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Europe
16/11/2007 - 21:56

Allemagne: la grève des trains touche le pays à l'est, le point névralgique

La grève des conducteurs de trains allemands attaque l'économie du plus grand pays européen là où elle est la plus fragile, à l'est, où les séquelles des décennies de régime communiste sont encore bien visibles et où le chômage fait toujours des ravages.



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C'est dans ce que les Allemands appellent encore 17 ans après la Réunification "les nouveaux Länder" que la grève des conducteurs de trains est la plus suivie: la situation y est "dramatique", commentait Norbert Bensel, membre du comité de direction de la compagnie de chemins de fer Deutsche Bahn.

Vendredi matin, un train régional sur cinq circulait dans cette partie du pays, contre un sur deux à l'ouest. L'approvisionnement par le rail était "minimal", alors qu'à l'ouest il était encore "largement assuré".

Plusieurs sociétés d'électrotechnique de l'est étaient dans une situation critique vendredi, n'ayant pas reçu leurs livraisons de matières premières, selon la fédération de la métallurgie WVS. Jeudi, une centrale électrique près de Chemnitz (Saxe) a failli cesser la production.

Ce n'est pas un hasard si la ligne de fracture épouse le tracé du rideau de fer: les conducteurs recrutés à l'est au moment de la Réunification ont adhéré en masse au syndicat GDL, à l'origine du mouvement social. En outre, c'est parmi ses salariés de l'ouest en place depuis longtemps que Deutsche Bahn compte ses fonctionnaires, interdits de grève. A l'est, pas de tel traitement de faveur.

GDL, engagé depuis plusieurs mois dans un bras de fer avec Deutsche Bahn sur des questions de statut et de salaires et qui en est à sa sixième grève en quelques semaines, veut "détruire l'économie est-allemande par la grève", s'est emporté M. Bensel.

Et celle-ci n'a vraiment pas besoin de cela. Les régions de l'est ne se sont pas remises de l'effondrement des structures industrielles dans les années 90, et l'économie est toujours sous perfusion. L'exode des populations qualifiées vers des perspectives plus riantes vient aggraver un chômage chronique, et dépeuple des districts entiers.

Si le chômage a fortement reculé en Allemagne ces derniers mois, il était toujours de 13,6% de la population active à l'est en octobre, contre 6,8% à l'ouest et 8,2% sur l'ensemble du pays. En Saxe-Anhalt, le taux frôle même encore les 15%.

Certaines villes, en Saxe notamment, se sont réinventées. C'est le cas de Dresde, qui abrite plusieurs usines de semi-conducteurs, ou encore de Leipzig, où se sont implantés plusieurs constructeurs automobiles.

Manque de chance, c'est aussi le secteur automobile qui subit de plein front la grève des conducteurs. Son approvisionnement en acier, en tôle et autres matières premières se fait essentiellement par le rail, et c'est aussi par trains que les voitures sont transportées vers les clients.

Ainsi chez BMW, la production de l'usine de Leipzig "peut se dérouler normalement mais les voitures assemblées doivent être stockées en attendant d'être expédiées, ou partent par camions", a expliqué un porte-parole.

Non seulement l'économie est-allemande est fragile, mais la question est aussi "comment la production est répartie dans l'espace, et à quel point elle est dépendante des trains", explique August Ortmeyer, chargé des infrastructures et des services pour la fédération des chambres de commerce DIHK.

Le tissu industriel lâche et la faible densité de la population font que l'est de l'Allemagne est fortement tributaire du trafic de Deutsche Bahn. Et ce qui est vrai pour le transport des marchandises l'est aussi pour les passagers: beaucoup d'Allemands de l'est habitent loin de leur lieu de travail. Tous ceux qui résident dans le Brandebourg et viennent travailler à Berlin ne pouvaient compter vendredi que sur un S-Bahn sur trois.

Nicolas Maury



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