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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



En détention provisoire depuis le 16 octobre 2017, Jordi Cuixart (43 ans) fait partie des 12 leaders indépendantistes catalans qui seront jugés à partir de demain par le Tribunal Suprême pour l'organisation du référendum du 1er octobre 2017 et la tentative de sécession de la Catalogne. Leader d'Omnium Cultural, une association culturelle indépendantiste, Cuixart est accusé de rébellion et de sédition. La justice lui reproche d'avoir mobilisé les foules pour bloquer des perquisitions judiciaires et occuper des bâtiments publics lors du référendum. Le parquet réclame contre lui 17 ans de prison. A quelques jours de ce procès très médiatique, l'activiste, plus déterminé que jamais, a accepté de répondre à nos questions, par courrier, depuis la prison de Lledoners près de Barcelone, où il était incarcéré jusqu'à son transfert à Madrid il y a 10 jours. Demain, c'est en catalan qu'il répondra aux questions de la justice


Jordi Cuixart, président d'Òmnium Cultural : «Un procès contre la démocratie et la société civile»
Quel est votre état d'esprit à l'approche de votre procès?

Je suis serein et calme. Il s'agit d'un procès contre la démocratie et contre la société civile. Nous utiliserons ce procès non pas pour nous défendre, mais pour accuser l'État espagnol d'avoir violé des droits fondamentaux dans l'unique but de protéger son unité territoriale et de criminaliser le mouvement pour le droit à l'autodétermination de la Catalogne.

Personnellement, je suis heureux : en tant que prisonnier politique, j'ai le privilège de pouvoir me battre pour une cause juste. Je suis prêt à être condamné et à passer plusieurs années en prison pour obtenir la liberté de la Catalogne. Notre détention est utile : elle permet de dénoncer dans le monde entier l'attitude de l'état espagnol. Je sais que ce sera difficile, mais historiquement, dans la lutte pour la démocratie, il n'y a jamais eu de place pour la tristesse ou les lamentations.

Etes-vous un homme différent après 15 mois de détention provisoire ?

La prison n'est pas une expérience facile, mais j'en retire des choses positives. J'ai perdu la peur et je vis le présent avec plénitude. Lorsque vous réalisez que vous n'avez plus peur, vous vous sentez libre et c'est ce qui m'est arrivé en prison.

Revenons sur le référendum du 1er octobre 2017. C'était une révolution pacifique ? Une simple mobilisation ? Une tentative de sécession unilatérale ?

Le mouvement pour le droit à l'autodétermination de la Catalogne a toujours été pacifique. On peut parler de Révolution démocratique en effet. Ce qui s'est passé le 1er octobre était l'expression de ce mouvement : un exercice de désobéissance civile, comparable aux marches des droits civiques aux États-Unis, à Mai 68, à la lutte pour le droit de vote des femmes ou au mouvement pour l'abolition du service militaire obligatoire. Voter pour décider de son avenir, c'est la manière la plus pacifique qui existe. Il est important de souligner que nous sommes toujours ouverts au dialogue, mais n'oublions pas que 80% de la population considère que la solution au conflit est un référendum d'autodétermination pacté avec l'Etat. À ce jour la répression a été la seule réponse de l'Etat. C'est une réponse désespérée qui trahit les faiblesses et les peurs de l'état.

La justice devrait-elle faire une distinction entre les dirigeants catalans, qui étaient au pouvoir, et vous, qui n'étiez qu'un activiste?

Les accusations sont totalement infondées pour tous les accusés. La rébellion exige l'utilisation d'armes et la sédition de lancer des appels explicites à la violence. Dans mon cas et celui de Jordi Sànchez (l'autre leader issu de la société civile) l'absence de fondement est encore plus criante. Nous serons jugés pour avoir exercé des droits fondamentaux comme le droit de manifestation et celui de la liberté d'expression. Nous serons d'abord jugés pour nos idées et notre activité pacifique.

Pourquoi n'avez-vous pas quitté le territoire espagnol en 2017, comme l'a fait Carles Puigdemont?

C'est une décision très personnelle et je respecte profondément ceux qui ont décidé de prendre le chemin de l'exil. Dès le printemps 2017, je savais que certains d'entre nous pouvaient finir en prison et nous devons être conscients que d'autres leaders pourront y aller dans le futur.

Mis à part quelques exceptions, peu de personnalités politiques en France vous ont apporté leur soutien. Comment expliquer vous cette relative indifférence ?

La France est un pays complexe avec une conception très centralisatrice de l'État mais avec des valeurs républicaines auxquelles beaucoup de catalans se sentent pleinement identifiées. Je respecte le fait qu'une partie importante de l'opinion publique française puisse être en désaccord avec l'indépendance de la Catalogne, mais j'espère que tout le monde est d'accord pour défendre les droits de l'homme partout dans le monde et en particulier en Europe.

Je suis heureux malgré tout de voir que des personnes se positionnent publiquement pour défendre la démocratie en Catalogne. J'ai été particulièrement touché par les visites de José Bové et Marie-Pierre Vieu. (eurodéputée PCF de Tarbes)

Comment voyez-vous votre avenir?

Je ne sais pas de quoi sera fait le futur mais ma priorité n'est pas de sortir de prison, la priorité est d'aller de l'avant dans la résolution du conflit politique. Je ne demanderai pas pardon, car cela reviendrait à admettre que nous sommes des délinquants. Cela fait longtemps que ma personne est passée au second plan.

La Catalogne sera indépendante dans les prochaines années ?

Ce que je veux, c'est que la Catalogne puisse être ce que ses citoyens veulent. La Catalogne doit poursuivre dans cette voie démocratique, civique et pacifique. Le référendum du 1er octobre en est la preuve. Nous ne devons rien abandonner. Notre lutte est la même que celle des combattants du siècle dernier comme Romain Rolland, Altiero Spinelli, Martin Luther King ou encore Rosa Parks.

Comment voyez-vous l'arrivée de Manuel Valls à Barcelone?

Barcelone est la capitale de la Catalogne, une ville ouverte sur le monde où chacun peut se présenter en tant que maire. Monsieur Valls est le bienvenu, mais il doit savoir que le discours de la confrontation sociale, la réduction des libertés au nom de la sécurité dans les rues et de l'anti-catalanisme le plus viscéral, ne trouveront pas leur place au sein de la société barcelonaise.

Une figure des Gilets jaunes était récemment à Barcelone à l'invitation des indépendantistes. La mobilisation en France semble recueillir une certaine sympathie dans vos rangs. Pourriez-vous vous inspirez du mouvement des Gilets jaunes ?

Je respecte absolument tous ceux qui luttent pour un meilleur avenir et qui s'impliquent activement. La France est une référence historique en la matière. Nous sommes de fervents défenseurs de la désobéissance civile en tant qu'instrument de transformation de la société. Cela sous-entend que la non-violence est la seule limite à nos actions et à nos revendications.

Jordi Cuixart, président d'Òmnium Cultural actuellement en détention

Propos recueillis par Henry de Laguérie, correspondant de La Dépêche à Barcelone

La Dépêche

Nicolas Maury
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Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération des Bouches Rhône (13) - Ancien secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Perspectiva comunista (CAT)

Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Boques del Roine (13) - ex-Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

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