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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



Informations syndicales et luttes

Jeudi 23 Février 2006

Propositions pour un engagement national en faveur de la jeunesse.


Riposte au CPE
1. Riposte au CPE .
Rappel de la nature du Contrat Première embauche et de la place de ce dispositif dans le projet de la global droite.

Sur la méthode et le discours du gouvernement pour atteindre son objectif.
La méthode est celle d'une offensive éclair : le 16 février annonce du CPE, le 23 accélération du calendrier parlementaire, le 31 début de l'examen du texte à l'assemblée, utilisation du 49.3 le 9 février dans la foulée de la première journée de mobilisation pour le retrait du CPE. Avec un calendrier ne facilitant pas l'organisation de la riposte ( vacances scolaires et universitaires).
Depuis l'annonce du CPE, véritable matraquage par un discours gouvernemental jouant sur deux leviers. D'abord en donnant l'illusion d'un traitement pragmatique, partant des réalités. Offensive idéologique des dernières semaines présentant le CPE comme “ une réponse directe à la précarité des jeunes ”. Alors que ¾ d'entre-eux sont en CDD ou en stage, que la moitié des contrats ont une durée de moins de un mois, que le taux de chômage est le double à celui de l'ensemble de la population active, le CPE serait “ un mieux ”. celles et ceux qui s'y opposent - “ par idéologie, par conservatisme ”, seraient pour le “ statu quo ”, contre l'idée du changement...Dans un second temps, le Gouvernement s'est efforcé de présenter le CPE comme “ un CDI souple, avec une période de consolidation de deux ans, des garanties ( logement, crédit). Le Premier ministre allant jusqu'à parler d'un “ contrat anti-précarité qui répondait aux préoccupations des jeunes ”.
Remarquons que dans ce dispositif gouvernemental, tant sur le choix du calendrier que dans la manière de présenter le CPE, le Premier ministre a été en première ligne.
A ce jour, force est de constater que le gouvernement n'a pas atteint son objectif.
Avant d'évoquer l'état de la mobilisation pour le retrait du CPE, quelques mots sur l'évolution de l'opinion publique dans un contexte social marqué par le retour de la directive Bolkestein et l'annonce de nouveaux profits records.

Sur l'évolution de l'opinion publique.
Le gouvernement a déployé beaucoup d'effort pour gagner la bataille de la communication, pour laisser entendre que le Contrat Première Embauche était bel et bien une réforme allant dans la bonne direction, celle d'une amélioration de l'entrée des jeunes dans le travail.
Chacun connaît, pour y être directement confronté ou pour l'observer dans un environnement proche, combien la situation faite aux jeunes s'est profondément dégradée au cours des dernières années. Chacun mesure à l'échelle de la société toute entière, et plus fortement encore au sein de la jeunesse des quartiers populaires, le niveau d'urgence sociale.
Alors que cette période de la vie, où beaucoup se joue, se détermine, devrait être celle de tous les possible, la jeunesse est devenue le temps de tous les dangers.
Dès l'école, 150 000 jeunes ( 20 % d'une génération) sorte chaque année sans diplôme ni qualification. Dans le travail, une récente étude de l'INSEE portant sur la période 2002/2005 montre combien la précarisation dans l'emploi des jeunes s'est accélérée. Les inégalités, les discriminations frappent en premier lieu la jeune génération. Un jeune sur trois est dans la grande précarité, 100 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, plus de 600 000 jeunes sont privés d'emploi, le parcours d'insertion dans l'emploi dure de 8 à 11 ans. Un récent rapport de la Fondation Abbé Pierre indiquait que les moins de 25 ans sont les premières victimes de la crise du logement. Ce ne sont plus seulement ceux qui sont en difficulté d'insertion professionnelle ou sociale, mais l'ensemble des junes meme lorsqu'ils disposent d'une travail et de ressources qui sont concernés.
Autant dire que le Gouvernement qui a beaucoup axé sont discours par le rappel de cette réalité avait l'objectif de capter les aspirations au changement pour faire accepter le CPE.
C'est d'abord la jeunesse, majoritairement hostile au “ Contrat Précarité Exclusion ”, qui ne s'est pas laissée prendre à la propagande gouvernementale. Pour reprendre les slogans des manifestations anti-CPE, les jeunes y ont très vite vu “ un dressage à la précarité ”, une “ insulte ” à leur encontre, “ un parcours solide d'accès au licenciement ”. Mais c'est aussi l'opinion publique qui, au cours des quinze derniers jours,, a basculé majoritairement dans le soutien aux mobilisations pour le retrait du CPE. Le commentaire du sondage IFOP/JDD établit un lien direct entre un mécontentement majoritaire des français vis à vis du Premier ministre et le rejet du CPE : “ vu d'abord comme un mécanisme d'espérance d'embauche, le CPE est de plus en plus perçu comme un instrument de licenciement ”.
Cette évolution de l'opinion publique quant au CPE s'inscrit dans un contexte plus général où d'autres sujets d'actualité pose l'exigence d'un vrai changement, d'un projet antilibéral en rupture avec les politiques et les logiques actuelles.
- une nouvelle fois, l'annonce de profits records s'accompagne de plans de licenciements. Avec 13 milliards d'euros – c'est historique pour une société française – le groupe Total va d'abord servir ses actionnaires tout en poursuivant sa stratégie de rachat d'actions. La bourse atteint des sommets, le CAC 40 dépassant le seuil des 5000 points. UN création de richesses qui va servir les actionnaires, la spéculation, la financiarisation au détriments de l'emploi, d'investissements utiles, de la formation. Cette situation est de plus en plus vécu par le plus grand nombre comme anormale, comme insupportable.
- Dans le même temps la directive Bolkestein fait son retour malgré le désaveu imposé par les peuples français et néerlandais. Notre objectif après le “ compromis ” au parlement européen entre le PSE et le PPE reste le retrait pur et simple de cette directive. Voir l'entretien avec F.Wurtz publié dans l'Huma-dimanche.

