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France
12/12/2008 - 18:30

Le phénomène de la contrefaçon se sophistique

Roissy- Ce n'est pas un gag. Très régulièrement, un représentant d'une prestigieuse marque de luxe française, comme Vuitton, Chanel, Dior, Hermès ou Yves Saint Laurent... arrive à l'aéroport de Roissy avec un grand cabas rempli d'objets de sa dernière collection.



Mais, dans tous ces trésors, on trouve, pour des raisons strictement pédagogiques, autant de vrais que de contrefaçons. Généralement spécialisé dans le droit de la propriété intellectuelle, ce professeur es-contrefaçons, lui-même informé par un réseau mondial d'enquêteurs privés en intelligence économique, dispense des séances de formation aux douaniers français.
Il leur apprend à repérer les multiples manières dont sa marque est copiée. Souvent, le diable se cache dans les détails. C'est parfois la longueur d'une aiguille d'une montre qui trahit le faussaire. Ou, plus prosaïquement, la manière dont la notice d'utilisation n'a pas été correctement pliée. "La qualité des contrefaçons s'est considérablement améliorée", confirme Alexis Lopes, directeur régional des douanes de Roissy fret.

Pour les géants du luxe, la contrefaçon altère leur image de marque et représente un manque à gagner très important. Sur les 4,6 millions d'articles (hors cigarettes) saisis en France en 2007 par les services douaniers, l'essentiel provenait de la contrefaçon de marque, d'une valeur estimée par le ministère de l'économie et des finances à 401 millions d'euros. Historiquement, l'industrie du luxe a été la première à souffrir des copies, avec son cortège de faux sacs Vuitton et de copies de montres Cartier. La contrefaçon envahit désormais tous les secteurs de l'économie - les médicaments, les piles électriques, les chaussures de sport, les clés USB, les rasoirs jetables, les pièces détachées d'automobile, les jouets et même des prothèses dentaires... En volume, les produits de luxe ne représentent plus que 20 % des saisies (contre 80 % il y a dix ans), mais restent en valeur les plus significatifs.

 

"LE TRAFIC FOURMI"

 

Depuis 1994, la loi Longuet a rendu pénalement répréhensible le délit de contrefaçon (trois ans de prison et 300 000 euros d'amende) et donné aux douaniers la capacité de saisir les produits contrefaits. Pour appliquer cette législation, l'une des plus répressives au monde, une collaboration régulière s'est instaurée entre le Comité Colbert - qui regroupe les 70 plus importantes maisons de luxe françaises - et l'administration des douanes. Un comité de liaison réunit régulièrement des responsables de ces groupes de luxe, des douanes et du parquet de Bobigny. "C'est une collaboration exemplaire entre privé et public", se félicite Elisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert.

Les douaniers peuvent retenir pendant dix jours des marchandises suspectes, afin de s'assurer auprès du détenteur des droits, du caractère authentique ou non des produits. Ils bénéficient de services dédiés dans le fret et les colis postaux, d'une cellule de veille sur Internet et peuvent être saisis par des magistrats pour démanteler ces trafics.

Rien qu'à Roissy, 1,5 million d'articles contrefaits ont été saisis en 2007, dont 90 % interceptés dans le fret ou les colis postaux. Chaque jour, dans l'immense hangar de fret de l'aéroport de Roissy, cinq ou six douaniers ciblent les vols qui viennent de destinations "sensibles" et vérifient le contenu de certains colis. Près de 80 % de ces faux objets de luxe sont fabriqués en Chine. Une bonne partie est expédiée directement, l'autre passe par l'Afrique, l'Espagne... Récemment, cette équipe a trouvé 100 000 bijoux siglés Yves Saint Laurent, 10 000 montres Tissot et Breitling et 2 400 bagues Chanel. Tous faux évidemment. Des bijoux Mercedes ou Nike et des téléphones Vuitton, qui ne figurent même pas dans les collections des marques, ont été saisis. "Plus de 100 tonnes de produits sont détruites par des rouleaux compresseurs ou incinérés chaque année", explique Alexis Buliard, de la cellule de ciblage du fret.

Les touristes qui rapportent des contrefaçons, "le trafic fourmi" dans le jargon douanier, ne représentent que 10 % des saisies. S'ils sont attrapés, le double du prix du produit authentique pourrait leur être demandé. D'où la multiplication des campagnes de publicité pour rappeler aux voyageurs qu'"un faux crocodile fait courir un vrai risque"...

Mais avec le développement du e-commerce, plus besoin de traverser les océans pour trouver des fausses Ray-Ban. La direction d'e-Bay, leader mondial du commerce électronique en sait quelque chose : le site a écopé depuis l'été de 20 000 euros de dommages et intérêts pour avoir laisser transiter par son site de faux sacs Hermès, puis d'une amende de 38 millions d'euros en faveur de LVMH pour avoir vendu des faux en pagaille (sacs, parfums, vêtements Dior ou Vuitton). Ayant fait appel de cette décision, e-Bay continue ces ventes. Forte d'une victoire juridique remportée dans un dossier similaire contre Tiffany aux Etats-Unis.


Source: Yahoo News

Awa Diakhate









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