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Histoire
15/11/2007 - 14:53

La Trabant, voiture symbole de la RDA, a 50 ans

Il y a tout juste un demi-siècle, l'URSS annonçait triomphalement la mise sur orbite du Spoutnik, lancé le 4 octobre 1957. La République démocratique allemande (RDA), quant à elle, présentait, le 7 novembre de la même année, une autre réalisation du "socialisme réel" : la Trabant. Certes moins marquante, cette petite voiture est elle aussi passée à la postérité.



Dans les prochaines semaines, cet anniversaire va mobiliser les quelque 150 clubs de collectionneurs - dont 120 pour la seule Allemagne - qui, à travers l'Europe, bichonnent les survivantes des trois millions de modèles fabriqués jusqu'en 1991.

Reflet de l'"ostalgie", cette forme de nostalgie pour le patrimoine est-allemand, la Trabant connaît depuis la chute du mur de Berlin un statut d'icône qui n'est sans doute pas celui qu'espéraient ses créateurs. A Berlin ou à Dresde, des agences touristiques organisent des séjours dans des hôtels où la RDA est reconstituée, incluant une ballade en Trabant à travers la ville.

En septembre, lors du Salon automobile de Francfort, une société bavaroise a même présenté un prototype de "New Trabi", version modernisée de la Trabant à l'instar de la "New Beetle" de Volkswagen.

En France, le club Euro Trabi, qui compte 400 adhérents possédant 430 voitures issues des ex-démocraties populaires, dont 390 Trabant, satisfera la curiosité des amateurs en participant aux prochains rassemblements de voitures anciennes. Ceux-ci sont organisés chaque premier dimanche du mois sur l'esplanade du château de Vincennes, près de Paris.

Cette voiture - dont le nom signifie "satellite", clin d'oeil à l'actualité de l'époque - fut conçue dans le cadre du deuxième plan quinquennal de la RDA. L'acier étant une denrée rare, la carrosserie était en Duroplast, une sorte de sandwich de résine phénolique (utilisée pour fabriquer de la bakélite), pas vraiment biodégradable, et de fibre de coton.

Après 1989, il a fallu que l'industrie chimique mette au point une "bactérie mangeuse de Trabant" pour assurer le recyclage des nombreuses épaves abandonnées. Le moteur deux-temps (d'où la fumée bleue qui s'en échappait) de 500 cc développe 18 ch et permet d'atteindre 90 km/h. Première et dernière innovation introduite sur la Trabant : le moteur, installé à l'avant, est placé en position transversale. Pour le reste, la "voiture du peuple" est-allemande se passe d'arbre à cames, de soupapes, de pompe à essence, de radiateur et de ventilateur. Les contraintes d'entretien sont minimales (mais à cause des vibrations, le carnet de bord recommande toutefois de s'assurer au moins une fois par an que vis et boulons sont bien serrés...) et la consommation limitée à 5,5 litres aux 100 kilomètres.

Pour les Allemands de l'Est, cette petite bagnole représentait pourtant un rêve. En moyenne, il fallait attendre douze ans avant de pouvoir s'asseoir à son volant et débourser un prix représentant en moyenne deux années de salaire d'un ouvrier.

En dépit d'une tentative de sauvetage organisée avec l'aide de Volkswagen, qui installa le moteur de sa Polo sous le capot de la Trabant, l'ultime exemplaire a quitté l'usine Sachsenring de Zwickau, en Saxe, le 30 avril 1991. Une version break, couleur rose bonbon.


Nicolas Maury






Nicolas Maury

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