Sur la mobilisation pour le retrait du CPE.
Alors que l'opinion publique rejette le CPE et le dynamitage programmé du code du travail, dans une société où les profits explosent alors que la vie ne cesse d'être précaire, et dans une Europe où la marchandisation est de plus en plus contestée, le Gouvernement n'a pas réussi a découragé les mobilisations et les initiatives en riposte au CPE.
Après la journée unitaire du 7 février et les 300 000 participants ( lycéens , étudiants, salariés), les journées d'action des 14 et 16 février ont donné à voir dans de nombreux endroits la poursuite du mouvement, qui ne faiblit pas, malgré la période des vacances. Jour après jour, l'Humanité donne la parole aux jeunes qui s'organisent et qui préparent, sous différentes formes, la journée du 23 février et celle du 7 mars, seconde journée nationale de mobilisation unitaire.
Des initiatives du Parti utiles pour élargir le front de la riposte.
En fin de semaine dernière, un nouveau tirage de notre affiche nationale “ Contrat Poubelle embauche ” a été lancé pour répondre aux commandes des Fédés. L'affiche est appréciée. Chaque semaine, le dossier d'aide à la communication de proximité propose un contenu en lien le plus réactifs possible à l'actualité. Des points de rencontre avec la population, les salariés, sont organisés avec le matériel ( tract) du Parti et le matériel unitaire suite à la réunion du 8 février à la mutualité.
Partout où cela est possible, prenons contact avec les organisations de la jeunesse. Mercredi prochain, Bruno Julliard, président de l'UNEF, Karl Stoeckel, président de l'UNL et Cédric Clérin, secrétaire nationale du MJCF, interviendront dès l'ouverture du meeting de Marie-George à la Mutu.
Nous pouvons agir concrètement à l'échelle de nos départements, de nos sections, avec nos élus, pour contribuer à la réussite des prochaines mobilisations, dont la journée nationale du 7 mars. Notre objectif est d'être utile pour créer les conditions d'une jonction entre les salariés et la jeunesse tout en versant nos propositions dans le débat sur les alternative à la précarisation de l'emploi, à la casse des droits et des garanties.
L'exigence du retrait du CPE est un objectif fédérateur. A partir du relevé de décisions du 8 février, prenons l'initiative d'expression publique avec l'ensemble de la gauche. La mobilisation anti-CPE est l'une de nos priorités dans notre campagne pour battre la droite et réussir à gauche.

