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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 


Marxisme-Léninisme, socialisme, communisme

Il est temps de prendre le taureau par les cornes et de démasquer le piège du postmodernisme !

Loin de la gôche twitter et de ses argumentations en 280 caractères, il faut désormais avancer pas à pas pour reconquérir le terrain idéologique perdu par le mouvement ouvrier ces dernières décennies.

Il est temps de crier haut et fort : Ni chagou nazad !


Il faut combattre le postmodernisme, cet antimarxisme
"Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire" (Lénine - Que Faire ? - 1902)

L'actualité regorge d'articles concernant des termes étranges. On entend parler des "wokes", de la "cancel culture", de "privilège blanc", de "l'indigénisme", des "décoloniaux", les "racialistes", etc. Derrière ce vocabulaire multiple, souvent péjoratif, se cache en réalité un courant politique & philosophique que l'on appelle le Post-modernisme, où la post-modernité.

La dernière polémique en date vise Fabien Roussel, Secrétaire national du Parti communiste français. Il se retrouve accusé de racisme, de suprémacisme blanc pour avoir expliqué que l'accès à une bonne alimentation (illustré par la gastronomie française) est une bataille des communistes. Les gauchistes post-modernes se sont engouffrés dans cette polémique comme la peste s'est abattu sur l'Europe au XIVème siècle.

Ce courant politique & philosophique forme l'appareil idéologique du capitalisme néolibéral. Depuis les années 2000, ce courant politique & philosophique se structure aussi à gauche, d'abord dans les milieux gauchistes, petit-bourgeois et universitaires. Il porte plusieurs noms, le plus connu est celui de "woke" (ou "éveillé"), mais son véritable nom est "intersectionnalité".

Cet antimarxisme est devenu aujourd'hui la matrice idéologique d'un nombre important d'organisations et groupuscules à gauche. On le retrouve à l'UNEF, à EELV, chez les trotskystes, chez les anarchistes-libertaires et même chez certains communistes. Il doit être analysé comme un révisionnisme et combattu comme toutes les idéologies qui visent à maintenir le système d'exploitation capitaliste.

Qu'est-ce que le post-modernisme ?

Dans les années 60 se développe un courant philosophique que l'on nomme post-moderne ou "French Theory". Ce courant se positionne clairement en rupture vis-à-vis des traditions idéologiques de la modernité : le marxisme, et le matérialisme dialectique & historique. Ce courant sera porté, en France, par Foucault, Deleuze, Derrida, Althusser (et d'autres).

Ironiquement, du fait de l'importance du mouvement ouvrier en France, et de la force culturelle du marxisme, cette "French Theory" va surtout trouver un écho aux États-Unis avec Judith Butler, Gayatri Chakravorty Spivak, Kimberlé Crenshaw (celle qui inventera le concept d'intersectionnalité), etc.

Dans les années 2000, la "French Theory" fait son retour en France en prenant différentes formes : études de genre, études post-coloniales, etc. Tous ces courants ont un lien : ils rejettent le matérialisme dialectique et historique.

Un schéma en anglais très bien et facile à comprendre
Un schéma en anglais très bien et facile à comprendre
Le matérialisme dialectique et historique nous apprend que les rapports de production définissent l'ordre économique, politique et social.

Le premier, le rapport Infrastructure (ou base) / Superstructure : L'infrastructure (ce qui est relatif à la production) permet et produit la superstructure (l'ensemble des idées d'une société, c'est-à-dire ses productions non matérielles).

Le second, la division de la société en classes sociales antagonistes : La Bourgeoisie, qui possède les moyens de production, s'oppose au Prolétariat, qui vend sa force de travail. La question du Lumpenprolétariat (ou prolétariat en haillon) doit être analysée avec prudence.

Le troisième, la lutte des classes comme moteur de l'Histoire.

Le post-modernisme, comme courant philosophique, et donc comme idéologie (superstructure) s'inscrit dans le mode de production du capitalisme néolibéralisme (infrastructure). Il se caractérise par la montée de l'individu comme "unité de compte" au détriment des classes sociales. Il s'inscrit dans le grand schéma d'organisation de la production néolibérale qui place la primauté de la microéconomie au détriment de la macroéconomie.

