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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



Luttes sociales et politiques en Outre-Mer (DROM-COM-TOM)

Déclaration du Parti Communiste Guadeloupéen (PCG) sur l’avenir institutionnel de la Guadeloupe présenté par la Fédération du Parti Socialiste Français en Guadeloupe


Guadeloupe . Les communistes disent non à Victorin Lurel et au PS
Tout d'abord, il nous faut dire que, ce texte dénote l'embarras des socialistes sur cette question. Manifestement, ils ne souhaitaient pas l'aborder. En effet, ils affirment clairement : «Pour la Fédération socialiste, l'urgence du moment n'était pas à une réouverture des chantiers de l'évolution statutaire et institutionnelle».

Ils y viennent contraints et forcés parce qu'ils ont la trouille de voir le Président Nicolas Sarkozy, engagé dans une réforme des collectivités territoriales en France, imposer une consultation en Guadeloupe pour harmoniser la situation dans les Antilles-Guyane.

Guadeloupe . Les communistes disent non à Victorin Lurel et au PS
UN PARTI HISTORIQUEMENT DE COLLABORATION DE CLASSES

La position exprimée aujourd'hui par les socialistes guadeloupéens, ne peut surprendre que ceux qui ne connaissent pas l'histoire des luttes sociales et politiques du siècle écoulé en Guadeloupe.
Depuis que, la première organisation socialiste fondée vers 1881 par Hégésippe Légitimus avait, après des premières années de luttes glorieuses pour la défense des travailleurs noirs, sombré dans l'alliance capital-travail dans les années 1900, l'histoire des socialistes en Guadeloupe est marquée du sceau de la collaboration de classe. Il ne s'agit pas ici de réformisme, c'est-à-dire, de recherche d'aménagement du capitalisme, d'assouplissement des liens de domination imposés par le colonialisme français, mais, de subordination, de compromission ouverte avec le système.
Légitimus a été suivi par Paul Valentino, que des nationalistes guadeloupéens ont voulu présenter comme un grand visionnaire, qui, en 1946 a trahi l'entente prolétarienne réalisée avec les communistes pour faire élire la veuve de Félix Eboué à la place de Rosan Girard à la 1ère Assemblée Constituante.

Encore plus près de nous, Lucien Bernier, élu sénateur avec les voix des communistes est passé à droite et a fini sous les lambris dorés de Giscard. La liste serait trop longue pour les citer tous, tellement ils sont nombreux, ces socialistes, au Panthéon de la trahison des intérêts des masses laborieuses.

Le combat que nous avons mené ensemble en 1981 pour l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, après avoir été pratiquement seuls avec Félix Proto à le soutenir en 1974, a permis d'ouvrir une brèche dans cette longue histoire de collaboration des socialistes avec la droite en Guadeloupe.

Sur la base de deux protocoles d'accord, déclinant un programme de rupture avec le système départemental, comportant comme point central la revendication d'un statut de collectivité unique, Socialistes et Communis-tes ont dirigé le Conseil général de 1985 à 1990 (année des scissions provoquées par la création du PPDG et du GUSR), et le Conseil régional de 1986 à 1992.
Depuis le coup de «Jarnac» porté au rassemblement du oui en 2003, la Fédération socialiste semble renouer avec son pêché véniel, la collaboration de classes.

UN PARTI ASSIMILATIONISTE

La Fédération guadeloupéenne est dans la tradition du socialisme français, fortement imprégnée des idées de la France des «Lumières» qui prétend asservir tous les peuples qu'elle a colonisés, à ses valeurs et à ce qu'elle considère comme la civilisation.

Cette idée qui a aussi ses racines dans la société esclavagiste et post-esclavagiste, a certes, précédé la départementalisation votée par tous les députés coloniaux élus à la 1ère Constituante de 1946, y compris par le socialiste Paul Valentino.

Les socialistes guadeloupéens qui, depuis l'entente capital-travail de Légitimus ont rompu avec la lutte pour l'égalité des droits ont vite saisi, avec les forces de la bourgeoisie, les moyens offerts par la loi de départementalisation pour développer et renforcer le sentiment d'appartenance et d'assimilation au peuple et à la nation française chez les Guadeloupéens.

Ils sont devenus, dès le début des années 60, avec l'irruption de la revendication d'un changement de statut en Guade-loupe, les alliés actifs du gaullisme contre ceux qu'ils appellent les séparatistes.
Malgré l'échec patent de la départementalisation, les socialistes s'évertuent à vanter les mérites, les bienfaits de l'assimilation sur le thème de la France généreuse, de la solidarité nationale.
Cet assimilationnisme a atteint un niveau de déni le plus insupportable lors de la signature du programme commun de la gauche en France, en 1973.

Les socialistes français, ayant accepté d'inscrire la Guade-loupe dans le chapitre VI, celui des relations extérieures, et de reconnaître le droit à l'autodétermination du peuple guadeloupéen, les leaders socialistes locaux ont choisi de saborder la Fédé-ration socialiste et de créer un mouvement socialiste guadeloupéen indépendant et départementaliste (MSG).

