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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



Demetris Christofias a été élu président de Chypre le mois dernier sur la promesse d'une résolution du conflit entre chypriotes grecs et turcs et de la réunification de l'île. Qu'est-ce qui le rend si confiant dans sa capacité à ramener la paix à Chypre ? Et comment sa sensibilité communiste va-t-elle façonner sa politique ? Monsieur Christofias a accordé sa première interview en tant que Président à EuroNews


Demetris Christofias, President communiste de Chypre: 'Nous appliquons le marxisme de façon créative et non dogmatique'
EuroNews : "Demetris Christofias, bienvenu sur EuroNews, qu'est-ce qui a convaincu les la majorité des électeurs chypriotes de voter pour vous ?

Demetris Christofias, Président de Chypre : Je dois mon élection à l'intense et longue lutte dans laquelle mon mouvement politique et moi-même avons été engagé. L'objectif a toujours été le salut de Chypre, son indépendance et la concrétisation de cette indépendance, à travers l'arrêt des interventions étrangères à Chypre. L'empathie de notre mouvement pour la vie des gens du peuple a été un facteur important dans mon élection. Mais un facteur plus important encore a été la persuasion dûe à notre attitude sur la solution du problème chypriote, pour la fin de l'occupation et la cohabitation pacifique entre chypriotes grecs et chypriotes turcs, dans le contexte d'une Fédération bizonale, bicommunautaire.

EuroNews : Vous avez fait campagne en promettant d'essayer de réunir Chypre. Qu'avez vous de plus que les autres pour résoudre cette question insoluble depuis 34 ans ?

Demetris Christofias : Comme je l'ai dit, j'ai une longue expérience de la lutte pour une cohabitation pacifique entre chypriotes grecs et chypriotes turcs. Même si des gens dans notre pays rejettent vigoureusement l'occupation et l'intervention étrangère, nous avons toujours mis en avant l'idée que les chypriotes turcs ne sont pas nos ennemis et que dans le contexte social les chypriotes turcs sont nos frères.

EuroNews : Votre prédécesseur Tassos Papadopoulos était vu comme un partisan d'une ligne dure. Vous êtes vu plutôt comme un pragmatique, un conciliateur. Mais comment allez-vous faire pour rassurer les chypriotes sur le fait que vous n'allez pas abandonner trop de terrain à l'autre camp.

Demetris Christofias :
Je pense qu'on a tort de considérer Papadopoulos comme le partisan d'une ligne dure. Pour moi, le fait que le peuple ait voté pour moi s'explique par le fait qu'ils sont convaincus que je me suis conformé aux principes généraux fondant la solution au problème chypriote. Ces principes sont les solutions appropriées des Nations Unies, les règlements internationaux et européens. Parallèlement j'ai fait passer le message que en raison de mes liens étroits avec les chypriotes turcs, je peux promouvoir une solution au problème turc.

EuroNews : Vous devez votre élection en partie aux votes de certains militants du parti DIKO, le parti du président battu Papadopoulos. Est-ce que ça ne va pas limiter votre objectif d'une paix durable ?

Demetris Christofias : Non, pas du tout. Nous avons un programme et ce programme est connu des militants du parti démocratique (DIKO) et de ceux de l'ADEK, le parti socialiste : les deux ont décidé de me soutenir au second tour. Personne ne peut dire que notre programme trahit les droits du peuple.

EuroNews : L'indépendance du Kosovo vient d'être reconnue par un certain nombre de pays y compris l'Union européenne et les Etats Unis. Qu'est-ce que cette décision pourrait impliquer concernant une résolution du problème chypriote ?

Demetris Christofias :
Je crois que sur la base du Traité final d'Helsinki, et aussi de la réglementation internationale, les Etats doivent sauvegarder leur intégrité territoriale. Pour moi, ça vaut aussi pour la Serbie. Mais ça n'a aucun lien avec Chypre. Nous avons subi une invasion, une occupation. Nous avons été victimes de la violation de notre intégrité territoriale et de la souveraineté de la démocratie de Chypre. Mais il semble que quelques responsables au sein de la communauté chypriote turque et en Turquie même, accepte l'idée que ces deux situations sont une seule et même chose.

EuroNews : Beaucoup de choses ont été dites, écrites sur le fait que vous êtes communiste. Pensez-vous que ça va compliquer les relations de Chypre avec d'autres Etats membres de l'Union européenne et en particulier ceux d'Europe de l'est chez lesquels le communisme est toujours un terme repoussant.

Demetris Christofias : Ce n'est pas le moment d'analyser ce que le terme "communiste" veut dire et comment Demetris Christofias pense que la justice sociale devrait être appliquée. Mais puisque vous me le demandez, la justice sociale est au coeur du communisme. Le peuple chypriote est souverain et a le droit de choisir son destin. Ils croient en Demetris Christofias comme en quelqu'un qui lutte pour la justice sociale, comme en quelqu'un qui se bat pour la réunification de son pays et ils ne le comparent à aucun autre leader du passé ou du système qui a existé en Europe de l'est.

EuroNews : Dans sa doctrine politique, votre parti AKEL affiche son credo du marxisme-léninisme. Quelle place occupe cette idéologie dans un pays, moderne, avancé et à la faible fiscalité comme Chypre ?

Demetris Christofias : Notre mouvement politique est un facteur stabilisant pour aider à la croissance de notre économie et de notre Etat, mais toujours avec une dimension sociale. C'est ça la différence. Nous appliquons le marxisme si je puis m'exprimer ainsi, d'une manière créative. Nous ne sommes pas dogmatiques. Je dois aussi ajouter que dans notre parti, l'athéisme n'est pas une caractéristique dominante. Par exemple, au moins 95% de nos militants et de notre équipe dirigeante sont des gens qui ont une croyance religieuse".

Nicolas Maury
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Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération du Rhône (69) - Ancien secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Perspectiva comunista (CAT)

i[Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Rhône (69) - ex-Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

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