En quoi le post-modernisme est un antimatérialisme, un antimarxisme ? Eh bien parce qu'il est une idéologie du néolibéralisme. Par sa négation des rapports de classe, par sa négation du lien entre le rapport de production et la société, et par le développement de la primauté des luttes individuelles (sociales) déconjuguées les unes des autres, souvent mises en opposition notamment chez les féministes, au détriment de la lutte des classes.

Ce courant idéologique connait une croissance importante, car il profite de l'effondrement du Parti communiste, de l'abandon du marxisme à gauche et s'engouffre dans le vide laissé par le recul du mouvement ouvrier. Pour la petite bourgeoisie en quête de révolution, le post-modernisme permet de s'indigner sans remettre en question les véritables causes des problèmes sociaux : Le capitalisme.

En quoi ce courant est une impasse ?

Si l'on s'attarde sur la grille d'analyse proposée par le courant postmoderne intersectionnel, on constate qu'il y a une mauvaise analyse de la réalité de la société.

Le premier écueil est la faillite de la transposition du calque intersectionnel tel qu'il est proposé aux États-Unis sur la France. Si l'on revient plus haut avec le lien Infrastructure/superstructure, on constate que les deux pays ne proposent pas la même lecture. Les États-Unis sont fondés sur la spoliation des terres appartenant aux peuples natifs, le développement des États-Unis se fait sur l'institution de l'esclavage (jusqu'en 1865), qui se maintient indirectement par l'instauration de lois ségrégationnistes toujours d'actualité. Aujourd'hui, la superstructure des États-Unis est telle qu'une approche intersectionnelle est valide, elle est même intégrée dans la réflexion des communistes étasuniens, mais subordonnée au Marxisme-Léninisme.

En France, métropolitaine, il n'existe dans la superstructure aucune coïncidence possible avec le fonctionnement interne des États-Unis. En France métropolitaine, et dans certaines mesures dans les départements d'outre-mer, une égalité de toutes et tous devant la loi, les institutions existe. N'en déplaise à certain, il n'y pas de racisme d'état ou systémique, comme en Alabama où dans le Mississippi. Au pire, sans non plus ériger cet exemple au niveau de la ségrégation, en France métropolitaine, les premiers groupes victimes d'une discrimination systémique sont des groupes linguistiques régionaux (bretonnants, catalanophones, basquophones, etc.). Le reste des discriminations découle de l'Infrastructure, c'est-à-dire du mode de production.

Le deuxième écueil est de croire que les luttes, sectionnées les unes des autres, dégagées du combat de classe, peuvent faire éclater la révolution et faire émerger le communisme. L'intersectionnalité en France accepte le capitalisme et l'intègre pleinement comme le seul destin de l'humanité. Lorsque des personnes - portant l'intersectionnalité comme fer de lance - acceptent de devenir des égéries de luxe français, pas connu pour être très social, écologique et responsable, elles acceptent le capitalisme comme norme (Infrastructure) et donc maintiennent de facto l'ordre existant (superstructure). De plus, la négation de la lutte des classes chez certain, démontre que la bourgeoisie accepte très bien certaines évolutions du moment que cela lui permet de maintenir ou développer, son taux de profit. On retrouve ainsi des grandes compagnies pétrolières devenir plus inclusives, des médias issus de dictatures & pétromonarchies réactionnaires devenir tendance (AJ+), même la CIA et le FBI valorisent l'intégration.

Cela signifie-t-il que les mobilisations spécifiques sont invalides ? Bien sûr que non, elles découlent de problèmes réels, de véritables souffrances qui doivent trouver des réponses à la fois immédiates, mais surtout politiques. Le problème, c'est que les réponses sont mauvaises, soit parce qu'elles font un hors-sujet, soit parce qu'elles sont trop morales, soit parce qu'elles développent une approche réactionnaire.

L'un des travers visibles du postmodernisme, c'est la banalisation de l'antisémitisme, du racisme et d'une forme de crétinisme.

