Actuellement, le prix payé au producteur est de "45 centimes pour un kilogramme de tomates par exemple, qui sort à 65 centimes des centrales d'achat et qui est vendu 2,5 euros en magasin", a expliqué M. Girardi. "Aujourd'hui, on va les vendre à 1,5 euro le kg, un prix rémunérateur pour les producteurs et les autres".
"La particularité cette année, c'est que ça fait quatre mois qu'on est en crise, avec une mévente (des fruits et légumes) et des prix faibles", a déclaré M. Girardi. "Plutôt que de vendre des tomates à 30 centimes le kg, des producteurs les laissent pourrir sur pied", a-t-il assuré.
C'est "un système ficelé dont les paysans font les frais", a renchéri Jean Mouzat, président du Modef et éleveur en Corrèze, venu "par solidarité".
Tee-shirt blanc proclamant "mort de l'agriculture familiale = désertification de nos campagnes" sur le dos, Marie-Renée Gérard, 61 ans, militante PCF/Modef du Lot-et-Garonne, ne décolère pas : "Des éleveurs vendent leur bétail, leur outil de travail, pour avoir des liquidités. C'est ubuesque".
Pour Raymond Girardi, la solution est "politique". "Que l'Etat assume ses responsabilités" en mettant en oeuvre "la préférence communautaire" qui permet de protéger les producteurs contre les importations extra-européennes, ainsi que la clause de sauvegarde pour protéger les produits français, a-t-il demandé. Le Modef souhaite aussi le rétablissement du coefficient multiplicateur, supprimé en 1986, qui "servait à contrôler les marges des distributeurs".