Ils sont revenus au Parti Socialiste Français en 1977, lorsque François Mitterrand a fait capoter le programme commun en abandonnant le droit à l'autodétermination des peuples de «l'Outremer».
Mais, en 1982, ils ont soutenu du bout des lèvres la proposition d'Assemblée unique d'Enri Emmanuelli, poussant François Mitterrand à faire enterrer par le Conseil constitutionnel ce projet basé sur l'article 73 de la Constitution de l'époque.

UN PARTI ANTI-DEMOCRATIQUE

La Fédération socialiste prétend qu'elle est un Parti démocratique qui soumet son projet au débat, y compris dans le cadre de ce qu'il faut bien considérer, aujourd'hui, comme l'arnaque Gillot/Lurel.
Mais, ce n'est que parole, poudre aux yeux. Elle nourrit l'ambition de priver le peuple guadeloupéen de son droit légitime de choisir son destin.
Comment les socialistes peuvent-ils affirmer que :
- Les Martiniquais et les Guyanais ont décidé pour les Guadelou-péens en janvier 2010 ?
- Les électeurs guadeloupéens en votant Victorin Lurel au 1er tour des élections régionales ont voté pour l'article 73 ?
- Les militants socialistes en votant dans leur convention fédérale le 73 ont voté pour le peuple guadeloupéen ?
- Que tous ces choix, hors consultation du peuple guadeloupéen, rejettent définitivement la question de l'article 74 consacrant le régime d'Autonomie.
Il y a de quoi s'inquiéter de cette vision hégémonique et anti-démocratique de la Fédération socialiste.

UN PROJET DANGEREUX FONDE SUR DES MENSONGES

Les socialistes de la Fédération proposent une Assemblée unique plutôt qu'une collectivité unique. En clair, ils proposent de maintenir la collectivité départementale et la collectivité régionale qui seraient administrées par une Assemblée unique.

Au moment où en France le pouvoir parle de réforme des collectivités comportant la disparition de certains départements et le regroupement des régions pour se rapprocher des structures administratives des autres pays de l'Union Européen-ne, les socialistes en Guade-loupe, parlent d'ajouter une autre tête à la bête à trois têtes qui paralyse tout développement harmonieux de notre territoire.

C'est plus qu'une bêtise, c'est un mauvais coup contre la cohésion et l'essor de notre communauté.
Le pire, c'est que toute l'architecture du texte de la convention socialiste repose sur des mensonges et des inepties.

Il n'y a aucune gloire à tirer par les socialistes d'avoir été par opportunisme et ambition de pouvoir le fer de lance aux côtés de la droite la plus réactionnaire de Guadeloupe pour obscurcir la conscience des Guadeloupéens, en 2003.

Les Communistes eux, ont tiré les enseignements de cette péripétie et militent depuis, pour régler la question du changement de statut de la Guadeloupe hors le piège tendu par ceux qui ont pensé et voté la réforme constitutionnelle de 2003.

C'est un mensonge de dire que, c'est le gouvernement français qui pose la question de l'Autonomie. L'engagement de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement qui ont imposé, en violation de la Constitution, une deuxième consultation en Martinique et en Guyane sur l'article 73 pour contrer précisément les partisans de l'article 74, donc de l'Autonomie, s'inscrit en faux contre cette assertion.
La revendication de l'Autonomie est portée depuis 1958 par les communistes guadeloupéens qui ont été rejoints depuis par d’au-tres forces anticolonialistes.

La politique du gouvernement actuel marquée par les restrictions budgétaires, le démantèlement des hôpitaux, la casse des retraites, de la réduction des effectifs enseignants, les menaces que fait peser la politique européenne sur nos produits agricoles, sur l'Octroi de mer sont la conséquence directe de notre statut départemental et de région ultra-périphérique de l'Europe.

Alors, prétendre comme le font les socialistes que, maintenir le statut quo, c'est-à-dire, la situation mono-départementale nous évitera des retards de mise en route et nous garantirait des ressources et compétences nécessaires est un leurre.

Nous affirmons très clairement qu'il n'y aura aucune sortie de l'impasse, tant qu'on poussera l'illogisme et l'inintelligence à vouloir engluer dans le même système législatif, administratif, financier, fiscal, économique et politique, la France pays développé de l'Europe et la Guadeloupe pays sous-développé de la Caraïbe.

C'est une escroquerie intellectuelle que de laisser entendre que le régime d'habilitation pourrait contourner cette réalité.

Contrairement aux affirmations tendancieuses, l'habilitation ne signifie pas capacité à voter des lois. Il s'agit toujours de possibilité d'adapter des lois et règlements dans le cadre d'habilitation accordée par le Parlement français pour une durée de 4 ans.

Nous sommes en fait, dans une variante de la départementalisation adaptée mise en œuvre depuis 1960 et qui elle aussi a échoué.

Seul un statut de Collectivité Autonome ouvre la possibilité de voter des lois pays.