2. Nos propositions .
Dans un même mouvement, il s'agit à la fois d'amplifier la riposte au CPE tout en nourrissant par nos propositions le débat sur l'alternative.
Des contre-propositions sont présentées.
Cette semaine, le rapport Proglio, commandé à l'automne dernier sur l'insertion professionnelle des jeunes diplômés, propose la “ revalorisation du CDI comme forme normale d'embauche pour nouer avec les jeunes que l'on recrute un engagement durable ”.
Nos propositions avance une alternative concrète à la politique gouvernementale dans le cadre d'une approche plus globale. Notre ambition est que notre pays s'engage dans une réelle priorité en faveur de la jeunesse. Un groupe de travail a été constitué sur ce thème un projet de proposition de loi est en cours d'élaboration.
Sur l'alternative au CPE. Il ne peut y avoir de réponse spécifique sur l'emploi des jeunes sans une réorientation économique et sociale profonde. Cela passe par un plan d'urgence de résorption de l'emploi précaire, avec des objectifs annuels nationaux et régionaux chiffrés et contraignants. Ce plan concernerait massivement les jeunes puisque 70 % de leur premier emploi se font sur un mode précaire. Dans le même sens, nous proposons de lutter contre les abus du recours à l'intérim et au CDD par l'exigence d'une taxation dissuasive du recours au travail précaire. Ces propositions s'inscrivent dans la construction progressive d'un système de sécurité d'emploi ou de formation.

Quelques mots sur la notion d'autonomie.
Avant de présenter la proposition de six engagements forts pour une politique en faveur de la jeunesse, quelques mots, utiles, sur la notion d'autonomie.
Nous disposons du travail de la commission nationale pour l'autonomie des jeunes ( avril 2002) comme point de départ pour notre réflexion. Rappelons le mandat de cette commission, il s'agissait à la fois de faire le bilan des dispositifs assurant des ressources propres aux jeunes de 16 à 25 ans, et d'étudier la création d'une allocation d'autonomie et les critères de son attribution.
Pour la commission, “ la mise en place d'une allocation ne saurait, en tant que réponse unique, constituer une réponse satisfaisante pour favoriser l'autonomie des jeunes ”. Elle élargissait donc la problématique en considérant que “ des réponses structurelles doivent être simultanément apportées dans le domaine de l'éducation, de l'orientation, de la formation tout au long de la vie, de l'accès des jeunes à l'emploi, qui constituent les points d'appui les plus surs à la construction de l'autonomie ”. En conclusion, la commission observait : “ c'est dans le cadre de ces réformes qui doivent prendre place des dispositions visant à desserrer les contraintes financières qui pèsent sur les familles et les jeunes ”. Elle préconisait alors 4 leviers visant à renforcer les points d'appui à la construction de l'autonomie des jeunes : l'éducation, l'emploi et l'insertion professionnelle, l'accès au logement et à la mobilité, la participation à la vie sociale.

Six engagements .
Le travail engagé depuis, la prise en compte de réalités nouvelles, nous conduit aujourd'hui à formuler un ensemble d'objectifs qui pourrait être présenté sous la forme d'une proposition de loi d'orientation pour un engagement national en soutien à la construction de l'autonomie des jeunes autour de six engagements.

- Premier engagement :
Renforcer le droit à une formation initiale et continue,
fondée sur l’égalité des chances
- Deuxième engagement :
Développer avec confiance et respect l’exercice de la citoyenneté.
- Troisième engagement :
Accompagner l’insertion professionnelle vers un emploi durable.
- Quatrième engagement :
Faciliter l’accès à la culture, aux sports, aux loisirs, aux savoirs et au monde.
- Cinquième engagement :
Assurer l’accès au logement et aux transports.
- Sixième engagement:
Mettre en place des mesures sociales accompagnant l'autonomie des jeunes.


Olivier Dartigolles ,membre du Conseil National du PCF

Nicolas Maury
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Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération des Bouches Rhône (13) - Ancien secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Perspectiva comunista (CAT)

Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Boques del Roine (13) - ex-Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

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