Parmi les promoteurs du postmodernisme se trouvent des antisémites notoires qui utilisent des combats contre le racisme, la colonisation de la Palestine, pour développer une haine des juifs. Le dernier exemple en date se trouve dans un Space twitter dirigé contre le PCF, une intervenante (qui se revendique ancienne membre du PCF) explique tranquillement qu'il existe un complot juif au sein du PCF pour chasser les antiracistes.

Le postmodernisme banalise totalement le racisme et accepte l'existence d'une division raciale de la société (qu'ils nomment "races sociales" pour tenter de se distinguer de l'extrême droite classique). Cette ignominie est même théorisée par l'existence d'un "privilège blanc" au détriment d'une nouvelle catégorie sociale, les "racisé.e.s". Mais cette analyse biaisée d'une lutte entre "les blanc.he.s" et les "racisé.e.s" explique qu'un prolétaire blanc est un oppresseur pour un bourgeois racisé. Au sein du prolétariat, c'est le travailleur blanc qui opprime le travailleur racisé et pas le système d'exploitation capitaliste. Ils t'expliquent que les travailleurs (la classe ouvrière) est racisée et que la bourgeoisie est blanche. Que l'universalisme, c'est-à-dire le corpus minimal permettant de garantir à toutes et tous une égalité de principe, c'est raciste. Que le communisme, c'est raciste, car le congrès de Bakou de 1920 aurait vu la victoire des communistes blancs russes sur les peuples musulmans d'Asie centrale & du Caucase.

Il existe un "jeu" devant permettre de prouver cette théorie, le "check tes privilèges". Dans ce jeu ludique, il faut avancer d'un pas à chaque fois que tu es concernés par un privilège. Et bien, les personnes juifs-juives doivent faire un pas, car ils ont un privilège, celui d'être juifs-juives. On retrouve aussi cette méthodologie aux États-Unis avec la discrimination positive. Elle frappe durement les personnes asiatiques, parce qu'ils détendraient un privilège, celui d'être asiatique. Si on revient en France, les promoteurs de cette théorie sont bien silencieux face à l'explosion des agressions contre les personnes asiatiques par des "racisé.e.s" sous des prétextes ouvertement racistes (porteurs de virus, personnes riches, etc.). Voilà le niveau de crétinisme que l'on peut atteindre.

La lutte contre le racisme ne peut en aucun cas se faire par la promotion de "races sociales". C'est dans la lutte des classes que les solutions se trouvent.

Que faire ?

Après la chute de l'URSS, le développement de la phase capitaliste néolibérale se fonde dans le domaine des idées, par l'imposition d'une nouvelle conception du monde appelée "postmodernité", à laquelle se rattachent des "petits récits". La vérité est toujours relative et dépend du point de vue de chaque faction ou groupe social. C'est le sens de la conception populiste réductionniste de Laclau et de Mouffe, où des élites tentent de mobiliser les masses à partir de mythes. Selon Lyotard, un autre gourou de cette idéologie ("Le postmodernisme expliqué aux enfants"), il n'y a pas de vérité objective, tout est un récit construit historiquement. La science est un mythe de la raison éclairée, pas moins dogmatique que la religion.

La fragmentation sociale postmoderniste basée sur la diversité (Bernabé), les luttes transversales (écologie, féminisme, etc.) sont parfaitement acceptables pour le système capitaliste dans la nouvelle étape de la mondialisation. Il ne s'agit plus d'une lutte de classe, mais d'une infinité de luttes partielles, confinées à des espaces domestiques, privés, académiques et sectoriels ; entre femmes et hommes, entre occident contre orient, centre vs périphérie, privilèges vs exclus, ethnocentristes vs minorités, etc. Les mots de Luckács sont "un assaut sur la raison" qui fragmente la lutte émancipatrice de l'humanité.

Comme un âne attaché à une roue, ils forment un cercle vicieux qui ne laisse pas le langage, le récit et le discours sans comprendre que l'idéologie dominante (ou le "récit" comme ils l'appellent) est celui de la classe dirigeante d'un mode de production particulier. Et que les rapports de pouvoir des classes sociales sont structurés en fonction des rapports de production d'un système socio-économique donné ; une réalité qui transcende et détermine le langage et le discours.

