La "droitisation" du gouvernement israélien de Benyamin Nétanyahou n'est pas étrangère à cette tendance. "Par rapport à Israël, les juifs de France sont légitimistes. La radicalisation du gouvernement et de l'opinion publique là-bas se retrouve ici", explique M. Hajdenberg.
La récente élection au comité directeur du CRIF de l'avocat-blogueur Gilles-William Goldnadel, militant communautaire médiatique très marqué à droite, a été perçue comme un signe supplémentaire de cette évolution. "Ce n'est pas forcément le positionnement politique qui compte, mais la visibilité des candidats", relativise M. Prasquier. Dans le même temps, deux membres de ce comité, Michel Zaoui et Gérard Unger, plutôt marqués à gauche, n'ont pas été réélus. Un proche de M. Nétanyahou, Meyer Habib, vient d'être reconduit à la vice-présidence du CRIF.
La question de la représentativité du CRIF, qui fédère la partie de la communauté la plus organisée, et donc la plus identitaire et conservatrice, est posée. "Du coup, la frange non pratiquante libérale de la communauté, les élites culturelles juives ne sont pas présentes dans les associations que chapeaute le CRIF", regrette M. Hajdenberg.