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Nicolas Maury Militant PCF Istres






 



Communisme dans les pays de l'ex-URSS

Présenté par le Parti communiste de la Fédération de Russie, le directeur du sovkhoze Lénine défend un programme social lors de l’élection présidentielle de dimanche


Russie : Pavel Groudinine, le candidat anti-Poutine (L'Humanité)
À quatre jours du premier tour de l’élection présidentielle, Moscou apparaît bien calme. L’hiver tardif n’aide pas les 12 millions d’habitants à sortir d’une certaine torpeur. Et le dernier sondage ne laisse guère de doute sur l’issue du scrutin. Vladimir Poutine apparaît loin devant ses sept adversaires avec 69 % d’intentions de vote selon l’institut Vstiom. « C’est finalement le taux de participation et la course à la seconde place qui passionnent le plus. La candidature de Pavel Groudinine a clairement donné vie à cette élection », nous explique un journaliste du quotidien Novaya Gazeta.

Âgé de 58 ans, moustache parfaitement taillée, il est présenté partout comme le roi de la fraise ou le patron rouge. C’est en dehors de Moscou, à une trentaine de kilomètres, qu’il s’est construit son image. Sur la route qui mène à l’aéroport, juste après avoir traversé une immense zone commerciale, nous apercevons un ballon rouge avec l’inscription « KPRF », les initiales du Parti communiste de la Fédération de Russie. En dessous, un panneau nous indique le sovkhoze Lénine. Devant le bâtiment administratif, la statue du révolutionnaire bolchevique Vladimir Ilitch nous accueille juste à côté d’une immense fraise. Pavel Groudinine préside depuis vingt-deux ans cette ancienne ferme d’État fondée il y a tout juste un siècle. « C’est notre paradis socialiste », glisse le candidat du Parti communiste et des autres forces progressistes dont le Front de gauche de Sergueï Oudaltsov. « Pour la première fois, nous avons réussi à nous unir derrière Groudinine. C’est aussi la première fois que Guennadi Ziouganov, à 74 ans, n’est pas candidat (depuis 1993 – NDLR). Il est temps que le pouvoir et les gens écoutent les problèmes qui rongent la société russe : corruption, inégalités, un service public qui se délite en dehors des grandes villes », constate l’écrivain et député apparenté communiste Sergueï Chargounov. Lors du congrès, le 23 décembre, Pavel Groudinine a été désigné candidat à l’écrasante majorité (303 voix contre 11).

Les attaques pleuvent sur ce patron

Le sovkhoze, qui fait partie des plus grandes entreprises agricoles de Moscou, attire. Ce succès a mis du temps à se construire. Les années après la chute de l’URSS, sous Boris Eltsine et ses réformes libérales qui imposent à la Russie une véritable « thérapie de choc », ont failli coûter la vie à l’entreprise agricole. « De nombreuses personnes souhaitaient récupérer ce terrain. Mais Groudinine arrive avec d’autres à racheter la ferme en 1995 », nous explique un de ses collaborateurs. Le sovkhoze réussit à se développer. Si l’activité principale demeure la fraise, fruits, légumes, produits laitiers sont distribués dans la région de Moscou. Aujourd’hui, 400 personnes y travaillent pour un salaire de 1 100 euros par mois (contre 560 euros en moyenne en Russie). « 10 000 personnes y vivent. Car nous construisons des immeubles avec une partie des recettes et les appartements sont vendus en priorité à nos travailleurs, à leurs enfants. Ensuite, nous proposons le reste à des particuliers ou nous les mettons en location », raconte Pavel Groudinine, qui a vécu toute sa vie au sein de la ferme collective. Ses parents s’y sont installés quand il avait à peine un an. Il y a gravi tous les échelons. La famille reste là. Son père à la retraite continue de donner des coups de main.

Au sein du sovkhoze, tous les équipements apparaissent ultramodernes, de l’école au complexe sportif. En 2017, son entreprise aurait affiché un chiffre d’affaires d’environ 4 milliards de roubles (57 millions d’euros). Pavel Groudinine a déclaré des revenus de 157 millions de roubles (2,2 millions d’euros) sur les six dernières années. Les attaques pleuvent contre ce patron. « Je devrais m’en plaindre ? Au contraire, cela veut dire que notre modèle fonctionne. En plus, tout est réinvesti pour améliorer la production et surtout offrir de bons salaires, une bonne éducation et une bonne santé à ceux qui travaillent au sovkhoze. Nous leur proposons un cadre de vie socialiste. Le taux de natalité est d’ailleurs supérieur à la moyenne ici », constate Groudinine.

