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Histoire
21/04/2006 - 23:52

1936 - 2006: 70 ans de front populaire (suite)

2° partie: Contre le gouvernement Doumergue et pour le front unique (février-mai 1934)

Le gouvernement Doumergue aggrave la situation, il mène une politique réactionnaire et favorable au grand capital.
Au mois d'avril, une série de décrets-lois donne le signal d'une nouvelle offensive du grand capital contre la classe ouvrière. Sous prétexte d'économie, 85000 fonctionnaires sont licenciés, les traitements des anciens combattants sont menacés, les salaires sont revus à la baisse, 5000 instituteurs sont renvoyés… La réforme fiscale favorise le grand capital et les impôts frappent les plus pauvres. Cette situation n'aide pas à la résolution de la crise économique de 1929.



1936 - 2006: 70 ans de front populaire (suite)

Le gouvernement porte de nouveau atteinte à la démocratie parlementaire afin de briser la résistance de la classe ouvrière. Un décret-loi menace la liberté syndicale et d'opinion des fonctionnaires. Il envisage de réformer la constitution pour y réduire le pouvoir du parlement.
Il tolère les manifs des fascistes, réprime celles des ouvrières et des démocrates et tente d'épouvanter les classes moyennes avec les spectres de la guerre civile et du communisme.
Le parti radical soutient ces réformes, même s'il condamne les ligues factieuses et leur démagogie anti-parlementaire et nationaliste.
La SFIO persiste dans sa « politique de moindre mal », elle condamne les ligues mais refuse tout aventurisme avec la lutte menée par les ouvriers et le PCF. Sur le plan économique, elle condamne les décrets-lois et la CGT appelle à la lutte. La direction de la SFIO et de la CGT refuse l'unité d'action proposée par le PCF sous prétexte d'anticommunisme.
Le PCF a compris que le prolétariat s'organise et prend conscience de sa force, le Comité Central du PCF appelle en mars 1934 à « porter des coups essentiels au fascisme, au gouvernement Doumergue Tardieu Laval, qui en est le Fourier, et naturellement, démasquer la capitulation des gauches »
Le PCF tente de lutter contre l'idéologie sociale-démocrate sectaire afin de développer les fronts uniques, le CC du PCF combat aussi l'opportunisme et les oppositions répétées de la SFIO pour des fronts uniques. Le réformisme tente de valoriser la voie du «moindre mal».On dit même que Paul Faure (chef de la SFIO) aurait employé le « mot de Cambronne » pour répondre aux invitations du PCF.


Le développement du mouvement de masse

La classe ouvrière se renforce dans la lutte contre les fascistes et les décrets-lois. Le 17 février, 200000 travailleurs sont aux obsèques des travailleurs tombés dans la lutte pour leurs revendications.
La police tente de provoquer les manifestants, et à chaque fois leur résistance empêche toute nouvelle progression des fascistes comme pour le 1er mai 1934 à Alfortville.
Les bases socialistes et communistes se rapprochent, il y a une union réalisée contre le fascisme et le capital. Le PCF dénonce la politique de la SFIO du « moindre mal » qui permet aux pro union de devenir majoritaires et de faire bouger la direction anti unitaire.
Les socialistes refusent d'écouter les mots d'ordre de « calme » et de « dignité » de leurs dirigeants, si bien que le 20 et 21 mai 1934 de nombreuses sections de la SFIO sont présentes dans la manifestation.
La crise s’accentue à la SFIO, Paul Faure reconnaît des départs massifs et commence à ébranler la direction de la SFIO qui au congrès de Toulouse voit les pro unitaires remporter 1/3 des mandats.


La conférence nationale d'Ivry et la signature du pacte d'unité d'action socialiste-communiste.

En mai 1934, le CC du PCF a compris le changement qui s'opère au sein de la SFIO. Le PCF propose de mener ensemble des luttes anti fascistes. Mais la SFIO ne donne pas de réponse. Maurice Thorez tente encore de rallier les socialistes mais en vain.

La conférence nationale d'Ivry (23-26 juin 1934)
Le PCF tient à Ivry une conférence qui a pour but la constitution du « front unique de lutte anti fasciste ».
La conférence souligne les perspectives d'un élargissement des luttes sociales et politiques. Le progrès de l'unité se fait essentiellement dans le domaine syndical, la base de la CGT rejette les directives de Léon Jouhaux et se rapproche de la base de la CGTU.
À cette conférence, le PCF se dote d'armes idéologiques pour tenter de réaliser les fronts uniques socialistes-communistes qui passent exclusivement par les luttes des travailleurs, refusant de fait les accords de sommet entre la SFIO et le PCF, accords que refusent les socialistes.
Le PCF condamne les dérives sectaires de Barbé-Célor, et opportunistes de Doriot. Et Maurice Thorez ajoute « À tout prix, nous voulons l'action. À tout prix, nous voulons l'unité d'action ».
La conférence réaffirme l'attachement des communistes à la nation et à la France tout en conservant l'idéal de l'internationalisme prolétarien. Le PCF se nourrit des souvenirs de 1789 et des combats menés tout au long du XX ème siècle contre la réaction ; il retourne contre la bourgeoisie son arme en lui donnant un contenu nouveau et révolutionnaire.

La signature du Pacte d'unité d'action
Au lendemain de la conférence, des accords sont signés entre différentes fédérations du PCF et de la SFIO pour organiser des manifestations communes, JC et JS signent des accords communs d'action. Face à ce mouvement, la SFIO finit par accepter les propositions du PCF. Cette initiative est décisive et les travailleurs approuvent le principe de nombreux meetings communs.
Le 14 juillet, une rencontre a lieu entre les délégations de la SFIO et du PCF qui acceptent le principe de la lutte commune contre la guerre et le fascisme. Malgré la volonté des anti unitaires, Blum décrit cet accord comme « inévitable » et utile pour la lutte anti fasciste.
La volonté des communistes permet la signature du pacte d'unité d'action entièrement tourné contre le fascisme et le gouvernement « d'union nationale ».

Nicolas Maury









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