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29/03/2019 - 22:23

Brexit: que veulent vraiment les députés Britanniques?

Ayant échoué pour la 3° fois à faire voter l’Accord de sortie de l’UE tel qu’il a été négocié, Theresa May n’a pas obligation de démissionner. Situation curieuse puisque l’échec n’entraîne pas l’exécution de la peine. Situation curieuse encore puisque la peine a été prononcée par celle-là même qui aurait à la subir. En conséquence, devant cette sorte de fantaisie britannique, on peut admettre que soit la peine n’en est pas une, soit l’échec n’en est pas un.



Si tel est le cas, nous ne saurons pas avant le 12 avril, ce que veulent vraiment les députés britanniques. Aujourd’hui, ils ne veulent pas de l’Accord en l’état, tant pis si May ne démissionne pas. Ou bien: ils ne veulent pas que May démissionne, tant pis pour l’Accord en l’état. A moins qu’ils ne veuillent pas du Brexit, quel que soit l’Accord ou la fonction qu’occupe May. 
Évidemment, ce n’est pas si simple. Car Theresa May, avant le référendum de 2016 organisé par ce fou de David Cameron, figurait parmi les europhiles. En tant que telle, elle était sensée négocier un Accord plutôt «soft». Les europhiles étaient dernièrement plus d’un million dans les rues de Londres à demander un nouveau référendum. 
Les députés eurosceptiques du parti conservateur se sont déclarés dès 2011 par un vote de 81 d’entre eux en faveur d’un référendum. David Cameron, alors premier ministre conservateur, n’a pas su les concilier.  Puis en 2014, le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) est arrivé en tête des élections européennes. Le nombre d’eurosceptiques n’aurait pas diminué jusqu’à maintenant.

Emmanuel Macron, président de la République en attendant de briguer la tête de l’exécutif européen, annonce ce vendredi que la France est la mieux préparée à un no-deal britannique. Je ne serais pas surprise que d’autres pays européens aient tenté de négocier un Brexit duquel ils puissent au mieux tirer parti pour eux-mêmes et non pour l’Europe.
Enfin, le Royaume-Uni, avec le Brexit, est confronté à deux énormes problèmes: le devenir de l’Irlande qu’une maléfique frontière devrait de nouveau traverser et une monumentale facture de sortie qu’aucun pays ne serait disposé à acquitter sans resquiller.

 

Theresa May: un vote favorable tout comme un report à long terme exigent son départ

Alors en ce 29 mars, presque 3 ans après le référendum, outre le fait que les Îles Britanniques ne sauraient s’éloigner physiquement du continent européen – et cette proximité n’est pas anodine, nous ne sommes pas assurés de grand-chose. 
Le no-deal est tout près: le 12 avril. D’ici là, le Royaume Uni peut solliciter un report à long terme du Brexit. Cela l’engagerait vers des élections ou un nouveau référendum. 
Pour répondre à ce dernier rejet de l’accord, les chefs de gouvernement des 27 se réuniront le mercredi 10 avril prochain à Bruxelles pour un sommet extraordinaire sur le Brexit. 

Les députés britanniques ont su faire preuve d’une sagesse relative: l’écart entre les pro et les anti s’est resserré au fur et à mesure des votes: 230 voix d'écart le 15 janvier, 149 voix d'écart le 12 mars et 58 voix d'écart aujourd'hui 29 mars. Le vote demeure pourtant favorable à un report prolongé du Brexit. Il faut bien convenir que c’est ce que veulent les députés. 

Mais alors, pourquoi Theresa May a-t-elle promis sa démission contre un vote favorable à l’accord, sachant qu’un vote favorable tout comme un report à long terme exigent son départ? J’y vois, plus qu’une fantaisie britannique, l’expression d’une ironie mordante qui implique que les députés conservateurs, quelles que soit leurs discordes à propos du Brexit, aboutiront à un même résultat quant à son départ. J’y vois aussi un magistral camouflet à ces mêmes députés qui ont réélu David Cameron parce qu’il avait déclaré qu’il organiserait un référendum sur l'UE s'il obtenait la majorité absolue aux élections générales de 2015. Et cela me conforte dans l’idée que les députés préfèrent un report à long terme du Brexit. Du coup, tout le reste, les 3 votes, la promesse de démission, la préférence pour le no-deal, c’est du panache. Et vous, qu’en pensez-vous?


Sylvie Delhaye S. D.








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