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24/07/2007 - 00:55

Mogadiscio: des milliers de personnes sur les routes

Le regain de violence à Mogadiscio jette une nouvelle fois des milliers de personnes sur les routes


23 juillet 2007 – Après des semaines marquées par des retours massifs vers Mogadiscio, il y a maintenant davantage de personnes fuyant la capitale que de personnes qui y retournent ; 10.000 ont fui au cours de la semaine dernière, selon les chiffres rassemblés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et un réseau de partenaires.



Mogadiscio: des milliers de personnes sur les routes
Au cours des mois de juin et juillet 2007, 20 000 personnes sont revenues à Mogadiscio. Mais près de 21 000 ont fui la violence quotidienne pendant cette même période et le rythme s'accélère, indique un communiqué publié dans la capitale somalienne ce weekend.

Seulement 125.000 personnes sont rentrées dans la capitale sur les quelque 400.000 civils ayant fui les violents combats qui ont fait rage à Mogadiscio entre février et mai.

L'inauguration du Congrès de réconciliation nationale le 14 juillet a été suivie par une série d'attaques meurtrières visant les lieux de la conférence, qui a été suspendue pendant plusieurs jours. Les attaques ont blessé et tué des civils innocents, notamment des enfants, et en ont poussé des centaines d'autres à fuir.

« Des personnes quittent tous les quartiers de la ville où la violence s'est intensifiée au cours des derniers jours, tels que Suqa Hoolaha, le stade de Mogadiscio et Ali Kamin, ainsi qu'Industrial street », rapporte un membre du personnel du HCR depuis Mogadiscio.

« Pas un jour ne se passe sans que quelqu'un soit tué dans cette ville », a expliqué un habitant de Mogadiscio à l'un des partenaires locaux du HCR. « À cause de l'insécurité, nous avons dû arrêter de travailler car la plupart d'entre nous travaillons sur les marchés, ce qui est devenu extrêmement dangereux depuis que les attentats à la bombe sont quasi-quotidiens. »

Les gens souffrent d'un stress important, comme l'explique un travailleur social local dont l'organisation travaille avec l'agence des Nations Unies pour les réfugiés. « À tout moment, une tragédie peut survenir », explique-t-il. « Même la nuit, il n'y a pas de répit malgré le couvre-feu, vous pouvez entendre les tirs d'armes automatiques ainsi que les explosions. »

Bien que certaines familles soient rentrées à Mogadiscio au cours des semaines précédentes, espérant que la violence diminue, beaucoup envisagent de repartir. Des attaques lancées par des forces anti-gouvernementales blessent et tuent des civils tous les jours, et les contre-attaques menées par les forces éthiopiennes alliées au Gouvernement fédéral de transition provoquent souvent elles aussi la mort de civils.

La perspective d'un nouveau cycle de violence a jeté une nouvelle fois de nombreux civils sur les routes. De nombreuses familles quittent la ville et rejoignent les provinces voisines des Shabelles, alors que certaines poursuivent leur voyage jusqu'à atteindre des villes telles que Baidoa, Merca ou encore plus loin Galkayo dans la lointaine région du Puntland vers le nord.

Les communautés qui vivent dans les provinces autour de Mogadiscio sont inquiètes face à la perspective de devoir faire face à l'arrivée d'encore davantage de déplacés venus de la capitale.

« Notre région est déjà surpeuplée avec les familles qui ont fui en mars et en avril et qui ne sont pas reparties », a expliqué un chef de clan vivant dans un village dans le centre Shabelle à l'un des partenaires locaux du HCR.

Il a expliqué que certains enfants et personnes âgées mouraient de faim et de maladie, le pire désastre étant les maladies contractées suite à la consommation et l'utilisation des eaux usées. « Nous sommes de pauvres gens et ces familles déplacées nous ajoutent un autre fardeau auquel nous n'avons pas la capacité de faire face », a-t-il ajouté.

Certaines familles ne peuvent même pas fuir Mogadiscio car elles n'ont pas les moyens de payer leur transport. Tel est le cas de nombre des 3 000 personnes déplacées qui ont été expulsées par les autorités des bâtiments publics de Mogadiscio où elles vivaient, quelquefois depuis 16 ans.

« Les installations restantes sont surpeuplées et il n'y a semble-t-il aucun autre terrain public disponible, elles n'ont donc pas d'autre solution que de devenir des sans-abri », a expliqué un partenaire local du HCR.

Les Nations Unies ont demandé au Gouvernement fédéral de transition de mettre un terme aux expulsions et de fournir une aide de base ainsi que de trouver des alternatives pour ces personnes déplacées.

Le mois dernier, le HCR a transporté par avion des matériels de secours depuis nos stocks de Dubaï vers Mogadiscio. Cette assistance qui comprend des couvertures, des bâches en plastique, des jerricans et des ustensiles de cuisine, sera fournie aux personnes les plus vulnérables dans la ville.


Sylvie Delhaye







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