés


Privatisations : Le gouvernement ouvre la braderie des secteurs clés
Cela faisait déjà plusieurs mois que le gouvernement Philippe préparait les esprits à de nouvelles privatisations. Mais, depuis jeudi, plusieurs ministres ont confirmé par petites touches la volonté de l’exécutif de procéder à de nouvelles cessions de participations de l’État dans des entreprises publiques, afin de financer un fonds de 10 milliards d’euros pour l’innovation. « Nous demanderons prochainement les autorisations législatives nécessaires pour faire un certain nombre de cessions d’actifs », a déclaré jeudi le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, lors d’une audition au Sénat. Dans le viseur : la Française des Jeux (FDJ) semble être la première cible, mais Aéroports de Paris (ADP) et le groupe gazier Engie seraient aussi concernés. Des secteurs pourtant éminemment stratégiques en termes de transport, d’aménagement du territoire, de politique énergétique et de santé publique. Et de nature à aiguiser les appétits des grands groupes privés au vu de leurs performances lucratives.

Si le gouvernement n’a pas encore annoncé à quel niveau il comptait faire descendre la participation de l’État dans ces entreprises publiques, l’objectif semble bien de passer en dessous de la barre des 50 %. Une source proche du dossier a confirmé à l’AFP que la loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), qui devrait être présentée le 18 avril en Conseil des ministres, comprendra une habilitation à descendre en dessous de ce seuil, ce qui pourrait concerner la Française des Jeux (FDJ) – dont l’État est encore actionnaire à 72 % – et Aéroports de Paris (ADP) – dont 50,6 % des capitaux sont publics. Une telle opération ne peut actuellement se faire sans avoir recours à une autorisation législative pour ces entreprises publiques, de même que pour EDF et Engie.

ADP, un juteux actif valorisé à 8 milliards d’euros

Pourtant, au cœur d’enjeux régaliens, les aéroports de Paris (Roissy-Charles-de-Gaulle, Orly et Le Bourget) semblent en passe de connaître le même destin que celui des aéroports de Lyon, Toulouse et Nice, privatisés à partir de 2014. Avec un trafic en hausse de 4,5 % entre 2016 et 2017, un chiffre d’affaires en augmentation de 22 % sur la même période et un résultat net de 571 millions d’euros en 2017, ADP fait pourtant figure de joyau de la couronne au milieu des bijoux de famille de l’État. Un juteux actif valorisé à 8 milliards d’euros sur lequel lorgnent évidemment de grands groupes privés, au premier rang desquels Vinci – déjà actionnaire à hauteur de 8 % d’ADP et détenteur de 35 aéroports dans le monde, dont 12 en France. Et déjà grand gagnant de la précédente braderie des autoroutes françaises, en 2006. « Cette situation de quasi-monopole donnerait à Vinci la possibilité de dicter à l’État ses choix en matière de transport aérien, sans que celui-ci ne puisse plus réguler », alerte Daniel Bertone, secrétaire général de la CGT des aéroports de Paris. « La question de l’investissement pour développer les infrastructures aéronautiques est centrale en termes de politique de transport et d’aménagement du territoire », poursuit le syndicaliste. « Or, quand on voit que les actionnaires privés de l’aéroport de Toulouse, Casil, ont choisi de capter la trésorerie destinée à l’investissement pour la reverser en dividendes, on voit que la privatisation se fait au détriment du développement », pointe-t-il. Une tendance à la rentabilisation immédiate qui se fait également au prix de la « casse des statuts des salariés », pour Daniel Bertone, mais aussi au détriment des passagers. « Les redevances des aéroports de Londres, privatisés, font partie des plus chères d’Europe », insiste-t-il. Mais les enjeux sont également géostratégiques. « Roissy-Charles-de-Gaulle est la première frontière de France. En dehors de Londres et de New York, tous les États conservent une maîtrise publique de leurs aéroports de cette dimension », souligne Daniel Bertone.

« L’an dernier, Engie a déjà failli tout planter... »

Également envisagée, la cession de parts du groupe gazier Engie marquerait une nouvelle étape dans le désengagement de l’État de sa politique énergétique. En septembre 2017, le gouvernement avait déjà annoncé la cession de 4,1 % de ses parts chez Engie, faisant tomber sa participation au capital du groupe à 24,10 %. Mais, en vertu de la loi Florange, l’État actionnaire continuait jusqu’à présent de détenir 33,3 % des droits de vote, conformément à ses engagements pris lors de la fusion GDF-Suez en 2006. « On s’attend désormais à ce que le gouvernement fasse sauter cette limite du tiers de la participation, ainsi que l’obligation de détention publique des infrastructures gazières », s’inquiète Éric Buttazzoni, coordinateur central de la CGT Engie. « Pourtant, le gaz – par exemple, le biométhane ou la production d’hydrogène – représente un enjeu en termes de transition énergétique », poursuit le syndicaliste, qui rappelle que le marché est un piètre régulateur lorsqu’il s’agit d’assurer la continuité du service public. « L’an dernier, Engie a déjà failli tout planter à cause de cette politique qui consiste à acheminer le gaz par bateau là où il est vendu le plus cher plutôt que là où il faut répondre à la demande », affirme-t-il. Une privatisation qui irait nécessairement de pair avec une libéralisation du tarif du gaz, jusqu’ici réglementé et servant de « refuge au consommateur qui ne voudrait pas adhérer au tarif privé », souligne Éric Buttazzoni.

Mais le dossier le plus abouti semble être la cession de la Française des Jeux. Pourtant très sensible en termes d’enjeu de santé publique et de lutte contre le blanchiment d’argent, ce dossier démange Emmanuel Macron de longue date. Bien que le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ait assuré que la FDJ conserverait un monopole sur le marché des opérateurs de jeux, cette décision inquiète. L’ancien secrétaire d’État au budget de François Hollande, Christian Eckert, est revenu, ces derniers jours, sur le bras de fer qui l’opposait au ministre de l’Économie d’alors, qui « poussait pour cette privatisation », a-t-il confié au Huffington Post. « La FDJ est une machine à cash formidable », poursuit-il, citant non seulement les « 100 à 150 millions d’euros de dividendes qu’elle offre à l’État chaque année, mais surtout les 3 à 4 milliards d’euros que rapportent chaque année les prélèvements sur la mise des joueurs ». L’intérêt pour les citoyens étant que l’État reverse une part substantielle de ces mises au Centre national pour le développement du sport (230 millions d’euros en 2016).

Loan Nguyen
L'Humanité

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