LE SEUL COMBAT C'EST CELUI DE L'AFFRANCHISSEMENT DE NOTRE PEUPLE DE LA
TUTELLE COLONIALE

Le texte de la Fédération du Parti Socialiste sur la question de l'évolution institutionnelle est un plaidoyer pour le statut quo, pour l'assimilation et le système départemental.

Il est dangereux, car il est dans le faire semblant. Les propositions de changement qu'il comporte ne sont que des caricatures de changement pour abuser les masses populaires et surtout pour satisfaire la volonté de pouvoir de ses chefs.

La Fédération guadeloupéenne du Parti Socialiste, comme l'ensemble de celui-ci d'ail-leurs, est devenue depuis longtemps un Parti de notables, un Parti où les adhérents ne sont pas des militants, mais des supporters de candidats aux élections et dans ce sens ne pratiquent dans ses activités aucune réflexion de fond, aucun soutien à la lutte des travailleurs, aucune solidarité réelle en direction des masses opprimées.

Pourtant, dans ce document, les socialistes prétendent s'intéresser aux préoccupations quotidiennes -donc économiques et sociales- des Guadeloupéens pour opposer le développement économique et social à la question de la véritable responsabilité politique.

En fait, méconnaissant la dialectique de la forme et du contenu, ils ignorent leur unité et opposent la responsabilité politique au progrès économique et social. Ils proposent soit disant un contenu nouveau, en conservant une forme du passé (le maintien des rapports coloniaux à travers une réforme des institutions qui ne brise pas ces rapports et pérennise l'assimilation). Cette forme qui en réalité assure la structure du contenu rentre en contradiction avec celui-ci, dès lors qu'elle est inadaptée.

Et c'est le cas dans l'exemple du contenant et du contenu que ce texte met en évidence.
Pour nous aussi communiste, le contenu est plus important que le contenant. Mais quand le contenant est crevé, il ne reste rapidement plus de contenu. C'est pourquoi pensons nous, qu'il ne pourrait avoir de développement économique et social, pas plus de mieux-vivre ensemble sans un pouvoir politique réel, au travers l'érection d'un Etat Autonome de Guadeloupe dans le cadre de la République française, transition nécessaire pour aller vers notre totale émancipation.

Car il faut le répéter encore une fois, les rapports de domination coloniale que subissent à la fois notre pays et notre peuple, ne sont pas une invention des communistes. C'est une réalité objective que seules la cécité politique et la démagogie des opportunistes peuvent nier.

Le seul combat qui vaut plus que jamais d'être mené, c'est celui de l'affranchissement de notre peuple de la tutelle coloniale.

Tenant compte du réel, nous sommes pour une évolution transitoire, mais nous dénonçons fermement les réformettes qui donnent l'illusion d'avancer, mais qui en fait tendent à consolider la puissance coloniale et capitaliste dans notre pays. C'est dans cette démarche que se situe la Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste. Elle s'emploie dans ce texte à justifier l'injustifiable. Non, nous ne pouvons la laisser faire... Nous invitons les travailleurs, les jeunes et les masses populaires à combattre vigoureusement ce positionnement inacceptable qui fait des socialistes de la fédération les meilleurs soutiens du colonialisme français dans notre pays.


NOS PROPOSITIONS POUR SORTIR DU PIEGE DE LA CONSTITUTION FRANCAISE

Les Guadeloupéens doivent prendre conscience que l'heure est venue de libérer leur pays de toute tutelle coloniale et d'avoir sur leur propre sol un véritable pouvoir politique doté des compétences législatives et réglementaires pour gérer les affaires du pays.
Le Parti Communiste les appelle à s'engager résolument dans l'accomplissement de ces tâches :

1. La Constitution d'un «Front Patriotique» pour un Etat Autonome de Guadeloupe».

2. Conduire une action de dimension nationale pour faire rayer de l'article 72.3 de la Constitution française le nom de la Guadeloupe de la liste des pays cités comme population dans le peuple français.

3. Faire réinscrire la Guadeloupe sur la liste des pays et territoire à décoloniser de l'ONU.

4. La reconnaissance du droit du peuple guadeloupéen à l'autodétermination.

5. L'exercice de ce droit dans le cadre d'une Assemblée constituante élue au suffrage universel à la proportionnelle intégrale, chargée d'élaborer un projet de statut politique pour la Guadeloupe.

Le peuple guadeloupéen qui a livré bataille durant les longues nuits de l'esclavage pour briser ses chaînes et conquérir sa liberté, trouvera le chemin du rassemblement indispensable qui le conduira à sa totale émancipation.

Nicolas Maury
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Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération du Rhône (69) - Secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Les publications sur ce blog n'engagent pas la responsabilité de la section de Vaulx-en-Velin du PCF, mais uniquement de son auteur.

Perspectiva comunista (CAT)

Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Rhône (69) - Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

Les publicacions en aquest bloc no comprometen la responsabilitat de la secció de Vaulx-en-Velin, però només el seu autor.

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