Un excellent communicant

À quelques mètres des murs du Kremlin, drapeaux, ballons et écharpes rouges mettent de l’animation à une semaine du premier tour. Malgré le froid, des centaines, voire des milliers de personnes se sont rassemblées sur la place de la Révolution à l’appel du Parti communiste pour l’un des derniers grands meetings. À la tribune, le dirigeant du KPRF, Guennadi Ziouganov, se place juste à côté de Pavel Groudinine et appelle les militants à saisir leur chance sous la forme d’un bulletin. « Nous devons tous soutenir notre candidat ou alors vous acceptez que le pouvoir soit dirigé par une oligarchie. Et que 20 millions de Russes vivent dans la pauvreté alors que nous sommes l’un des plus riches pays au monde », lance-t-il à la foule. Parmi eux, Alexeï, 35 ans, dénonce « les multiples attaques contre Groudinine ». Pour cet ingénieur actuellement en CDD, « cela démontre que sa campagne fonctionne et fait peur. Ils essayent de le caricaturer en millionnaire. S’il arrive à appliquer ce qu’il fait dans son sovkhoze à la Russie tout entière, nos conditions de vie seraient bien meilleures ». En attendant, bien qu’en deuxième position dans de nombreux sondages, les intentions de vote stagneraient aux alentours de 10 %. De son côté, Lena, la soixantaine, n’est pas dupe. « On ne se dirige pas vers le communisme ou vers la révolution ou la lutte des classes. Mais le projet fait un pas vers le socialisme avec ses 20 propositions. Il est le seul à parler d’augmentation des salaires, des retraites, de changer ce système qui ne fonctionne que pour une poignée. » Pavel Groudinine et le Parti communiste défendent un projet intitulé : « 20 pas vers une vie digne ». Parmi les propositions, les principaux thèmes tournent autour de la nationalisation des principaux secteurs de l’économie (industrie, électricité, transport et secteur bancaire), la modernisation de l’industrie, la construction de logements, la lutte contre la pauvreté en supprimant la TVA, en contrôlant les prix, en renforçant le service public et en relevant les salaires et les retraites. Face aux attaques quotidiennes dans les médias sur son salaire, qui serait de 344 000 euros par an, il répond : « Je suis favorable à payer davantage d’impôts. Il est bien trop faible pour les gens fortunés avec ses 13 % pour tous les Russes qui payent 18 % de TVA. Il faut donc instaurer l’impôt sur le revenu progressif. »

Les critiques ne portent pas que sur sa richesse. Son passage aux débuts des années 2000 au sein du parti du pouvoir Russie unie, qu’il a quitté pour des divergences idéologiques et de fonctionnement, en 2010, pourrait lui faire du tort. « Ses deux départs des plateaux télévisés pour dénoncer le cirque que sont devenus les débats avant la présidentielle ont eu un fort retentissement. L’opinion publique a apprécié ce geste. Et il s’avère être un excellent communicant », affirme un journaliste de Novaya Gazeta. En effet, Pavel Groudinine avait connu une certaine popularité à travers des vidéos en ligne au moment des sanctions et contre-sanctions. Certaines ont été vues près d’un million de fois. Il y critiquait les ambitions impérialistes du pouvoir et les folles dépenses militaires pour les interventions notamment en Syrie au détriment des investissements en Russie. Pavel Groudinine, qui affirme se voir président le 18 mars, pourrait déjà arriver deuxième et attendre 2024…

Vadim Kamenka
L'Humanité

Nicolas Maury
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Perspective COMMUNISTE
Nicolas Maury
Nicolas Maury
Militant communiste, membre du Parti Communiste Français (PCF), Fédération du Rhône (69) - Secrétaire de la section de Vaulx-En-Velin. (Membre du Cairde Sinn Féin / de l'Assemblée nationale catalane / et de la CGT)

Adhérent au Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de 2004 à 2014 - Coordinateur de l'Union de ville Ouest-Etang-de-Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Saint Mitre) de 2007 à 2009, Secrétaire à l'organisation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du MJCF (2009-2011) et Coordinateur Fédéral du MJCF du Rhône (mars- novembre 2014), membre du Conseil National du MJCF de 2009 à 2014.

Les publications sur ce blog n'engagent pas la responsabilité de la section de Vaulx-en-Velin du PCF, mais uniquement de son auteur.

Perspectiva comunista (CAT)

Militant comunista, membre del Partit Comunista Francès (PCF), Federació de Rhône (69) - Secretari de la secció de Vaulx-en-Velin, (Membre de Cairde Sinn Féin, Assemblea Nacional Catalana i dels CGT)

En complir amb el Moviment de Joves Comunistes de França (MJCF) 2004-2014 - Coordinador de la unió de ciutats oest estany de Berre (Istres, Fos, Martigues, Port de Bouc, Sant Mitre) a partir del 2007 al 2009, Secretari d'organització de la Federació del Boques del Rhône dels MJCF (2009-2011) i Coordinador Federal dels MJCF del Rhône (de març a novembre de 2014), membre del Consell Nacional MJCF 2009-2014.

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