Derrière le charme du mot, les postmodernes refusent de comprendre que toute lutte partielle s'inscrit dans un système socio-économique dominant qui englobe les phénomènes partiels et transversaux.

Comme ils n’ont pas de vision de la classe, la division repose sur une opposition entre la bourgeoisie et des opprimés pour des raisons culturelles, de genre, d’ethnie, etc. Il ne suffit pas de changer de langue, de "déconstruire" (comme le dit Derrida) d'avoir conscience de l’oppression, étudiant ses manières subjectives de l’exprimer et de la reproduire, ils oublient le mécanisme collectif de la lutte des classes en tant que moteur de l’histoire dans toutes les sociétés qui ont existé à travers la civilisation humaine.

Les thèses postmodernes conduisent au réformisme et au gauchisme. Il suffit d'observer les organisations qui propagent ces thèses pour comprendre qu'aucunes d'entre elles ne souhaitent rompre avec le capitalisme. Il n'existe plus réellement d'organisations d'importance capable de défendre idéologiquement, politiquement et structurellement la révolution en France et le renversement du capitalisme. C'est pourquoi le socialisme-communisme permet d'éviter l'écueil du réformisme et du gauchisme.

Aujourd'hui le débat d'idée ne tourne qu'autour des mots d'ordre défini par la bourgeoisie. Il faut donc être en capacité à réagir. Lorsque l'on est en difficulté sur un sujet clivant, il faut toujours revenir sur les fondamentaux : Ne pas céder un cm à l'ennemi de classe !

Pour les communistes, il est important de raisonner en marxiste-léniniste, non pas pour se faire plaisir, mais bien pour répondre aux enjeux du 21ème siècle, mais aussi coller aux réalités matérielles de 2021. Nous devons nous interroger sur nos modes d'organisations afin de répondre, sans faux-semblants et débats théoriques stériles, à un besoin de parler, de s'organiser, à partir de ressenti individuel.

Pour cela, il ne faut pas hésiter à refonder des organisations spécifiques comme il en existait dans les premiers temps du mouvement ouvrier. Dans une logique marxiste-léniniste, chaque organisation (dite de masse) à un rôle, un "public", et il faut, pour que cela fonctionne, un parti d'avant-garde composé d'éléments révolutionnaires conscientisés, formés et issues de ces organisations de masses, donc des réalités des luttes.

À chaque problème, il y a une solution. En aucun cas les luttes dites "sociétales" doivent être légitimées. Elles s'inscrivent dans le combat global contre le capitalisme. Tout est lié et la réponse doit passer par :

A- La création d'organisations de masse spécifiques aux luttes, le tout coordonné par un Parti communiste d'avant-garde. La seule forme d'intersectionnalité qui vaille, ce sont celles d'organisations de masse spécifiques qui convergent vers le Parti communiste pour conduire au socialisme-communisme.

B- Le renforcement de la conscience de classe, dans la production comme dans les lieux de vie. Cela passe par des formes de mobilisation spécifiques aux combats à mener et le tout avec des militants et militantes révolutionnaires, conscients, formés et qui comprennent la relation socialisme-communisme.

C- La dénonciation des thèses opportunistes postmodernes. La bataille sera rude tant ces thèses ont pénétré les organisations de la classe ouvrière.

Oublier, volontairement ou pas, ces luttes dites "sociétales" serait préjudiciable car, comme l'exprime avec justesse, Lénine "la révolution socialiste peut éclater non seulement à la suite d'une grande grève ou d'une manifestation de rue (...) ou à la faveur d'un référendum à propos de la séparation d'une nation opprimée, etc."

Pour conclure, le but ultime des communistes est de prendre le pouvoir et de construire une société nouvelle sans les outils d'exploitation et d'oppression du capitalisme : Le Socialisme, phase immature du communisme. Pour cela, il faut un logiciel idéologique fort : le marxisme-léninisme et un parti révolutionnaire et d'avant-garde.

"Notre Parti éduquera les masses, notre Parti éduquera ses militants. Je dis bien : Notre Parti ! Pas un autre parti, mais notre Parti et son Comité Central !" Fidel Castro (3 octobre 1965)
Il faut combattre le postmodernisme, cet antimarxisme

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